11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 14:27

Avant que chacun lise ces lignes: Je tiens à rappeler que ce texte décrypte, sans misogynie, des procédés subconscients qui engendrent souvent de terribles souffrances. Aussi, il n’est pas ici permis de juger, mais bien de comprendre les causes de ce complexe très subtil mais également profondément destructeur.

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Vous connaissez sans doute Diane-Artémis, la femme chasseresse ? Femme-homme par excellence et « patron »des chasseurs ! Je vous la présente aujourd’hui en psychanalyse :

 

Durant l’éducation, la masculinisation à outrance de la femme peut avoir plusieurs causes. Une des causes réside dans le complexe d’Oedipe, mais voici deux autres causes fréquentes :

 

Il existe pour l’homme « le complexe de castration », tel un petit garçon très fier de son organe qui représente la supériorité, et angoissé à l’idée de perdre celui-ci…surtout lors d’éventuelles menaces parentales, si l’enfant n’est pas conforme aux exigences de ses géniteurs (rébellion, masturbation, etc.), par exemple…

 

Cette angoisse de castration n’a rien qui puisse étonner. Il ne faut pas oublier que le Phallus est, avant tout, un symbole de vie universelle…et les religions primitives sont des cultes phalliques.

 

Souvent, la petite fille fait de même, mais « à l’envers » ! Elle croit qu’il lui manque quelque chose. Elle croit avoir été frustrée. Elle attend, croyant que cela poussera, comme papa…mais comme cela « ne pousse pas », elle se révolte de plus en plus, ou se sent inférieure.

 

L’éducation joue ici un grand rôle. Ne fait-on pas croire, dans certaine famille, que le sexe des petites filles ne pousse pas « parce qu’elles l’ont regardé…ou parce qu’elles l’ont touché ? ».

Ou bien, « cela ne pousse pas » parce que c’est une punition. Pure inconscience, évidemment, mais dont les répercussions apparaissent dans le langage des petites filles, ou dans leurs dessins.

 

Ou bien, un cas très connu : Une fillette entend dire par ses parents :

« Nous aurions voulu un garçon ! Mais n’avons eu qu’une fille…tant pis… On fera avec, on s’y habituera…mais c’est quand même dommage ».

A quoi la petite fille réagira férocement en détestant son propre sexe, ou en jalousant le sexe masculin, ce qui est logique.

 

Et ces exemples ouvrent la voie à des dizaines d’autres…

 

A cette frustration, l’adaptation se fait ou ne se fait pas, comme dans le complexe de castration. Si elle ne se fait pas, la petite fille éprouve du mépris pour son propre sexe (qu’elle croit inferieur), et de la jalousie à l’égard de l’homme (qu’elle ressent supérieur). Elle a donc le désir intense de compenser son infériorité, en devenant comme un homme. « Elle devient masculine ! ».

 

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Adulte, elle devient parfois une « Femme-Chef », faisant tout marcher « à la baguette »…

Surtout les hommes, puisqu’elle désire les inférioriser. Comme elle est jalouse de l’homme, elle tente de dresser les autres femmes contre lui. Elle est autoritariste et agressive. Elle méprise l’authentique féminité et déteste les hommes. Elle n’est ni femme ni homme…et peut en souffrir horriblement ! Si elle se marie, cette Diane est souvent frigide, puisqu’elle méprise la féminité ! Partout et toujours, elle tente de faire montre de sa supériorité « véritablement masculine ».

 

Elle refuse de s’occuper des choses de son sexe (surtout le ménage, symbole de l’avilissement de la femme)… et « l’odieuse tyrannie des hommes » la révolte.

 

Ce sont des femmes très mécontentes et quasiment toujours insatisfaites. Une chose peut les sauver pourtant : La Maternité. Surtout si l’enfant est un garçon ! Pourquoi ? Parce que, ayant créé un enfant mâle, elles se sentent égales à l’homme. Malheureusement, elles demeurent souvent des mères tyranniques, continuant à refuser leur féminité…Et l’éducation qu’elles donneront à leur tour, aboutira probablement à un désastre…

 

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Supposons un équilibre familial déséquilibré. Soit une mère et sa fille d’un coté, et un père faible, féminisé et compensé, de l’autre… Supposons également que ce père soit devenu efféminé à la suite du complexe d’Oedipe. Il croit « détester » les femmes ; mais en fait, il en a peur !

