15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 11:50

Qu’est-ce qu’un SEL ?


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« Les richesses des 350 habitants les plus riches de la terre est égale à la « richesse » (ou la misère ?) des deux milliards trois cents millions des habitants les plus pauvres. Le système monétaire archaïque et périmé continue à régner en faisant des ravages dans l’humanité et nos télescopes sont si puissants que nous ne pourrons plus voir ce qui se passe ici, chez nous. » François Terris.


C’est sur ce malheureux constat que le SEL est né, d’abord outre atlantique, puis en France, en 1995. Il y a maintenant des SEL un peu partout dans le monde, dont plus de 350 sur notre territoire.

Mais, concrètement, un SEL, c’est quoi ?

 

Les Systèmes d’Echange Local, ou Services d’Echange Local, sont des groupes de personnes qui pratiquent l’échange multilatéral de biens, de services, et de savoirs. "Une alternative efficace et reconnue aux difficultés sociales de chacun".

 

Après cette définition générique, la diversité est de mise entre les différents groupes :

 

Statut juridique :

 

Association de fait ou association déclarée loi 1901.

 

Conditions d’adhésion :

 

Le plus souvent, une contribution financière est demandée (son montant est très variable, de 10 à 20€ à l'année, en moyenne) afin de couvrir les frais d’édition et distribution d’un catalogue et /ou bulletin.

Certains SEL adoptent le principe du téléphone. Offres et demandes : le plus souvent, un catalogue est édité, regroupant les offres et demandes de chaque membre, sans aucune censure à l’imagination.

Certains estiment néanmoins que les offres ayant trait à l’ésotérisme, par exemple, peuvent être préjudiciables et les interdisent.

En plus de ce catalogue (ou inclus à celui-ci), beaucoup éditent des bulletins par lesquels les membres du groupe peuvent s’exprimer sur des sujets plus ou moins vastes.

 

Mesure des échanges :

 

Les échanges sont le plus souvent comptés en référence au temps passé. Par exemple, 1 minute = 1 fleur ou 1 grain de sel ou...un hippopotame. Mais là encore, l’imagination s’exerce avec brio !

La tendance générale est de s’affranchir de la parité avec le franc. Certains utilisent des feuilles « d’échange » (ou « de richesse ») sur lesquelles les participants notent avec qui ils ont échangé et combien d’unités doivent être créditées ou débitées.

 

D’autres utilisent pour cela des coupons à trois volets (un pour chacun des participants, et un pour le « compteur » du SEL) Coupons ou feuilles sont retournés périodiquement au « compteur » afin que les comptes de chacun soient tenus à jour ; généralement, ces comptes sont portés à la connaissance de tous.

Dans d’autres groupes, des expérimentations d’absence partielle ou totale de comptage sont tentées. Quelque soit le système choisi, l’écrasante majorité s’accorde à penser que le nombre d’unités n’est que la mémoire de l’échange, pas sa valeur et que le lien est bien plus important que le bien.

 

Marchés :

 

Aussi nommés Bourse Locale d’Echange, ils sont organisés entre une fois par quinzaine et une fois par trimestre. Ils sont généralement l’occasion privilégiée d’un moment convivial (suivis d’un repas commun, d’une soirée animée, etc...).

Ils sont parfois ouverts aux « visiteurs », à qui l’ont remet des tickets afin qu’ils puissent échanger eux aussi, bien que n’étant pas adhérents d’un SEL Palabres : dans certains groupes, des rencontres régulières ont lieu afin d’échanger non plus des biens ou des services, mais des mots et des idées, en rapport plus ou moins lointain avec le SEL.

 

Animation du SEL :

  

Certains élisent un conseil d’administration, d’autres choisissent un conseil d’animation (ou vice versa)...les « mandats » sont donnés parfois pour une opération, un semestre, une année...

Ces personnes se rencontrent une fois par semaine, par mois ou tous les deux mois...La volonté la plus commune étant que le maximum de membres participent à un moment ou un autre, en dehors de toute hiérarchie, dans un climat de totale démocratie.

 

Tâches administratives :

 

En quantité variable selon les objectifs et convictions de chaque groupe, elles sont assumées par les membres du C.A. ou non, selon les groupes. Dans certains SEL le service rendu est considéré comme un échange avec l’association et donc compté comme n’importe quel échange. Dans d’autres SEL ce travail est considéré comme un acte militant, entièrement bénévole.

Entre les deux, il y a toute une gamme de nuances.

 

Création monétaire, ou « puits sans fond », ou « corne d’abondance » :

 

Cela signifie que le SEL peut donner autant d’unités qu’il le souhaite à ses membres, même s’il n’est jamais crédité.

Certains SEL le refusent catégoriquement : pour eux, le compte du SEL ne doit pas risquer de devenir déficitaire.

D’autres l’adoptent sans modération : ils distribuent des unités à diverses occasions (inscription, participation à un marché, etc). Entre les deux, de nombreux termes ont été imaginés. Cette question fait l’objet de débats réguliers entre les membres des SEL, il est difficile de la résumer brièvement.

 

Monnaie fondante :

 

Certains SEL estiment que pour dynamiser les échanges, une solution est d’inciter les adhérents à ne pas conserver des soldes créditeurs. Ainsi, un taux d’intérêt négatif est appliqué.

Cela entre dans le cadre d’une grande réflexion économique qui ne se résumerait pas en deux phrases !

