27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 12:01

Un physique de rugbyman, un accent à la Pagnol et un service hospitalier à son image : chaleureux et haut en couleurs... Un article à redécouvrir avec bonheur et contentement !

 

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« Regardez la salle d’attente d’un psy pour enfants, et vous en saurez davantage sur sa technique qu’avec des longs discours », affirme Marcel Rufo. Justement, nous y sommes. L’entrée du service de pédopsychiatrie de l’hôpital Sainte-Marguerite, à Marseille, ressemble à son chef. Atypique, haute en couleur, vivante, et totalement dédiée au monde des petits. Les jouets s’amoncellent sur les tapis et les mères discutent devant leurs « minots ».


Le professeur Rufo, belle cinquantaine, a un mot pour chacun. Avec sa langue à l’accent provençal et estampillée Pagnol, ce fils d’émigrés avoue s’être longtemps débattu : « Enfant, je pensais en italien et, quand j’entendais du français, il me fallait un peu de temps pour traduire dans ma tête avant de répondre. » Résultat : le petit Marcel, 7 ans, fut envoyé chez le psychologue. Cette consultation allait, selon lui, changer le cours de sa vie.

 

Il serait intelligent...

 

« Le psy a dit que je n’étais ni sourd ni idiot. Bonne pâte, il a conclu son intervention d’un : “Il serait même plutôt intelligent.” » L’année d’après, le jeune élève recevait le prix d’excellence. Et retenait sûrement une des clés de sa future pratique : les encouragements et l’espoir ont de puissants effets thérapeutiques.

  

Trente-cinq ans aujourd’hui qu’il reçoit des enfants de tous âges avec leur lot d’insomnies, de troubles énurétiques, d’anorexie, d’apathie. « Quand un enfant entre dans mon cabinet, il arrive avec plus de mille enfants, ceux que j’ai déjà reçus et qui étaient dans une situation plus ou moins identique à la sienne. » Avantage du métier et de l’expérience. Une expérience, mais aussi une technique d’approche originale. Lui a beau dire : « Traduisez Winnicott en marseillais, ça suffit pour réussir dans la vie ! », ses compétences ne s’arrêtent pas là.

 

La patte Rufo

 

"Au-delà de la fidélité à ses maîtres, il y a une « patte Rufo ». De quoi est-elle faite ?"

 

Déjà, d’une revendication de non-savoir. Entendez : « Au départ, je suis comme les parents. Je ne sais rien. » Professeur agrégé, membre émérite de différents comités scientifiques – sa biographie déroule deux pages de titres hospitaliers – il ose avouer ses tâtonnements ! Dans son bureau, à côté d’une marine peinte par une patiente autiste, on lit ces mots de Raymond Devos : « Comment identifier le doute avec certitude ? » Toute la démarche professionnelle de Rufo est résumée là. Les troubles de l’enfant, son histoire familiale, les mots qu’il lâche en séance sont comme les pièces rassemblées par un détective au cours de son enquête. Et qu’est-ce qui fera avancer la thérapie ?

  

« Il faut du savoir-faire, de l’intuition et de la patience », résume le pédopsychiatre. Pour parler de son « impossible métier », Rufo regorge de métaphores : « Dans mes échanges avec l’enfant, je me fais l’effet d’un pêcheur à la “romagnolles”, ce drôle de trident qu’on lance dans l’eau un peu au hasard. »

Pour lui, c’est donc souvent la clinique, le terrain qui l’emportesur la théorie. Il faut voir son corps de rugbyman se pencher vers un petit patient, et entendre sa voix chaleureuse lancer « bonjour, cocotte » à une autiste de 5 ans. Son style thérapeutique, très « maison », est bien loin de la froideur affichée par certains psychanalystes : « Vous imaginez, s’exclame-t-il, rester silencieux en face d’un petit qui va mal ? Jamais ! » Certains de ses pairs le jugent d’ailleurs trop spectaculaire, et surtout animé d’un fort narcissisme.

 

La parole d'or

 

Une chose est sûre : il fait sauter le sacro-saint huis clos du cabinet. Tous les mardis matin, des consultations filmées sont projetées aux internes du CHU. « La dernière fois, il s’agissait de trois autistes, raconte sa secrétaire. Des cas très difficiles. Les discussions qui ont suivi ont duré bien plus longtemps que prévu ! » Ces films sont des occasions formidables de voir le praticien à l’œuvre. Lorsque Serge Moati, dans son documentaireLa Psy dans tous ses états, diffusé en 1999 sur France 3, montre Rufo face à Loreline, petite mutique de 11 ans, la France découvre les puissants effets de l’empathie. La fillette a fini par lâcher le nom du chat de son grand-père. Rufo s’est vu décerner un Psy d’or (prix décerné par la revue de psychiatrie “Synapse”.). « Vous vous rendez compte ? Ils m’ont téléphoné en pleine nuit ! Je les ai envoyés bouler. »

 

Parfois, et il l’avoue, Rufo se plante. Le contact avec l’enfant ne passe pas, la parole ne vient pas. Alors, il doit inventer : jouer, pousser le petit dans ses retranchements, hausser le ton. Dès lors, le cadre thérapeutique explose : le professeur a même osé emmener certains de ses patients au cinéma ! Il a du mal avec deux cas, une petite qui boite sans raison et une qui aboie comme un petit chien ? Il les réunit dans une séance commune. Des ados vont mal ? Pour une association marseillaise, il va les chercher dans les bars derrière le port. Il a aussi créé l’Espace Arthur – « Pour Rimbaud, bien sûr » – qui propose des soins culturels et pédagogiques aux anorexiques et délinquants.

 

Depuis six mois, il passe une journée par semaine à la prison des Baumettes, et rencontre les mères détenues et leurs bébés incarcérés jusqu’à l’âge de 18 mois. Rufo se passionne pour cette nouvelle aventure : « On vient de réussirà faire inscrire ces petits à quelques heures quotidiennes de crèche, dehors ! Vous imaginez ? Jusque-là, dès qu’ils entendaient le cliquetis des clés ouvrir la porte de la cellule, ils se frottaient le dos contre le mur… en réaction à ce seul contact avec l’extérieur ! »

 

Sa passion pour la psychanalyse

 

Voilà une autre originalité de Rufo : il avoue une passion pour la psychanalyse – « C’est mon cadre de référence » –, cite ses maîtres dans le texte – Winnicott, Leibovici, Klein, tous psychanalystes – mais rejette quelques-uns des diktats les plus fondateurs de la théorie freudienne, mais sans en repousser les enseignements ! La trop grande distance entre le patient et son psy, la fameuse « neutralité bienveillante » ? « Je lui préfère l’intérêt réel, l’émotion vraie mais dénuée de toute passion intime ou personnelle. » Son reproche général à la psychanalyse ? L’« adulto-morphisme ». Et Rufo de s’en tenir à des règles de bon sens : « Sur un divan, un enfant s’endort. Il faut donc jouer avec lui. »

 

Autre marque maison : le docteur Rufo refuse tout net de prescrire des médicaments aux enfants. Un pédopsychiatre sans Ritaline (médicament réputé pour améliorer de façon efficace les troubles de la concentration et du comportement chez l’enfant) ? « Je ne me sentirais plus thérapeute si je le faisais. Seule l’interprétation de ce que dit l’enfant et sa famille guérit. De toute façon, un enfant sans parole ne peut pas être heureux. » Et lorsqu’on lui demande : « Que devient un enfant guéri ? », la réponse ne se fait pas attendre : « Pédopsychiatre ! » Sans doute une dernière allusion à son enfance de tuberculeux. Autant dire que le professeur Rufo n’a guère de difficultés pour se mettre à la place de ses petits patients. Empathique, forcément.

 

De www.psychologies.com

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 18:04

France-Culture-copie-1 

 

Alain-Gérard Slama, essayiste, journaliste et historien, analyse ce fait de société qui s'accroît de façon exponentielle !  Cliquez sur le logo France Culture pour écouter le podcast de la chronique.