 

Il en a peur parce qu’il se sent inférieur et incapable de virilité masculine (probablement le produit d’une mère chasseresse, comme vue ci-dessus). Dans de nombreux cas, cette soi-disant « haine des femmes » se transposera sur sa propre fille. Inconsciemment, il fera donc en sorte qu’elle ne devienne pas une femme.

 

Il essaiera de la masculiniser : Il s’extasiera devant chaque « action virile » de sa fille. Il vantera la force de sa fille, son habileté aux sports, son adresse, ses muscles… Il sera aux anges si elle travaille « comme un homme », si elle à des biceps masculins ou si elle pratique la self-défense, etc…

 

Ainsi élevée, la fille devient, mentalement un garçon. Très souvent, l’apparition de sa féminité l’angoisse. Et dans certains cas, les règles vont jusqu’à disparaître ! On conçoit donc bien l’anxiété perpétuelle produite par deux forces opposées :

 

1-     le désir profond de féminité.

2-     Le refus de la  féminité, par éducation familiale.

 

Adulte, cette femme fera payer cher ses tendances contradictoires ! Tout d’abord à elle-même ; les angoisses, phobies, maladies psychosomatiques ou les névroses seront son lot quotidien…à son entourage ensuite. Elle paraîtra assurée dans sa masculinité, et cependant, une grande souffrance (parfois sourde) et un profond sentiment d’infériorité ne la quitteront jamais !!

 

D’autres causes peuvent, évidemment, provoquer la masculinisation de la femme. Une cause assez fréquente : Un père terriblement despotique, humiliant sa fille sans cesse, la frustrant et la rabaissant. A un point tel que la haine apparaît chez la fille. Elle transpose alors cette haine sur tous les hommes, de deux façons possibles :

 

1-     Elle refuse d’être « soumise » aux hommes, qu’elle méprise. Elle refuse donc sa féminité, et devient masculine. Elle est sans cesse en compétition masculine avec les hommes…Mariée, elle sera frigide. Mais, si elle a un garçon, elle fera tout pour le féminiser. Ou refusant le mariage, elle orientera sa vie sexuelle vers les femmes : ce sera la lesbienne masculine.

 

 

2-     Elle reste féminine, mais refuse la soumission aux hommes. Elle se tourne alors vers la femme masculine qui endossera, pour elle, le rôle de l’homme : ce sera la lesbienne féminine.

 

 

Les processus inconscients étant mis à jour, il est maintenant aisé de comprendre le « pourquoi » des souffrances actuelles de certaines femmes…Elles sont, avant tout, les victimes d’une éducation déséquilibrée ; Soit  par un « patriarcat excessif », ou au contraire, par un « matriarcat tyrannique »… Modèles uniques et prépondérants des éducations du 20ème siècle.

 

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 11:48

France-inter2

 

 

Cela vous est peut être déjà arrivé ! Un matin, vous décidez d’y aller à pied plutôt que de prendre la voiture, et puis vous prenez la petite route, celle qui part sur la droite, c’est plus long, c’est sûr, mais le chemin est plus joli… vous vous rendez compte que votre lacet est défait… satané lacet!

 

 

Vous vous arrêtez pour le refaire et au moment où vous relevez la tête: "La rencontre", celle que vous attendiez, celle qui va changer votre vie…Et vous vous dites, et si ce jour là, je ne m'étais pas arrêté pour refaire mon lacet, si j’avais pris le chemin de gauche, et pas celui de droite… et si ce jour là j’avais pris la voiture plutôt que mes pieds…

 

 

"La vie est-elle une suite de hasards, ou plutôt l'oeuvre du déterminisme ?", c’est le menu de notre débat du midi...


cliquez ci-dessous pour écouter l'émission:


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 Invités :  

 

Monique David-Ménard

Philosophe et psychanalyste.


Michel Eltchaninoff

Journaliste et auteur.


Michel Bozon

Anthropologue.

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 16:00

"Partout en France, la psychanalyse, détentrice de connaissances et de savoir-faire reconnu (notamment dans les rapports humains) n'a jamais été aussi malmenée par les autorités. Celle-ci est, en effet, devenue incompatible avec les intérêts de la « neuro-économie moderne », régentée par les grands laboratoires pharmaceutiques.

 

Les spécialistes de la médecine humaniste sont, au nom de la rentabilité, évincés et remplacés par des médecins plus dociles et assujettis aux méthodes cognitivo-comportementales… Ce qui laisse le champ libre aux traitements allopathiques, dont la prescription s’effectue à moyen et long terme, puisque la source des souffrances n’est jamais prise en compte dans ce type de thérapies ! ... ( voir l'article suivant: Envoyé Spécial )".