 

Inter-sel :

 

Certains estiment qu’il est préférable de rester strictement sur un plan local et développer ses ressources propres, d’autres pensent que la rencontre avec l’autre doit toujours être recherchée et qu’il faut à tout prix éviter le repli sur soi.

Certains mettent des conditions plus ou moins pointues aux échanges entre membres de SEL différents, d’autres n’en mettent aucune.

La gestion humaine et pratique de ce type d’échanges est très variée et tout à fait expérimentale. En tous cas, cette question est au cœur des réflexions de nombreuses personnes des SEL.

 

Ce qu’il y a de bien avec les SEL, c’est qu’ils sont tous différents...

  

Les buts et les moyens du SEL ne seraient pas définis de la même manière par tous.

Pour certains, l’accent est mis sur l’économique : le SEL permet à ses membres de subvenir à certains de leurs besoins sans avoir à donner de l’argent.

Pour d’autres, le SEL est surtout un acte de résistance constructive, de militantisme, contre la mondialisation et ce qu’elle engendre d’inéquitabilité et de misère.

Pour d’autres encore, c’est l’aspect relationnel qui prime : le SEL permet la véritable rencontre avec l’autre, est un moyen de combattre l’exclusion ; au-delà de la « rencontre », c’est un véritable réseau de solidarité(s) qui peut se tisser.

  

D’autres encore insisteront sur ce que le SEL permet d’épanouissement personnel, grâce notamment à l’adoption de critères de valeur plus humains, à la possibilité de devenir utile à un groupe, etc.

Enfin, certains privilégieront le côté « intellectuel », voyant dans le SEL le lieu idéal de réfléchir sur le système économique dominant, la monnaie, les relations humaines, etc, et d’expérimenter des voies alternatives.

Le SEL, en vérité, c’est tout ça, et bien plus encore ! Si la diversité entre les gens et les groupes est importante, il y a néanmoins un « air de famille » frappant : une certaine volonté d’améliorer son quotidien et, de petits pas en petits pas, conduire le monde vers une société plus équitable, plus adulte, plus humaine. La route est longue, elle doit être pavée de respect de la liberté d’autrui, de tolérance.


Rappel: Le SEL est un service indépendant de toutes religions et de tous dogmes, il ne s'apparente pas non plus à de la médecine douce ou à de quelconques groupements ou mouvances. Il résulte uniquement d'un besoin de pallier au déficit du système actuel par des moyens de partage légaux.

 

  

Pour en savoir plus sur le fonctionnement ou la création d'un SEL...

Cliquez ici: http://selidaire.org/spip/sommaire.php3

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 10:42

Jean Ziegler, sociologue - Collection : Littérature & Documents.

 

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Résumé et vidéo de Jean Ziegler:

 

Nous assistons aujourd’hui à un formidable mouvement de reféodalisation du monde, à la mise en coupe réglée des peuples de l’hémisphère Sud par les grandes sociétés transcontinentales. Deux armes de destruction massive sont à l’œuvre : la dette et la faim. Par l’endettement, les États abdiquent leur souveraineté ; par la faim qui en découle, les peuples agonisent et renoncent à la liberté. Oui, c’est bien l’empire de la honte qui s’est mis subrepticement en place sur la planète. Jean Ziegler, qui témoigne ici d’une connaissance exceptionnelle du terrain, démonte cette formidable machine à broyer et à soumettre.

  

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 16:31

"Quand Diogène le cynique rentre dans son tonneau !"

  

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Après une analyse sur deux années: on s’aperçoit désormais que la couche de population endoctrinée par ses enseignements est peu portée vers le savoir et l'ouverture d'esprit, mais recherche plutôt un guide pour canaliser la haine ou la frustration envers le système, souvent (comme par hasard), refoulée derrière une façade épicurienne et de belles rhétoriques.

  

Les personnes plus ouvertes, souvent la classe moyenne, sont indifférentes ou savent relativiser ses écrits, qui semblent plutôt extrêmes... voire radicaux !

 

onfray-sarko.jpgLe gavage médiatique qui a duré plusieurs années a également joué en sa défaveur. Comme des oies trop remplies, les français "refoulent" désormais Onfray jusque dans ses émissions télévisées...

   

Malgré le grand renfort du groupe France Télévision (sous l'égide du gouvernement), du journal Le Point (de tendance libérale !) et du secours de Franz-Olivier Giesbert (anciennement Le Figaro, toujours de droite), la destruction programmée de la psychanalyse n'a pas eu lieu ; au grand désarroi du Triumvirat cité ci-dessus et de la neurologie moderne, qui comptait bien gagner beaucoup d'argent sur le dos de l'ignorance humaine !

 

La psychanalyse n'a pas vocation à être politique. "La psychanalyse de gauche" est un concept gentillet, mais cela fait longtemps déjà qu'elle a évolué vers l'empathie et la tangibilité... Il s'agissait donc bien, par déduction, d'une volonté politique qui ne dit pas son nom.

 

A présent que ce cap est franchi, la psychanalyse va pouvoir reprendre ses activités, essentiellement liées à la guérison, et continuer à porter des messages humanistes en direction d'une psychiatrie qui a perdu son chemin !

 

En fin de compte: "personne ne peut déformer la vérité, absolument personne... ce qui est juste demeure indivisible et immuable". Tous les efforts pour briser cette loi naturelle se sont vus réduits en cendres, le maître Onfray et ses disciples en ont fait les frais à travers la stigmatisation de leur mouvement. Ils sont devenus les victimes de leur propre obstination. 