 

Les incivilités : une notion difficile à définir


  • L’apparition du terme incivilities remonte au début des années 1970 aux États-Unis. Mais, c’est en 1982 que deux chercheurs, Kelling et Wilson, développent, à la suite du sociologue Erving Goffman, les implications de la notion, en se fondant sur la théorie dite de "la vitre brisée". En 1993, un chercheur français, Sebastian Roché s’intéresse à cette notion au regard de la situation de la délinquance en France.
  • Si la définition traditionnelle de "civilité" correspond à "l’observation des convenances, des bonnes manières en usage dans un groupe social", la définition du terme "incivilité", lui-même n’est pas aisée. Sebastian Roché les définit comme un "ensemble de nuisances sociales extraordinairement variées qui ne blessent pas physiquement les personnes, mais bousculent les règles élémentaires de la vie sociale qui permettent la confiance". Les comportements qu’elle recouvre sont des crachats, graffitis sur les murs des villes, dégradations de biens publics, attroupements d’individus potentiellement menaçants, bruit dans les immeubles d’habitation, insultes dans la vie quotidienne, manque de respect envers les personnes âgées...
  • La difficulté principale est que cette notion sociologique englobe à la fois des comportements gênants, mais qui ne sont pas pénalement sanctionnés, et d’autres qui constituent de vraies infractions. Des débats ont lieu autour de cette notion. Certains considèrent que l’expression masque de réelles infractions et une partie de la délinquance, d’autres récusent cette formulation qui légitimerait l’établissement insidieux d’un appareil répressif public et privé.

 

Les incivilités remettent en cause le bon fonctionnement de notre société


  • Les incivilités sont perçues comme un défi à l’ordre public. Le problème central ne réside pas dans les actes commis, mais dans leurs conséquences. En effet, plusieurs travaux sociologiques semblent souligner que la multiplication des incivilités, notamment dans un lieu géographiquement limité (ex : un quartier), accroît le sentiment d’insécurité, mais aussi la délinquance, dès lors que les mécanismes informels de contrôle disparaissent.
  • Le lien entre les citoyens s’estompe et une méfiance généralisée s’installe. Ces atteintes à l’ordre public sont destructrices des interactions de civilité et, finalement, de la confiance nécessaire à un bon fonctionnement de la société.
  • Il faut cependant souligner la réelle difficulté à évaluer ce phénomène qui n’est pas sans lien avec l’imprécision de sa définition. Les chiffres mesurant la forte croissance des violences urbaines, ont été critiqués car ils posent des problèmes d’interprétations. De même, le discours sur les incivilités, qui les associe à la peur de l’insécurité et qui les assimile à la jeunesse et à l’immigration, doit être interrogé.

 

Des solutions difficiles à élaborer


  • Depuis 1997, des contrats locaux de sécurité ont été signés, impliquant tous les acteurs de la sécurité (policiers, magistrats, élus locaux, éducateurs...), et dont l’un des buts est de lutter contre ces phénomènes.
  • La police de proximité lancée dans certains départements depuis 1999, est généralisée en 2002. Enfin, des Maisons de justice et du droit, expérimentées depuis 1990 et consacrées par la loi du 18 décembre 1998, assurent une présence judiciaire dans une commune ou un quartier sensible.
  • Les solutions paraissent cependant difficiles à élaborer. Il est en effet nécessaire de rechercher un équilibre pour les politiques de sécurité afin d’empêcher la désertion de l’espace public sans pour autant instaurer un contrôle permanent.
  • Les pouvoirs publics semblent conscients de cette difficulté : en septembre 1999, lors d’une rencontre qui avait pour thème le bilan des contrats locaux de sécurité, le Garde des Sceaux a mis en garde contre le caractère vague du terme "incivilités" et rappelé que les forces de l’ordre ne pouvaient réprimer que des infractions prévues par la loi.
  • La loi pour la sécurité intérieure de 2003 transforme pourtant certaines incivilités en délits (ex : occupation des halls d’immeubles).

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 17:11

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" Que l’on vive seul ou en couple, la cessation de son activité professionnelle marque une rupture qui nécessite un temps de deuil et des réajustements, psychologiques comme financiers ".

  

 

-Ceux qui vivent seuls sont parfois mieux armés pour y faire face

 

Désormais, au moins 20 % des personnes qui partent à la retraite sont seules, assure Serge Guérin, sociologue, spécialiste du vieillissement.

Seules, c’est-à-dire célibataires, veufs ou veuves, divorcé(e)s, séparé(e)s. « Il y a aussi, insiste le sociologue, tous ceux qui se retrouvent seuls très vite après. »

 

Depuis quelques années en effet, on enregistre, fait nouveau, une augmentation des divorces tardifs. « Il y a un pic à 62 ans », précise même Anasthasia Blanché. Cette Psychanalyste, membre de l’Institut de sociologie clinique, anime en entreprises des séminaires pour futurs retraités, mais voit aussi défiler dans son cabinet des femmes nées après 1945 (les «babyboomeuses ») qui, ayant pris des habitudes d’autonomie, se disent lasses de « supporter et de servir leur mari ».

 

Comme elles ont les moyens de s’en sortir avec leur propre pension de retraite, ce sont elles qui, en majorité, prennent l’initiative de la séparation. « Les évolutions familiales ne sont pas seules en cause. Le temps de la solitude est aussi plus fréquent et plus long parce que la vie dure plus longtemps. Et, puis l’âge venant, il y a les problèmes de santé qui jouent », insiste Serge Guérin.

 

-La retraite reste « une rupture qui, comme toutes les ruptures, peut déstabiliser »

 

Pour autant, les statistiques ne disent pas toute la réalité de la solitude. Ni du choc vécu par ceux qui abordent « le dernier grand tournant de la vie », surtout lorsqu’ils vivent seuls. « Actuellement, je solde mes vacances. Prévoyant, j’ai déjà banni le réveil, je me lève de plus en plus tard, je me suis également remis au tir à l’arc.

 

Pourtant, pour la première fois de ma vie, j’angoisse devant le vide sidéral qui s’ouvre devant moi, confie Alain, veuf et cadre supérieur dans une grande entreprise d’électronique.

 

Dans quinze jours, quand je partirai à la retraite, je devrai rendre mon ordinateur portable, mon téléphone, ma carte de crédit, bref, tous mes attributs de pouvoir et de rang », précise encore cet habitué des missions internationales qui, pourtant, a connu des revers.

 

Il y a quelques années, il s’était vu retirer la responsabilité d’une équipe au profit d’un jeune collègue. « Une nouvelle période de deuil va être nécessaire, concède-t-il. Heureusement, je digérerai celui-ci plus facilement que celui d’il y a quatre ans, lorsque ma femme est morte. »

 

Divorcée depuis 2003, Diane a, elle aussi, très peur de la solitude. Elle aimerait bien refaire sa vie. Pourtant, dans l’immédiat, ce qui l’obsède le plus, c’est sa future situation financière. Au printemps prochain, elle percevra près de 1 800 € mensuels de pension.

 

Seulement voilà, elle a acheté un appartement à crédit et doit rembourser chaque mois près de 1 000 €. « Je vais devoir chercher des petits boulots pour compléter », assure cette fonctionnaire qui, à 65 ans, affiche quarante-six ans de bons et loyaux services, moitié dans le privé, moitié dans le public.

 

 

-Les hommes plus destabilisés que les femmes

 

À écouter ces témoignages, les propos des spécialistes se confirment : La retraite ? Pas si simple ! résume ainsi le titre d’un récent ouvrage de la psychologue Sophie Muffang.

  

Que l’on vive seul ou en couple, la retraite reste « une rupture qui, comme toutes les ruptures, peut déstabiliser », insiste-t-elle. Et plus encore les hommes que les femmes. Car, dit Serge Guérin, « pour les hommes, le travail reste le statut central, même quand l’emploi occupé n’est pas très valorisant ».

