27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 16:44

Le Cours public est un cycle de conférences que l’Université Rennes 2 organise depuis 20 ans. Ouvertes en priorité aux étudiants et aux personnels, ces conférences de prestige s’adressent aussi à l’importante communauté scientifique rennaise et au grand public. Le cycle sur " la perversion " est proposé par Alain Abelhauser, professeur des universités en psychologie clinique, directeur scientifique du cours public 2015-2016.

<< Sous le masque du paraître... aux sources de la perversion >>

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Est réputé pervers, depuis l’apparition du mot au Moyen Âge, celui qui jouit du mal et de la destruction de soi ou de l’autre. Si l’expérience de la perversion est universelle, chaque époque la considère et la traite à sa façon.

 

L’histoire des pervers en Occident est complexe, depuis l’époque médiévale jusqu’à nos jours se sont distingués des singularités et des systèmes : Sade invente la perversion au sens moderne tandis que le XIXe siècle isole les trois figures de l’enfant masturbateur, de l’homosexuel et la femme hystérique. Le nazisme sera l’essence même d’un système pervers de type exterminateur. Notre époque feint de croire que la science nous permettra bientôt d’en finir avec la perversion. Mais en prétendant l’éradiquer, nous prenons le risque de détruire l’idée d’une possible distinction entre le bien et le mal, qui est au fondement même de la civilisation.


Elisabeth Roudinesco est docteur ès lettres et historienne, directrice de recherches (HDR) au département d’histoire de l’Université de Paris VII où elle dirige des thèses depuis vingt ans.

 

 

Généalogie de la perversion version mp3 : Conférence d'Elisabeth Roudinesco
 

 

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Élisabeth Roudinesco, née le à Paris, est une universitaire, historienne et psychanalyste française, biographe de Jacques Lacan et de Sigmund Freud, et auteur d'une vingtaine d'ouvrages sur l'histoire de la Révolution française, de la psychanalyse, de la philosophie et du judaïsme. Elle est lauréate du Prix Décembre 2014, puis du Prix des prix littéraires 2014, pour sa biographie Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre, publié au Seuil.

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 12:31

« La pratique de la disruption est militaire : c’est une technique de manipulation, de paralysie de l’adversaire face à une stupéfaction, une doctrine de la vitesse et de la tétanisation ! Aujourd’hui nous sommes absolument stupéfait, du clodo du coin à François Hollande, jusqu’à Madame Merkel, en passant par le patron d’Axel Springer, Mr. Döpfner, qui a écrit cette phrase incroyable « nous avons peur de Google ». C’est inconcevable de la part d’un PDG de dire qu’il a peur de quoi que ce soit. Qu’est ce que ça veut dire ? Ca veut dire que la disruption, c’est une stratégie du choc ! » B. Stiegler

 

-La puissance disruptive au service de la folie !-

" Vous ne vous rendez vraiment pas compte de ce qui nous arrive. Quand je parle avec des jeunes de ma génération, ceux qui ont deux ou trois ans de plus ou de moins que moi, ils disent tous la même chose : on n’a plus ce rêve de fonder une famille, d’avoir des enfants, un métier, des idéaux, comme vous l’aviez quand vous étiez adolescents. Tout ça, c’est fini, parce qu’on est convaincu qu’on est la dernière, ou une des dernières générations avant la fin. "

 

Par Florian 15 ANS. L'impansable, aux éditions Le Grand Souffle.

 

 

 

Qu'est-ce que la disruption :

 

 

La disruption est une approche stratégique fondée sur la rupture et la vitesse, développée par le publicitaire français Jean-Marie Dru, cofondateur de l'agence BDDP et président de TBWA. L'approche disruptive commence par identifier les conventions (idées reçus, biais culturels, certitudes qui figent la pensée) qu'adoptent la plupart des acteurs d'un secteur et qui débouchent sur des approches communes, peu différenciantes. Une fois les conventions identifiées, on cherche à remettre en cause et à détourner celles qui permettraient d'ouvrir une nouvelle vision des marques.

 

Cette remise en cause est la disruption proprement dite, découlant en partie de la théorie de Joseph Schumpeter. Un des moyens d'engager la rupture est de poser la question "et si..." de tout remettre en cause et d'envisager un nouveau futur des marques, davantage prometteur (la vision disruptive). La disruption est un concept libertarien : Elle porte en elle la possibilité de détruire les systèmes sociaux et les réglementations qui protègent un état et ses citoyens, de fluidifier les normes afin de faciliter la libre circulation des services et des marchandises, de susciter des désirs de consommation, optimisant de fait l'économie de marché... Utilisée à l'extrême, elle est porteuse de finitude et de chaos.

 

 

En résumé :

 

 

- phase 1, convention : quelles sont les conventions d'un secteur, les points communs... ?

 

- phase 2, vision : qu'est-ce que je veux être demain, quelle est ma vision de la marque ?

 

- phase 3, disruption : quelle convention faut-il casser pour devenir ce que je veux être ?

 

- phase 4, destruction : quelles règles faut-il détourner pour parvenir à imposer la marque ?

 

- phase 5, captation : quels sont les désirs capables de susciter des pulsions d'achats  ?

 

C'est donc une technique qui joue le contre pied et privilégie par essence les idées non conventionnelles. Elle identifie les besoins pour créer la rupture, elle se libére des contraintes afin de donner aux marques une plus grande marge de manoeuvre. Dans le cerveau humain, elle consiste, par sa vitesse, à court-circuiter toutes les réflexions susceptibles de freiner les achats.

 

 

Réunion de travail à Epineuil

 

Comment la disruption engendre " la folie " dans l'anthropocène ?
 

 

Qu’appelle-t-on penser dans la folie de l’Anthropocène, qui menace l'avenir ?

 

L'académie d’été 2015 d'Ars-Industrialis sera entièrement consacrée à l’interprétation de ce que dit le jeune Florian, à dévoiler le vrai visage de la disruption - dont le fanatisme est le paradigme - et comment elle génère " La Folie " sur le plan psychique et social, en court circuitant les fonctions néocorticales humaines :

 

Cette « herméneutique » passera par la poursuite des réflexions sur le rêve que nous avions engagées durant l’académie d’été 2014, qui faisaient elles-mêmes suite à notre critique de l’anthropologie positive – en particulier celle de Maurice Godelier dans Métamorphoses de la parenté. Nous poursuivrons ces travaux par une reconsidération approfondie des théories de l’entropie et de la néguentropie en vue de ce que nous appelons une néguanthropologie, et à travers un dialogue avec L’événement Anthropocène (dont Jean-Baptiste Fressoz, l’un de ses auteurs, sera présent à Epineuil).

 

Le rêve est un moment majeur de toute bascule néguanthropologique : c’est ce que nous avons tenté d’approcher l’an passé. Florian ne rêve pas – du moins il ne fait pas de rêves diurnes, et il affirme que c’est le cas de toute sa génération – : « tout ça, c’est fini ». Et tout cela procède aussi de ce que Jonathan Crary appelle le capitalisme 24/7.

 

Les rêves diurnes que ne fait pas Florian supposent qu’existe ce que nous avons appelé, dans le séminaire de ce printemps, des protentions collectives constituant une époque. En nous disant qu’il n’a pas accès à ce type de protentions collectives « épokhales », qui sont constituées par des « protentions tertiaires », Florian exprime la réalité existentielle de ce qui aura été nommé au XXè siècle l’absence d’époque – dont Jacques Derrida posait dans De la grammatologie qu’elle s’annonçait à la veille de 1968 (et de New grass) comme la monstruosité.

 

L’absence d’époque, c’est le gouffre que creusent des protentions intrinsèquement négatives que l’Anthropocène engendre depuis le début du XXIè siècle, et que la production de protentions automatiques par le calcul intensif sur les traces de la différance machinique en quoi consiste la data economy dénie et dissimule systémiquement : tel est l’accomplissement du nihilisme par le capitalisme purement, simplement et absolument computationel.

 

Interpréter le témoignage de Florian, ce ne peut être que lui répondre – et, en l’occurrence, le contredire chaleureusement, et performativement (sinon prophétiquement), en lui faisant la promesse qu’il ne sera pas la dernière génération : nous affirmons que l’Anthtropocène doit engendrer le Néguanthropocène.

 

Nous étayerons cette thèse – cette affirmation – sur une reconsidération organologique des questions d’entropie et de néguentropie, de Sadi Carnot à nos jours, en passant par les bioéconomies de Nicholas Georgescu-Roegen et de René Passet, ainsi que par des travaux de Rudolf Boehm.

 

 

En savoir plus :

 

http://meta-media.fr/2015/06/21/lencyclique-et-le-philosophe-attention-danger-la-disruption-reste-incomprise.html

 

Source :

 

http://pharmakon.fr/wordpress/

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 17:17

C'est le blogueur américain Eric Barker qui diffuse cette liste pour le moins surprenante ! Elle ne vient pas de nulle part, puisqu'il la tire de la lecture de l'ouvrage The Wisdom of Psychopaths, traduisez "La sagesse des psychopathes" écrit par le psychologue Kevin Dutton, étrange personnage spécialiste de la question.

 

 

Quel corps de métier cache le plus de psychopathes ?

Quel corps de métier cache le plus de psychopathes ?

 

Kevin Dutton sait pourtant de quoi il parle !

 

Franc-tireur de l'analyse des psychopathes, il en est l'un des principaux vulgarisateur dans le monde anglo-saxon et dirige une grande enquête nationale sur les psychopathes en Grande-Bretagne, tout cela pour mieux déterminer qui ils sont. Car sa grande thèse, c'est que les psychopathes ne sont pas tous des meurtriers.