  

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  "slogan-choc pour tenter d'endiguer la baisse de fréquentation et la baisse des ventes"


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Voici une analyse pimentée mais néanmoins réaliste de ce polémiste : 

 

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 12:06
" Isolement, agressivité, suractivité… Et si, sans le savoir, vous étiez victime du syndrome d’abandon ? Une souffrance qui puise sa source dans l’enfance, et que les psys savent aujourd’hui décrypter ".

 

cp 41 041-004011 page 7 image 0002

 

« L’abandon est l’une des causes les plus courantes du mal-être et du mal de vivre. » Tel est le constat dressé par Daniel Dufour, médecin et animateur de stages. À l’origine de cette souffrance, qu’il appelle « l’abandonnite », « il y a toujours une situation mal vécue au cours de la vie fœtale, de la prime enfance ou de l’enfance, qui n’est pas forcément un abandon effectif. » Ici, c’est un père absent ; là, une mère débordée, un couple de parents fusionnels, ou encore l’arrivée d’un petit dernier, un séjour en pension, le décès d’un grand-père auquel nous étions particulièrement attachés.

   

Un traumatisme souvent minimisé

 

Ces événements, sans conséquences majeures pour certains, vont être traumatisants pour d’autres. Pourquoi ne sommes-nous pas égaux devant la peine ? « Chacun de nous a fait l’expérience de la séparation, explique la Psychanalyste Catherine Audibert. Nous nous sommes aperçus, souvent très tôt, que papa et maman n’étaient pas toujours là, à notre disposition, prêts à répondre à tous nos désirs. Mais nous n’avons pas vécu cette nouvelle solitude de la même façon. Soit ceux qui nous entouraient ont perçu, pris en compte et atténué nos peurs enfantines?; soit, pour des raisons éducatives, morales, faute de temps ou d’une juste compréhension, ils n’ont pas accordé de valeur à nos angoisses, et les ont renforcées. Ils n’ont pas pour autant fauté. Ils ne nous ont simplement pas appris à nous séparer avec confiance et sérénité. Sans doute parce qu’eux-mêmes le vivaient mal de leur côté. »

   

Une crainte : être rejeté de nouveau

 

Cet épisode traumatisant, nous nous empressons de l’oublier, en le minimisant ou en le normalisant. Quoi de plus « normal », en effet, qu’un nouveau petit frère ? Et de plus formidable que des parents qui s’adorent ? La tristesse et la colère éprouvées sont du même coup jetées aux oubliettes. « À partir du moment où il n’y a pas de logique à éprouver ces émotions, il ne reste plus qu’à nier notre droit à les ressentir », constate Daniel Dufour. Sauf que, même étouffée, l’émotion reste bien présente. « En surface, le raisonnement, notre éducation nous amènent à penser que tout cela n’est que du passé et doit être oublié. Mais à l’intérieur, ça “bout”. »

 

Notre logique implacable conclut que, puisque nous avons pu être abandonnés, nous ne sommes pas dignes d’être aimés. Cette croyance va dès lors sous-tendre toutes nos relations sociales et affectives. « Nous allons ainsi osciller entre hypersociabilité et hyperagressivité, selon que nous ressentions le besoin viscéral d’être aimé ou que nous désirions provoquer le rejet de l’autre, convaincus que nous aurons inévitablement à le subir un jour. » Un cercle vicieux, qui nous mène à des conduites paradoxales. Comme John, 45 ans, qui multiplie les efforts pour être estimé de toute son entreprise, mais sacrifie sa vie privée. Comme Giselle, 20 ans, qui s’oppose sans cesse à ses parents mais ne rêve que d’être aimée par eux. Ou comme Gilles, 12 ans, petit garçon réservé qui met tout en œuvre pour ne pas déranger, heurter, contrarier sa famille et s’oublie, lui. Au cœur de la douleur des uns et des autres, une peur : celle d’être rejeté. Et abandonné de nouveau.

  

Une incapacité à vivre en couple

 

Il y a un domaine où la blessure va se faire plus sensible encore : l’amour. « Le couple est souvent le lieu où nous réglons nos comptes avec notre enfance, remarque la Psychanalyste Catherine Audibert. Et nous projetons sur l’autre les angoisses du passé. » Pierre, 45 ans, vit dans la peur que sa femme ne le quitte mais collectionne les aventures « au cas où ». Ange, 33 ans, rêve d’une relation au long court mais fuit l’engagement, certaine de ne pas être à la hauteur. André, 27 ans, ne supporte pas que sa compagne lui concède des qualités, et tente de lui prouver qu’il est la pire personne qu’une femme puisse aimer. « Cette souffrance a deux versants, explique Daniel Dufour. D’un côté, le sentiment de ne pas correspondre à ce que notre partenaire attend?; de l’autre, la certitude que la rupture est inéluctable. Et celle-ci, lorsqu’elle se produit, apparaît comme une nouvelle preuve que nous ne sommes pas aimables. »

 
Que faire d’un bagage si lourd à porter ? Afin de prendre la mesure de son propre degré d’« abandonnite » et tenter de s’apaiser, la psychologue clinicienne Andréa Filia propose un test et des conseils. Pour se pardonner un jour d’avoir été abandonné, et mériter aujourd’hui d’être aimé.