 

« Même seules, les femmes retombent mieux sur leurs pieds, confirme Anasthasia Blanché. Avec la ménopause, elles ont déjà fait un deuil important, celui de la fertilité.

 

Une fois à la retraite, elles peuvent enfin prendre du temps pour elles, pour faire des choses qu’elles avaient laissées de côté et aussi pour s’occuper de leurs petits-enfants. Le plus dur, c’est pour les célibataires sans enfants qui n’ont vécu qu’à travers leur identité professionnelle. Et (ou) qui se dévouent pour leurs vieux parents.»

 

Si, dans tous les cas, une tristesse passagère semble inévitable, réagir vite est nécessaire pour ne pas s’enfoncer dans une vraie dépression. « Savez-vous, demande Serge Guérin, que quelqu’un qui part à la retraite passe 35 % de temps en plus devant la télévision ? » « Beaucoup surfent aussi de longues heures sur Internet pour fuir la solitude, mais aussi… dans l’espoir de trouver l’âme sœur. Vieillir seul fait rarement envie », constate-t-il.

 

-Le départ à la retraite induit un remaniement profond de l’identité

 

« Comme l’adolescence, le départ à la retraite induit un remaniement profond de l’identité de l’individu. Cela prend environ une année. Pour éviter le sentiment d’abandon et de vide, il faut se préparer, ne pas hésiter à se faire accompagner », renchérit Anasthasia Blanché. Pourquoi, le plus souvent, ne se prépare-t on pas ?

« Les entreprises sont peu à l’écoute. Elles ont déjà du mal à gérer les seniors. Si, en plus, il leur faut songer à l’après… », regrette Serge Guérin.

Et bien des futurs retraités, à qui l’échéance fait peur, refusent de voir la réalité en face.

  

Pour aborder plus sereinement le virage, des stages de préparation à la retraite comme ceux qu’animent Anasthasia Blanché, Sophie Muffang et Serge Guérin s’avèrent fort utiles. Car ils permettent de se poser les « bonnes questions ». Quelques entreprises et des caisses de prévoyance en organisent.

 

Dans ce domaine, depuis vingt-cinq ans, le groupe de protection sociale Novalis Taitbout (600 stagiaires en 2010) fait figure de précurseur. « Les retraités qui se sentent bien vieillissent mieux », explique Pascal Pâris, directeur de l’action sociale. « Pour donner du sens à sa vie pour les vingt-cinq ans qui viennent, il faut bâtir un nouveau projet, insiste Anasthasia Blanché, qui suggère de «se demander ce que l’on peut faire pour soi et pour les autres».

 

En tout cas, il est important de « le vivre comme une nouvelle expérience de découverte et de liberté : à la retraite, on n’a plus d’obligations, plus d’enfants à élever et un revenu assuré, même quand il est modeste… Les babyboomers sont de nouveaux aventuriers. C’est passionnant, non ? » «Il n’y a pas de réponse toute faite, reprend-elle. Chacun doit inventer son modèle. Ce qui donne du sens pour l’un ne fait pas sens pour un autre. »

 

-Se créer de nouveaux « réseaux sociaux »

 

Dans tous les cas, et plus encore quand on est seul, il est nécessaire de se créer de nouveaux « réseaux sociaux », sans attendre, le plus souvent en vain, d’être sollicité. Pas de panique toutefois : contrairement à une idée reçue, ceux qui vivent seuls depuis longtemps sont souvent mieux armés pour faire face : généralement, ils savent s’organiser pour partager des activités et ne pas être seuls pendant les week-ends et les vacances…

  

« Ce qui rapproche, ce n’est pas l’âge, c’est un projet et des centres d’intérêt communs, par exemple la randonnée, le sport, la musique, le Secours catholique… Comme on ne peut pas passer sa vie en voyage de groupe, il faut penser aux associations en tous genres », insiste Serge Guérin. Et puis, dit-il encore, « il y a l’Université de tous les âges, avec ses 200 000 à 300 000 adhérents. Ça occupe et c’est génial… Beaucoup en sont revigorés. »

  

Serge Guérin appelle aussi de ses vœux une « révolution des mots ». « Les actuels débats sur le financement des retraites renforcent, dans l’opinion, l’idée que retraite = inactivité = vieux = inutilité et parasitisme social. Rien de plus faux, gronde-t il. Parmi les retraités, on ne compte plus les maires, les conseillers municipaux, les bénévoles associatifs, les aidants familiaux. Ils sont donc très utiles ! »

 

Si la société portait un regard plus positif sur ses retraités qui contribuent tant au maintien du lien social, elle les aiderait à mieux vivre le temps qui leur reste. Quelques réformes simples y contribueraient, par exemple la création d’un véritable statut du bénévole et d’un statut de l’aidant familial. Avec des droits et des formations à la clé.

 

Paula BOYER.

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 14:57

Face au savoir subjectif et tendancieux offert par certaines universités populaires, une alternative valable s'ouvre aux autodidactes par le biais du prestigieux "Collège de France", fondé en 1530 par François premier.

 

 

Voici donc un descriptif des activités du collège, vous y trouverez l'intégralité des cours téléchargeables gratuitement. Deux colloques intéressants sont également disponibles en bas de page... Cliquez sur le logo:

 

 

jeudi 03 decembre 2009 les conferences du college de france

 

 

L'esprit d'ouverture

 

Les cours sont ouverts à tous, sans inscription préalable. Cet enseignement dispensé en priorité à Paris est également donné en province et à l'étranger.
Les 52 chaires de professeurs titulaires couvrent un vaste ensemble de disciplines : des mathématiques à l'étude des grandes civilisations, en passant par la physique, la chimie, la biologie, la médecine, la psychanalyse, la philosophie, la sociologie et l'économie, la préhistoire, l'archéologie et l'histoire, la linguistique.

Un accueil tout particulier est réservé aux savants étrangers. Depuis 1992, le Collège est autorisé à recruter en qualité de professeur titulaire d'une de ses chaires ordinaires une personnalité scientifique étrangère. Cette ouverture s’est poursuivie avec la création de cinq chaires annuelles.
La chaire européenne et la chaire internationale, créées respectivement en 1989 et en 1992, accueillaient chaque année un nouveau professeur étranger. En 2008, ces deux chaires ont été thématisées afin de favoriser un cycle annuel d’enseignement au cœur d’une société en mouvement. Elles portent respectivement sur le thème du Développement durable – Environnement, énergie et société et sur le thème Savoirs contre pauvreté.

La chaire de création artistique, créée en 2004, est destinée à accueillir pendant une année une personnalité illustrant la création artistique contemporaine sous ses multiples formes et dans tous les arts.

Avec la chaire d’innovation technologique Liliane Bettencourt, créée en 2007 et financée pour la première fois par des fonds privés, le Collège de France tisse de nouveaux liens entre le monde de la recherche et celui de l’industrie et des nouvelles technologies.

En 2009, une cinquième chaire annuelle a vu le jour en collaboration avec l’Inria, la chaire d’Informatique et sciences numériques.

  
    

Toujours en mouvement

 

Depuis sa fondation, en 1530 par François Ier, jusqu'à nos jours, deux dispositions essentielles ont maintenu et développé sans discontinuité la valeur créatrice de cette communauté savante :

- Lors de départs à la retraite, le renouvellement des chaires se fait en fonction des derniers développements de la science, l'intitulé de la chaire créée définissant la nouvelle thématique de recherche.

- Le libre choix par leurs pairs -réunis en assemblée- des professeurs appelés à occuper ces chaires suivant la seule considération de leurs travaux antérieurs, et non de leurs titres.

Par la souplesse et le dynamisme de cette structure, le Collège de France peut s'adapter en permanence à l'évolution des sciences et rester ainsi un pôle d'animation de la communauté scientifique.