 

 

- LE MONDE BOUGE - Psychanalyste et spécialiste reconnue de la maltraitance dans l'entreprise, Marie Pezé a été, il y a un an (en 2009), licenciée du centre hospitalier où elle avait créé la première consultation spécialisée “souffrance et travail”. Aujourd'hui, elle rebondit avec un livre et un site web.

  

Marie Pezé. Photo : Valérie Couteron.

 

Cette femme est un roc. La dureté n'empêche pourtant pas la fragilité... Marie Pezé s'est plus d'une fois retrouvée à terre. Elle s'est toujours relevée, mais elle en garde des traces. Il y a tout juste un an, cette psychanalyste et spécialiste reconnue de la maltraitance dans le monde de l'entreprise a été douloureusement licenciée par le Centre d'accueil et de soins hospitaliers (Cash) de Nanterre. Ironie de l'histoire, c'est dans cet hôpital qu'elle avait créé, en 1997, la première consultation spécialisée « souffrance et travail ».L'idée a essaimé : trente-cinq autres ont vu le jour un peu partout en France. La sienne a été fermée après son départ forcé.

   

Ecœurée, fatiguée, Marie Pezé a vacillé avant de trouver dans le soutien de ses enfants l'énergie de poursuivre son combat. Elle a saisi la justice pour solder ses comptes avec son passé au Cash de Nanterre, puis s'est consacrée à l'écriture d'un nouveau livre, "Travailler à armes égales", et au lancement d'un site financé avec ses indemnités de licenciement. Point commun des deux entreprises qui viennent de voir le jour : donner des outils (ou des armes) pour lutter contre ceux qui abîment les travailleurs à force de dégrader le travail.

  

Tout y est : description des techniques de management pathogènes, guides pratiques pour comprendre les ressorts de la souffrance au travail, moyens de la combattre, conseils juridiques, forums... Ce livre et ce site le prouvent : il existe des ­remèdes efficaces pour combattre la souffrance au travail. Ils ­devraient être prescrits par la Sécurité sociale.

  

Le site de Marie Pezé : souffrance-et-travail.com

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 18:39

Il arrive, trois fois sur dix environ, que le patient ait une peur diffuse et inconnue du psychanalyste ou de la séance en elle-même...

 

    homme peur                  

 

Ce phénomène est dû à la « zone d’ombre » contenue dans le subconscient de chacun d’entre nous.  Cette ombre représente, en primatologie, la partie instinctive de notre constitution. Elle est l'héritage de notre évolution à travers les âges, notamment l'ère préhistorique.

 

Le psychanalyste est souvent le miroir de cette ombre, il reflète la partie pauvre d’un individu :

  

La peur, la lâcheté, la fuite, la compétition, l’agression et les pulsions…

   

C’est un phénomène naturel quand on constate quotidiennement que certaines personnes refoulent cette animalité tapie en chacun, et préfèrent trouver des subterfuges ou des thérapies inadaptées pour fuir cette réalité.

 

  

Souvent, c’est dans les sensations et les effets de masse que l’homme ou la femme se noie. Espérant y trouver une recette miracle pour pallier à leurs difficultés insurmontables… ou espérant diminuer un stress engendré par un noyau obscur (tacitement présent), qui finira par ressurgir à la moindre occasion !

   

C’est pour cela que, paradoxalement, le psychanalyste reçoit des patients qui possèdent déjà un équilibre, « un centre », qu’ils souhaitent conserver. Ces individus entretiennent ainsi une qualité de vie et une réussite bien méritée.

    

Les autres, qui pourraient aussi bénéficier de cet équilibre, (et n’en disposant pas encore) attendent parfois la dernière minute pour consulter. Le psychanalyste les reçoit alors, en toute hâte, dans des souffrances parfois terribles: en plein deuil, en plein divorce, ou prêt à commettre de belles erreurs…

 

   

Le psychanalyste est, je le répète, un miroir des « zones d’ombres ». Mais contrairement aux idées reçues, pas pour juger…mais pour comprendre ! Tel un horloger observant les rouages de sa montre pour rectifier les problèmes. Une fois pris en compte et réparés, ces mêmes rouages feront fonctionner la montre harmonieusement, comme l’homme qui s’est découvert…et compris.    
 

Tragiquement, c’est souvent ce dont l’homme a peur qui finit par le sauver…mais ô combien de souffrances et de temps, pour que la leçon soit enfin assimilée.