  

Apprendre aux enfants à se séparer

 

La tentation est grande de préserver à tout prix nos enfants de « l’abandonnite ». Mais attention à ne pas tomber dans l’excès inverse. Selon Catherine Audibert, tout est question d’équilibre. « Il s’agit en fait d’apprendre à l’enfant à se séparer de façon sereine et confiante. Si vouloir l’émanciper avant qu’il n’en soit capable est dangereux, le surprotéger mènera à la même problématique abandonnique. Dès son plus jeune âge, il est judicieux de lui laisser des petits moments à lui, même s’il s’ennuie, afin qu’il parte à la découverte de lui-même, qu’il développe sa créativité et sa curiosité.

 

Nous avons tendance à surinvestir l’enfant, à vouloir l’occuper en permanence, à lui expliquer sans cesse ce qui se passe autour de lui. Nous oublions parfois qu’il est tout à fait capable de faire ses propres expériences. » Et d’apprendre à gérer la solitude et notre absence.

 

De Aurore Aimelet.

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 12:18

“Le seul savoir qui influence vraiment le comportement, c’est celui qu’on a découvert et qu’on s’est approprié soi-même”, affirmait Carl Rogers. Avec lui, l’homme et l’œuvre sont indissociables. Très attentif à la personne humaine, cette grande figure de la psychologie humaniste regardait chacun comme un être digne de respect et de considération. Reconnaître à l’autre sa pleine valeur d’être humain, porter sur lui un regard chaleureux, telles furent les caractéristiques de l’homme, tels sont les fondements de sa « thérapie centrée sur le patient » et, plus largement, de son « approche centrée sur la personne ». Ces valeurs, il les mit en œuvre et en démontra la pertinence tant dans son activité de psychologue clinicien que dans celle d’enseignant et de facilitateur de groupe. Il fut ainsi sollicité pour intervenir dans des situations de conflits sociaux ou internationaux. Son action lui valut d’être nominé pour le prix Nobel de la paix l’année même de sa mort, à l’heure où ce grand humaniste pouvait dire : « Ma vie, à 85 ans, est plus belle que mes projets, plus belle que mes rêves, plus belle que mes aspirations. »

  

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Ses concepts:

 

Réaliser son potentiel

 
Nous portons tous en nous la capacité de conduire notre vie d’une manière à la fois satisfaisante sur le plan personnel et constructive sur le plan social. Cela ne signifie pas que nous allons nous développer dans une telle direction, mais que nous en possédons tant les moyens que l’élan, de manière que l’on peut qualifier d’organique. Enfant, Rogers avait passé de longues heures à observer la nature, et notamment les papillons et les chenilles dont il conservait les cocons. Son hypothèse sur le potentiel naquit probablement de cette observation, avant d’être appuyée par sa pratique professionnelle et ses recherches scientifiques.

L’authenticité, condition de la relation

 
« Dans mes relations à autrui, j’ai découvert qu’il ne servait à rien, à long terme, de me conduire comme si j’étais ce que je ne suis pas. » La confiance entre deux êtres ne peut s’établir que si chacun est fiable, à soi-même et à l’autre par conséquent. La qualité de la relation humaine passe par notre capacité à voir ce que nous sommes, à ne pas nous abriter derrière une façade car celle-ci apparaîtra tôt ou tard et les dégâts seront considérables. Cela implique vigilance et questionnement, car il est toujours plus facile, par exemple, de se fâcher contre l’autre que de découvrir sa mauvaise humeur.

 

Ecouter pour entendre

 
Bien que nous passions beaucoup de temps à nous parler, nous ne nous écoutons pas. Or, être entendu par l’autre est d’une portée profonde ; c’est ainsi que naît le sentiment de compter à ses yeux, d’être considéré et respecté pour ce que nous sommes. Cela permet de franchir bien des barrières – culturelles, religieuses, raciales –, et de parvenir à une « rencontre de personne à personne ». « Que ses propos soient superficiels ou profonds, j’écoute celui qui s’exprime avec tout le soin, toute l’attention et toute la sensibilité dont je suis capable. » Lorsque cette attention existe, la communication s’établit et elle conduit à son tour à une meilleure compréhension.
   
Développer une qualité d’être

 
Derrière une simplicité trompeuse, Carl Rogers nous invite à chercher la réponse à la plupart de nos questions non pas dans une compétence technique, mais dans la relation. L’élément décisif, c’est la confiance que nous avons en nous-mêmes et dans les autres, dans la gestion de nos sentiments et de nos conflits, dans la recherche d’un sens à notre vie. Cela vaut jusque dans le domaine de la relation d’aide, où le facteur décisif du changement relève non des techniques spécifiques du psy, mais de ses attitudes envers son patient et de la manière dont ce dernier perçoit la relation.
  
Encourager l’autre à mûrir

 
L’existence d’un climat propice au développement de la personne ne doit pas être le propre des seuls psychologues et psychanalystes. Elle est valable pour tous les métiers de l’humain (enseignants, médecins, travailleurs sociaux) mais aussi pour la relation parent-enfant et, de manière générale, pour toute relation humaine dans laquelle l’une des parties a pour objectif d’encourager l’autre à s’épanouir, à se développer, à mûrir et à mieux faire face à la vie.

 

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 12:20

doudouLe doudou réconforte, console et aide à récupérer en cas de fatigue. Des liens très forts peuvent se nouer entre un enfant et cet objet fétiche, contre lesquels il ne faut pas intervenir !