Le Collège de France ne cesse de vérifier ce mot d'un de ses professeurs, Maurice Merleau-Ponty : «ce que le Collège de France, depuis sa fondation, est chargé de donner à ses auditeurs, ce ne sont pas des vérités acquises, c'est l'idée d'une recherche libre ».

   
 

Publications

 

Le Collège de France publie un "Annuaire", qui donne un résumé de l'enseignement de chaque professeur ainsi que des recherches poursuivies dans le cadre de la chaire, du centre ou du laboratoire. Cet Annuaire contient en outre une brève histoire du Collège de France comprenant la succession des chaires depuis le commencement du XIXe siècle. Le Collège de France édite également le texte des leçons inaugurales.

 

 

Deux colloques intéressants

 

Pierre Magistretti - Chaire internationale

Colloque Neurosciences et Psychanalyse, une rencontre autour de l'émergence de la singularité - Plasticité et homéostasie à l'interface entre neurosciences et psychanalyse, Pierre Magistretti et François Ansermet:


http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/pier_magi/colloque_neurosciences_et_psyc.htm

 

Ismail Serageldin - Savoirs contre pauvreté

Colloque du 19 mai 2011. Vers l'éradication de la faim. Ismail Serageldin et Dov Zerah. Cérémonie d'ouverture:

 

http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/cha_int/Colloque_du_19_mai_2011_Ver__3.htm

 

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 12:25

La Miviludes a publié son rapport annuel sur les sectes et les dérives sectaires. Il dénonce les faux souvenirs induits par des thérapeutes peu scrupuleux, notamment  en milieu rural, et le lobbying des sectes auprès des organisations internationales.

      

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» LIRE - L'intégralité du 8e rapport de la Miviludes

 

«Les sectes évoluent mais elles sont toujours là», souligne Jean-Michel Roulet, président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Le cinquième rapport annuel de la Miviludes, rendu public jeudi montre ainsi que les sectes et les comportements sectaires ont investi de nouveaux terrains comme la psychothérapie et les thérapies dites de "bien-être". Depuis l'an 2000, note Jean-Michel Roulet, les sectes se sont «engouffrées» dans le domaine de l'accomplissement de soi, jouant sur le registre de l'humanitaire ou celui des techniques de «recherche de son moi profond». Exemple de dérive sectaire psychothérapeutique, les faux souvenirs induits. Grâce à des techniques d'autosuggestion (hypnose, sophrologie, psychogenéalogie), des thérapeutes incompétents ou qui désirent assouvir des êtres fragiles, amènent leurs patients à se rappeler d'abus imaginaires-souvent à caractère sexuel- subis dans la petite enfance.

  

Cette forme de manipulation mentale, similaire à celle des sectes, est apparue aux Etats-Unis dans les années 1950 et « progresse de manière inquiétante » dans l'hexagone. Elle touche à 80% des jeunes femmes vulnérables, des victimes qui ont souvent fait des études supérieures. Ces «souvenirs» qui incriminent la plupart du temps des proches se terminent souvent par des plaintes et de véritables drames familiaux.

 

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- Les sectes en milieu rural

 

Elles évoluent principalement en réseau (ou associations) et groupes de formateurs. Les victimes sont souvent des femmes esseulées, dont les besoins sont compensés par la thérapie de groupe. Les conjoints ou enfants sont absorbés dans la mouvance dans un second temps. L'ensemble des participants favorisent "l'oubli" des soucis quotidiens par la valorisation, l'euphorie et la communication non agressive. Des compléments sont également proposés: cures détox, thérapies orientales, massages, médecines par les plantes... Tout un environnement est créé pour répondre de façon optimale aux attentes des personnes en souffrances.

 

Le principe du clientélisme est alors mis en pratique: les "thérapeutes" se revoient mutuellement leurs clients dans le but de répondre à des demandes différentes. Les tarifs restent attractifs mais s'ajoutent en général selon les activités proposées, ce qui aboutit parfois à des dépenses totalement inconsidérées.

 

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- Lobbying auprès de l'o.s.c.e

 

Autre tactique de «sujétion de l'individu» examinée : la vente multi-niveaux, qui consiste à vendre des produits ou services, souvent liés au bien-être, et à convaincre les acheteurs de devenir vendeurs. Rémunérés au pourcentage, les plus convaincus finissent par quitter leur travail et ne plus fréquenter que les membres du réseau.

  

Les travaux de la Miviludes indiquent que le satanisme n'atteint pas des proportions alarmantes» mais ses manifestations sont plus «radicales», les exhumations de cadavres ne sont «pas rares». En France, la mouvance réunit 25.000 personnes dont 80% ont moins de 21 ans. Selon la Miviludes, il y a eu, du 1er janvier à novembre 2007, 92 cas de profanations à caractère satanique, soit une hausse de 300% en 3 ans. Les suicides de jeunes sont en augmentation, de même que les «conduites déviantes» (scarifications et automutilations diverses). Les adeptes du le néo-chamanisme inquiètent aussi. Ils ont en effet tendance à remplacer l'iboga, inscrit au tableau des stupéfiants, par la datura, une plante courante aux fleurs très parfumées et réputée toxique.

  

Le rapport de 234 pages se penche enfin sur le lobbying des sectes auprès des organisations internationales notamment auprès de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) et son BIDDH (Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme). La Scientologie, les Raéliens et les Témoins de Jéhovah viennent y dénoncer la lutte contre les dérives sectaires au nom des atteintes à la liberté religieuse.

   

Note : Dans tous les cas, il convient de ne pas généraliser. Chacun doit faire appel à son discernement lors d'une adhésion à un groupe de thérapie.

 

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 18:11

Serge Hefez : De plus en plus d’enfants souffrent de trop d’amour !


En surprotégeant leurs petits, les parents prennent le risque de mal les aimer, alerte le psychiatre et thérapeute familial Serge Hefez. Dans son dernier livre, il s’élève contre la tyrannie du bonheur obligatoire. Psychiatre, Psychanalyste, thérapeute de couple et de famille, il est également responsable de l’unité de thérapie familiale du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Il dénonce dans son dernier ouvrage les liens emmêlés des familles fusionnelles, où plus personne ne sait qui il est, où chacun ne vit qu’en fonction des émotions des autres. En première ligne : les enfants.

  

Tous les sondages le montrent : le bonheur conjugal et familial est devenu notre principal idéal de vie. Dans une société désenchantée sur ses perspectives d’avenir, frileuse devant les engagements, chacun se recroqueville dans son confortable cocon. Surinvestie, la famille devient la valeur refuge – on en attend tout et en premier lieu le bonheur –, et son corollaire, une source constante d’insatisfaction : jamais à la hauteur de nos attentes, jamais assez rassurante.

 

Violaine Gelly

  

Un enfant épanoui, est-ce d’abord un enfant aimé ?
 

Serge Hefez : Pas uniquement. L’amour, c’est l’essence dans le moteur ; c’est la condition émotionnelle pour que l’épanouissement ait lieu mais ce n’est pas l’objectif. L’objectif, c’est l’action, la dynamique de vie. Etre collé les uns aux autres sur un canapé devant la télévision, en se murmurant des mots tendres, n’est pas une fin en soi. Il faut inscrire la famille dans un mouvement. Le rôle d’un parent est de pousser un enfant dans la vie, de lui apprendre à se séparer. Si on ne le laisse pas faire ses expériences, si on ne sait pas lâcher sa main, il ne marchera pas seul. Dans mes consultations, je rencontre de plus en plus d’enfants qui souffrent de trop d’amour.

 

Comment est-il possible de souffrir de “trop d’amour” ?
 

En n’arrivant pas à trouver en soi la sécurité intérieure suffisante pour envisager de prendre de la distance. Si les parents sont trop projetés à l’intérieur de leur enfant, si leur bien-être ne passe que par celui de l’enfant, ce dernier le ressent et s’en inquiète. Il lui devient impossible de se séparer sereinement. Plus personne ne sait quel est son ressenti, quelles sont ses émotions propres, ce qui appartient à soi, à l’autre ou au groupe. La famille devient un magma d’émotions contradictoires dans lequel tout le monde se noie.