 

D'après le site Psychologies.com, la psychopathie concerne 3% des hommes et 1% des femmes. Les psychopathes sont donc bien plus nombreux qu'on le croit. Et à en juger par la liste des métiers où on en recense le plus, ils sont clairement parmi nous.

 

Mais commençons par les 10 métiers où l'on trouve le moins de psychopathes :

  1. Aide soignant

  2. infirmière

  3. psychothérapeute (et professions associés)

  4. artisan

  5. esthéticienne

  6. styliste

  7. enseignant

  8. artiste

  9. médecin (et professions associées)

  10. comptable.

 

Ces professions impliquent du rapport humain et nécessitent une implication émotionnelle tout en offrant peu de pouvoir. De par leur nature, les psychopathes ne seraient pas attirés par ces métiers. En revanche, les situations qui impliquent de prendre des décisions précises, détachées des émotions leur vont très bien. Pas étonnant lorsqu'on sait que les symptômes de la psychopathie regroupent l'indifférence, le narcissisme, l'absence de culpabilité et l’asociabilité.

 

De quoi expliquer le pourquoi du comment des 10 métiers où l'on trouve le plus de psychopathes !

 

Voyons maintenant les 10 métiers où l'on trouve le plus de psychopathes, selon l'étude de Kevin Dutton :

  1. Directeur d'entreprise et PDG

  2. avocat (et professions associées)

  3. Les médias et l'audiovisuels

  4. Vendeur

  5. Chirurgien

  6. Officier de police

  7. Journaliste

  8. Homme d'église

  9. Chef en cuisine

  10. Les hauts fonctionnaires (inclus les personnages politiques)

 

Qu'est-ce qu'un psychopathe ?

 

Si on pense immédiatement au tueur en série des films hollywoodiens, on se trompe. C'est plus compliqué que ça. D'après Wikipedia, un psychopathe est sujet à un trouble de la personnalité qui a été décrit comme étant caractérisé par des émotions peu profondes (en particulier une crainte réduite), un manque d'empathie, de l'égocentrisme, de l'impulsivité, de l'irresponsabilité, de la manipulation et un comportement antisocial comme un mode de vie criminel et instable.

 

Il n'existe aucun consensus concernant le critère symptomatique et de nombreuses discussions sont établies concernant les causes éventuelles et des possibilités de traitements. Malgré les termes similaires, les psychopathes sont rarement psychotiques. Les psychopathes ne sont pas tous violents; ils utilisent la manipulation pour obtenir ce qu'ils souhaitent. En général, ce sont des individus qui se soucient de ce que les autres pensent d'eux et les utilisent pour atteindre leur but.

 

La thèse de Kevin Dutton, mais aussi d'autres psychologues, est que la psychopathie se caractérise plus par des tendances à, que par une nature propre aux psychopathes. Pour résumer, on pourrait dire qu'on ne naît pas psychopathe, on le devient, même si certains individus peuvent être prédisposés à développer tel ou tel type de comportement.

 

Lien similaire :  http://www.psy-luxeuil.fr/2015/04/8-signes-pour-detecter-un-vrai-psychopathe.html 

 

Source: http://www.huffingtonpost.fr/

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 09:57

On emploie souvent le terme de "psychopathe" mais sans savoir vraiment ce qu'il veut dire. Pervers narcissiques, psychopathes, psychotiques... Quelles différence et comment les reconnaitre ? Voici les 8 signes révélateurs de cette maladie.

 

-8 signes pour détecter un vrai psychopathe !-

1- Il ne ressent rien pour les autres

 

 Les psychopathes ne ressentent rien pour les autres mais seulement pour eux. Ils ressentent bien biologiquement des émotions mais psychologiquement les troubles caractériels de leur maladie viennent troubler et altérer le ressenti de ces émotions. Ils n'ont aucun sentiment envers les autres. Toute émotion est ramenée à eux de n'importe quelle façon. Les autres ne sont que des objets qui servent à assouvir leurs envies.

 

Ce problème d'absence d'empathie explique pourquoi ils n'ont aucune morale et donc aucune limite à faire du mal à autrui physiquement et moralement. D'où leur dangerosité.

 

 

2- Il n'avoue jamais sa culpabilité

 

Mensonges, manipulations, violence... Les psychopathes sont prêts à tout pour que chaque chose conviennent à leurs envies. Tout individu, lorsqu’il n’agit pas comme le psychopathe le souhaite, lui rappelle cette réalité qu’il déteste. Il n’est pas question de déni ou de fuite de la réalité, un psychopathe cherche juste à la modifier pour qu'elle soit conforme à l’idée que lui se fait. Si quelqu'un agit différemment, il fera tout pour le détruire. Et s'il fait du mal c'est uniquement parce que les autres l'ont bien cherché.

 
Jamais de leur faute ? Jamais un psychopathe n’avoue sa culpabilité. Il cherche à trouver n’importe quoi pour se justifier ou tente de manipuler l’autre pour lui faire croire que tout est de sa faute. "Pour satisfaire sa personnalité narcissique jamais le psychopathe ne doit baisser dans l'estime des autres. Il n’y a aucune préoccupation pour le sort de la victime, aucune expression d’amour et de remords" explique J.Reid Maloy, professeur de psychatrie à l'université de Californie, dans son ouvrage Les psychopathes.

 

 

3- Il dévalorise les autres sans cesse

 

Le psychopathe vit dans une réalité qu’il se fabrique. Tous les autres individus extérieurs le sortent de cette réalité et lui rappellent ce qu’il déteste. En conséquent, il a tendance à rabaisser les autres plus bas que terre continuellement. C’est une sorte d’extériorisation agressive afin de détruire tout ce qui peut lui faire mal. Un moyen d’attaquer les autres pour être sûr qu’il ne le blesse pas un jour. Etant un être tourné sur lui même, le psychopathe ne prendra pas le risque que quelque chose puisse toucher à l’estime qu’il a de lui. Pour arriver à ses fins, il est prêt à tout. Néanmoins il est important de ne pas confondre un pervers narcissique qui rabaisse pour son plaisir avec un psychopathe qui souffre d'une maladie violente beaucoup plus dangereuse.

 

 

4- Aucune relation sociable durable

 

Contrairement à ce qu’on croit, les psychopathes ont quelques facilités à nouer des liens avec les autres. Mais ces liens ne durent jamais. Comme une pause au milieu de la maladie, les psychopathes ont besoin des autres pour tester la réalité. Le problème c’est qu'à cause de leurs caractéristiques narcissiques, colériques et paranoïaques n’importe quelle personne viendra un jour heurter leur susceptibilité et déchaîner leur colère sans même le vouloir. Comme un mécanisme de défense, le malade va tenter de détruire l’autre, moralement ou physiquement. Quoiqu’il arrive, les psychopathes finissent par être isolés.

 

 

5- Paranoïaque, il s’énerve rapidement

 

 C’est dans son caractère colérique que l’on ressent le plus l’aspect d’un psychopathe. Cette particularité s’apparente à une sorte de délire paranoïaque parce qu'il veut être constamment admiré et envié. "Les personnes réelles sont perçues comme des objets familiers mais néanmoins maléfiques qui attaquent et qui méritent la rage du psychopathe" explique J.Reid Maloy dans son livre Les psychopathes. Un événement bénin, une petite insulte ou même un regard de travers peuvent suffire à renvoyer au psychopathe l’impression qu’on ne le voit pas comme il le souhaiterait. "L’expérience consciente de rage dans le processus psychopathique débouche typiquement sur la violence en l’absence de structuration du surmoi" ajoute l'auteur.

 

 

6- La tromperie continuelle

 

Une personne atteinte de psychopathie a conscience du mal qu'elle cause à l’autre. Pour éviter que les autres ne fassent quelque chose qui lui déplaise ou l'angoisse, elle utilise la tromperie. Il y a une réelle intention de manipulation des autres pour le dénuer de tout attribut. Par ce moyen, le psychopathe est sûr de dominer et satisfaire sa personnalité narcissique.

 

 

7- L'indifférence froide

 

Les personnes psychopathes ne sont pas sensibles, on ne peut pas les "prendre par les sentiments". Elles contrôlent sans peine leurs peurs et leurs pulsions en public. Ayant souvent deux visages, l'un pulsionnel et l'autre social, le premier reprend rapidement l'ascendant sur le second dans la vie privée. Leurs pulsions peuvent s'exprimer avec efficience à travers le pouvoir des mots (ou langage performatif), qui deviennent aussi destructeurs que les violences physiques, voire davantage. Leur regard reste froid et intense à la fois, accentuant une part de mystère.

 

 

Psychopathie : 3% d'hommes et 1% de femmes

 

La psychopathie est une maladie grave très peu connue qui touche 3% d'hommes et 1% de femmes.
C’est un trouble permanent du développement comportementale caractérisé par des comportements associables impulsifs et pour lesquels le sujet ne ressent aucune culpabilité.

 
Ce trouble psychologique peut interagir et/ou accentuer d’autres troubles comme la schizophrénie ou la dépression bipolaire. Il existe plusieurs degrés dans la maladie pouvant aller de la psychopathie modérée à un passage à l’acte criminel et dangereux pour les autres. Elle ne peut être diagnostiquée avant 18 ans mais en générale on peut toujours constater des antécédents au cours de l'adolescence.

 

- Les psychopathes, essai de pathologique dynamique, J.Reid Maloy, 2011, Editions Frison-Roche. Pour http://www.medisite.fr/

 

 

8- Quel est le langage des psychopathes ?