 

 

L'objet transitionnel

  

Le « doudou » ou tout autre nom inventé par l'enfant (ou souvent par l'enfant aîné), est appelé « objet transitionnel » par les psys pour désigner l'objet fétiche de l'enfant et dont il ne voudra plus se séparer. Vers 7 ou 8 mois, le bébé commence à réaliser qu'il est une personne distincte de sa maman. Pour compenser le fait qu'elle ne soit pas toujours là ou disponible, il développe un attachement privilégié à un objet qui participera à le réconforter et à le détendre. Vous constaterez alors vers 9 mois que votre bébé s'endort plus facilement avec un objet particulier, lequel semble l'aider à supporter la solitude de la nuit, l'angoisse de la séparation ou le console de ses chagrins.


 

C'est le bébé qui choisit

   

Certes, les parents préféreront un doudou qui existe en plusieurs exemplaires, quelque chose de pas trop volumineux et qui passe facilement à la machine. Seulement, les choses ne se passent pas comme ça, et il est primordial de respecter le choix de l'enfant, quelle que soit la forme que prend son doudou. En effet, il n'y a aucune règle. Il peut s'agir d'un tissu, d'une peluche, d'une poupée, d'un biberon, ou de tout autre objet, mais également d'un geste comme sucer son pouce, caresser son oreille ou ses cheveux, se balancer en rythme, boulocher un lainage, glisser un drap entre ses doigts, frotter un mouchoir contre son nez, etc. De toute façon, peu importe l'objet ou le geste, c'est bébé qui choisira. C'est lui aussi qui décidera d'y être plus ou moins attaché et du moment de s'en séparer. Le choix s'effectue généralement entre six et douze mois et cette histoire d'amour dure entre trois et six ans selon les enfants. Sachez que certains enfants ne s'attachent pas à un objet et s'en portent tout aussi bien.

 

 

Ne jamais lui supprimer son doudou !

 

Les parents doivent toujours respecter le choix de leur enfant, particulièrement si l'attachement est solide. Ils n'ont pas à intervenir dans cette relation, laquelle répond à un besoin. Dans le développement d'un enfant, cette étape occupe une place importante. Même s'il le maltraite ou le déchire, n'intervenez pas. Lavez le doudou qu'avec l'accord de l'enfant, car notamment, son odeur a un très grande importance. C'est pourquoi, le mieux est d'habituer le petit très tôt à ce que son doudou soit régulièrement lavé. Ne l'oubliez pas lors de vos déplacements, surtout si vous ne passez pas la nuit chez vous. Mais attention à ne pas le perdre, sinon ce serait le drame assuré.

 

  

Donald Winnicott fut le premier à parler de l'objet transitionnel

  

Selon ce Psychanalyste, l'enfant n'a pas — dans les premiers mois de son existence — conscience des limites de son corps et de celui des autres (principalement sa mère), vivant dans une sorte d'indistinction, sujet à des angoisses spécifiques (en partie liées à ses besoins physiologiques).

  

Selon Winnicott, il est dans l'« illusion » : lorsque tout se passe bien, ses cris (déclenchés par exemple par la faim) entraînent une réponse à ses besoins, sous la forme d'un sein (accessoirement un biberon) qu'il fantasme comme étant une partie de lui et qui semble apparaître magiquement. La mère, normalement dans un état de « préoccupation maternelle primaire », permet au bébé d'avoir cette « illusion d'omnipotence ».

  

En effet, la mère se montre hypersensible au désir de l'enfant, lui présentant le sein au moment où il s'apprête à le créer pour soulager ses besoins. Il est primordial que la mère permette à l'enfant de rester, au départ, dans cette illusion car celui-ci ne pourrait supporter des carences précoces et répétées. Ultérieurement, la mère suffisamment bonne sera celle qui introduit progressivement la frustration... le doudou fera alors son apparition pour apaiser ses angoisses de séparation.

  

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 08:53
 Catherine Maes est psychologue, Jos Corveleyn professeur de psychologie clinique à l’Université de Leuven (Belgique). Alliés d’ATD Quart Monde, ils analysent les effets destructeurs de la pauvreté sur le psychisme des plus précaires.
 

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Hausse du chômage, situation aggravée pour les plus pauvres… Un tableau noir dressé par lObservatoire national de la pauvreté et de l’exclusion, dans son rapport sur ses dix ans d’activité.


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Le discours actuel sur la pauvreté, dominé par la perspective sociologique, analyse les structures socio-économiques pour distinguer différentes formes de pauvreté. Mais pour bien apprécier l’apport de la psychologie et de la pédagogie, il faut faire appel à d’autres modèles et opérer quelques distinctions nécessaires.

  

Nous entendons par « précarité » la situation de celle ou de celui qui, à un moment de sa vie, bascule dans la pauvreté. Nous parlons de pauvreté transgénérationnelle quand nous évoquons les personnes qui connaissent la pauvreté depuis toujours.

 

Les influences négatives de la pauvreté sur les possibilités de développement des personnes vivant en pauvreté sont généralement reconnues dans la littérature scientifique. Les conséquences néfastes pour la santé mentale ont été clairement démontrées dans la littérature épidémiologique. Que cette relation existe n’est pas pour autant la preuve d’un lien causal direct ni dans un sens, ni dans l’autre (la pauvreté comme cause de maladie mentale ou inversement). Il est néanmoins évident qu’il faut tenir compte de liens complexes qui se tiennent dans une causalité circulaire.

 

De façon descriptive nous faisons une distinction entre les influences psychiques néfastes pour la personne vivant en situation de pauvreté ou de précarité d’une part et les facteurs psychologiques néfastes pour les personnes vivant plus spécifiquement dans une situation de pauvreté transgénérationnelle d’autre part.