 

Les psys ont toujours affirmé : “Du moment que vous les aimez, rien n’est grave”… Vous pensez que cela n’est pas si simple ?

 

L’idée que l’enfant est un être merveilleux, doué de potentialités illimitées, qu’il ne faut pas brider au risque d’entraver son épanouissement a marqué les années 1970. Mais cette idée-là, notamment véhiculée par Françoise Dolto, a été poussée à son paroxysme. Parents et enfants se retrouvent dans une situation où ils n’en font jamais assez et tous culpabilisent. Prenons un petit garçon qui fait un caprice parce qu’il veut un gâteau avant de dîner. Si je suis dans l’empathie avec mon enfant, si je confonds ses désirs et les miens, je le lui donne parce qu’il en a vraiment envie et que je ressens le plaisir qu’il a à le manger. Si je suis à ma place d’adulte, je vais lui expliquer que l’on ne mange pas un gâteau avant de passer à table. C’est là où se joue cette différence subtile entre aimer l’autre convenablement – comprendre ce qu’il ressent –, et l’aimer trop – projeter ses émotions sur lui, éprouver comme lui, pour lui, au risque de l’empêcher de se construire son propre mode de perception.

 

Pourquoi est-ce si difficile de ne pas se projeter dans nos enfants ?
 

Les frontières entre parents et enfants deviennent de plus en plus difficiles à établir parce qu’il faut courir le risque d’être haï. Or la haine est une autre facette de l’amour. Nous avons tous été enfants. Nous avons tous ressenti de la haine à l’égard de nos parents, quel que soit l’amour que nous leur portions. Aujourd’hui, les parents ne supportent plus celle de leur enfant. Tout comme ils refusent de s’entendre, parfois, le détester. Regardez les images de la famille véhiculées par la société, regardez les téléfilms idylliques : ce qui est toujours mis en avant, c’est l’amour, facteur positif, contre la haine, facteur négatif. Or ce sont les deux faces de la même médaille.

 

Aider son enfant à s’épanouir, c’est accepter qu’il ne soit pas toujours heureux ?

 

Exactement. Faisons le deuil de la perfection et cessons de culpabiliser. Il faut sortir de l’idée que notre rôle de parent est de lui éviter d’éprouver de l’angoisse, de la tristesse, de la dépression. Une vie sans angoisse, sans tristesse et sans dépression, cela n’existe pas, et nos enfants s’y trouveront inévitablement confrontés. Il faut les sécuriser afin qu’ils vivent ces moments-là de la meilleure façon qui soit, mais nous ne devons ni leur éviter les épreuves, ni combler leurs manques.

 

Est-ce qu’il faut alors considérer comme normal que son enfant soit triste ?
 

Bien entendu. Ces sentiments ne sont pas des maladies, arrêtons de craindre qu’il ne les attrape. Et Dieu sait que notre « société Prozac » a tendance à nous faire confondre la tristesse et le deuil avec la dépression. Il faut entendre la souffrance de l’enfant, en l’accompagnant, mais sans tenter de la vivre à sa place. Sinon, on en fera un adulte "insécure" qui ne se sentira pas bien à l’intérieur de lui-même. Cela risque de se manifester de deux façons opposées : soit il sera toujours en recherche de sécurité affective sans jamais la trouver, faute d’estime de soi ; soit il sera dans l’affirmation caricaturale de lui-même et cela se fera dans l’asservissement et le mépris de l’autre.

 

Dans les deux cas, il aura besoin des autres de façon addictive. Ce sont les mêmes mécanismes que l’on voit chez les enfants qui ont manqué d’amour. Trop ou pas assez empêche d’être en justesse avec soi-même.

 

A lire:

 

Après avoir analysé les relations entre époux dans La Danse du couple (Hachette, 2002), Serge Hefez décrypte dans son nouvel ouvrage Quand la famille s’emmêle (Hachette, 2004) la façon dont les liens fusionnels contraignent toute la famille. « Les familles d’aujourd’hui, écrit-il, ne sont plus régies par des lois extérieures, mais par la paradoxale obligation d’aimer, d’être libres et heureuses. »

 

Conséquence directe : « La plainte des hommes et des femmes que je reçois est unanime : un sentiment de désespoir parce qu’on leur demande tout et son contraire et qu’ils ne se sentent jamais à la bonne place. »

 

Dans un livre très dense mais d’une clarté exemplaire, le psychiatre dénoue les fils emmêlés de ces familles en souffrance avec deux bénéfices immédiats pour son lecteur : le rassurer et le déculpabiliser !

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 17:10

Sept facteurs de risque, tel le faible niveau d'instruction et le tabagisme, seraient responsables de la moitié des cas de la maladie d'Alzheimer dans le monde.

 

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Sept facteurs: le faible niveau d’instruction, le tabagisme, l’inactivité physique, la dépression, l’hypertension, l’obésité et le diabète – augmenteraient le risque d'être atteint par la maladie d’Alzheimer.

 

 

La maladie d'Alzheimer est une pathologie neurodégénérative qui se caractérise par des troubles de la mémoire et une démence. Dans le monde, 33,9 millions de personnes souffrent de cette maladie, et ce chiffre devrait tripler dans les 40 ans à venir. On sait qu'elle se traduit par des lésions dans le cerveau, mais on en ignore les causes. Bien que certains facteurs génétiques existent, Deborah Barnes et Kristine Yaffe, de l'Université de Californie à San Francisco, ont identifié sept facteurs de risque associés à la maladie d'Alzheimer, la plupart liés au style de vie.

 

En analysant la littérature scientifique portant sur de nombreux patients atteints de la maladie d'Alzheimer, les neuroscientifiques ont estimé le nombre de cas aujourd'hui attribuables à chaque facteur de risque supposé. Le principal facteur, représentant 19 pour cent des cas, serait le faible niveau d'instruction. L'activité intellectuelle serait en effet un facteur protecteur. Puis viendraient le tabagisme (14 pour cent des cas), l'inactivité physique (13 pour cent), la dépression (11 pour cent), l'hypertension (5 pour cent), et enfin l'obésité  et le diabète (2 pour cent chacun). Ensemble, ces sept facteurs de risque participeraient à environ la moitié des cas dans le monde.

 

En outre, grâce à un modèle mathématique, D. Barnes et K. Yaffe ont calculé le nombre de cas qui pourraient être évités en diminuant ces facteurs de risque : une réduction de 25 pour cent de ces facteurs éviterait plus de trois millions de cas, tandis qu'une une diminution de seulement 10 pour cent réduirait de 1,1 million le nombre de cas.

 

Bien sûr, d'autres facteurs de risque peuvent être impliqués, par exemple les maladies cardiovasculaires et le régime alimentaire. En outre, on n'a pas encore prouvé de lien de cause à effet entre ces facteurs et l'apparition de la maladie ; d'autant que certains facteurs, telles la dépression et l'inactivité physique, peuvent être des conséquences précoces de la maladie et non des causes (la pathologie débutant de nombreuses années avant d'être diagnostiquée). Reste à réaliser de vastes études pour savoir si, lorsque ces facteurs sont modifiés,  le risque de développer la maladie diminue bien.

 

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 14:23

Pourquoi les personnes très créatives semblent-elles parfois bizarres ? Les neurosciences et la psychiatrie révèlent de troublantes associations entre le talent de créateur et certains traits de personnalité « atypiques », parfois à la limite de la maladie mentale.

 

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Dean Kamen est un entrepreneur très connu ; c’est aussi l’un de ceux qui ont le mieux réussi, avec des centaines de brevets à son nom – dont le gyropode Segway, ces plates-formes mobiles à une place où le passager se tient debout et qui sont équipées d’un petit moteur électrique et d’un dispositif de stabilisation dynamique. Mais vous ne le verrez jamais en costume cravate : cet inventeur excentrique ne porte pratiquement que des jeans.

