11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 18:39

Création artistique et troubles psychiques sont souvent liés. La folie n’a cessé au cours des siècles d’être représentée par les peintres et les sculpteurs. Depuis le XIXème certains psychiatres s’intéressent aux productions artistiques des malades mentaux. La folie peut-elle être créatrice ? Comment est-elle représentée dans l'art ? Peut-on repérer ces troubles dans une œuvre ?

Antonin Artaud Autoportrait, 1946, Centre Pompidou / CC renzo dionigi / Flickr

Antonin Artaud Autoportrait, 1946, Centre Pompidou / CC renzo dionigi / Flickr

Avec :

 
Anne-Marie Dubois, psychiatre et psychanalyste à la clinique des maladies mentales et de l'encéphale.

Elle est responsable de l’unité d’art-thérapie à la Clinique des maladies mentales de l’encéphale (CMME), au Centre hospitalier Sainte-Anne, à Paris, elle est également conservateur de la collection Sainte-Anne et secrétaire générale du Centre d’étude de l’expression (CEE).


Sébastien Bohler, est journaliste scientifique à la revue Cerveau & Psycho.

 

 Art et folie, quels liens ? par Universcience.fr

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 11:55

La délinquance est-elle une maladie dépistable dès le plus jeune âge ? Comment, avec le renfort des neurosciences et de la psychiatrie, nos sociétés mettent l'enfance sous surveillance. Danger sur la dérive sécuritaire... et la mise sous contrôle des conduites humaines.

 

 

En France, en 2005, un rapport de l'INSERM intitulé "Les troubles de conduite chez l'enfant et l'adolescent" suscite un tollé chez une partie des professionnels de la santé mentale et de l'enfance. Ceux-ci accusent l'organisme de prôner la mise sous surveillance généralisée des tout-petits (dès l'âge de 3 ans), sous l'influence de la psychiatrie comportementaliste anglo-saxonne, légitimant ainsi une idéologie sécuritaire en pleine expansion. Car il s'agit aussi de repérer les futurs délinquants potentiels afin de prévenir ce qu'un député appelle leurs "comportements déviants". Une vision qui détermine déjà les politiques sanitaires et sociales dans des pays aussi variés que le Canada (Québec compris), l'Allemagne ou la Grande-Bretagne.

 

À chaque trouble sa molécule

 

Des sciences en pleine expansion comme l’éthologie et la neurobiologie, et avant elles la génétique, recherchent des causes physiologiques aux comportements "antisociaux". Une batterie de tests, de plus en plus répandus, vise à les diagnostiquer de plus en plus tôt, censés déceler l’"anormalité" des colères, des angoisses ou de la difficulté à se concentrer. Et partant, de les soigner par diverses molécules administrées de façon croissante aux jeunes enfants, du Prozac à la Ritaline. Le vol, le mensonge, la violence, sont ainsi identifiés comme symptômes de ces "troubles de conduite" classés par la bible de la psychiatrie américaine, le DSM (Diagnostic and statistic manual), parmi plus de quatre cents pathologies - contre soixante il y a 40 ans. Avec clarté et concision, en allant à la rencontre des chercheurs et des cliniciens dans les différents pays concernés (ainsi qu’en Suisse et en Belgique), à l’écoute des arguments de part et d’autre, ce film fait le point sur les racines scientifiques et sociales de cette volonté de contrôle, comme sur ses possibles conséquences.

 

Rapport 2005 de l'INSERM

 

Pour consulter le rapport Inserm, cliquez ici: http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0CCwQFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.inserm.fr%2Fcontent%2Fdownload%2F7154%2F55249%2Ffile%2Ftroubles%2Bdes%2Bconduites.pdf&ei=CIfvUsufHqev0QXS5YDwCg&usg=AFQjCNE4DP5lJSFv_-tr_E-xcJ1LYLREEg&bvm=bv.60444564,d.d2k

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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 10:08

Suite aux funestes événements qui ce sont récemment déroulés à Belfort, je dédie cet article au Docteur Jean-Luc Raichon, assassiné pour avoir simplement ouvert sa porte au mauvais endroit et au mauvais moment. Aux vues de la pénibilité des tâches effectuées et du danger inhérent aux métiers de la psychiatrie, j'ajoute le témoignage du docteur Patrick Chaltier, qui éclaire les risques de cette pratique de plus en plus exposée aux frustrations d’une société en souffrance.

 

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-Dr. Jean-Luc Raichon, décédé au soir du jeudi 23 janvier 2014-

 

Beaucoup de zones d’ombre persistent encore autour du triple meurtre de Belfort, qui s’est produit jeudi soir aux alentours de 19 h. Le procureur de la République, Alexandre Chevrier, a donné, hier en fin d’après-midi, les premiers éléments permettant de reconstituer l’emploi du temps de l’auteur présumé, Hervé Meraihia, un Belfortain de 43 ans, à défaut de connaître précisément le mobile. « Néanmoins », indique le procureur, « le drame a eu lieu dans un contexte de séparation mal acceptée et une jalousie très aiguë par rapport à son ancienne compagne ». Les premiers éléments de l’enquête diligentée conjointement par les services de police de Belfort dirigés par Eric Eckel, et la police judiciaire de Besançon, sous les ordres du commandant Régis Millet, donnent le film des faits.

 

Jeudi aux alentours de 19 h, l’homme, qui s’est séparé il y a quelques semaines de Rachel Martin, 37 ans, se rend devant le nouveau domicile de cette dernière, au 16 rue Aristide-Briand, près de la gare à Belfort, une arme de calibre 9 mm dans la poche. Il l’attend. Lorsqu’elle pénètre dans l’entrée, il la suit jusqu’à son palier, au premier étage de l’immeuble. Une brève altercation s’ensuit. Il lui porte un coup-de-poing au visage. La porte d’en face s’ouvre, le psychiatre, Jean-Luc Raichon, 55 ans, sans doute alerté par le bruit, sort. « Un malheureux hasard », remarque le procureur : les deux hommes échangent quelques mots et le suspect sort son arme. Il tire sur les deux personnes, « des coups de feu multiples » et s’enfuit.