       

  

Pour finir, je citerai ici le témoignage d’un convalescent en fin d’analyse :

            

« C’est splendide de n’avoir plus peur et de pouvoir aller spontanément vers les autres ! Je n’ai plus honte de ce que je suis et les autres ne représente plus ce danger que je ressentais autrefois, je suis comme libéré d’une cage invisible qui me tenaillait ! »

     

            

Alors, le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ? 

        

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Trommenschlager Franck Tous Droits Réservés ©2011. Droits sur le texte : « Avoir peur du Psychanalyste ». Article rédigé le 16 Mai 2011.
La loi apporte sa protection à toute oeuvre sans distinction du genre, de la forme d'expression, du mérite ou destination (art L. 112-1 CPI). Aucune reproduction, même partielle, autre que celles prévues à l'article L 122-5 du code de la propriété intellectuelle, ne peut être faite de ce site sans l'autorisation expresse de l'auteur.

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 19:07

Ce médicament est un générique de LIORÉSAL.

  

 

Dans quel cas le médicament BACLOFÈNE est-il prescrit ?

  

Ce médicament est un myorelaxant qui exerce une action décontractante sur les muscles.

Il est utilisé dans le traitement des contractures douloureuses qui accompagnent la sclérose en plaques et certaines paralysies. Récemment utilisé pour traiter les dépendances à l'alcool.

 

 

Attention

 

Le traitement ne doit jamais être interrompu brutalement : risque de troubles neurologiques ou psychiques graves.

Des précautions sont nécessaires en cas d'insuffisance rénale, d'insuffisance hépatique, d'insuffisance respiratoire, d'antécédents d'ulcère de l'estomac ou du duodénum, d'épilepsie, de troubles psychiques, de dépression ou de troubles vasculaires cérébraux.

 

Des contrôles plus réguliers de la glycémie sont recommandés en cas de diabète.

 

Conducteur : ce médicament peut être responsable d'une baisse de la vigilance, particulièrement en début de traitement.

 

 

 

Interactions du médicament BACLOFÈNE avec d'autres substances

 

Informez votre médecin si vous prenez un antihypertenseur, un antidépresseur imipraminique ou un médicament sédatif.

 

 

 

Fertilité, grossesse et allaitement

  

L'effet de ce médicament pendant la grossesse ou l'allaitement est mal connu : seul votre médecin peut évaluer le risque éventuel de son utilisation dans votre cas.

 

 

 

Mode d'emploi et posologie du médicament BACLOFÈNE

 

Les comprimés doivent être avalés au cours des repas avec un verre d'eau. La dose quotidienne est généralement répartie en 3 prises.

 

Posologie usuelle :

  • Adulte : Elle est strictement individuelle et adaptée progressivement par votre médecin.

 

Effets indésirables possibles du médicament BACLOFÈNE


Très fréquemment : somnolence, surtout en début de traitement, fatigue.

Parfois : nausées, confusion des idées, vertiges, maux de tête, troubles digestifs, bouche sèche, modification du goût, baisse de la tension artérielle, éruption cutanée, ralentissement du rythme cardiaque, troubles urinaires, augmentation des transaminases

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 13:58

"Son nom résonne tel un mythe emblématique du XXe siècle, auprès du grand public comme des professionnels de l’enfance".

   

Sa vocation première, celle de devenir un « médecin d’éducation », elle l’a puisée dans sa propre enfance : elle grandit dans l’ombre pesante d’une sœur aînée décédée, et d’une mère si traumatisée par cette perte qu’elle reproche à sa seconde fille d’être en vie. Dolto fera de l’enfant en souffrance et de ses rapports avec la mère son domaine de prédilection. C’est là qu’elle innovera, aussi bien dans la réflexion que dans la pratique. Son influence s’étend jusqu’au juridique : la loi de 1993 sur l’autorité parentale conjointe et les droits de l’enfant en cas de divorce aurait-elle pu naître sans sa pensée ? Son idée que l’enfant n’est pas la propriété des parents a été révolutionnaire...


(Un ouvrage qui retrace la pérennité de sa pensée: “Françoise Dolto aujourd’hui présente, dix ans après”, actes du colloque de l’Unesco, janvier 1999, sous la direction de C. Dolto-Tolitch, Gallimard, 2000).