  

On ne peut oublier ces phrases délicieuses que prononce, dans Le silence des agneaux, Hannibal Lecter, interprété par Anthony Hopkins : “J’ai été interrogé par un employé du recensement. J’ai dégusté son foie avec des fèves au beurre, et un excellent chianti.” Si elle était sortie de la bouche d’un criminel réel, cette citation aurait fait le bonheur d’un trio de chercheurs américain et canadiens qui ont publié le mois dernier, dans la revue Legal and Criminological Psychology, une étude analysant la manière dont s’expriment les psychopathes. Il en ressort notamment qu’en plus de ne manifester aucune empathie pour leurs victimes, qui sont instrumentalisées, les psychopathes, lorsqu’ils relatent leurs crimes, font beaucoup plus référence que les assassins “normaux” à leurs besoins physiologiques et matériels. Nourriture, boisson et argent sont nettement plus évoqués. Pour exceptionnel qu’il paraisse, Hannibal le Cannibale n’est donc pas si différent des autres…

 

Les psychopathes éprouvent très peu d’émotions, sont essentiellement centrés sur eux-mêmes et, dans leur vision de la société, ils perçoivent les autres comme des proies ou du bétail à exploiter. C’est probablement pour cette raison que, selon une étude récente, on retrouve tant de psychopathes parmi les dirigeants d’entreprises… Ce sont d’excellents manipulateurs et ils utilisent le langage comme une arme. On se souvient d’ailleurs que le docteur Lecter pousse son voisin de cellule à se suicider après une longue discussion. On sait également qu’au Canada, les psychopathes réussissent 2,5 fois plus que les autres détenus les entretiens qu’ils réalisent en vue d’une libération conditionnelle… Néanmoins, ces qualités verbales, ce bagout, ont été fort peu analysés.

 

C’est pour combler cette lacune que l’étude de Legal and Criminological Psychology s’est donné pour objectif d’interroger en prison, avec leur accord, des criminels canadiens, tous coupables de meurtres qu’ils ont reconnus. Sur les 52 hommes retenus, 14 étaient qualifiés de psychopathes par des psychiatres. Les chercheurs sont donc allés les interviewer, 25 minutes chacun, en leur demandant de raconter, avec le plus de détails possibles, les crimes qu’ils avaient commis. Des crimes qui, en moyenne, avaient eu lieu une décennie auparavant. Une fois retranscrits, les entretiens ont été passés à la moulinette de programmes d’analyse textuelle. Ceux-ci ne se contentent pas de faire des statistiques sur les occurrences de mots mais ils les classent dans des catégories grammaticales (noms, articles, adjectifs, verbes, adverbes, etc) et des champs sémantiques (mots évoquant les interactions sociales, l’argent, le temps, etc.), soupèsent leur charge affective (positive ou négative, intense ou faible, imagée ou pas) et reconnaissent les temps de conjugaison employés.

 

Les entretiens réalisés avec les 52 détenus ont totalisé plus de 127 000 mots, dont presque 30 000 pour les 14 psychopathes. La manière dont ceux-ci s’expriment a été comparée avec celle des autres criminels et les chercheurs y ont décelé un certain nombre de points saillants. La première découverte concerne l’usage important que les psychopathes font des conjonctions de subordination et des expressions à valeur causale (parce que, puisque, étant donné que) lorsqu’ils décrivent leurs méfaits. Comme si les crimes qu’ils ont commis étaient les résultats logiques de plans, comme si ces actions devaient être effectuées, ce qui est cohérent avec le fait que la très grande majorité des psychopathes tuent avec un but précis en tête, alors que la moitié des autres meurtriers agissent dans l’instant, sous le coup de la colère, dans des bagarres, etc.

 

Deuxième enseignement, les psychopathes utilisent environ deux fois plus souvent que les autres du vocabulaire se rapportant à leurs besoins physiologiques primaires (manger et boire) et à leur préservation (avoir de l’argent, un toit). En revanche, ils se réfèrent nettement moins aux relations sociales, à la famille ou à la religion. Cela colle bien avec le portrait-robot du psychopathe centré sur sa personne, qui, même s’il peut être à l’aise dans la communication, se crée difficilement des liens et n’envisage aucune aide familiale ni spirituelle pour sa “réhabilitation”. Il décrit son crime d’une manière froide, détachée, lointaine, ce qui est confirmé par l’utilisation plus fréquente des temps du passé, alors que les autres détenus ont davantage tendance à se servir du présent pour reconstituer les meurtres dont ils ont été coupables.

 

Cette étude présente des limites dont les auteurs sont conscients. Notamment le fait qu’on a demandé aux détenus de décrire ces actes si exceptionnels que sont des meurtres. Il faudrait reproduire la même analyse avec des conversations ou des récits plus banals. Les chercheurs suggèrent ainsi de montrer de courtes vidéos à des psychopathes et à des assassins non-psychopathes et de les leur faire décrire ensuite, pour décortiquer la manière dont ils reconstituent les scènes. Evidemment, les conclusions de ces travaux n’ont pas (encore…) de valeur prédictive. Alors, la prochaine fois que quelqu’un raccrochera un peu vite le téléphone en vous disant “J’aimerais poursuivre cette conversation mais… j’ai un vieil ami pour le dîner”, n’imaginez pas forcément que, à l’instar du docteur Frederick Chilton à la fin du Silence des agneaux, le “vieil ami” en question terminera sa carrière en osso-bucco préparé par un clone d’Hannibal Lecter…

 

Pierre Barthélémy pour http://blog.slate.fr/

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 12:38

Les seuls changements importants dans l’Histoire prennent leur source dans le mental des populations. Nous sommes, écrit Le Bon en 1895, arrivés à un de ces moments-clefs. La destruction des croyances religieuses, combinée avec l’émergence de nouvelles technologies, va entraîner une mutation dans le mental collectif. Nous entrons dans une période de transition, qui verra coexister de manière chaotique d’anciennes idées sur le déclin et de nouvelles conceptions encore en gestation.

 

-Gustave Le Bon: Comment démystifier la psychologie des foules ?-

Les sociétés qui émergeront du chaos, écrit Le Bon, devront compter avec une puissance à son époque nouvelle : les foules. Jusqu’au XVIII° siècle, l’opinion des foules ne comptait pas, ou peu. Désormais, leur voix est devenue prépondérante, parce que les conditions technologiques ont amené les classes populaires au niveau requis pour revendiquer un poids politique. Or, l’opinion de ces classes exige le retour à un communisme primitif qui menace les classes supérieures : voilà la dynamique du XX° siècle, résumée en quelques phrases dès 1895.

 

Peu aptes au raisonnement, les foules sont en revanche très capables d’action. Leur pensée simple adhère à des dogmes idéologiques qui prendront très vite le même caractère contraignant que les anciennes croyances religieuses. 

 

Le Bon se méfie de ce nouveau pouvoir des foules. Historiquement, dit-il, le rôle des foules a le plus souvent consisté à détruire les vieilles civilisations proches de leur chute. La civilisation est créée par une petite aristocratie intellectuelle ; les foules n’ont de pouvoir que pour détruire. 

 

Il existe cependant une mesure de prévention possible : que le pouvoir connaisse la psychologie des foules, afin de pouvoir les manipuler au lieu de se laisser mener par elles. C’est que les foules sont incapables d’avoir des opinions quelconques, en dehors de celles qui leur sont suggérées. Les foules, nous dit Le Bon en substance, sont bien incapables de comprendre Aristote ou Spinoza. Elles n’ont pas de système de pensée, pas de cohérence philosophique, et donc pas de colonne vertébrale qui puisse structurer une capacité créatrice. Elles ne fonctionnent qu’à l’instinct, en fonction de l’émotion. C’est à leur cœur et à leurs tripes qu’il faut parler : alors, si leurs instincts ont été correctement manipulés, elles iront spontanément dans le sens voulu par le système de pensée du Prince. D’où l’intérêt d’une psychologie des foules.

 

Une foule ne se réduit pas à l’addition des individus qui la composent. Elle possède son esprit propre. Le Bon formule la loi de l’unité mentale des foules. Dans certaines conditions, une grande masse d’individus réunis se coalise pour former un bloc, par l’évanouissement de la personnalité consciente des individus constitutifs. Une foule ainsi formée acquière en effet des caractères provisoires, certains généraux, communs à toutes les foules, d’autres particuliers, spécifiques à certaines foules.

 

Biographie :

 

Un personnage ambigu, entre Poincaré et... Mussolini !

 

Né en 1841 à Nogent-le-Rotrou, où son père était conservateur des hypothèques, il fit ses études au lycée de Tours, puis à la faculté de médecine de Paris, où il obtient le titre de docteur en médecine en 1866.

 

 Il parcourut l’Europe, l'Asie et l'Afrique du Nord entre les années 1860 et 1880. Il écrivit des récits de voyage, des ouvrages d’archéologie et d’anthropologie sur les civilisations de l’Orient et participa au comité d'organisation des expositions universelles.

 

 En 1879, il fit une entrée remarquée au sein de la Société d'anthropologie de Paris qui lui décerna l’année suivante le prix Godard pour son mémoire Recherches anatomiques et mathématiques sur les lois de variation du volume du cerveau et sur leur relation avec l’intelligence. En 1888, il démissionne et rompt tout contact avec cette société peu ouverte aux approches psycho-sociologiques novatrices de Le Bon pour lequel « il n'y a pas de races pures dans les pays civilisés » (L'homme et les sociétés, 1881) et qui entend le terme de « race », à l'instar de Taine ou Renan, comme un synonyme de « peuple », c'est-à-dire « un agrégat d'hommes appartenant au même milieu et partageant la même culture (langue, tradition, religion, histoire, coutumes vestimentaires, alimentaires, etc.) ». « Les classifications uniquement fondées sur la couleur de la peau ou sur la couleur des cheveux n'ont guère plus de valeur que celles qui consisteraient à classer les chiens d'après la couleur ou la forme des poils, divisant, par exemple, ces derniers en chiens noirs, chiens blancs, chiens rouges, chiens frisés, etc. » (L'homme et les sociétés).