 

« Une irrépressible pulsion de mort »

 

Hervé Meraihia reprend sa voiture et se rend près du stade Mattler, au 23 rue des Rubans. Il frappe à la porte de son ami d’enfance, Laurent Domingues, 44 ans. C’est sa compagne qui ouvre. Elle appelle son concubin. Sur le seuil de la maison, « l’échange est très bref », explique le procureur. Le suspect tire à bout portant plusieurs fois. Depuis l’avenue Jean-Jaurès, le bruit de l’arme fait l’effet d’une fusillade. Aux enquêteurs, le meurtrier présumé a expliqué avoir « obéi à une irrépressible pulsion de mort ».

 

Les autopsies, pratiquées hier dans la journée à l’Institut médico-légal de Besançon, permettront d’établir le nombre de balles qu’a reçues chaque victime. Après les faits, l’homme aurait appelé sa mère pour raconter son geste. Cette dernière lui aurait conseillé de se livrer. Peu après 19 h, il se rend directement au commissariat de Belfort et indique aux policiers que son arme, détenue illégalement, se trouve dans la voiture.

 

Les psychiatres face à la violence de leurs patients

 
Ce n’est pas la première fois qu’un tel acte se produit en France. Comment l’expliquer ? Peut-on prévenir le passage à l’acte de patients ou de leurs proches ? Les psys sont-ils suffisamment formés pour faire face aux risques de leur métier ? Explications avec le psychiatre Patrick Chaltiel.

 

On pense souvent qu’un acte aussi violent ne peut être que le geste d’un fou. Est-ce vraiment le cas ?

 

Patrick Chaltiel. Non, pas vraiment. Les malades mentaux sont plus souvent des victimes que des agresseurs. Ils sont 11 fois plus victimes de violence que le reste de la population. Alors que leur violence à eux n'est supérieure que de 1,5 fois à celle de la population générale. Mais les crimes de patients sont spectaculaires. Et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’ils touchent généralement un proche, qu’il s’agisse d’un membre de la famille ou du médecin traitant. Il y a une proximité immédiate avec la victime. Ensuite, parce que le crime est rarement motivé de façon cohérente. Enfin, les scénarios marquent les esprits. Je pense notamment aux infirmières tuées à Pau en 2004. Elles ont été sauvagement tuées à l'arme blanche durant leur nuit de garde, l'une des deux victimes ayant été décapitée, sa tête placée au-dessus d'un téléviseur… Ce sont donc des crimes très médiatisés. La vulnérabilité des malades mentaux, elle, en revanche, n’intéresse pas beaucoup les médias.

 

Comment expliquer que des patients s’en prennent aux personnes qui les soignent ?

 

Il y a des crimes utilitaires qui ne rentrent pas dans le registre de la maladie mentale. Certains toxicomanes agressent ainsi leur médecin pour voler des ordonnances. Dans d’autres cas, il y a une absence de repérage de la maladie mentale ou un suivi insuffisant. Les malades mentaux représentent 3 à 4 % de notre population, il faut s’en occuper, mais les moyens humains pour les prendre en charge ont tendance à se réduire. Résultat, livrés à eux-mêmes, ils délirent, ce qui peut les mener au suicide ou, plus rarement, au crime. C’est ce que l’on appelle la violence de rétorsion. Face à leur exclusion et à leur isolement dans la société, ils veulent montrer qu’ils existent, et cela passe parfois par des actes violents. Il y a souvent une conjonction de facteurs qu’il faut prendre le temps de décortiquer. J’ai par exemple eu le cas d’un malade en fin d’état maniaque, c’est-à-dire en situation d’excitation délirante, qui semblait aller mieux. Il a donné un coup de poing à une autre patiente de l’hôpital. Il s’est avéré que son traitement avait été réduit trop rapidement. Le risque de résurgence avait été minimisé. La patiente en question était très fragile et angoissée, elle l’avait traité de voyou. Cet incident témoigne de négligences de l’équipe et d’une interaction de facteurs. La violence n’est généralement pas une caractéristique inhérente de la maladie. Les pathologies violentes sont rares. Par exemple, seulement 2 à 3 % des schizophrènes sont froids et violents.

 

Y a-t-il des signes avant-coureurs qui peuvent alerter sur un possible passage à l’acte ?

 

Oui. Une pratique d’équipe permet de repérer certains comportements et de détecter les prémices : stress croissant, problèmes financiers, petite délinquance, délires… Seul, il est possible de passer à côté. C’est plus compliqué pour un psychiatre en cabinet, par exemple, qui ne connaît pas encore bien le patient. Parfois aussi, les familles sont réticentes à amener un de leurs proches consulter, cela retarde la prise en charge et peut entraîner un passage à l’acte qui aurait sûrement pu être évité.

 

Les psys sont-ils formés pour réagir à l’agressivité ou la violence de leurs patients ?

 

Non, il y a un vrai déficit en la matière. L’enseignement est trop théorique et manque de stages pratiques qui permettraient une meilleure transmission des praticiens expérimentés aux étudiants. Je conseille aux jeunes qui débutent leur carrière de ne pas s’installer seuls, mais d’opter pour le partage d’un cabinet ou pour l’hôpital. Il ne faut pas être trop isolé. Le travail en équipe est par ailleurs bénéfique aux patients. Cela atténue le risque que, chez les malades psychotiques, le transfert se transforme en haine envers le psychiatre. Dans les hôpitaux, je constate que les patients sont de plus en plus maintenus attachés, notamment dans les services d’urgence. Je trouve que c’est une solution de facilité, cela fait reculer la parole.

 

Vous est-il déjà arrivé d’avoir peur du comportement d’un de vos patients ?

 

Oui, bien sûr. Je dirais même que la peur est nécessaire et salvatrice. Je ne pense pas qu’il faille avoir peur, mais il faut savoir que notre métier est source de stress intense. Il faut apprendre à contrôler cette peur. Il y a souvent des malades qui sont inquiétants, mais pas dangereux. La violence ne vient d’ailleurs pas forcément du patient, mais parfois de sa famille. L’expérience compte énormément pour savoir comment réagir. A mes débuts, j’avais toujours avec moi des outils de réassurance comme une bombe lacrymogène. Je n’en ai plus besoin maintenant, j’ai appris à désamorcer cette violence. J’ai déjà pris des coups, mais je n’ai jamais été en grand danger. En milieu hospitalier, ce sont surtout les infirmiers qui sont en première ligne. Notre métier présente des risques, il faut en être conscient. Chaque année, un psychiatre est tué en France par un patient sur les 12 000 qui exercent. Mais, la plupart du temps, les patients ont une grande estime pour leur médecin car peu de personnes s’occupent d’eux. En cas d’agression, ce sont souvent les autres patients qui viennent défendre le praticien.