 

  

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L'enfant est une personne


Très jeune, Dolto avait promis : « Quand je serai grande, je tâcherai de me souvenir de comment c’est quand on est petit. » Elle n’oubliera jamais que le nouveau-né aspire d’abord à communiquer et que ses désirs, indépendants de ceux d’un adulte, sont aussi respectables. Une approche psychanalytique se traduisant par une confiance totale envers les sujets de ses cures, qu’elle cherchera à « suivre », persuadée que chaque enfant est doté d’un savoir, même confus ou ignoré, le guidant sur son chemin : « fou », « débile », qu’importe, dès lors qu’il trouve un équilibre. Mais ce respect d’un choix de vie est surtout une éthique, pour laquelle Dolto a milité avec vigueur, faisant parfois scandale dans une société habituée à considérer que l’enfant n’a de la valeur que par ce qu’il peut devenir, pourvu qu’il soit assez « sage » et suive sa vocation : satisfaire ses parents.


Tout est langage


A la différence de l’animal, chez l’être humain tout « veut dire ». Les gestes les plus absurdes ont un sens, font partie d’un langage symbolique à travers lequel se tisse ce que Dolto appelle « la fraternité d’espèce ». Parler, s’exprimer, permet de marquer sa différence vis-à-vis d’un autre (avant tout de sa mère), pour mieux partager avec lui des émotions, des souvenirs, des idées.


Le “parler vrai”


'Encore faut-il parler « avec » l’enfant et pas seulement « à » l’enfant. Surtout, lui « parler vrai ». « On ne peut pas mentir à l’inconscient, il connaît toujours la vérité », insistait la psychanalyste. Dès les premières heures, un enfant décèle l’accent de vérité (« la coïncidence entre ce que l’on dit et ce que l’on éprouve »), et il en a besoin pour ce qui concerne ses origines, l’histoire familiale, afin que vitalité biologique et vitalité sociale concordent.


Le complexe du homard


Dolto a inventé cette image pour représenter la crise d’adolescence. L’enfant se défait de sa carapace, soudain étroite, pour en acquérir une autre. Entre les deux, il est vulnérable, agressif ou replié sur lui-même. Mais « ce qui va apparaître est le produit de ce qui a été semé chez l’enfant », avertit Dolto. Les parents devraient donc voir les crises explosives comme une preuve qu’ils ont rempli leur contrat, les repères éducatifs s’avérant suffisamment souples pour « sauter » au bon moment.
A l’inverse, si les parents sont trop rigides, l’ado restera prisonnier de sa carapace et désarmé face à la dépression.


L’image inconsciente du corps


Il s’agit là du concept central de l’œuvre de Dolto théoricienne. La psychanalyste est partie du concret, en l’occurrence des dessins des enfants qu’elle recevait. Elle a réalisé que ces dessins représentaient en fait leur propre corps, un corps parfois aberrant, fantastique, en un mot imaginaire, figurant leurs désirs, leurs manques, leurs rapports avec les autres.
Le corps imaginaire est notre premier moyen d’expression, un langage symbolique, toujours mystérieux. C’est à travers cette vision du corps que la dimension éthique et poétique de Dolto se révèle avec le plus de force.

Car on peut appeler le respect de ce mystère-là chez l’autre par un autre nom : liberté.

 

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 14:13

L'activisme citoyen en situation de crise révèle la capacité générale du psychisme à faire face aux peurs et aux angoisses.

 
 
Ryan Rodrick Beiler/Shutterstock
 
  

Le succès immense de l'ouvrage Indignez-vous !, de Stéphane Hessel, n'a pas fini d'étonner les éditeurs, le public et les sociologues. Signe d'un besoin profond de réagir, de ne pas subir, de protester. Cette attitude serait profondément saine, suggèrent les travaux de psychologues et psychanalystes.

  

Cette année vient de s'achever une vaste étude psychologique réalisée sur deux décennies, portant initialement sur le bien-être psychique des jeunes Allemands en 1985. Les professeurs Klaus Boehnke et Becky Wong, de Brême et de Singapour, avaient alors suivi des activistes (âgés de 14 ans en moyenne) engagés dans les mouvements antinucléaires au plus fort de la guerre froide, lorsque l'Allemagne s'apprêtait à accueillir des missiles de l'otan, et d'autres jeunes non engagés dans de tels mouvements. Ils avaient commencé à évaluer leur degré de bien-être psychique, leurs problèmes d'anxiété ou de troubles psychosomatiques notamment, et recommencèrent à trois ans d'intervalle jusqu'en 2006.