 

 Au chapitre de la colonisation, Le Bon partage avec l’anthropologue Louis Armand de Quatrefages de Bréau une position hétérodoxe : le rôle de la puissance colonisatrice devait se borner à maintenir la paix et la stabilité, à prélever un tribut, à nouer ou à développer des relations commerciales, mais en aucun cas ne doit s’arroger le droit d’imposer sa civilisation à des populations réticentes.

 

 Son premier grand succès de librairie en sciences sociales est la publication en 1894 des Lois psychologiques de l'évolution des peuples, ouvrage qui se réfère aux lois de l'évolution darwinienne en les étendant de la physiologie à la psycho-sociologie. L'année suivante, il écrit Psychologie des Foules, pour lequel il fut félicité par Mussolini (lettres conservées par l’Association des Amis de Gustave le Bon).

 

 Le Bon participe par la suite activement à la vie intellectuelle française. En 1902, il crée la Bibliothèque de philosophie scientifique chez Flammarion, qui est un vrai succès avec plus de 220 titres publiés et plus de deux millions de livres vendus à la mort de Le Bon en 1931. À partir de 1902 il organise une série de « déjeuners du mercredi » auxquels sont conviées des personnalités telles que Henri et Raymond Poincaré, Paul Valéry, Émile Picard, Camille Saint-Saëns, Marie Bonaparte, Aristide Briand, Henri Bergson, etc. Il convie également à ces déjeuners la comtesse Greffulhe, icône de la Belle-Epoque et inspiratrice de Proust pour À la recherche du temps perdu, avec qui il entretient une correspondance aussi abondante que familière.

 

Gustave Le Bon, Psychologie des foules, 1895 - http://fr.wikipedia.org/

 

 

Les caractères généraux sont les suivants :

 

- Une foule psychologique fait toujours muter les esprits individuels qui la compose ; cette mutation est induite par la mise en avant de ce qui est commun aux individus, c’est-à-dire leur inconscient collectif, les hommes diffèrent par leur intellect, mais pas par le substrat dont ils sont imprégnés. Or, ce substrat forme des qualités « ordinaires », on n’y trouve rien de brillant , d’où l’incapacité des foules à conduire un raisonnement élevé.

- Une foule psychologique est parcourue de phénomènes de contagion mentale.

 

- Une foule psychologique révèle la profonde suggestibilité des individus. Elle fascine ceux qui en font partie, au point que leur esprit cesse de se percevoir lui-même comme autonome à l’égard du collectif.

 

La conjonction de ces trois phénomènes implique que les individus inclus dans une foule baissent « de plusieurs degrés dans l’échelle de la civilisation ». Cependant, cette régression n’est pas forcément mauvaise. Si un homme de bien manipule la foule pour « défendre la civilisation », alors cette foule barbare se mettra au service de la civilisation. D’où l’enjeu : faut-il donc, manipuler les foules ?

 

Le Bon dit que c’est facile, parce qu’elles ne réfléchissent pas et agissent en fonction des stimuli qu’on leur présente de manière totalement impulsive. Mais il ajoute qu’il est en revanche difficile de contrôler les conséquences des manipulations, parce que l’esprit des foules est très mobile. Il est donc à la fois facile et dangereux de manipuler la foule, d’autant qu’elle supporte mal l’existence d’un obstacle entre son désir et l’objet de son désir. C’est un enfant capricieux.

 

Il faut donc manipuler les foules, mais attention : on doit bien connaître leur mode d’emploi. Ce mode d’emploi, Le Bon le dessine dans ses grandes lignes, trente ans avant Edward Bernays, et quarante ans avant Joseph Goebbels.

 

Les foules, nous dit Le Bon, sont crédules. Les sentiments de la foule sont très simples et très exagérés. Dans ces conditions, il est conseillé de manipuler les foules en leur proposant des idées simples, voire simplistes. Il ne faut pas leur demander de soutenir une réflexion approfondie : elles en sont incapables. Ce qu’elles demandent, ce sont des mots d’ordre. 

 

C’est pourquoi il est non seulement contre-productif, mais même dangereux d’argumenter rationnellement devant une foule. La foule croit avec passion, elle ne supporte pas la contradiction, et peut se montrer violente envers quiconque déstabilise son socle de croyances naïves. A l’inverse, une foule adore facilement un maître rude, qui lui propose une vision du monde simple et cruelle. Toujours prête à se révolter contre une autorité faible, même juste, la foule se courbe devant une autorité forte, même injuste. La foule est un géant à l’âme enfantine, qui se cherche un maître pour le conduire.

 

Pour autant, les foules peuvent être morales à leur manière. Elles sont incapables d’autodiscipline, ne pouvant que s’en remettre à celui qui les guide. Mais si celui-ci les guide sur la voie de l’abnégation et du service désintéressé, précisément parce qu’elles ressentent et ne réfléchissent pas, elles sont capables des plus grands élans de générosité. 

 

La foule, nous dit encore Le Bon, va plus particulièrement se focaliser sur des détails merveilleux. Comme un enfant, elle ne retiendra d’un discours que les deux ou trois images qui auront frappé son imagination immature. Ainsi, le christianisme n’a pas modelé la foule grâce à la subtilité de la philosophie augustinienne et sa supériorité supposée sur la philosophie néoplatonicienne, mais parce que quelques images fortes en ont émergé qui parlaient aux masses. Semblablement, le socialisme du XIX° siècle finissant ne fédère pas la classe ouvrière grâce à l’intelligence de la critique marxiste, mais parce que quelques mots d’ordre simplificateurs peuvent tenir lieu de slogan à la masse des moutons enragés.

 

Le Bon est convaincu que la foule ne peut raisonner qu’en termes religieux. La philosophie lui est inaccessible, la science lui reste hermétique. Ne pouvant critiquer, la foule ne sait qu’adorer. Il lui faut un être supérieur à qui se soumettre. Et par nature, de ce fait, la foule est fanatique : quand on ignore la critique et aime à se soumettre à un discours simple, on est condamné au fanatisme. Si la religion sous sa forme ancienne a disparu, de nouvelles idoles remplacent les anciennes divinités, mais c’est toujours le sentiment religieux qui permet de mobiliser la foule, de lui impulser une direction donnée. 

 

 

" Pour Le Bon, l’Histoire est faite par les personnalités qui parviennent à modifier le mental des foules dans des dynamiques sécuritaires ou religieuses. "

 

 

Le « pilotage » d’une foule doit se faire avec une grande anticipation, car il faut au moins une génération pour modifier les ressorts lointains qui vont la mouvoir. Et il est à noter que l’éducation est loin d’être le seul moyen de modifier l’esprit des foules, et même loin d’être le plus décisif – tout simplement parce qu’elle s’adresse surtout à la partie de l’homme qui est la moins décisive dans les foules, c’est-à-dire la partie consciente. En ce sens, pour Le Bon, une éducation bien conçue doit transmettre les valeurs supérieures à la minorité des conducteurs de foule, et dresser le gros de la population à des comportements moutonniers faciles à encadrer : c’est ainsi, nous dit-il, qu’on conditionne les foules, pas en essayant d’élever tous les hommes à la conscience. 

 

Le Bon annonce pour finir que l’ère des foules verra le règne de ceux qui savent les mener. Ces meneurs seront, nous dit-il, des hommes d’action, et pas des hommes de réflexion. Ce seront des névrosés, des demi-fous, que leur folie rendra prompts à l’action, donc capables d’entraîner la masse.

 

Le meneur, nous dit-il, entraîne la foule parce qu’il lui ressemble. Comme elle, il est instinctif, fanatique, unitaire dans sa pensée jusqu’à perdre de vue les exigences de sa propre conservation. Son charisme provient de l’isomorphie spontanée entre son idiosyncrasie et celle de la masse. S’il peut subjuguer la foule en lui offrant une croyance religieuse ou pseudo-religieuse, c’est parce qu’il a d’abord été lui-même subjugué par cette croyance. C’est pourquoi le meneur ne démontre pas : il affirme. Il n’approfondit pas, il répète. Il ne persuade pas, il contamine. Sa capacité d’influence ne résulte pas de son discours lui-même, mais du prestige dont il se pare. Nos modernes « leaders d’opinion », chers à tous les spécialistes du marketing, sont déjà présents dans la « psychologie des foules ».

 

 

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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 12:57

"LES GENS RECLAMENT LA LIBERTE DE PAROLE COMME COMPENSATION A LA LIBERTE DE PENSER QU'ILS UTILISENT RAREMENT"

Soren Kierkegaard - Philosophe danois chrétien du XIXème siècle

 

 

Dans les démocraties anciennes (USA, Canada, une partie de l’Europe occidentale, Australie), les gouvernements n’ont plus la possibilité, pour de multiples raisons (tant morales que culturelles, historiques, d’image et de crédibilité) d’imposer leur volonté absolue par la force militaire ou policière comme dans d’autres régions du monde. La seule façon d’imposer cette autorité consiste à se servir de la crise pour asservir, sous couvert de protection régalienne, les peuples qu’ils gouvernent.

 

Extension de la doctrine du choc, chère aux démocrates radicaux américains, (qui, à l'instar de la théorie de la Canadienne Naomi Klein, défendent l’idée selon laquelle l’espace public est de plus en plus restreint au profit des multinationales), la stratégie du choc permet aux gouvernements démocratiques et néo-libéraux (ou ultra-libéraux) d’asservir leurs peuples en se servant de techniques telles que la régression psychologique, les peurs sécuritaires et les processus d’infantilisation économique, sociale, culturelle, politique. Au final, les peuples apeurés, sous l'influence des médias, se réfugient derrière leur gouvernement et acceptent de sacrifier une grande part de leurs libertés sur l’autel de la sécurité...  