 

Pascal CHEVILLOT et Karine FRELIN - Vosges matin

Propos et témoignage recueillis par Fabienne Broucarey -psychologies.com

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 09:43

Avis aux parents : Bob, la célèbre éponge vedette de dessin animé, ramollirait-il le cerveau de nos bambins ? Il faut en tout cas y être attentif si l’on en croit une étude américaine publiée dans la très sérieuse revue “ Pediatrics ”.

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Sous le regard de pédiatres, 60 enfants de 4 ans ont été soumis à un test. Un groupe regardait le dessin animé Bob l’Éponge, un autre regardait “ Caillou ”, un autre dessin animé et un troisième dessinait. Après neuf minutes de cette première activité, les enfants étaient soumis à des tests dits de “ fonction exécutive ”, qui mesure la capacité à rester concentrer sans se laisser distraire.

 

 Un exemple de programme à contourner :

  

 

Si les dessinateurs ou le groupe “ Caillou ” ont bien réussi le test, les résultats du groupe “ Bob l’Éponge ” se sont révélés assez mauvais. “ Cette étude suggère que des troubles peuvent apparaître immédiatement après une courte exposition aux programmes ”, expliquent les auteurs de cette étude, des chercheurs de l’University of Virginia. “ Ce genre de dessin animé comme Bob l’Éponge, rapide et illogique, peut rendre les enfants fort excités, puisqu’ils ont tendance à imiter le comportement de leurs personnages favoris”.

 

Jamais avant l’école !

 

Le Pr Angeline Lillard, de Virginia, ajoute: “ Il faut éviter de laisser les enfants regarder ce genre de programme avant d’aller à l’école ou avant un effort d’attention et d’apprentissage ”.

 

Bob l’Éponge n’est cependant pas le seul dessin animé qui aurait des effets néfastes. Selon les chercheurs: Tous types de dessins animés pulsionnels, fondés sur le même principe d'incohérence et de rapidité (pensons par exemple au "Lapins crétins" et autres programmes proposés par des chaînes qui privilégient la rentabilité à la qualité) seraient susceptibles de pousser nos enfants à reproduire insidieusement des comportements instables, absurdes et délirants en milieu scolaire.

 

http://www.sudinfo.be/

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 10:06

Il est vrai qu'en France, parler, écrire ou plus simplement "pratiquer" notre belle langue est devenu un "art ésotérique", voire un parcours du combattant ! Le langage SMS s'invite partout, réifiant la beauté de l'exception française et détruisant le respect des usages des Lettres. Nous étions censés transmettre une tradition, fille de l'attention... Force est de constater que la nourriture intellectuelle contemporaine est désormais beaucoup plus proche de la nourriture "bon marché" des industries de la restauration !

 

acronymes.jpg

 

En attendant une hypothétique amélioration des us et coutumes françaises, voici une traduction de quelques acronymes utilisés en psychiatrie, bonne digestion à tous...


ASSOCIATIONS :

 

AA Alcooliques Anonymes (association)
AEP Association Européenne de psychiatrie
ADAE Association Départementale d'Aide à l'Enfance
AFERUP Association Française pour l'étude et la recherche sur les urgences psychiatriques
AFP Association Française de psychiatrie
AFTOC Association Française de malades souffrant de troubles obsessionnels compulsifs
API Association de psychiatres d'inersecteur
AREFFS Association de recherche et d'étude pour la formation à la fonction soignante
AsCISM Association des cadres et infirmiers en santé mentale
ASEPSI Association pour l'étude et la promotion des structures intermédiaires
CRIS Centre recherche intervention suicide
DIS Drogue info service
FEP Fédération Européenne de psychanalyse
FFP Fédération Française de psychiatrie
FNARS Fédération Nationale des Associations d'Accueil et de Réinsertion Sociale
GERART Groupe d'études et de recherches sur les appartements relais thérapeutiques
SERHEP Société d'études et de recherches historiques en psychiatrie
SERPSY Soins Etudes et Recherches en psychiatrie
UNAFAM Union nationale des amis et familles de malades mentaux
UNAPEI Union Nationale des associations de parents et amis de personnes handicapées mentales



PSYCHIATRIE



APT Appartement Thérapeutique
AT Atelier Thérapeutique
CAC Centre d'Accueil et de Crise
CATEB Centre d'Accueil et de Thérapies Brèves
CATTP Centre d'Accueil Thérapeutique à Temps Partiel
CCASA Centre Communautaire d'Accueil et de Soins aux Adolescents
CDHP Commission Départementale des Hospitalisations en Psychiatrie
CDSM Conseil Départemental de Santé Mentale
CHS Centre Hospitalier Spécialisé
CMP Centre Médico-Psychologique
CMPP Centre Médico-psycho-pédagogique
CODHOPSY Commission Départementale des Hospitalisations Psychiatriques
CPOA Centre Psychiatrique d'Orientation et d'Accueil
CSST Centre Spécialisé de Soins aux Toxicomanes
DHM Dispensaire d'Hygiène Mentale
EPS Etablissement Public de Santé
HAD Hospitalisation A Domicile
HDT Hospitalisation sur Demande d'un Tiers
HL Hospitalisation Libre
HO Hospitalisation d'Office
HP Hôpital Psychiatrique
HTT Hébergement Thérapeutique Transitoire
IPPP Infirmerie Psychiatrique de la Préfecture de Police
SIP soin intensifs psychiatriques
SMPR Service Médico-Psychologique Régional
SPMP Service de Psychiatrie en Milieu Pénitentiaire
UCSA Unité de Consultations et de Soins Ambulatoires
VAD Visites A Domicile