 

Il a passé cinq ans à l’université avant d’abandonner ses études, ne prend pas de vacances et ne s’est jamais marié. Propriétaire de l’île de North Dumpling, dans le Connecticut, il fait sécession des États-Unis, se dotant d’une constitution, d’une monnaie, d’un drapeau et d’un hymne. Il s’est autoproclamé Lord Dumpling.

 

Vous avez dit bizarre ? D. Kamen, qui s’investit sans relâche pour persuader les jeunes de faire carrière dans les sciences et l’ingénierie, est l’une des personnes extrêmement créatives dont le comportement frappe par son côté « spécial ». Albert Einstein ramassait les mégots de cigare dans la rue, afin d’en récupérer le tabac pour sa pipe ; le constructeur aéronautique Howard Hughes passait des jours entiers sur une chaise au milieu d’une pièce stérile de sa suite de l’hôtel Beverley Hills ; le compositeur Robert Schumann pensait que ses compositions musicales lui étaient dictées depuis leur tombe par Beethoven et d’autres visionnaires décédés ; on prétend aussi que Charles Dickens pensait écarter des oursins imaginaires avec son parapluie lorsqu’il marchait dans les rues de Londres. Plus récemment, nous avons été témoins de l’obsession de Michael Jackson pour les rhinoplasties, de l’affection de Salvador Dali pour les animaux de compagnie dangereux et nous avons pu voir la chanteuse islandaise Björk habillée en cygne pour la cérémonie des Oscars.

 

L’homme de la rue n’est pas le seul à trouver excentriques les individus très créatifs. Ces derniers se perçoivent eux-mêmes souvent comme différents et incapables de se conformer aux usages en vigueur. Les résultats les plus récents de l’imagerie cérébrale, de la recherche sur la créativité et de la biologie moléculaire suggèrent que l’image d’Épinal du génie atypique n’est pas uniquement inspirée de quelques descriptions anecdotiques. En fait, la créativité et l’excentricité vont souvent de pair, et les chercheurs pensent aujourd’hui que ces deux traits résulteraient de la façon dont le cerveau filtre les informations qu’il reçoit. Même dans le monde des affaires, on constate de plus en plus qu’il existe un lien entre la pensée créative et les comportements non conventionnels, que l’on commence à admettre un peu mieux.

 

Des personnalités à part

 

L’existence de comportements étranges chez des individus très créatifs semble trop fréquente pour être une simple coïncidence. Dans la Grèce antique, Platon et Aristote s’étonnaient déjà du comportement singulier des poètes et des auteurs de théâtre. Il y a plus d’un siècle, dans son livre L’homme de génie, le criminologue italien Cesare Lombroso dressait un inventaire des comportements bizarres des visionnaires créatifs, et attribuait ce comportement à la même « dégénérescence » que celle affectant les criminels violents.

 

Plus récemment, les psychologues ont utilisé des mesures validées de la créativité et de l’excentricité. Pour évaluer la créativité, les chercheurs peuvent examiner les productions artistiques ou novatrices d’une personne, sa capacité à agir ou à penser de façon créative (par exemple, en lui demandant de trouver de nouveaux usages pour des ustensiles domestiques ordinaires). Afin de mesurer le degré d’excentricité d’une même personne, les chercheurs utilisent souvent des échelles d’évaluation de la personnalité dite schizotypique.

 

La personnalité schizotypique se reconnaît à plusieurs comportements ou modes de pensée. Par exemple, la pensée dite magique, qui recourt volontiers à des idées fantasmatiques ou des croyances paranormales (souvenons-nous de Schumann persuadé que Beethoven lui envoyait de la musique depuis sa tombe...). Les personnes schizotypiques sont souvent sujettes à des expériences perceptives inhabituelles, telles que des distorsions de la perception (Dickens se croyait suivi par les personnages de ses romans), mais aussi à l’anhédonie sociale, préférence pour les activités solitaires (Emily Dickinson, Nikola Tesla et Isaac Newton, par exemple, préféraient travailler qu’avoir des activités sociales), voire une légère paranoïa, ou sentiment infondé que des personnes ou des objets de l’environnement peuvent représenter des menaces (on songe à la méfiance légendaire de Howard Hughes vis-à-vis d’autrui).

 

La schizotypie est une forme atténuée du trouble de la personnalité schizotypique, qui fait partie d’un ensemble de pathologies qualifiées de « bizarres ou excentriques » dans le Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux de l’Association américaine de psychiatrie. Le diagnostic en a été défini d’après diverses études épidémiologiques à grande échelle, où les chercheurs ont noté que, dans les familles de patients schizophrènes, on trouvait plus souvent des personnes animées de comportements et de croyances bizarres que dans d’autres familles indemnes de schizophrénie.

 

Quels sont ces comportements et croyances ? Une personne schizotypique peut s’habiller de façon très personnelle, en rupture avec son milieu ou les règles de la vie en société (Einstein sortait en pantoufles dans la rue) ; sa façon de parler peut sortir de l’ordinaire ; ses réactions émotionnelles peuvent sembler inappropriées ; elle croit parfois à des phénomènes surnaturels comme la télépathie et les présages ; il peut être difficile d’entrer dans son intimité – aussi bien physiquement qu’émotionnellement. En bref, les schizotypiques sont excentriques.

 

Toutefois, tous les schizotypiques ne sont pas schizophrènes. Ce sont souvent des personnes de très haut niveau intellectuel, talentueuses et intelligentes. Un grand nombre de mes étudiants à l’Université Harvard, par exemple, ont des scores supérieurs à la moyenne sur les échelles schizotypiques et les mesures de l’intelligence.

 

Entre vision et hallucination

 

Les premières données scientifiques suggérant un lien entre personnalité schizotypique et créativité sont apparues avec une étude réalisée en 1966 par le généticien comportementaliste Leonard Heston. Ce dernier expliquait que les enfants adoptés et séparés d’une mère biologique schizophrène dès la naissance avaient une plus grande probabilité de s’adonner à des activités créatives et d’y faire carrière que des enfants adoptés dont la mère n’était pas schizophrène. Ces travaux confirmaient l’idée selon laquelle les comportements bizarres qui accompagnent souvent la créativité sont héréditaires.

 

Le psychiatre de Harvard Dennis Kinney et son équipe ont reproduit l’étude de L. Heston 40 ans plus tard, et suggéré que les personnes schizotypiques pourraient hériter des modes de pensée et de perception non conventionnels qui sont associés à la schizophrénie, sans développer la maladie elle-même. Dans cette étude, D. Kinney et ses collègues avaient examiné 36 enfants de parents schizophrènes et 36 enfants de parents non schizophrènes ; tous avaient été adoptés. Leurs résultats ont confirmé que les enfants de parents schizophrènes qui présentaient eux-mêmes des signes de personnalité schizotypique obtenaient des scores de créativité supérieurs aux sujets contrôles. L’équipe de D. Kinney a également découvert que certains enfants issus de familles saines présentaient un profil de personnalité schizotypique, et qu’ils obtenaient des scores de créativité plus élevés que les autres.

 

De même, les psychologues cliniciens anglais David Rawlings et Ann Locarnini ont montré que les individus créatifs obtiennent des scores plus élevés sur des échelles de personnalité schizotypique que des individus moins créatifs. J’ai moi-même observé, avec ma collègue Cynthia A. Meyesburg, de l’Université Harvard, que des personnes ayant une forte production artistique (ce qui peut être mesuré également par des questionnaires d’évaluation) ont une tendance à la pensée magique – davantage que d’autres, elles croient en la communication télépathique, aux rêves prémonitoires et aux souvenirs de vies passées. Elles se targuent d’expériences perceptives inhabituelles, qu’il s’agisse de fréquentes impressions de déjà-vu ou d’entendre des voix chuchoter dans le vent...