[ D'après Christian Poveda - Ouvrage La mort en face ]

 

Si toutefois, par malheur pour ces gens-là, l’humanité [notamment par le biais de l’éducation] parvenait à prendre conscience de ce qu’elle est, cela sonnerait le glas de cette caste qui constitue la « tique-mère » de l’ultra-libéralisme, longtemps soutenu par Milton Friedman et l'école de Chicago. Retarder cette échéance constitue un enjeu vital pour ces pervers des nations globalisées. L’émergence d’un système alternatif fiable basé sur la confiance, comme l’économie contributive (13), marquerait l’annihilation définitive de ce groupe noir (14) ayant choisi un mode de vie sans issue, et tentant de nous l’imposer. Tant que les citoyens et les nations ne modifieront pas leurs modes d’existence en vue de se soutenir mutuellement, nous subirons l’horrible laideur de conditions de vie moyenâgeuses… avec les serfs en zone rouge, et les seigneurs en zone verte, le tout séparé par des fils barbelés… comme par le passé !  

[ D'après "Je n'est  pas un autre" - Ou comment reconquerir sa beauté intérieure ]

 

     

Les sept techniques de l’asservissement - D'après un extrait de l'ouvrage "Je n'est pas un autre" du psychanalyste et psychosociologue Franck Trommenschlager :

 

Ce groupe noir, [ayant engendré au fil du temps d’autres sous-groupes parallèles, tous obnubilés par les finances, le contrôle sans faille des masses et des moyens de production], étend son hégémonie en utilisant des procédés très anciens et maintes fois éprouvés au fil des siècles. Selon certaines versions historiques, c’est sous ces mêmes méthodes fallacieuses que fut saccagée l’emblématique bibliothèque d’Alexandrie par des chrétiens extrémistes [elle sera détruite définitivement vers 640], sous la houlette de l’évêque Cyrille en 415 de notre ère. L’éminente philosophe Hypatie mourut peu après ces funestes événements, victime d'un lynchage sur lequel pèse lourdement l'implication du patriarche (voir à ce sujet l’œuvre cinématographique « Agora », péplum philosophique hispano-maltais réalisé par Alejandro Amenábar et sorti en 2009).

 

 

Voici un exemple non exhaustif de sept de ces procédés, nous en retrouvons certains de nos jours, sous couvert du marketing et du neuro-marketing :

 

  • Les castes et les cartels stimulent les instincts humains les plus grégaires, instincts qui doivent être assouvis rapidement, puisque dangereusement pulsionnels ;

  • ils prolongent, de façon ambiguë, des conditions de vies oppressantes, en excitant des sentiments mêlant insécurité et violence, notamment par le biais des industries culturelles ;

  • ils utilisent la souffrance humaine en insufflant aux individus des pensées de révolte face aux institutions locales, ou collectivités territoriales ;

  • ils renforcent les difficultés d’existence, en limitant l’accès aux moyens techniques liés à la santé, en concentrant les hôpitaux pour mieux les rentabiliser et en ralentissant l’accès aux soins, via un parcours balisé et rationalisé ;

  • ils détournent les consciences en orientant l’énergie libidinale des individus vers des plaisirs addictifs : jeux d’argent, drogues diverses, jeux en ligne, night-club, et autres divertissements désuets ;

  • ils récupèrent des messages normalement libérateurs pour les souiller, notamment en y introduisant des idées pernicieuses, afin d’ériger en coupable l’émetteur de ces messages [forcément gênant pour les affaires]. Ce qui fut le cas de la psychanalyse, où toutes les tentatives de souillures ont été expérimentées dans le but de la discréditer… pour l’instant sans succès ;

  • une fois toutes ces conditions de perversions mises en place par ces castes, elles proposent « sans complexes » d’apporter la solution aux malheurs qui en découlent : « Comment redevenir heureux grâce aux doctrines que nous vous proposons ! Comment réussir dans la vie avec nos théories économiques ! etc. »

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D’autres ouvrages consacrés aux pervers narcissiques, ces experts dans l’art du maquillage et du détournement des perceptions, complètent bien ce funeste tableau. Il va sans dire qu’identifier le serpent et s’immuniser de son venin est une étape de mithridatisation (15) primordiale dans le cheminement vers la beauté authentique.

  

Un dernier passage voudrait que je parle brièvement de l’esthétique, car au cours de l’histoire des civilisations, ces groupes se transmettant cette « hideuse doctrine » n’ont jamais cessé de lutter contre l’extériorisation de l’âme noétique ; notamment en pillant ou en détruisant le patrimoine mondial de l’humanité, à travers les désastres écologiques, les guerres [même récentes] ou les braderies de monuments historiques au profit de milliardaires inconnus !

 

L’esthétique, quelque soit sa représentation concrète, constitue la mémoire de l’homme à travers les strates de son évolution ; cette notion sera par ailleurs développée dans mon deuxième ouvrage. Contempler la beauté signifie se rappeler et entretenir cette petite partie de nous, si fragile, que dans nos maux nous l’oublions. Car qui sommes-nous, nous les pauvres hères malvoyants, sourds et muets, face aux attaques de ces hordes affamées ? Ils ont su développer, au cours des époques, leurs capacités à nous diriger avec pugnacité dans le seul objectif de ne jamais changer, de ne jamais mourir… et nous ne sommes pas, pour le moment, suffisamment armés pour lutter avec acuité contre les « courants toxiques » mentaux qu’ils déversent sans vergogne dans nos cerveaux.

  

 

Sources, et origines détaillées des groupes noirs politico-économiques :

 

12- Selon un rapport publié le 12 février 2013 par Oxfam, les principales banques françaises possédaient en 2012 au moins 18 fonds leur permettant de spéculer pour plus de 2,5 milliards d'euros sur les marchés de matières premières. Sources : Rapport « Réforme bancaire : ces banques françaises qui spéculent sur la faim ». Article disponible : Cf. http://www.lafranceagricole.fr/


13- L’économie contributive met en évidence deux formes d’activités humaines : l’économie productive : celle où l’homme produit des biens et des services directement utiles à la société. On y trouve essentiellement des activités marchandes (commercialisées) et régaliennes (financées par l’impôt). L’économie contributive : celle où l’homme prépare l’avenir et gère le passé. On y trouve la vie associative, culturelle, spirituelle, politique, mais aussi toutes les activités liées à la vie de la famille et celles liées à l’innovation. Actuellement, cette facette de l’économie est mal irriguée financièrement. Or un État qui néglige son terreau social, culturel et prospectif dégénère et s’autodétruit. Propos de Bernard Stiegler - Cf. article http://lecercle.lesechos.fr/

 

14- Pour exemple : la notoirement connue « Société de Thulé » ou Ordre de Thulé (en allemand Thule-Gesellschaft) a été une société secrète allemande de Munich, qui à l'origine était un groupe d'études ethnologiques s'intéressant tout spécialement à l'Antiquité germanique et au pangermanisme aryen. Ses mythes racistes et occultistes inspirèrent le mysticisme nazi et l'idéologie nazie. Cf. http://fr.wikipedia.org/

 

Autre exemple: Les Skull and Bones(littéralement le Crâne et les Os) sont une fraternité de l'université Yale aux États-Unis. Ce groupe assez discret est aussi connu par les anglophones sous les noms « Chapter 322 » et « Brotherhood of Death » (« la fraternité de la mort »).

Dans son livre Le Pouvoir occulte américain, Anthony Sutton dénonce la capacité du S&B à établir des chaînes d’influences verticales et horizontales, ce qui permet d’assurer une continuité dans leur plan de domination de la politique.


     Ce qui frappe à la lecture de la liste des membres des Skull and Bones, c'est la présence quasi systématique des noms des familles américaines les plus prestigieuses. Lord, Whitney, Taft, Jay, Bundy, Harriman, Weyerhaeuser, Pinchot, Rockefeller, Goodyear, Sloane, Stimson, Phelps, Perkins, Pillsbury, Kellogg, Vanderbilt, Bush, Lovett et ainsi de suite. Les Skull and Bonessont tout simplement le club de l’élite, de la classe dirigeante, encore aujourd'hui, comme en témoigne la présence de George Walker Bush et de John Kerry, liés par conséquent par un « pacte secret ».

Cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Skull_and_bones

 

15- la mithridatisationconsiste à ingérer volontairement des doses croissantes d'un produit toxique afin d'acquérir une insensibilité ou une résistance vis-à-vis de celui-ci.

 

 

Liens sécurisés vers l'ouvrage : www.boutique.franceregion.fr ou www.amazon.fr

 
Envoyer votre demande à l'éditeur : bereny@anaproductions.com

Demande de dédicace de l'auteur : cabinet.psychanalyse@orange.fr

 

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Trommenschlager Franck et Editions du pont de l'Europe - Tous Droits Réservés ©2014. Droits sur l'ouvrage : « Je n'est pas un autre. Ou comment reconquerir sa beauté intérieure ». Oeuvre déposée et protégée en date du 23 août 2013.

Numéro ISBN 978-2-36851-028-5.
La loi apporte sa protection à toute oeuvre sans distinction du genre, de la forme d'expression, du mérite ou destination (art L. 112-1 CPI). Aucune reproduction, même partielle, autre que celles prévues à l'article L 122-5 du code de la propriété intellectuelle, ne peut être faite de ce site sans l'autorisation expresse de l'auteur.