 

Pauvreté en général et santé mentale
 

En ce qui concerne la pauvreté en général, l’influence négative psychique peut être décrite en termes de “stress mental” très grave. Ne mentionnons que l’incertitude cuisante et durable qui marque la vie de tous les jours au sujet du logement, de la nourriture, de la santé, ainsi que la peur du lendemain, l’angoisse concernant le bien-être des enfants, la critique à laquelle on peut constamment s’attendre, les tensions qui en résultent dans les relations avec le partenaire et les enfants, les reproches qui tourmentent, le sentiment de culpabilité ou d’impuissance, l’expérience sans cesse répétée de n’avoir pas prise sur les différents aspects de la vie, une confiance et une estime de soi extrêmement basses…

 

Cette situation mène inévitablement à un effritement de la santé mentale et peut se manifester de façons diverses : se sentir mal dans sa peau, maladies psycho-somatiques, etc. Ce poids psychologique ou stress chronique n’est évidemment pas une maladie mentale, mais mène à une vulnérabilité accrue de la personne vivant dans la précarité. Cette vulnérabilité accrue est responsable de perturbations plus ou moins graves du fonctionnement psychique de cette personne. Pensons à l’irritabilité générale, à la fatigue chronique, à la labilité d’humeur, à l’irascibilité latente, etc.

 

En outre, la personne se replie sur elle-même et n’est souvent plus capable de s’accrocher aux amarres de l’environnement. D’où l’incapacité de l’atteindre et son sentiment constant de rejet. Donc : solitude, dépression, incapacité de garder un travail ou de poursuivre une formation, problèmes dans toutes les relations, tentation grave de suicide ou passage à l’acte…

  

Ces états de perturbation ne sont pas des maladies mentales. Ce sont des états sont des états réactifs ou des réactions psychologiques compréhensibles : l’individu réagit avec son comportement, ses pensées, ses émotions, ses actes… de manière compréhensible à une situation de pression que tout un chacun vivrait pareillement comme une charge difficilement supportable. Parler de « réaction », c’est dire aussi que la plupart du temps les perturbations - si du moins elles n’ont pas duré trop longtemps - pourront disparaître dès que la source de la tension ou de la charge psychologique aura disparu.

 

Cet aspect réactionnel est donc présent dans toute situation de pauvreté, qu’elle soit d’origine relativement récente (précarité) ou qu’elle soit d’origine transgénérationnelle.

 

Pauvreté transgénérationnelle
 

Psychologiquement parlant, la pauvreté transgénérationnelle se présente autrement. Ici, il n’y a pas seulement cet élément réactif, mais aussi une composante de complication psychologique qui entrave l’existence de la personne pauvre depuis son enfance.

 

L’enfant naît avec un mécanisme central qui favorise sa survie par le maintien de la proximité à certains individus (pas nécessairement mais souvent la mère, le père et quelques personnes de son entourage immédiat). Cet « attachement » forme la clé de sa survie physique et psychologique. Plus la personne d’attache est sécurisante, plus l’enfant sera à même d’explorer son monde avec confiance et intérêt. L’attachement est donc le contraire de la dépendance. L’expérience de sécurité est l’objectif du système d’attachement qui est donc, en premier lieu et avant tout, un régulateur de l’expérience émotionnelle. Dans des états d’inconfort, l’enfant cherchera la proximité physique de celui ou de celle qui prend soin de lui dans l’espoir d’être rassuré et de retrouver ainsi son équilibre.

 

Le modèle d’interaction entre le petit enfant et ses figures d’attache se convertit - durant les premières années de la vie - en une structure représentationnelle interne. Cette représentation est à considérer comme un « modèle opérationnel de soi, de l’autre et de la relation avec les autres. »

 

L’enfant naissant dans une situation de grande pauvreté vit, dès le premier jour, dans une situation chronique d’insécurité. Cette insécurité tient certes aux conditions matérielles, mais aussi à la condition psychologique des figures d’attache. Ces personnes absorbées par leur propre passé, vécu dans l’angoisse et dans l’insécurité, court-circuitées dans leur développement et vivant constamment dans un climat hostile, n’ont souvent pas la possibilité ni les moyens d’offrir un attachement suffisamment sûr, condition indispensable d’un bon développement psychologique. Ainsi s’explique le manque de confiance de base qui est pour l’enfant le fondement d’une exploration tranquille du monde, des choses et des personnes. Cela hypothèque fortement son développement à tous points de vue (cognitif, social, émotionnel, relationnel, voire même physique).

 

Ainsi s’installe un modèle opérationnel négatif qui devient partie intégrante de sa personnalité dès l’âge de trois ou quatre ans et qui est très résistant à tout effort de changement.

 

Avec un tel modèle négatif l’enfant se vit comme n’ayant aucune valeur, insécurisé, incapable et impuissant. La personne à laquelle l’enfant peut être fortement attaché, lui apparaît néanmoins comme insensible, non-fiable, menaçante, rejetante, voire même dangereuse. Ainsi, au lieu de se jeter à partir de la prime enfance dans l’aventure de l’exploration du monde, l’enfant reste prisonnier des angoisses relatives à sa sécurité et découlant du mal-être de ses personnes d’attache. De cette façon l’enfant sera inhibé dans toutes les dimensions de son développement psychologique. Ce modèle négatif continuera à jouer un rôle capital dans toutes ses relations futures.

 

Il se définit comme sans valeur, incapable, et le monde lui apparaît menaçant et cynique. D’où sa méfiance, difficile à surmonter même après des années, et son vécu d’impuissance permanente.