 

Il ressort de divers articles de synthèse sur la schizotypie et la créativité que les personnes très créatives présentent plus de traits associés à la schizotypie que la moyenne, et que l’association entre créativité et schizotypie présente une composante génétique. Ce lien étant établi, comment l’expliquer ? Les caractéristiques de la personnalité schizotypique ne semblent pas favoriser par elles-mêmes la créativité, mais certains mécanismes cognitifs seraient sous-jacents à l’excentricité et à la créativité. La notion clé à cet égard est celle de désinhibition cognitive.

 

L’inspiration : une désinhibition cognitive

 

La désinhibition cognitive est une incapacité à ignorer des informations qui ne sont pas pertinentes pour les buts que l’on s’est fixés ou pour la survie. Chaque individu est équipé de filtres mentaux qui lui masquent la plupart des opérations que réalise le cerveau à partir de ce qui l’entoure. Par exemple, pendant que vous discutez avec un ami à la terrasse d’un café, vous ne faites pas attention au bruit des voitures, à ce que dit le garçon de café à la personne qui vient d’entrer, aux enfants qui descendent de l’autobus. Vos organes sensoriels reçoivent ces informations, et le cerveau les traite implicitement, par exemple en activant de façon subliminale des souvenirs qui leur sont associés, mais ils ne pénètrent pas dans le champ de votre attention. Ce filtre est mis en place par votre capacité d’inhibition cognitive.

 

Toutefois, cette capacité de filtrage diffère d’une personne à l’autre. Ainsi, chez les personnes schizotypiques et schizophrènes, un de ces filtres cognitifs, l’inhibition latente, est moins efficace. Dans ce cas, la quantité de stimulus non filtrés atteignant la conscience augmente, ce qui peut expliquer certaines pensées décalées ou hallucinations. On comprend aisément que si des informations non filtrées atteignent la conscience, des expériences perceptives étranges – entendre des voix ou entrevoir des personnages imaginaires – peuvent survenir.

 

La désinhibition cognitive est probablement aussi au cœur de ce que nous vivons comme une illumination soudaine, lorsque nous cherchons à résoudre un problème. Dans ces moments-là, les filtres cognitifs se relâchent et permettent à des idées situées à l’arrière-plan de surgir à l’avant-scène de la conscience, de la même façon que des pensées bizarres affleurent à l’esprit des personnes psychotiques.

 

Prenons cet exemple tiré du livre que l’économiste et romancière américaine Sylvia Nasar a publié en 1998, A Beautiful Mind, sur l’économiste et mathématicien américain John Forbes Nash, lauréat du prix Nobel d’économie en 1994, et atteint de schizophrénie. Lorsqu’on lui avait demandé pourquoi il pensait que des extraterrestres le contactaient, il avait répondu : « Parce que les idées que j’avais à propos des êtres surnaturels me venaient de la même façon que mes idées mathématiques. En conséquence, je les prenais au sérieux. » Le cas de John Nash illustre en quoi le mécanisme cognitif de l’illumination (Eurêka !) est similaire à celui d’une forme de délire nommé délire d’influence, où les personnes souffrant de psychose pensent que des forces étrangères ont inséré des pensées dans leur cerveau. Toutefois, la plupart des personnes souffrant de psychose ou de schizophrénie ne produisent pas d’idées considérées comme créatives. La capacité à utiliser la désinhibition cognitive pour créer dépend d’autres capacités cognitives élaborées, comme la mémoire de travail ou la flexibilité mentale.

 

Un affaiblissement du filtrage cognitif pourrait expliquer la tendance des personnes très créatives à se centrer sur le contenu de leur monde intérieur aux dépens de leurs besoins sociaux, voire de leurs soins personnels (Beethoven, par exemple, avait tendance à délaisser sa propre hygiène). Lorsque la conscience est submergée de stimulus inhabituels et non filtrés, il devient difficile de ne pas focaliser son attention sur cet univers intérieur.

 

En 2003, avec mon collègue Jordan Peterson, nous avons publié une étude réalisée à Harvard et à l’Université de Toronto. Nous y avions observé que les individus très créatifs ont une probabilité anormalement élevée de présenter une désinhibition cognitive. Nous avions fait passer à plusieurs centaines de volontaires une tâche d’inhibition latente (une mesure de la facilité avec laquelle des sujets ignorent des stimulus auxquels ils ont déjà été exposés) et mesuré la créativité de plusieurs façons : au moyen de tâches dites de pensée divergente (qui exigent un grand nombre de réponses à un problème) et d’ouverture à l’expérience (le trait de personnalité qui prédit le mieux la créativité) ; en leur faisant passer un questionnaire d’évaluation de la personnalité créative et un questionnaire qui permet de quantifier les réalisations créatives tout au long de la vie.

 

Nous avons découvert que les personnes obtenant des scores élevés pour chacune de ces mesures de créativité avaient généralement des scores plus faibles pour la tâche d’inhibition latente. Une telle diminution de l’inhibition cognitive permettrait à une quantité accrue d’informations d’accéder à l’attention consciente, favorisant la production d’idées créatives. Une telle hypothèse est confortée par des études d’imagerie cérébrale et par l’électroencéphalographie. Dès la fin des années 1970, le professeur de psychologie Colin Martindale, de l’Université du Maine, avait entrepris une série d’études d’électroencéphalographie sur le thème de la créativité.

 

Avec ses collègues, il découvrit ainsi que les personnes très créatives se distinguent par une activité cérébrale supérieure dans la gamme des fréquences dites alpha (des fréquences de 8 à 12 cycles par seconde). Il interpréta cette donnée comme le signe d’une diminution de l’éveil cortical et d’une attention dite défocalisée. Il suggéra alors que les individus créatifs laissent un plus grand nombre d’informations surgir à la conscience.

 

Plus récemment, Andreas Fink et son équipe de l’Université de Graz, en Autriche, ont répliqué les résultats de C. Martindale dans une série d’études réalisées depuis cinq ans. Ils proposent une interprétation différente de l’augmentation des ondes alpha associée à la créativité. Selon eux, cette augmentation d’activité indique que le sujet se focalise sur des informations issues de son cerveau, plutôt que de l’environnement. Une telle interprétation explique la tendance des personnes créatives à se focaliser sur leur vie intérieure, un autre signe de personnalité schizotypique.

 

Les mécanismes du Eurêka !

 

D’autres études publiées en 2009 par John Kounios, de l’Université Drexel, et Mark Beeman, de l’Université Northwestern, ont examiné plus en détail l’instant de révélation, le fameux « Eurêka ! » J. Kounios et M. Beeman ont demandé à des participants d’associer des mots, tandis que l’activité de leur cerveau était enregistrée. Le test d’association de mots consistait, par exemple, à trouver trois mots composés en utilisant un même mot avec l’un des trois suivants : fou, barrière, robe (la réponse est « garde »). Les participants à cette expérience signalaient le moment exact où ils trouvaient la réponse, ainsi que la façon dont ils étaient parvenus à la solution, soit en cherchant, soit grâce à une soudaine illumination.

 

Les résultats ont montré qu’une période d’activité alpha précède une bouffée d’activité gamma (caractérisée par des ondes cérébrales de fréquence supérieure à 40 hertz) au moment de l’intuition. J. Kounios et M. Beeman supposent que l’activité alpha focalise l’attention sur soi, la bouffée gamma coïncidant avec la prise de conscience de la solution.

 

Une autre étude d’imagerie cérébrale, réalisée en 2010 par des neuroscientifiques de l’Institut Karolinska, à Stockholm, suggère que la propension aux intuitions et aux expériences schizotypiques résulterait d’une configuration spécifique de récepteurs cérébraux aux neuromédiateurs. Les résultats indiquent que la densité de récepteurs d2 de la dopamine dans le thalamus est plus faible chez les sujets dotés de fortes capacités de pensée divergente, une tendance similaire à celle décrite antérieurement chez des sujets schizophrènes. Les neuroscientifiques pensent qu’une fixation réduite de la dopamine dans le thalamus, constatée à la fois chez les sujets créatifs et chez les sujets schizophrènes, diminuerait le filtrage cognitif et permettrait à un plus grand nombre d’informations d’accéder à la conscience.