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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 09:42

" Rien de pire pour un enfant que de naître et vivre dans un environnement mentalement perverti par ses parents ". Yvonne Poncet-Bonissol nous fait part du vécu de ces enfants, de leurs histoires, afin d'éviter les risques de reproduction. Voici décrit leurs souffrances, suivi de l'apport inédit des techniques psychologiques les plus efficaces pour remédier à cet esclavagisme aux multiples visages.

 

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Une famille formidable

Toute la difficulté pour l’enfant confronté à un parent pervers narcissique réside dans un paradoxe : sa souffrance est d’autant plus gigantesque que tous les signes extérieurs de son développement, ainsi que ceux relatifs à son milieu familial, non seulement ne laissent transparaître aucune faille, aucune souffrance, mais renverraient même l’image d’une famille quasi parfaite, dans laquelle l’enfant se développe et grandit dans l’harmonie sans jamais poser de problème.

 
Par conséquent, cet enfant n’a aucun moyen direct de crier son malaise, aucune accroche possible dans cette illusion d’harmonie et cette réalité factice, aucune place pour une quelconque révolte : le piège est bien ficelé, l’image renvoyée est lisse, socialement correcte. C’est un peu comme avoir un revolver braqué dans le dos et être obligé de faire bonne figure pour ne pas que celui qui le pointe tire. Ne surtout pas attirer l’attention sur la face cachée de la réalité.

Seul au monde

« le sentiment dominant, de loin, chez cet enfant, est celui d’un isolement profond et d’une immense solitude », précise la spécialiste Catherine Salobir. D’abord parce qu’il n’existe entre son parent pervers narcissique et lui aucune transmission, quelle qu’elle soit. Rien ne lui est dit, rien ne lui est jamais raconté, ou alors, bien « enrobé » et « lissé ». Il prendra conscience, au fil des années, qu’il y a des trous dans son histoire, parce qu’il n’y a jamais eu de véritable récit à ce sujet. Les bribes d’information que l’enfant finira par obtenir ne seront que celles qu’il aura pu glaner de ci de là, au fil des conversations dont il aura été le témoin avec certains proches de la famille, ou de recoupements que lui seul sera parvenu à établir. Le pervers narcissique ne se dévoile pas, il ne livre rien. Ainsi, tant sur le plan de son histoire personnelle que sur celui des connaissances générales, l’enfant comprend très tôt qu’il doit tout découvrir et apprendre par lui-même. Il sait qu’il devra grandir seul, ce qu’il aura beaucoup de mal à pardonner.

 
L’enfant a par conséquent du mal à se situer dans son histoire, à trouver sa place, comme si le lien de la filiation n’existait finalement que sur les registres d’état civil. C’est là encore un paradoxe : son parent est bien vivant, mais en réalité, l’enfant se sent orphelin, à ceci près qu’il n’a aucune chance d’être adopté, ce à quoi il pense d’ailleurs parfois car cela signifierait enfin avoir un parent, c'est-à-dire quelqu’un qui sait que l’essentiel est dans le don et l’échange, quelqu’un qui « sait vivre ».

 
Le pervers narcissique vit avec son enfant, mais séparément ; ils ne partagent rien. Sécheresse absolue. Un gouffre infini les sépare. Le parent ne sait pas ouvrir les portes de son cœur, symboliquement tenir chaud et envelopper. C’est un langage qu’il ignore complètement et dont il ne veut rien entendre, préférant se réfugier dans une intellectualisation quasi systématique des évènements de la vie, qui lui permet habilement, (car il s’agit en général d’un être brillant), de ne pas aborder les sujets sensibles tout en jouissant d’un pouvoir de fascination sur son entourage, qui se laisse, hélas, berner.

 
De cette mascarade, l’enfant est témoin, mais il a appris à dissimuler sa nausée et son chagrin. Sa plaie est à l’intérieur, comme sa solitude. Que son parent soit donc rassuré, pour l’heure tout semble – désespérément – normal.

 
Le pervers narcissique ne présente son enfant aux autres qu’à travers son propre narcissisme, ce qui le valorise aussi. De fait, l’extérieur ne perçoit cet enfant qu’à travers la description qu’il lui en fait, et le méconnaît. Une fois encore, nous sommes dans le domaine de l’image, de l’apparence. L’enfant expérimente la solitude qu’il y a à ne pas être reconnu et compris, à peaufiner l’image du foyer parfait, comme un accessoire dernier cri qu’il est de bon ton d’afficher.

 
Il arrive néanmoins que certaines personnes proches de l’entourage familial parviennent à saisir quelque chose de cet enfant : capables d’une réelle écoute et de se faire leur propre idée sur lui, sans être influencés par le discours ambiant des parents, ils établissent avec lui une relation sincère et vraie, simplement parce qu’ils le regardent, lui.

 
Cette situation nouvelle procure à l’enfant un profond bien-être, même si, dans le même temps, cela ne fait qu’intensifier sa souffrance de réaliser que ses proches sont incapables de saisir au quotidien ce que d’autres, plus éloignés et plus anonymes, ont su percevoir.

 
Un dernier aspect du sentiment d’isolement est directement lié à l’autre parent, le conjoint sur lequel le pervers narcissique exerce une emprise considérable, pris dans une relation de soumission, avalé par celui qui organise et centre chaque instant de la vie autour de lui, devant abandonner presque totalement son rôle de parent pour se dévouer exclusivement à celui d’époux ou d’épouse. L’enfant est doublement orphelin de ses parents : il réalise l’impensable, il lui faut faire son deuil et surmonter l’anachronisme qu’il y a à vivre avec ceux qui sont déjà morts, qu’il doit déjà « enterrer ».

Qui suis-je ?

L’affirmation de soi est également très délicate pour l’enfant : n’ayant pas de place réelle, il a beaucoup de mal à se manifester autrement qu’à travers ce qu’il a compris de ce qu’il devait être. Il ne réclame jamais grand-chose, n’est quasiment jamais demandeur. Il sait qu’il doit se glisser dans le costume tristement étroit qu’on a confectionné pour lui, sinon il deviendra un étranger. Il n’y a pas d’espace pour la contestation, qui serait immédiatement étouffée et violemment réprimée. L’enfant perçoit très tôt, dans ce simulacre d’équilibre, l’intolérance de son parent à toute forme de différence, à tout ce qui ne lui ressemble pas. La singularité est taboue.

 
La discrète mais réelle dictature ambiante ne laisse évidemment pas de place à la discussion, à l’échange de points de vue différents, puisque rien ne doit risquer de menacer l’ordre établi et le sentiment de toute puissance que le pervers narcissique défend envers et contre tout. L’enfant sait que c’est ailleurs qu’il pourra vivre libre, qu’il doit pour l’instant se taire s’il ne veut pas être rejeté ou risquer de confronter son parent à son propre néant. Il ne s’oppose pas de front au pervers narcissique, il se réfugie souvent dans le silence, ce qui lui vaut alors d’être défini comme un enfant sage et bien élevé, un enfant modèle qui vient redorer bien malgré lui le blason du narcissisme du parent, qui, incapable de la moindre empathie, à aucun moment ne réalise l’artificiel de cette attitude.

 
Ce silence imposé verrouille chez l’enfant toute verbalisation des sentiments et des affects. La parole avec le pervers narcissique ne s’articule qu’autour de discussions où les émotions ne transparaissent jamais parce qu’elles sont dangereuses pour lui, risqueraient de l’affaiblir, de le rendre vulnérable et de lui faire perdre son pouvoir. Son discours, souvent empreint d’une culture à vertu protectrice, est toujours sérieux ». Sa parole, sa pensée, doit occuper tout l’espace, tant celui des autres que celui de leurs émotions. Ici, on ne s’épanche pas, on raisonne. Ici, on ne vit pas, on est mort.

Une île au milieu des gens

Le fardeau que supporte l’enfant du pervers narcissique a un impact sur ses relations avec le monde extérieur.
Sur le plan relationnel, l’enfant dans sa famille témoigne d’une raideur forte vis-à-vis du contact physique. Les rares étreintes avec le parent ne sont pas chaleureuses, comme si l’enfant se préservait de manière inconsciente, d’une dangereuse contamination. Au quotidien, ce contact physique se réduit au strict minimum, comme s’il fallait mettre le plus de distance entre la vie et la mort. Il faut dire que le parent narcissique n’est pas lui non plus enclin au contact physique.

 
Sur le plan social, il ne sera pas facile à l’enfant de nouer des contacts avec les autres. D’avoir vécu auprès d’un parent intolérant à toute différence, systématiquement dans le jugement et préoccupé par l’apparence lui aura rendu difficile toute spontanéité et toute intégration dans un groupe : du temps lui sera nécessaire.
 
L’enfant du pervers narcissique, qui a appris à survivre à la tragédie des faux-semblants, a toujours eu en lui la connaissance intuitive et très précoce qu’il échapperait au piège de son parent et qu’il trouverait, dehors, la terre qu’il devait conquérir pour vivre libre (sauf si les manipulations font apparaître le monde extérieur comme dangereux, auquel cas il sera pris dans un filet de contradictions inconscientes plutôt paralysant).
Plus âgé, il « sait » qu’il est un rescapé, qu’il est passé à côté de ce qui aurait pu l’enterrer vivant, le rendre taciturne ou pire. C’est pourquoi il a parfois la rage de vivre chevillée à l’âme, la rage d’exister, de dire, de se dire, et surtout de partager, de transmettre. Dans ce duel ultra sophistiqué, le pervers narcissique n’est pas parvenu à mettre la voix de son enfant en échec, ni sa richesse, ni sa chaleur.

 
L’immense solitude dans laquelle il l’aura fait vivre pendant des années aura fait naître un sentiment de force et d’indépendance, même s’il met du temps à se révéler. Il a grandi seul, est devenu fort et avide de liberté, lui qui a connu la prison. Il saura jouir de la vie d’une manière qui déplaira certainement à son parent, confronté à son propre vide et à son affligeante inconsistance. Tel est le destin d’un enfant parvenu à faire de sa souffrance l’œuvre d’art de sa vie.