 

En précisant les empêchements psychologiques du développement de la personne vivant dans un contexte familial de grande pauvreté, nous ne faisons pas l’équation entre extrême pauvreté et maladie mentale ou déficience psychologique. Mais il est évident qu’une charge psychologique aussi forte et aussi précoce que nous avons décrite comme typique de cette situation, ne peut que causer des entraves essentielles au développement normal de la personnalité. La lutte contre la pauvreté extrême devra donc aussi se concentrer sur ces lacunes, aussi bien du point de vue préventif, que du point de vue curatif.

 

Jos Corveleyn et Catherine Maes pour: ATD Quart Monde.org

  

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 11:01

"Rien à voir avec le monde de la psychologie, mais tellement pratique au quotidien qu'il est bon de faire connaitre cet ouvrage... Une excellente initiative de cette pharmacienne, que la rédaction de cet abécédaire".


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Ce livre est unique en son genre. Il réunit une mine de conseils pratiques pour prévenir et soigner les maux du quotidien le plus naturellement possible, accompagner un traitement médical ou chirurgical, mieux se nourrir, bien prendre soin de soi. C’est une vraie bible du bien-être, physique et mental, pour vous guider et vous conseiller les bons gestes au bon moment.   
Dans ce livre – dont vous n’allez plus pouvoir vous passer ! –, vous trouverez :

 

  • Un inventaire inédit des symptômes et leurs principales causes. Mal de ventre, nez qui coule, mauvaise haleine, gencives douloureuses… peuvent avoir de nombreuses origines. Soigner la cause plutôt que le symptôme est un investissement santé à long terme. Fatigue, surpoids, douleurs, tristesse, cystites à répétition… que se cache-t-il derrière ces maux, et comment s’en débarrasser enfin ?
  • Un abécédaire complet des troubles, de « Acidité gastrique » à « Zona », et pour chacun toutes les solutions pour les traiter naturellement – avec les plantes, les huiles essentielles, les tisanes, les probiotiques, l’homéopathie, les vitamines, les oméga 3, les antioxydants, les enzymes… –, efficacement et sans danger.
  • Des solutions express à faire vous-même pour un mieux-être immédiat, et des formules plus complexes à commander en pharmacie pour une action en profondeur et un traitement complet, avec l’explication claire des molécules actives dans chaque ingrédient (pourquoi la prêle, la vitamine B, l’huile essentielle de basilic ? Pourquoi le magnésium marin plutôt que le chlorure de magnésium ?).
  • Rennie, Charbon de Belloc, Jouvence de l’Abbé Soury, pommade Vicks, Élixir du Suédois… des médicaments de toujours qui ont fait leurs preuves et n’ont pas pris une ride, et l’avis d’une pharmacienne sur la meilleure façon de les employer.


Danièle FESTY est pharmacienne. Passionnée par l’alimentation, les compléments alimentaires et les huiles essentielles, elle est notamment l’auteur de Ma bible des huiles essentielles, Tout vient du ventre (ou presque) ou encore 100 réflexes aromathérapie. Retrouvez l’auteur sur son blog : www.danielefesty.com et sur sa page Facebook « huiles essentielles ».

 

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 10:28

Négocier, ce n’est pas uniquement s’asseoir autour d’une table pour débattre d’un problème. C’est tenter, chaque jour, de parvenir à des accords avec son entourage...sans pour autant basculer dans des relations commerciales et stériles !

 

    

-Quel est l’intérêt de savoir “bien” négocier ? Entretien avec Michel Ghazal:

    

Michel Ghazal :

La négociation est la règle de base des relations humaines. Dès que deux personnes sont dans une même pièce, on assiste à l’émergence de désaccords, de disputes ou de différends. Avec notre conjoint quand nous évoquons les vacances. Avec nos enfants qui refusent d’aller se coucher. Avec notre voisin dont le chien ne cesse d’aboyer. Le conflit n’est pas systématiquement à fuir, il est un signe de vie et de santé et permet aux différences de s’exprimer. Comme il n’est pas possible de changer de mari ou de démissionner chaque fois qu’un problème se pose, la négociation est un moyen civilisé de gérer ces situations. Elle est le signe d’une relation vivante, une nécessité absolue pour vivre en société.

 

Faut-il bien se connaître ?
  

Cela permet d’éviter deux écueils : charger l’autre de tous les maux, rester dans l’accusation et le braquer ; ou, à l’inverse, lui céder. Certains ont un tel besoin d’être aimés qu’ils cherchent un accord à tout prix, au détriment de leurs propres intérêts. Dire simplement : « J’ai très envie de sortir dîner avec toi, mais, ce soir, je suis trop fatigué », leur semble insurmontable. Ils doivent apprendre à connaître leurs désirs et à les exprimer.

  

Vous dites “ni céder, ni agresser”. Alors, que faire ? Des compromis ?

  

Le compromis est la solution classique qui consiste à couper la poire en deux. « Tu veux aller partir à la montagne, moi à la mer, on fait une semaine ici, une semaine là. » C’est facile, c’est rapide et vous avez l’impression d’avoir réglé le problème. Sauf qu’aucun des deux interlocuteurs n’est satisfait. Dans une négociation, vous êtes face à un problème à résoudre en fonction d’intérêts que vous pensez divergents. Mais, la plupart du temps, ce ne sont pas les intérêts qui le sont, mais les positions que l’on prend pour les défendre. Alors, plutôt qu’agression, soumission et compromis, retrouvez les besoins sous-jacents et élaborez une solution inédite avec l’autre. Soyez créatifs. Faites-le participer sans décider à sa place. C’est un signe de considération : l’autre est toujours un interlocuteur respectable.