SOCIAL-ADMINISTRATION



voir surtout sur le site : http://www.lesocial.fr/sigles/


AAH Allocation aux Adultes Handicapés
AEMO Action Educative en Milieu Ouvert
AES Allocation d'Education Spéciale
ANAES Agence Nationale d'Accréditation et d'Evaluation en Santé
AP Atelier Protégé
APA Aide Personnalisée à l'Autonomie
AP-HP Assistance Publique - Hôpitaux de Paris
ARH Agence Régionale de l'Hospitalisation
ASE Aide Sociale à l'Enfance
CA Conseil d'Administration
CADA Commission d'Accès aux Documents Administratifs
CAMSP Centre d'Accueil Médico Social Précoce
CAPL Commission Administrative Paritaire Locale
CAPD Commission Administrative Paritaire Départementale
CAO Commission d'appel d'offres
CAT Centre d'Aide par le Travail
CCAS Centre Communal d'Action Sociale
CCPE Commission de Circonscription Pré-Elémentaire
CCSD Commission de Circonscription du Second Degré
CDES Commission Départementale de l'Education Spécialisée
CHG Centre Hospitalier Général
CHU Centre Hospitalier Universitaire
CHRS Centre d'Hébergement et de Réadaptation Sociale
CHSCT Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de TravaiL
CLIN comité de lutte contre les infections nosocomiales
CME Commission Médicale d'Etablissement
CMM Commission des Maladies Mentales
CMU Couverture Maladie Universelle
CMS Centre Médico-Social
CNAM Caisse Nationale d'Assurance Maladie
CNIL commission nationale informatique et libertés
CNOSS comité national de l'organisation sanitaire et sociale
COM contrat d'objectif et de moyen
COTOREP Commission Technique d'Orientation et de Reclassement Professionnel
CREDOC Centre de recherche pour l'Etude et l'Observation des Conditions de vie
CROSS Comité Régional d'Organisation Sanitaire et Sociale
CSSI Commission du service de soins infirmiers
CSP Code de la Santé Publique
CSPPM Conseil Supérieur des Professions ParaMédicales
CTE Comité Technique d'Etablissement
CTP comité technique paritaire
CTRS Centre de Traitement et de Réadaptation Sociale
DDASS Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales
DGF dotation globale de financement
DGS Direction Générale de la Santé
DH Direction des Hôpitaux
DIM Département d'Information Médicale
DNA dotation non affectée
DRASS Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales
EHPAD Etablissement hébergeant des personnes âgées dépendantes
ENSP Ecole Nationale de Santé Publique
FJ forfait journalier
GCS groupe de coopération sanitaire
GEM groupement d'entraide mutuelle
GHM groupe homogène de malades
GIE groupement d'intérêt économique
GIP groupement d'intérêt public
GSL Groupe de Soin LocaL
HC hospitalisation à temps complet
HCSP Haut Comité de la Santé Publique
HJ hôpital de jour
HN hôpital de nuit
IFSI Institut de Formation en Soins Infirmiers
IFCS Institut de Formation des Cadres de Santé
IGAS Inspection Générale des Affaires Sanitaires et Sociales
IME Institut Médico-Educatif
IMP Institut Médico-Pédagogique
IMPRO Institut Médico-PROfessionnel
IRP Institut de Rééducation Pédagogique
IVG interruption volontaire de grossesse
MAPA Maison d'Accueil pour Personnes Agées
MAS Maison d'Accueil Spécialisée
MCI Mise en chambre d'isolement
OMS Organisation Mondiale de la Santé
ODAS Observatoire National de l'Action Sociale décentralisée
ONDAM Objectif National des Dépenses d'Assurance Maladie
PC centre de postcure
PFT Placement Familial Thérapeutique
PJJ Protection Judiciaire de la Jeunesse
PMI Protection Maternelle et Infantile
PMSI Programme médicalisé des Systèmes d'Information
PRAPS Programme régional d'Accès à la prévention et aux soins
PSD Prestation Sociale Dépendance
PSI Plan de Soins Infirmiers
RMI Revenu Minimum d'Insertion
RSA résumé de sortie anonyme
RSS résumé de sortie standardisé
RUM résumé d'unité médicale
TM Ticket Modérateur
SAMU Service d'Aide Médicale d'Urgence
SAU Service d'Accueil et d'Urgence
SDF Sans Domicile Fixe
SDO Schéma Départemental d'organisation
SESSAD service d'éducation et de soins spécialisés à domicile
SESI Service des Statistiques, des Etudes et des Systèmes d'Information
SIH syndicat inter hospitalier
SROS Schéma Régional d'Organisation Sanitaire
UF Unité Fonctionnelle
UFSI Unité Hospitalière Sécurisée Interrégionales
UMD Unité pour Malades Difficiles
USM Usager en santé mentale
UTASS Unité Territoriale d'Action Sanitaire et Social
 
RECHERCHE :

 

Glossaire des sigles médicaux, administratifs et d'associations.

http://www.odonte.com/articles/glossaire/acceuilglossaire.htm
 

CNRS Centre Nationale de Recherche Scientifique
IFR Institut Fédératif de Recherche
INSERM Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale
IRD Institut de Recherche et Développement

 

MEDICAMENTS, SUBSTANCES....

 

AD Anti-dépresseur
AMM Autorisation de Mise sur le Marché
BZH Benzodiazépine
NAP neuroleptique à action prolongée

 

PERSONNEL DES HOPITAUX
AMP Aide Médico Psychologique
AS Assistante Sociale
AS Aide Soignant
ASH Agent des Services Hospitaliers
AUX P (ou AP) Auxiliaire Puéricultrice
CI Cadre Infirmier
CIS Cadre Infirmier Supérieur
DA Directeur Adjoint
DSSI Directeur du Service de Soins Infirmiers
DRH Directeur des Ressources Humaines
IDE Infirmier diplômé d'Etat
IDSP Infirmier diplômé de Secteur Psychiatrique
IG Infirmière Générale
FFI Faisant Fonction d'Interne
PH Praticien Hospitalier


A consulter sur http://www.serpsy.org/

Published by Trommenschlager.f-psychanalyste.over-blog.com - dans Dossier Psychiatrie
1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 11:38

La peur de la déviance, en elle-même, devient de la pure paranoïa... Le vrai savoir disparait au profit d'une science d'apparat fondée uniquement sur la sémantique.

 

Lien vers la revue médicale suisse: Le DSM-V, à la gloire d’une époque qui craint la déviance.

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Tout cela n'est-il pas suffisant ?