 
Cependant, les enfants n’ont pas tous, face au drame d’avoir un parent pervers narcissique, ce potentiel de lutte et de survie. Pour la majorité d’entre eux, certains symptomes empreints de souffrance s’expriment très tôt : agressivité, terreurs nocturnes, troubles alimentaires, psychosomatisations, allergies… Toutes ces manifestations expriment une soif d’être aimé, regardé et entendu. Tyrannique, coléreux, agressif… Non, il n’est pas caractériel. Mais en révolte.

 
 Dans la constellation familiale du pervers narcissique, on constate que l’enfant est très tôt désigné comme l’héritier du parent pervers. C’est celui qui, généralement, est le préféré de ce dernier, comme s’il avait reconnu d’emblée celui qui serait digne de lui « succéder ». Alors peu à peu, une toile d’araignée perverse se tisse.

 

Extrait du livre : "pour en finir avec les tyrans et les pervers dans la famille", d' Yvonne Poncet-Bonissol.  

 

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Des solutions tangibles face aux pervers

 

Sachant que le pervers narcissique ne considère pas qu'il a un problème, les thérapies n'ont pas prises sur lui.
Il est extrêmement rare qu'il change ou veuille changer d'attitude ou de valeurs morales.

 
Donc il ne reste que trois solutions :

 
1 - rester et accepter la domination, en ayant conscience d'aller vers sa propre destruction ;
2 - partir et se libérer. C'est une solution très difficile car elle se fait dans la douleur et la culpabilité.
A noter : le pervers n'abandonne jamais sa victime sans réagir. Cependant, cette solution semble la plus raisonnable.

 

3 - Une troisième et dernière solution nous vient de Chine... Utilisée traditionnellement dans les arts et techniques de soi, elle peut également se configurer comme une technique mentale à part entière. Elle se nomme singulièrement "Le miroir aux scorpions".

 

La technique consiste à absorber et à reproduire par l'observation les comportements du manipulateur (son venin psychique), dans le seul but de les retourner contre l'agresseur. Ce modus-operandi est dangereux et profondément destructeur. "Il demande une très haute maîtrise de soi", car le processus de mithridatisation implique un empoisonnement volontaire de sa psyché ! Le praticien de cette formule devient en partie et dans ses actes le pervers qu'il rejette. De là, la frontière qui mène à la haine n'est jamais bien loin... et il est très aisé de perdre sa conscience et ses valeurs pour sombrer dans une vie linéaire centrée sur la vengeance, pour finalement devenir soi-même un pervers.

 

Pour celui qui parvient à dissocier les techniques manipulatoires de la psyché pathogène, les possibilités de neutralisation du pervers sont nombreuses:

 

- Il devient possible de neutraliser les réseaux entretenus par le pervers en injectant le doute et la suspicion dans les relations qu'il entretient.

 

- Le pervers et par nature un tantinet paranoïaque. Il est donc possible d'augmenter le niveau de paranoïa en jouant sur les peurs du susdit pervers. Peurs qui devront être identifiées au préalable par la victime qui souhaite reconquérir sa liberté.

 

- Le pervers craint par dessus tout le silence et le calme, il a besoin de mouvements et de pensées pour entretenir une emprise lui permettant de nourrir son narcissisme. Pensez à laisser des longs silences suspects dans vos conversations, vous déclencherez ainsi un effet miroir qui laissera le pervers sans armes psychologiques.

 

- Le pervers craint l'isolement, cette situation le prive de sa capacité à vampiriser autrui et à s'en nourrir. Une fois le doute semer dans les relations, créez du vide autour du pervers... Dans le meilleur des cas, il se décomposera dans la douleur de sa propre folie ; dans le pire des cas, il deviendra très agressif (violences possibles).

 

- Soyez toujours extrêmement vigilants car le manipulateur peut à tout moment se retourner subtilement ou frontalement contre vous. La discrétion est de rigueur avec l'usage de cette technique orientale.

- Quand vous aurez parachevé le travail de sape autour du pervers, il vous suffit alors de l'abandonner pour signer sa destruction ! Dans un état de décrépitude avancée et de solitude profonde, sans capacité de parasiter la substance vitale d'autrui, il s'autodétruira seul... ou entre pervers (ils ont l'art de s'agresser entre eux !).

 

Dans tous les cas, Il est formellement interdit d'user de ces concepts contre des victimes innocentes ou pour satisfaire sa propre paranoïa... de même dans l'environnement du travail. Veillez à vérifier que l'opposant potentiel soit bien un pervers narcissique. Si vous faites erreur, vous contribuez en toute conscience à la laideur du monde... ce qui est intolérable. Si toutefois vous occultez cet avertissement, ne soyez pas étonné de finir comme eux : c'est à dire devenir un prolétaire de l'esprit, un pauvre parmi les pauvres, abandonné de tous.

 

Deux autres liens utiles:

 

http://www.psy-luxeuil.fr/article-processus-d-emprise-psychique-67981318.html

 

http://www.psy-luxeuil.fr/article-psychologie-de-la-femme-serpent-ou-l-envers-de-la-perspicacite-100632781.html

 

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Trommenschlager Franck Tous Droits Réservés ©2014. Droits sur le texte : « Des solutions tangibles face aux pervers ». Texte rédigé le 17 Janvier 2014.
La loi apporte sa protection à toute oeuvre sans distinction du genre, de la forme d'expression, du mérite ou destination (art L. 112-1 CPI). Aucune reproduction, même partielle, autre que celles prévues à l'article L 122-5 du code de la propriété intellectuelle, ne peut être faite de ce site sans l'autorisation expresse de l'auteur.
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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 09:50

-UN ENTRETIEN AVEC BERNARD STIEGLER, PHILOSOPHE- 

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"Le triste constat d'une société mentalement appauvrie"

 

« L’infantilisation des adultes, la puérilisation des enfants, la destruction des rapports de générations, tout cela revient à réfléchir au pouvoir immense du marketing sur une société devenue un troupeau de consommateurs. Permettez-moi un détour… Le capitalisme a muté au début du vingtième siècle, avec le fordisme. Nous sommes alors sortis de l’époque productiviste du capitalisme, celle de la révolution industrielle de la fin du XIXe siècle et début du XXe siécle qui a transformé nos vies – des chemins de fer à l’électricité alimentant l’usine et les nouvelles concentrations urbaines. Ce capitalisme a transformé les ouvriers, les artisans, les paysans en prolétaires. Grâce aux avancées techniques, aux nouvelles machines, la productivité s’est trouvée multipliée par dix, cent, parfois par mille… Ces énormes gains de production ont assuré la prospérité de la la petite bourgeoisie intellectuelle, de la moyenne bourgeoisie des entrepreneurs et des commerçants, et de la grande bourgeoisie industrielle, de la finance et du capital. Henri Ford invente la voiture bon marché et le consommateur Au début du siècle, de nouvelles méthodes de travail vont être expérimentées pour accroître encore la productivité. C’est d’abord le taylorisme, imaginée par l'ingénieur américain Frederick Winslow Taylor (1856-1915). On cherche à organiser scientifiquement le travail, « The One Best Way », la meilleure façon de produire, le rendement maximum grâce à l'analyse des techniques de production (gestes, cadences). C’est aussi le passage du salaire à la tâche au salaire à l'heure. La méthode de Taylor prouvera son efficacité dans la sidérurgie, qu’il formalisa en 1911 dans « Les principes du management scientifique ». C’est alors que Henri Ford, fondateur de la Ford Motor Company, apparaît. Pour produire la fameuse Ford T, il va encore perfectionner le travail à la chaîne - que Charlot met en scène dans les « Temps modernes ». En même temps, il se dit : On peut encore augmenter considérablement la productivité. Pour cela, il faut inventer une nouvelle logique de distribution et de vente. En conséquence, il installe des concessionnaires Ford dans le monde entier, vend des voitures par centaines de milliers. Il développe encore l’idée que le peuple doit consommer, profiter des nouvelles inventions techniques - c’est selon lui la seule façon de développer l’industrie, mais aussi la bonne manière d’obtenir la paix sociale et civile. Ce faisant, il invente le concept de « consommateur ».

 

Conférence Isègoria management : Bernard Stiegler parle du "vivre ensemble" et des dérives sociétales.

 

 

Qu’est-ce qu’un consommateur ? C’est un producteur, un ouvrier qui se définit non seulement comme une source de travail, mais aussi comme un pouvoir d’achat. L’ouvrier doit être capable d’acheter ce qu’il produit, rouler en voiture pour commencer, comme hier les riches. Autrement dit, Henri Ford élargit l’assiette des marchés des biens industriels produits par le capitalisme. Il pose un principe : n’importe qui doit pouvoir acheter - consommer. Pour cela, il pratique une politique de salaires élevés et lance des lignes de voitures bon marché, produites à coût très bas, par un travail très séquencé – le fameux « travail en miettes ». Ce n’est pas par philanthropie. Henri Ford a compris, de manière empirique, que s’il ne mène pas ces actions conjointes, il va se retrouver - comme le prédisait Marx - avec une surproduction considérable, ce qui bloquera la croissance capitaliste. Cette stratégie va se révéler plus que payante : elle va être à l’origine de ce qu’on appelle le mode de vie américain, l’American way of life. Une production de masse pour une consommation de masse. Edward Louis Bernays invente la « propaganda » et comment manipuler l’inconscient Ce faisant, l’industrie américaine commence d’étudier comment influencer et contrôler les comportements de ces nouveaux « consommateurs ».