 

L’importance de l’intelligence

 

À l’évidence, toutes les personnes excentriques ne sont pas créatives. D’autres facteurs cognitifs, tels qu’un qi élevé et une grande capacité de la mémoire de travail, permettent à certaines personnes de traiter mentalement une grande quantité d’informations sans se laisser submerger. Ainsi, nous avons montré que la combinaison d’une faible inhibition cognitive et d’un qi élevé produit des scores élevés de créativité. Il est probable que certains individus très créatifs pourraient partager certains facteurs de vulnérabilité biologique avec des personnes souffrant de maladies psychotiques, telle la schizophrénie. Cette vulnérabilité leur donnerait accès à des idées et des pensées inconnues des personnes dotées de filtres mentaux plus efficaces.

 

Depuis plusieurs années, la montée des technologies innovantes comme facteur de croissance économique a fait de la créativité une denrée recherchée. De nombreuses entreprises innovantes, telles que Coca-Cola, DuPont, Citigroup et Humana, ont maintenant des chefs de l’innovation dans leurs équipes dirigeantes. Des écoles de business prestigieuses ont ajouté des cours de créativité pour les élèves. Ces entreprises envoient régulièrement leurs employés suivre des programmes d’entraînement à la créativité.

 

À mesure que la valeur commerciale de la pensée créative augmente, le monde professionnel montre certains signes d’adaptation aux individus « originaux ». C’est déjà le cas dans certaines communautés où la concentration en artistes, écrivains, scientifiques et passionnés d’informatique est élevée. Les dirigeants de telles communautés tolèrent les vêtements bizarres et sont souples quant aux horaires de travail, le tout afin de mieux promouvoir l’innovation. La société a une dette vis-à-vis de tous ceux qu’elle a marginalisés en raison de leur excentricité. Le travail créatif des excentriques apporte richesse, beauté et innovation dans la vie de ceux qui suivent confortablement les normes.

 

S.Carson / www.pourlascience.fr.

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Published by Trommenschlager.f-psychanalyste.over-blog.com - dans Dossier Science
15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 16:33

  Qu'est-ce qu'être juge, et que devient le métier?

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Serge Portelli est juge et vice-président au tribunal de Paris, président de la 12e Chambre correctionnelle. Il a été conseiller auprès du président de l’Assemblée nationale et doyen des juges d'instruction au tribunal de Créteil. Serge Portelli est également membre du syndicat de la magistrature, ce dernier étant marqué à gauche.

Serge Portelli est régulièrement invité par les médias en raison de nombreux ouvrages qu'il a écrit sur les questions de maltraitance des enfants, sur le traitement de la récidive et sur la réforme de la Justice.

   

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 Colloque organisé par l'association Droit et Démocratie le 24 mars 2011 - "Dérives sécuritaires et recul des libertés"- Intervention de M. Serge Portelli ( vice président au tribunal de grande instance de Paris) " Peut-on encore juger dans une société sécuritaire?"

    

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 08:17

- Clotilde Leguil pour la revue Marianne - Dossier "Carte blanche".

"Pourquoi laisser l'exclusivité de la psychologie en la seule personne de John Watson ? Le comportementalisme n'a pas, avec le recul, résolu toutes les souffrances des patients...et le béhaviorisme est loin d'être une panacée, sauf pour le monde animal !"

Cette semaine la revue Marianne laisse carte blanche à deux invités sur le thème «les psychanalystes répondent à Onfray». Au moment où les thérapies cognitivo-comportementales dominent dans les institutions psychiatriques, la psychanalyse apparaît comme un îlot préservant la dignité de la souffrance psychique selon Clotilde Leguil, psychanalyste.


Flickr - CC

La psychanalyse affirme que les conduites humaines ne peuvent être traitées par le seul principe de l’optimisation.

Etait-il bien nécessaire de lire les Œuvres complètes de Freud – 20 volumes, 6 000 pages comme il est rappelé partout dans la presse – pour écrire le tome II du Livre noir de la psychanalyse ? L’indigestion explique sans doute le style propagandiste adopté par l’auteur du Crépuscule d’une idole, l’affabulation freudienne. Si vous avez aimé le Livre noir de la psychanalyse au point d’en redemander (cela fait quand même 818 pages…), alors vous aimerez le dernier livre d’Onfray, parce qu’y transpire le même ressentiment à l’égard de Freud et de son invention. Mais si vous voulez apprendre quelque chose sur la psychanalyse, sur Freud, ses questionnements, ses impasses, son cheminement, lisez seulement un texte de Freud, le Malaise dans la civilisation par exemple, et vous découvrirez pourquoi le message freudien n’est pas du tout conforme aux exigences marchandes, managériales et techno-scientistes de notre société. Vous découvrirez alors pourquoi déboulonner Freud à l’heure du cognitivo-comportementalisme qui conçoit l’être humain comme un rat devant s’adapter à son environnement, c’est tout simplement se ranger au côté des fanatiques de l’évaluation quantitative en vue d’éliminer de la planète tous ceux qui souffriraient un peu trop, ne trouvant pas dans l’hédonisme le remède à leurs maux.

Pourquoi faut-il alors défendre Freud au XXIe siècle ? Il faut défendre Freud parce que ce que Freud a apporté sur la souffrance, le désir et la civilisation, personne avant lui ne l’avait ainsi formulé. Il faut défendre Freud parce que, face au déluge des thérapies cognitivo-comportementales qui ont maintenant le pouvoir dans la majorité des institutions psychiatriques et psychologiques, la psychanalyse apparaît comme un îlot préservant la dignité de la souffrance psychique. Parce que Freud est le premier qui a considéré que la souffrance psychique ne faisait pas de nous des anormaux ; le premier qui a pensé que les hystériques souffraient de réminiscences et qu’elles en savaient plus sur leurs maux que lui avec ses compétences médicales ; le premier qui a su écouter ce qu’il ne comprenait pourtant pas chez une femme ; le premier qui s’est demandé de façon si claire ce que voulait une femme ; le premier qui a pensé que la féminité était peut-être une question de l’être sur sa sexualité et son désir, le premier qui a pensé qu’il n’y avait pas de santé mentale, mais que chacun élaborait à sa façon des solutions contre sa souffrance singulière.

Il faut défendre Freud parce que, face à la folie de l’évaluation quantitative que représentent les nouvelles techniques de management dans les entreprises, la psychanalyse affirme que les conduites humaines, y compris dans le domaine du travail, ne peuvent être traitées par le seul principe de l’optimisation. Parce que, face à ceux qui traitent l’humain comme on traite des rats soumis à des procédures d’expérimentation scientifique, la psychanalyse répond par le caractère irréductible du sujet en tant qu’il parle. Parce que, face aux suicides, la psychanalyse ne répond pas par les statistiques. Parce que, face à la marchandisation de l’intime et à l’invitation à ne plus accorder de valeur à nos embrouilles amoureuses, la psychanalyse invite à ne pas renoncer à la signification de notre désir.

Ainsi au XXIe siècle, il faut défendre Freud et la psychanalyse pour que l’être humain ne se retrouve pas épinglé comme un insecte sur une planche d’observation, soumis à des tests qui valideront sa résistance à la souffrance ou, au contraire, sa fragilité et, du même coup, sa condamnation sur le marché de la performance. Si Freud en son temps a dû faire face aux mécontentements que la psychanalyse suscitait, nous aujourd’hui, analysants, analystes, et tout simplement lecteur de Freud, admirateur de sa subtilité, nous ferons face aux passions haineuses en tentant de défendre ce qui des mots de Freud continue de nous éclairer pour comprendre notre époque et l’énigme que nous restons pour nous-mêmes.

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