 

Dans le vaste monde de la psychiatrie et de la santé mentale, on attendait avec fébrilité le 10 février, jour de mise en ligne du projet de nouvelle version du Diagnostic and Statistical Manuel of Mental Disorders (DSM-V). Il faut dire que c’est de manière quasi théologique que ce manuel rayonne son autorité. Avec une efficacité unique dans l’histoire des sciences, un petit groupe d’experts, tous cooptés au sein de l’American Psychiatric Association (APA), est par venu à découper, nommer et définir les troubles psychiques, comme l’Eglise l’avait fait autrefois avec les péchés. Au fil des décennies et de ses différentes versions, le DSM a imposé son credo urbi et orbi (hors des Etats-Unis).


Contre cette domination, il y eut certes quelques tentatives. L’OMS a lancé sa propre classification, le CIM-10. Avec un succès limité. Dans la plupart des pays développés, c’est le DSM qui définit le statut (bien-portant ou malade) des individus, qui influence le remboursement du traitement de leurs souffrances, qui justifie, parfois, leur enfermement.


Des groupes de patients craignent d’y figurer. D’autres aime raient que change la terminologie qui les con cerne. Qu’on le veuille ou non, le DSM est devenu le livre où se raconte la maladie mentale. Les intérêts mis en jeu par le DSM sont évidemment colossaux. D’où, en coulisse, mille manœuvres et tentatives d’influence. N’imaginons pas que les experts chargés de développer le nouveau DSM travaillent seuls. Autour d’eux, les aidant à prendre les bonnes décisions, s’active le cortège classique du pouvoir américain : lobbies (celui de l’industrie pharmaceutique surtout), experts (la plupart payés par les lobbies), médias, politiciens, minorités actives…


Pour donner une petite idée de l’ambiance qui prévaut (comme à chaque nouvelle version, d’ailleurs) : avant même la publication du projet du DSM-V, les responsables des deux précédentes éditions (DSM-III et IV) ont écrit une lettre dans le Psychiatric Times où ils accusent leurs successeurs de se montrer «trop secrets et complètement coupés de l’opinion extérieure» et se disent inquiets que la nouvelle version «augmente sensiblement la population considérée comme pathologique».


C’est que le projet de DSM-V ne se contente pas de redéfinir quelques maladies ou d’en ajouter quelques-unes. Il
introduit un nouveau paradigme. En résumé : ce qui fait la maladie, c’est le quantitatif davantage que le qualitatif. Entre le normal et le pathologique, la différence n’est que d’intensité. Aucun trouble n’est anormal en tant que tel.


Seule son intensité le rend pathologique. C’est vrai que, du coup, suivant où est placé le curseur, le marché de la maladie psychique pourrait considérablement s’accroître…
Depuis sont origine, le DSM a visé la simplification. Son utopie fondatrice était de débarrasser la psychiatrie de toute
théorie. Mais aussi de la soustraire à la variable individuelle et à l’irrésolu qui lui est lié. Pour cela, il a commencé par abandonner les symboles et les restes de mythologie grecque qui encombraient sa terminologie (reliquats de ses racines psychanalytiques). Ensuite, au moyen d’une classification rigide, comme on en trouve en physique, chimie ou biologie, le DSM a porté son projet à son aboutissement : faire de la psychiatrie une science comme une autre. Une science à portée universelle, insensible à l’influence des cultures et des interprétations.

 
L’étrange, cela dit, est l’attitude profondément antiscience des experts du DSM. Les récents progrès de la génétique dans l’élucidation de l’étiologie de maladies psychiatriques, les améliorations des traitements pharmaceutiques et la neuroimagerie auraient dû jouer un rôle majeur dans sa révision. Or il n’en est rien. Aux yeux des experts du DSM, la psychiatrie est une science, certes, mais solitaire, qui n’a de compte à rendre qu’à elle-même. Se pose cependant une petite question : en se présentant comme athéorique, le projet du DSM n’est-il pas une mystification typique de l’époque moderne ? Certes, son système de classification s’est mondialement diffusé, c’est son mérite. Il permet l’intercompréhension des chercheurs et des praticiens, et, ce qui n’est pas rien, la comparabilité des résultats. Mais exclure toute réflexion sur les causes des maladies et sur l’irréductible singularité des sujets ne suffit pas à éviter tout parti pris idéologique.

  
Si au moins la langue du DSM était vraiment objective. Mais, à bien regarder, ce n’est pas le cas. Un même patient, suivant l’examinateur et le moment auquel il est observé, peut recevoir des diagnostics différents. De nombreux critères diagnostiques dépendent du contexte social. Malgré ce que prétendent les experts du DSM, ils restent essentiellement subjectifs.


Aucun langage ne peut servir à communiquer sans se lier à une dimension symbolique. L’humain s’exprime sans
cesse au travers d’équivoques, d’ambiguïtés, de détours par l’imaginaire. Or, le DSM est le projet d’un langage absolument formalisé, univoque, clair, sans doutes. Mais ce langage n’est en réalité qu’un artefact. En imitant l’esprit de la rationalité technique, il tend à fabriquer de la maladie.


Comment comprendre que la communauté psychiatrique, sensible à l’importance de l’altérité, ait pu laisser un petit
groupe de psychiatres américains imposer un modèle aussi hégémonique ? Pourquoi les psychiatres n’exigent-ils pas que le DSM soit un chantier mondial, mené par une équipe ouverte, soumis à une incessante critique, modifiable en tout temps selon le nouveau savoir – comme n’importe quel savoir scientifique, d’ailleurs ?


Cette fois-ci, c’est vrai, l’APA a voulu qu’une vaste consultation sur internet précède la publication du nouveau DMS, le V, prévue pour cette année. Mais ensuite, comme pour mieux con trôler sa portée idéologique, le DSM-V ne sera disponible que sous forme de livre. Notre société ne peut fonctionner qu’en remettant en cause le normal, en interrogeant sans cesse ses limites. Mais avec grande prudence. Le grave, ce serait un monde normalisé par la psychiatrie, où la moindre impulsion créatrice, la plus petite transgression, le début même de l’originalité, l’acte ou le comportement humain un tant soit peu impertinent, se trouverait catalogué comme anormal, nuisible et à la fin dangereux.

   
Autre question de fond : pour quelle raison le DSM a-t-il décidé de ne s’intéresser qu’aux patients ?

Prenez la dépression. Comment séparer, dans le jeu de ses causes, une société qui exige que chacun «performe» sa vie et des individus qui n’arrivent plus à suivre cette injonction ? Ne faudrait-il pas, en parallèle de celle des individus, lancer une entreprise de classification des troubles de la société ?