  

L'étude est aujourd'hui achevée et livre son enseignement principal : de deux jeunes qui affirment que la menace nucléaire est élevée en 1985, celui qui se lance dans des mouvements de protestation contre l'implantation des missiles, connaît moins de troubles mentaux 20 ans plus tard, que celui qui n'a pas manifesté son désaccord.

  

L'activisme en soi n'est pas une thérapie. Il serait plutôt le signe d'une saine activité mentale. A contrario, l'inaction devant une menace globale serait inquiétante, car reflétant une certaine incapacité de réagir face aux difficultés du quotidien. Les jeunes qui ne se mobilisaient pas en 1985 révélaient en fait leur difficulté à traduire leur angoisse en actes, et cette difficulté devait affecter ultérieurement d'autres domaines de leur vie. Il n'est pas étonnant que, 20 ans plus tard, ils soient dans une situation mentale plus délicate.

  

Dès lors, l'indignation ou la protestation pourraient constituer un apprentissage. Une initiation à l'art de transformer son angoisse pour ne pas l'intérioriser, et chercher des solutions. On peut aider cette initiation par l'éducation. Dans leur étude, de K. Boehenke et B. Wong ont constaté que le niveau d'éducation des jeunes est souvent prédictif de leur militantisme. Le citoyen trouve dans l'instruction des façons de mettre en œuvre ses capacités de protestation. Se documenter, lire – et s'indigner – c'est déjà traiter son angoisse, la structurer, éviter qu'elle reste indifférenciée et intériorisée. 

    

Source: www.pourlascience.fr

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 19:05

Prise d’otages et enlèvements,
quand faut-il craindre le syndrome de Stockholm ?


A travers le monde, les prises d'otages sont devenues monnaie courante. Au cours de leur captivité, certains prisonniers développent ce qu'on appelle le syndrome de Stockholm. Mais que cache ce nom énigmatique ?

  

Ce syndrome définit un curieux phénomène psychique qui incite les victimes d’enlèvement à manifester une certaine sympathie vis-à-vis de leurs ravisseurs. Pourquoi porte-t-il le nom de la capitale suédoise ? Parce qu’il a été observé pour la première fois en août 1973 dans cette ville chez plusieurs employés de banque du Crédit suédois. Bien qu’ils aient participé bien malgré eux à un hold-up manqué, ces derniers avaient défendu leurs agresseurs et même, pour certains, témoigné en leur faveur lors du procès qui avait suivi leur arrestation. Mieux, une employée du Crédit suédois allait même par la suite devenir la femme d’un des attaquants de la banque.

 

Mariages et adhésions

 

Le syndrome de Stockholm, décrit en 1978 par le psychiatre F. Ochberg auquel on doit cette dénomination, peut parfois être d’intensité si forte qu’il conduit certaines anciennes victimes à épouser la cause des voleurs ou des terroristes ou à participer à leurs actions. Cela fut, par exemple, le cas de Patricia Hearst, qui n’a pas hésité à attaquer une banque avec ses anciens agresseurs devenus complices. Il arrive même que le meurtre d’otages ou de policiers ne puisse remettre en cause ce puissant courant d’empathie.

En décembre 1999, pendant le détournement de l’avion indien, qui a connu de multiples escales imprévues entre New Delhi, Lahore et Dubaï, certains passagers semblent également avoir développé des sentiments positifs envers leurs ravisseurs. Néanmoins, le nombre de syndromes de Stockholm paraît avoir globalement diminué ces dernières années.

 

Plus fréquent chez les femmes jeunes

 

Cette réaction psychique est d’autant plus courante que la captivité a duré longtemps, que la victime est jeune, de sexe féminin et que le groupe des otages n’est pas uni d’un point de vue psychologique. Mis à part ces quelques caractéristiques, les personnes sujettes à ce syndrome ne semblent pas présenter de traits psychologiques particuliers. Mais ce comportement est bien sûr plus volontiers rencontré lorsque les auteurs de l’acte terroriste n’ont pas agressé physiquement leurs victimes et que la cause ayant motivé la prise d’otages ou le détournement peut être “justifiée” sur le plan idéologique.

Le syndrome est aussi bien observé à titre individuel que collectif et n’épargne pas les terroristes, qui peuvent éprouver, eux aussi, des sentiments favorables vis-à-vis de leurs otages. Son apparition est expliquée en partie par la promiscuité dans laquelle vivent agresseurs et victimes ainsi que par la dépendance psychologique de ces dernières vis-à-vis des premiers. En effet, pour limiter le stress et la peur de la mort, des défenses psychiques particulières peuvent se mettre en place chez les personnes enlevées ou détenues en otage et un sentiment d’identification aux agresseurs peut se développer.