  

Un ado agressif, un patron injuste, un mari violent : l’autre n’est pas toujours respectable…
  

Céder à l’injustice ou à la violence, c’est l’encourager. Lui répondre sur le même terrain, c’est provoquer l’escalade. Le bon négociateur doit dégager en touche parce qu’il est impossible de parler avec quelqu’un qui est dans un état émotionnel trop fort. Le bon négociateur est celui qui sait donner du temps au temps : « Ecoute, je suis fatigué ce soir, on en reparlera demain. » Ou parler de ce qu’il ressent profondément : « Je me sens agressé par ce que tu dis. » Attention cependant à ne pas confondre l’émotion et l’expression de cette émotion. L’important est de témoigner de son ressenti, pas de hurler ni de pleurer. Tout ce qui est excessif est de nature à agacer l’autre ou à engendrer la même attitude. Si vous criez, il y a de fortes chances qu’il se mette à crier.

  

Négocie-t-on de la même façon avec ses enfants et son patron ?
  

Les règles d’une négociation efficace sont valables pour toutes les situations conflictuelles, de l’agacement conjugal à la prise d’otages. Il faut être en mesure d’équilibrer raison et émotion. Il y a des intérêts en jeu et la négociation permet de trouver une solution pour régler le problème. Quel qu’il soit. Il est très important de négocier avec votre enfant : si vous cédez à la moindre demande, vous vous montrez incapable d’affirmer vos intérêts et vos désirs. Comment, lui, sera-t-il capable, demain, de comprendre que d’autres ont des intérêts différents des siens et qu’il doit les respecter ? Et si vous ne laissez pas votre enfant défendre ses besoins dans un conflit avec vous, comment saura-t-il les exprimer avec d’autres ?

  

Quand doit-on cesser de négocier ?

  

Si tout peut faire l’objet de négociations, tout n’est pas négociable. Dès lors que mes intérêts fondamentaux, que mes besoins prioritaires sont remis en cause, c’est non négociable. D’ailleurs, un bon négociateur se prépare toujours à cette éventualité en ayant une solution de rechange. Si cette femme n’arrive pas à faire entendre raison à un mari violent, si ce patron pratique le harcèlement moral, la solution de rechange consiste à rompre la relation : quitter son mari, changer de travail. Mais, parfois, les gens tirent un bénéfice négatif de ce qui les fait souffrir : c’est pourquoi il est important de bien se connaître pour bien négocier avec l’autre.

  

Par Violaine Gelly.

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 19:02

-Dossier complet et reportage-

 

A l'heure ou certains grands groupes politiques, médiatiques et intellectuels misent tout sur le contrôle des masses populaires et la rentabilisation de celles-ci, un outil de choix leur est proposé par la science de l'imagerie médicale:

 

Le "Brain Impact", méthode d'influence des prises de décisions de l'humain par processus inconscients. Cette technique très controversée faisant de l'homme un personnage docile, porte le nom d'une société leader dans le domaine de la neuro-économie!

 

Cliquez sur ce logo pour découvrir un site révélateur:

 

neuro

      

Pour compléter cet article, je vous propose ce documentaire de Canal Plus. "Jusqu'où ira la dérive des neurosciences ?" 

 

Nous sommes submergés de publicité. Chaque année, des milliards d'euros, de dollars ou de yens sont dépensés pour tenter de nous persuader d'acheter tel ou tel produit ou pour nous influencer dans nos choix électoraux. les enjeux de cet exercice sont très importants puisqu'il s'agit de maintenir le système de production et de consommation sur lequel est, pour le moment, fondé le développement de nos sociétés. 

 
Les techniques publicitaires sont aujourd'hui tellement sophistiquées que nous pouvons nous demander si nous disposons encore de toute notre liberté de jugement, si nous ne sommes pas dejà des citoyens sous influence, d'autant plus que de nouvelles techniques de marketing, apparues il y a une dizaine d'années, s'intéressent de très près au fonctionnement de notre cerveau.
 
Le neuromarketing est l'application des connaissances issues de la recherche publique en neurosciences cognitives au marketing et à la communication. Le but de cette discipline émergente est de mieux comprendre les comportements des consommateurs grâce à l'identification des mécanismes cérébraux qui interviennent lors d'un achat.

 
Le neuromarketing désigne deux concepts étroitement liés :
l'étude, via les neurosciences, du fonctionnement du cerveau humain lorsque soumis à des stimuli qui peuvent être des marques, des produits ou des publicités.
l'amélioration des outils de communication.
Le terme « neuromarketing » est apparu aux débuts des années 2000.
 
L'objectif recherché par les défendeurs du neuromarketing est d'augmenter la consommation citoyenne, en ne considérant plus sa capacité de jugement mais sa réceptivité à un stimulus, lui retirant ainsi la rationalité de ses besoins. Les détracteurs jugent que d'orienter la recherche neuronale dans le but d'influencer les choix des consommateurs est un manque d'éthique scientifique.
 
Notre cerveau, cible préférée du marketing, semble menacé d'un décryptage toujours plus efficace. Danger véritable ou simple avatar de la société de consommation ?

 
Si le débat n'est pas tranché, le neuromarketing doit rester sous surveillance. Car certaines applications des neurosciences, mal utilisées, pourraient porter un nouveau coup aux libertés individuelles.

   

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