 
En lisant le projet de DSM-V, on visite des déviances fascinantes, on se promène dans des vices qui sont comme les ombres des multiples ressources du psychisme humain – vices qui prennent d’étranges noms, parfois sous l’effet de traductions hasardeuses. On découvre des comportements tellement bizarres qu’ils nous apparaissent sortis de séries policières télévisées ou, plus souvent, si banals que tout le monde semble en souffrir. Superbe œuvre, en réalité, que cette cathédrale de classification à la gloire d’une époque qui a "peur de la déviance".


Mais n’oublions pas. Du sujet humain, on ne sait pas grand-chose, mais ce qu’on sait de plus sûr, c’est qu’il dépasse sans cesse ses propres tentatives de se limiter, de se catégoriser, autrement dit de se comprendre.

 

http://www.mensongepsy.com/fr

Autre lien: http://www.psy-luxeuil.fr/article-dossier-la-machine-de-guerre-cognitive-partie-2-107356802.html

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 06:08

La chaîne Baby First (de 6 mois à 3 ans) incarne une consommation précoce des médias aux dangers irréversibles.

 

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On a beaucoup parlé de Baby First, une chaîne destinée aux bébés. Cette chaîne se déploie au moment où le prix Nobel récompense Albert Gore, qui dénonce dans l’Assaut de la raison l’extension du pouvoir des médias audiovisuels contre la république des lettres. De fait, de nombreuses études font apparaître que la consommation précoce des médias altère irréversiblement la synaptogenèse du cerveau juvénile.

 

En 2004, Zimmerman et Christakis, rappelant que le jeune enfant développe ses synapses en fonction de son environnement, inféraient que la télévision pourrait provoquer de tels troubles attentionnels au cours du développement de l’appareil psychique : «Le cerveau […] continue à se développer rapidement au cours des premières années de la vie et… il existe durant cette période une plasticité [cérébrale] considérable. […] Nous faisons l’hypothèse que l’exposition très précoce à la télévision pendant la période critique du développement synaptique pourrait avoir de profonds effets sur le développement du cerveau.»

 

La multiplication des dispositifs de captation de l’attention juvénile engendre une immense incurie. L’exploitation des psychotechnologies électroniques constitue un psychopouvoir – plus efficace que le biopouvoir décrit par Foucault – que ne régule aucun pouvoir politique, bien qu’il soit une cause de régression de l’intelligence et de multiplication des frustrations.

 

Ce que les parents et les éducateurs formaient naguère patiemment, dès le plus jeune âge, en se passant le relais d’année en année sur la base de ce que la civilisation avait accumulé de plus précieux, les industries audiovisuelles le défont systématiquement avec les techniques les plus brutales. Pour être rendu disponible au marketing, le cerveau est précocement privé de conscience : la création des circuits synaptiques, en quoi consiste la formation de cette capacité attentionnelle qu’est la conscience, est bloquée par la canalisation de l’attention vers les objets des industries de programmes.

 

C’est ce que Katherine Hayles analyse comme un changement cognitif au niveau attentionnel, qu’elle décrit comme une mutation générationnelle :«Les enfants dont la croissance se produit dans des environnements dominés par les médias ont des cerveaux câblés et connectés différemment des humains qui n’atteignirent pas dans de telles conditions la maturité.»

 

C’est la maturité telle que la concevait Kant, c’est-à-dire comme majorité, seule base possible de la responsabilité, qui est ruinée par la captation industrielle de l’attention juvénile : Baby First annonce le temps des générations synaptogénétiquement handicapées, c’est-à-dire structurellement irresponsables.

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 11:41

-LES NOUVELLES TECHNOLOGIES ET LE CERVEAU-

 
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Dans le cadre des Etats Régionaux de la Psychiatrie, l’association PSY 3000 vous propose de poursuivre la réflexion sur les perspectives d’avenir des pratiques en psychiatrie. Cette année, les réflexions s’orienteront vers les nouvelles technologies.

 

Sociopathologies et psychothérapeutiques dans le contexte de la numérisation généralisée, par Bernard Stiegler. Conférence prononcée à Lille le 14 mai 2013 aux Etats Généraux de la Psychiatrie. Un colloque sur le développement cérébral depuis l'apparition de la mémo-technique il y a plus de 30000 ans.

 

Dewplayey - 83:04 minutes (95.07 Mo)

 

Note pour la conférence: Un bémol toutefois sur l'utilisation de Facebook, où les détenteurs d'un compte peuvent, à défaut de suppression, utiliser leurs données pour le partage "d'informations utiles à l'intérêt commun". Il est conseillé de divulguer le moins possible toutes données personnelles, souvent vendues à des annonceurs privés ou archivées pour le fichage client.

 

Cours également disponible sur www.arsindustrialis.org

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 09:31

Les paradoxes de la psychiatrie américaine et les incohérences de la "multiplication des pains" et des maladies mentales... 

   

France-Culture-copie-1-Cliquez sur le logo pour écouter le podcast-

  

Avec Pierre-Henri Castel, historien, philosophe et psychanalyste, directeur de recherches au CNRS, auteur de La fin des Coupables, (Ithaque, 2012), Allen Frances, psychiatre, rédacteur du DSM IV (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) en 1994 - depuis New York et Amal el Hachimi, journaliste, co-réalisatrice du documentaire Des fous dans la rue: enquête au coeur de la psychiatrie américaine (diffusion M6, décembre 2012).


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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 16:14

Rencontre avec Alain Bottéro: Le terme date de 1908, mais on peine toujours à s’accorder sur ce qu’il recouvre. Les symptômes se retrouvent dans d’autres troubles, les cas cliniques sont très variés... aucune explication définitive ne se dégage.

 

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Peu de troubles mentaux suscitent autant de malentendus que la schizophrénie. On imagine spontanément que le schizophrène est tiraillé entre deux personnalités opposées, une bonne et une mauvaise, une raisonnable et une délirante. Il entend des voix. Surtout, il est dangereux : il peut commettre des crimes d’une sauvagerie inouïe. Or, la réalité est beaucoup plus complexe. Un patient schizophrène n’a pas une double personnalité, il n’entend pas forcément de voix, et, malgré les effets de loupe occasionnés par le prisme médiatique, les crimes commis par des schizophrènes sont statistiquement dérisoires. Ces sujets sont avant tout dangereux pour eux-mêmes, puisqu’un sur deux tenterait de se suicider.