Le syndrome de Stockholm disparaît le plus souvent quelques semaines après la libération des victimes mais, parfois, il peut persister et modifier leur vie. Il n’est pas utile de chercher à le prévenir, si toutefois on pouvait le faire ce qui est loin d’être prouvé, car il préserve très probablement la vie de certains otages en diminuant leur tendance à développer des comportements violents.

 

Prendre en charge les victimes

  

Quoi qu’il en soit, une prise en charge psychologique ou psychanalytique des victimes doit être effectuée après leur libération, afin d’éviter un stress post-traumatique et limiter les sentiments de culpabilité qui peuvent apparaître, en particulier si d’autres personnes demeurent prisonnières ou ont été exécutées. En favorisant l’extériorisation des émotions, cette aide psychologique leur permettra également de prendre plus facilement contact avec la nouvelle réalité qui les entoure.

 

Dr. Corinne Tutin

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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 11:35

9782738120809Comprendre sa relation à sa mère est, pour une femme, une étape nécessaire pour vivre sereinement l’avenir. Cette relation, souvent intense, colore longtemps son estime d’elle-même, son niveau d’indépendance, ses relations aux hommes, sa façon d’être mère à son tour.

 

En quoi la mère influe-t-elle sur le futur de sa fille ? Pourquoi est-il important d’avoir un regard plus objectif ? Comment acquérir plus d’autonomie et vivre selon ses propres valeurs, sans plus attendre l’approbation maternelle ? Comment ne pas répéter certains comportements avec sa fille?

 

En explorant l’étendue de l’empreinte maternelle, l’auteur propose d’aider les femmes à comprendre ce lien qui « conditionne » leur vie. Pour s’en affranchir et trouver la liberté d’être soi. Marie Lion-Julin est médecin psychiatre et psychanalyste. Depuis près de quinze ans, elle s’est spécialisée dans les liens qui unissent mères et filles. Elle est praticien hospitalier en région parisienne et dirige un centre de consultation médico-psychologique.

 

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 19:31

Psychiatrie/Psychanalyse: Article du "Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire". 

 

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-Quelles sont les réelles intentions de cette fondation ?

 

  

La fondation Fondamental a été créée en juin 2007 par décret du Ministère de l’Enseignement et de la Recherche, dans le cadre des réseaux Thématiques de Recherche et de Soins. Son objet est de « faire reculer » les troubles psychiques, plus particulièrement la schizophrénie, les troubles bipolaires et l’autisme de haut niveau (syndrome d’Asperger). La vision et l’approche de Fondamental méritent réflexion pour mieux comprendre ce que l’avenir est censé réserver en termes de prise en charge des patients de la psychiatrie.

  

« Fondamental, fondation de coopération scientifique dédiée aux maladies mentales s’est donnée pour rôle de redonner espoir aux patients et à leurs proches », c’est ce que l’on peut lire sur leur site internet. Des scientifiques veulent « redonner espoir », préalable à toute entreprise moderne médicale crédible…L’espoir aurait-il été perdu par les patients et leurs proches ? Lequel ? A quel niveau ? Celui de guérir ? Oui, mais de quoi ?


« Aujourd’hui, les récentes avancées de la recherche permettent une nouvelle lecture des maladies mentales qui révolutionne leur approche… » poursuivent les rédacteurs du site web de Fondamental. « Ces travaux ouvrent non seulement des pistes en matière de diagnostic, de prévention et de traitements, mais peuvent – et doivent – accompagner l’émergence d’un nouveau regard sur ces pathologies. »


La fondation exprime donc que les « récentes avancées de la recherche » vont changer radicalement la donne, c’est à dire ne plus du tout envisager le patient de la même manière, et par conséquence ce qui l’affecte. Mais quelles sont ces avancées dans le domaine de la prise en charge au long cours des patients atteints de schizophrénie, d’autisme ou de troubles bipolaires ? Quel sera ce « nouveau regard » porté, non plus sur les patients, mais sur « ces pathologies » ?