 


Les soignants, eux-mêmes, ont des a priori contre cette maladie particulièrement difficile à comprendre et à soigner. Le psychiatre Alain Bottéro se bat pour que cesse la stigmatisation de patients qui sont les premières victimes de cette énigme médicale.



  • Le terme de schizophrénie date de 1908. Auparavant, on parlait de démence précoce. 
Que recouvrait ce terme ?


 

Le concept de « démence précoce » est inventé en 1893, et affiné en 1896 et 1899, par Emil Kraepelin, grand « aliéniste » allemand (on ne parle pas encore de « psychiatres »). C’est un vrai clinicien, particulièrement soucieux de ses responsabilités : selon son diagnostic et son pronostic, il est conscient de disposer d’un pouvoir d’internement à vie sur ses patients. Insatisfait par les classifications des maladies mentales, il entreprend de décrire les symptômes mais aussi leur évolution dans le temps, pour opposer les maladies les unes aux autres et les classer avec un soin infini. Il ressort trois diagnostics principaux des cas hospitalisés qu’il étudie dans son service à Heidelberg.



D’abord, ce que l’on appelle la paralysie générale, c’est-à-dire le stade terminal de la syphilis, une affection alors très répandue. Ces patients délirent, mais ils présentent des troubles neurologiques : ils ont des paralysies, des atteintes de la sensibilité, de la mémoire par exemple. C’est une folie à démence tardive : il faut un bon quart de siècle entre le rapport sexuel contaminant et l’apparition des manifestations cérébrales.


Ensuite, ce qu’E. Kraepelin regroupe sous le terme inédit de folie maniacodépressive (l’équivalent en mieux articulé de ce que l’on appelle déjà, en France, la folie périodique). Ces fous-là ne sont pas paralysés. Leur réactivité émotionnelle n’est pas atteinte et ils finissent toujours par guérir.



Enfin, un trouble qui commence tôt, qu’E. Kraepelin baptise « démence précoce », qui s’accompagne de délires et d’hallucinations. Les patients, jeunes, perdent leurs capacités de raisonnement, mais aussi, peu à peu, leur affectivité : leurs réactions émotionnelles s’éteignent. C’est à ses yeux une forme de démence, qui survient précocement. 



Ce système va séduire tous les aliénistes européens puis américains. Aujourd’hui encore, le cœur du DSM-IV, la classification psychiatrique américaine, c’est du E. Kraepelin. Néanmoins, il s’est posé tout de suite un problème : dans les faits, la démence précoce n’est pas un état constant. Elle peut être réversible, il arrive qu’elle ne se déclare qu’à 50 ans. E. Kraepelin lui-même le reconnaît. En somme, « la démence précoce peut être ni démente ni précoce », raillent ses détracteurs !



  • La démence précoce n’est-elle qu’un fourre-tout où classer les patients qui n’entrent pas dans les deux premières catégories ?



Certainement, et E. Kraepelin lui-même se montre insatisfait. Il pense d’abord que la démence précoce est une maladie de la dégénérescence, qui s’aggrave au fil des générations. Puis il se ravise, et parle d’un trouble par autointoxication, métabolique, à l’instar du myxœdème ou de l’hyperthyroïdie. Il soupçonne l’action d’une hormone sexuelle, puisque la maladie se déclenche après la puberté. Mais ce n’est qu’une hypothèse. Et les lésions cérébrales qu’il subodore demeurent introuvables, alors qu’à l’époque on fait des découvertes majeures sur le cerveau des personnes souffrant de troubles du langage, ou celui de déments où Alzheimer repère des lésions spécifiques. En France, on continuera d’utiliser le diagnostic de démence précoce jusque dans les années 1950.



  • C’est Eugen Bleuler qui va inventer le mot de schizophrénie, pour en finir avec cette approximation de la démence précoce. Dans quelles circonstances ?



En 1902, ce médecin-chef de la clinique du Burghölzli, à Zurich, est chargé de défendre la notion de démence précoce face aux attaques répétées dont elle fait l’objet. Il s’aligne prudemment derrière l’illustre Kraepelin, mais laisse entrevoir comment il compte personnellement résoudre le problème. Il approuve toutes les descriptions cliniques, mais se montre plus réservé quant à savoir si la démence précoce altère toujours la réactivité émotionnelle : il cite par exemple des patientes internées qui fondent en larmes à l’évocation du bébé dont elles ont été séparées. Pour lui, ce qui est atteint, c’est plutôt la faculté associative. 


Le grand rival d’E. Kraepelin, Theodor Ziehen, propose une classification des troubles mentaux qui fait systématiquement appel à des perturbations de la fonction associative afin de rendre compte des pathologies. Avec Carl Gustav Jung, son interne, E. Bleuler utilise un test pour évaluer les associations des patients. Ce test a justement été mis au point par Ziehen, l’oublié de l’histoire qui, en 1893, avait cherché en vain à imposer un concept de folie délirante qu’il appelait paranoia dissociativa, véritable schizophrénie avant la lettre. E. Bleuler conclut que la démence précoce se caractérise non par une disparition de la réactivité émotionnelle, mais par une pathologie des associations. 



En 1908, devant le congrès annuel des aliénistes allemands présidé par E. Kraepelin, E. Bleuler propose de remplacer le terme de démence précoce par celui de schizophrénie, littéralement « l’esprit scindé », pour rendre compte de la dislocation des associations, et donc de l’esprit, chez des malades qui ne sont manifestement pas déments, qui font de temps à autre des remarques sensées, qui savent qu’ils sont à l’asile. Il met à contribution deux grandes idées qui ont alors cours dans la psychologie associative pour expliquer autrement que par un processus démentiel les symptômes : celle classique d’affaiblissement de la fonction associative, celle plus moderne, lancée une vingtaine d’années plus tôt par l’école de la Salpêtrière, Alfred Binet, Pierre Janet, Paul Richer et leur maître Théodule Ribot, de « dissociation ». Le terme de schizophrénie commence à rencontrer le succès à partir de 1911, grâce au traité d’E. Bleuler intitulé Démence précoce ou groupe des schizophrénies. Le mot, qui sonne étrange comme son objet, frappe les esprits, il fera florès.



  • Le mot est resté, mais recouvre des symptômes tout aussi disparates qu’au début du XXe siècle.



Absolument ! Le terme de schizophrénie, qui reflète une théorie de la maladie, celle de la dissociation généralisée, est longtemps pris au pied de la lettre alors que ce n’était au départ qu’une hypothèse. Jusqu’aux années 1970, voire 1980 en France, on confond la maladie avec sa théorie : on ne voit plus les patients comme souffrant de symptômes de délire, d’hallucinations, d’anxiété, mais comme frappés de symptômes dissociatifs que l’on croit spécifiques. Du coup, les psychiatres traquent ces symptômes-là. Dès qu’ils en voient, ils diagnostiquent une schizophrénie. Mais l’idée de dissociation est ébranlée avec l’arrivée des psychotropes. On se rend compte que ces médicaments ont des indications précises : les neuroleptiques marchent contre le délire, le valium contre l’anxiété, les antidépresseurs contre la dépression, le lithium contre la maniacodépression… mais pour peu que le diagnostic soit bon ! Une étude de la fin des années 1960, la US-UK Study, présente à des psychiatres américains et anglais des vidéos de patients filmés aux urgences. Le résultat est stupéfiant : quand les Américains, en visionnant les films, voient neuf schizophrénies pour une maladie maniacodépressive, les Anglais diagnostiquent eux une proportion strictement inverse. Les bases de prescription de ces médicaments si puissants apparaissent soudain bien fragiles. Grand problème ! De même, on se rend compte qu’en France, on diagnostique des schizophrénies chez des jeunes gens quand au Canada, on parle simplement de crises graves de l’adolescence… L’idée qu’il faut définir les maladies de façon beaucoup plus empirique va aboutir à la troisième édition du DSM en 1980. Entre-temps, tous les essais de redéfinition de la schizophrénie qui apparaissent à partir des années 1970 aboutissent à un même constat : les symptômes dits de dissociation ne permettent pas un diagnostic sûr, puisqu’on en voit chez les maniaques, les déprimés, les grands anxieux, etc. La schizophrénie est désormais définie par des symptômes beaucoup plus simples, des hallucinations et des idées délirantes principalement.



  • La schizophrénie s’accommode-t-elle aujourd’hui d’une lecture particulière, plus plausible que les autres ?



Encore aujourd’hui, si vous ouvrez un manuel de psychiatrie destiné aux étudiants et aux internes, vous trouvez toujours la schizophrénie définie comme une maladie de la dissociation des fonctions psychiques. Les classifications reconnues, sur lesquelles sont fondées les recherches, comme le DSM ou la Classification internationale des maladies de l’OMS, ont pourtant abandonné une telle notion. Les psychiatres se trouvent donc écartelés : lorsqu’on leur demande un diagnostic précis pour justifier leur choix thérapeutique, ils sont obligés de passer par le DSM-IV, qui ne parle jamais de dissociation. Mais lorsqu’on leur demande comment ils voient la maladie, ils ne peuvent éviter de s’y référer.



  • On n’arrive donc toujours pas à se mettre d’accord sur la définition de la maladie, ni à trouver des symptômes permettant de la diagnostiquer à coup sûr. Existe-t-elle vraiment, après tout ?



Les patients existent, leurs symptômes existent, c’est la chose qui se trouve être la plus sûre dans toute cette affaire. Mais la schizophrénie correspond à ce que l’on appelle un diagnostic d’exclusion, par défaut : il faut des symptômes de délire ou d’hallucination pendant au moins six mois, et dont toutes les autres causes envisageables (tumeur, sclérose en plaques, dépression psychotique, état maniaque, trouble bipolaire, etc.) ont tour à tour été éliminées. C’est toujours une catégorie fourre-tout pour les troubles psychotiques dont on n’a pas l’explication. Certains patients ont des délires et des hallucinations, et c’est tout. D’autres ont cette extinction émotionnelle dont parlait E. Kraepelin. Ou sont désorganisés. La plupart des recherches bloquent actuellement sur le fait que l’on tend à appréhender la schizophrénie comme une maladie unique, alors que d’évidence ce sont à de nombreuses affections très diverses que l’on est confronté. Il est très important que les chercheurs soient conscients que la schizophrénie n’est pas une affection spécifique, mais un regroupement provisoire, cliniquement assez grossier, qui exige que l’on imagine des stratégies de recherche originales pour être démembré. Les généticiens, pour leurs recherches, étudient des patients diagnostiqués atteints de schizophrénie selon le DSM-IV, mais rapportent leurs découvertes à cette définition fourre-tout : du coup, chaque fois qu’ils trouvent quelque chose qui pourrait singulariser cette maladie, cela ne répond pas à tous les cas, c’est impossible.



  • Comme cette maladie, ou ces maladies, restent complètement insaisissables, le regard porté sur les patients a toujours été stigmatisant : on a pu les décrire comme dangereux, sentant mauvais, nécessitant une ablation du côlon…



D’une part, en effet, ce qui est insaisissable nous inquiète toujours. D’autre part, comme on croyait comprendre qui étaient ces patients, on a accumulé un certain nombre d’idées sur leur compte, à proportion de l’angoisse qu’ils suscitaient. Les psychiatres les plus en pointe ont eux-mêmes, parfois, des idées complètement dépassées. Sous E. Kraepelin, les patients étaient vus comme déments, avec un cerveau détruit. Après E. Bleuler, on les a crus divisés, coupés à la fois d’eux-mêmes (incapables de comprendre le sens de leurs actes, leurs émotions, leur vie) et d’autrui (incapables d’établir des rapports sociaux, éminemment dangereux). Ce n’était pourtant pas l’intention d’E. Bleuler, qui était proche de ses patients, qui vivait avec eux. Mais le passage de la démence à la coupure psychique lui a échappé. Il est très difficile de dépoussiérer le mot de schizophrénie de cet héritage d’amalgames. Je participe à une commission française visant à faire accepter par l’OMS de trouver un nouveau nom pour la schizophrénie, plus conforme à la réalité clinique et de la recherche. Pour la francophonie, on pourra peut-être obtenir gain de cause. Mais ailleurs, c’est moins sûr, à cause d’énormes intérêts scientifiques mais aussi financiers… La décision sera prise en 2015.

 

www.scienceshumaines.com

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