Prenons la schizophrénie : Fondamental nous éclaire de façon précise sur son approche : « les recherches actuelles explorent l’interaction de différents facteurs à la fois génétiques, neurobiochimiques, neuro-développementaux, socio- environnementaux et psychologiques. »


Sur l’état des lieux : « Pourtant, ces pathologies ne sont pas une fatalité : des outils thérapeutiques existent et la recherche est une promesse d’améliorer le diagnostic et les soins. Il est temps que les préjugés laissent enfin place à une approche médicale et thérapeutique. » Ce qui voudrait dire que jusqu’à aujourd’hui il n’y aurait pas eu d’ « approche médicale et thérapeutique » et que celle-ci surviendrait enfin grâce à…Fondamental…et ses « chercheurs ». De façon explicite, le modèle de FondaMental, loin d’être une nouveauté, souhaite repenser la psychiatrie et les maladies de l’existence selon un modèle purement médical.

 

Par ailleurs, quels sont les préjugés cités si ce n’est l’abord relationnel des soins psychiques ?


Viennent ensuite les « missions soins » avec les « centres experts » : tout est savamment compartimenté puisque les 22 centres sont organisés…par « troubles ». Il y a, par exemple, 8 centres experts dédiés à la schizophrénie. Mais qu’y fait-on dans ces centres experts ? Et bien on y propose, entre autres, des « thérapies spécifiques, telles que la psychoéducation, la remédiation cognitive ou l’entraînement aux compétences sociales ». Difficile d’évaluer de façon précise ces « thérapies spécifiques », mais les méthodes « ABA » ou « Teacch » de plus en plus en vogue en institutions sont éclairantes : le but est de rééduquer l’individu, de le re-programmer pour utiliser le vocabulaire cognitivo-comportementaliste.


 Si cette approche est décrite comme scientifique, qu’en est-il de sa scientificité véritable ? A-t-on assez de recul pour penser que : « L’essor de la génétique et la découverte de la séquence complète du génome ont permis de faire naître l’espoir que des progrès énormes dans la compréhension des mécanismes physiologiques, altérés dans les maladies mentales, allaient enfin pouvoir être obtenus. »


C’est effectivement un changement radical dans l’approche psychiatrique que Fondamental propose. L’espoir redonné aux patients et à leurs proches est celui de mettre de côté l’esprit humain (le psychisme) au profit des gènes et des techniques de réadaptation. L’espoir proposé est celui de pouvoir affirmer à une personne subissant des délires : « Non, vous n’êtes pour rien dans ce qu’il vous arrive, vous n’y pouvez rien, c’est une maladie  mais nous allons la traiter afin de vous permettre d’essayer de vous insérer. » Vous êtes parents ? : « Ne vous inquiétez pas, vous n’y êtes pour rien, c’est une maladie, nous allons la traiter et appliquer à votre enfant une remédiation cognitive qui lui permettra d’essayer de s’insérer. »


Il n’y a plus l’homme ou la femme délirant, c’est à dire un esprit vaste et complexe, avec son histoire, ses peurs, ses angoisses, sa parole unique, mais une maladie mentale aux facteurs génétiques et des com39pétences sociales pour lesquelles on entraîne l’individu. La « science de Fondamental » c’est celle qui voit l’homme comme une machine que l’on peut entraîner, reprogrammer, une machine uniquement constituée de gènes, de connexions neuronales, d’hormones et de terminaisons nerveuses. Ce qui ne veut pas dire qu’une telle approche des troubles psychiques doit être écartée, elle l’a été et l’est toujours, mais de quelles sciences parle-t-on ? Pour quels « troubles » ?


Les nouvelles « approches scientifiques » sont toutes identiques, dans tous les domaines : elles cherchent à déterminer de façon massive les individus dans un cadre productif et abolissent les complexités qu’elles ne maîtrisent pas. Pour la psychiatrie, Fondamental brandit des sciences de l’efficacité visible, qui nient l’efficacité des techniques relationnelles ou de psychothérapies institutionnelles, par exemple.


La poésie délirante des schizophrènes ne peut pas être entendue par les chercheurs de Fondamental, elle n’est qu’un symptôme, que traitements, rééducation et nouvelles découvertes que la science fera disparaître.

 

Et quand la poésie est traitée comme une forme de facteur négatif d’insertion sociale, une expression de maladie génétique qu’il faut diagnostiquer le plus tôt possible pour l’éradiquer, c’est l’âme humaine qu’on nie.


Si la fondation Fondamental veut redonner de l’espoir, ce n’est pas celui d’un monde meilleur, mais son propre espoir de nous faire entrer dans "le meilleur des mondes…d’Aldous Huxley".

  

  

www.Collectif-psychiatrie.fr

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