 

Dans les années 1920-1930, Edward Louis Bernays, met au point les premières méthodes de « relations publiques » - le futur marketing autant que la « progaganda », titre de son ouvrage de 1928 - pour le cigarettier Philip Morris, qui va accrocher au tabac, avec les dégats de santé que l'on sait, des millions de gens à travers le monde. Utilisant les analyses venues de Gustave Le Bon sur la psychologie des foules, et les travaux de Sigmund Freud, il affirme que la foule ne pense pas, soumise à des pulsions et des effets collectifs – celés dans le Ça. Il faut donc moins la convaincre que la manipuler par des actions symboliques capables d’atteindre son inconscient. Ainsi, Bernays a distillé des symboles phalliques dans les publicités pour le tabac, ou encore organisé des défilés de « fumeuses » très chic et « libérées », « Les torches de la liberté », pour convaincre les femmes de fumer en public. Bernays a encore travaillé en politique. Il a inventé le « petit déjeuner » du président avec des people, pour le rendre sympathique, ou encore promu l’entrée en guerre des Etats Unis en 1918, contre l’opinion publique américaine. Ses thèses sur la façon de s’adresser à l’inconscient public seront reprises dans les années 1950 par Louis Cheskin et Ernest Dichter, l’auteur de « La stratégie du désir. Une philosophie de la vente » » (préfacée par le publicitaire Marcel Bleustein-Blanchet, fondateur de Publicis). Ce sont les pères des « études de motivation », qui reprennent à leur compte toute la théorie de l’appareil psychique de Freud, en vue de s’adresser au désir du consommateur : exciter le Ça, convaincre par là le moi, flatter les tendances régressives du surmoi, bref travailler sur l’ensemble de l’appareil psychique par les affiches de rue, les slogans, la radio, les pages des magazines, l’événementiel, les plaquettes, les tracts. Nous entrons véritablement dans l’ère du « marketing psychologique ».

 

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LE PSYCHOPOUVOIR

  

De fait, après Henri Ford, la grande industrie a systématisé sa logique commerciale et capitalistique, comme sa recherche de profits maximisés. Dès 1937, un grand « pavillon de la publicité » fait sensation à l’Exposition Universelle de Paris, où on vante le métier de « publicitaire » et parle de « consommation » et de « motivation de la consommation ». Pendant la guerre, les Américains mettent en place une task force, regroupant cybernéticiens, psychologues et psychanalystes pour mieux convaincre les soldats d’aller combattre, et de bombarder une Allemagne protégée par des tirs aériens nourris. Ces stratégies, n’oublions pas, ont beaucoup joué par la suite dans l’élaboration de ce qu’on a appelé ensuite aux Etats-Unis le « soft power », c’est-à-dire la bonne manière de parler à la population, de développer et pacifier le pays sans contraindre la population – plutôt en construisant ses désirs. Pour cela, tous les gouvernements vont promouvoir l’American Way of life, présenté comme le summum de la bonne vie possible – jusqu’au jour où la dure réalité rattrape le rêve, comme nous l’avons vu pendant les cracks des années 1990, et aujourd’hui, avec la crise générale. Le « soft power », l’épopée de l’Américan way of life s’est beaucoup traduit dans la vie quotidienne par le pouvoir de conviction du marketing et de la publicité en faveur de la consommation. Depuis les années 1950, la grande industrie a véritablement aiguisé sa science du marketing, cherchant toutes les manières pour induire chez le consommateur, artificiellement, des désirs et des comportements qui le transforment en acheteur. Quand elle investit un milliard de dollars sur un produit, elle ajoute 10%, cent millions, pour sa publicité. Aujourd’hui ces recherches continuent, de plus en plus sophistiquées, comme par exemple le « neuromarketing » : il vise à identifier les zones du cerveau responsables de la sécrétion d’hormones, afin de vérifier si l’imagerie publicitaire les active. On fait appel pour cela à l’imagerie cérébrale pour savoir si l’hypothalamus a été excité ou non. On cherche encore à déclencher des réflexes conditionnés en s’appuyant sur des symboles référentiels de la « culture teenager », « people » ou bien « ethnique ». Le psychopouvoir entre à la maison Cette stratégie de création de désirs et de contrôle des comportements, je l’appelle le « psychopouvoir ».

  

Si, classiquement, on appelle avec Michel Foucault le contrôle de la production - du travail, des gestes en miettes, de la fatigue, de l’organisation du temps - le « biopouvoir », le contrôle de la consommation relève du « psychopouvoir ». La consommation devient l’espace du contrôle de la volition : de la volonté, de la motivation, des désirs conscients et inconscients. Aujourd’hui, le grand vecteur de tout cette stratégie est bien sûr la télévision. Avec elle, nous entrons dans la diffusion de masse, la captation de masse. La télévision c’est le truc qui tue, si je puis dire, la killer application. Avec elle, le psychopouvoir industriel va entrer tout à coup dans des millions de foyers. Elle va devenir un nouveau membre de la famille, agrandir le cercle – jusqu’à peu à peu se substituer à la structure familiale. Ce n’est pas un hasard si Ray Bradbury, dans Farhenheit 451, publié en 1953, montre une télévision du futur qui s’appelle « La Famille ». De fait, vingt ans plus tard, des théories apparaissent qui étudient comment catégoriser les programmes et la publicité par « tranche d’âge », comment s’adresser à chacune d’entre elles selon leurs centres d’intérêts, leurs occupations récurrentes, leurs désirs de vie, leur vie sexuelle – bref, toute la famille. Donc, si je suis un groupe international qui vend de l’assurance, de l’automobile, du voyage ou des jouets, je peux grâce à ces études tenter de capter l’attention de tous. Si je suis un groupe diversifié, je vais vouloir capter quelqu’un pour la vie, depuis l’enfance !

  

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LA TELEVISION DEVIENT LA FAMILLE

  

C’est comme au jeu des 7 familles, je séduit le fils, le père, la grand-mère, et transmet le message de génération en génération. Ce faisant, truffée de messages publicitaires, la télévision, progressivement, détourne les processus d’identification des enfants à leurs parents vers l’invité permanent, le troisième membre de la famille, la télévision et ses programmes, ses publicités. Bientôt, progressivement, les parents se retrouvent court-circuités par des films, des spots, des personnages, des musiques, des appels pressants, tout une culture publicitaire, et ils n’existent plus véritablement comme les modèles dominants de la cellule familiale. De plus, ils deviennent eux-mêmes des téléspectateurs - 4h30 par jour en moyenne en France - ils se retrouvent captés par les images et les appels à leurs propres désirs, comme leurs enfants, ils se retrouvent comme eux captés, isolés. Si bien qu’au final, la télévision est bien devenue « La Famille » : elle l’a remplacé, elle lui a substitué ses valeurs, ses jeux, ses joies, ses contradictions. Elle a délité les échanges entre les générations. Selon la Kayser Family Foundation, les adolescents américains passent 6 h 30 par jour devant la télévision – captivés et capturés Avant cinq ans imprimer la compulsion d’achat.

 

Depuis une dizaine d’années, les spécialistes du marketing et des programmes se demandent comment faire pour que les enfants s’identifient à leurs programmes et leurs spots plutôt qu’aux projets de leurs parents. Bien sûr, ils ne le disent pas comme ça, ils parlent de programme éducatif, ou de publicités créatives, mais l’enjeu est là. Pourquoi faudrait-il que les enfants vivent une telle identification si tôt, très jeunes, si possibles avant cinq ans ? D’abord, à cause du caractère indélébile de l’impact produit à cet âge, qui va permettre de produire le plus tôt possible cette « fidélisation » des consommateurs dont parle beaucoup Jeremy Rifkin dans « L’Âge de l’accès ». Une mise en condition qui conduit à évaluer ce qu’on appelle la « Lifetime value », selon la théorie marketing modélisant le pouvoir d’achat d’un individu influencé toute sa vie par la publicité. Pour y parvenir, les chercheurs du marketing se sont appuyés sur les travaux de Freud concernant les « processus d’identification primaire ». Selon le père de la psychanalyse, sans cette première identification presque toujours faite en miroir des parents et des proches, l’appareil psychique infantile ne se forme pas pleinement, l’enfant ne devient pas un être raisonnable et construit : il tourne « fou » si vous voulez. Ces processus d’identification primaires sont primordiaux pour qu’un enfant se socialise, acquière un surmoi c’est-à-dire un sens moral – et toute cette base psychique qui se produit avant l’âge de cinq ans, s’enfouit dans l’inconscient. Ensuite, elle est acquise, l’adolescent ne s’en rend plus compte, mais elle le pilote dans la vie par rapport à ce que Freud appelle les « identifications secondaires ».

 

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LE SURMOI CEDE AU PULSIONNEL

  

Quand l’enfant devient adolescent puis adulte, il s’identifie alors à des gens qui ne sont plus ses parents. C’est ainsi qu’on coupe le cordon, on s’identifie à une rock star, un joueur de foot, à Arthur Rimbaud ou Marylin, à je ne sais qui … On admire, on aime des personnages, des vies, des figures qui vont nous aider à constituer notre personnalité. C’est ce que Freud appelle la segmentation du Moi, une structure en couches constituée par la succession des modèles auxquels nous nous sommes identifiés. Bien sûr, au cours de cette constitution, on est confronté régulièrement à des contradictions internes. Par exemple, adolescent, on va s’identifier difficilement à quelqu’un qui contredit nos principes religieux, ou certaines traditions familiales, ou à certaines règles apprises à l’école, si on en a. C’est dans ces moments, explique Freud, que les processus d’identification primaire nous servent d’arbitre dans nos conflits entre nos identifications secondaires. On comprend bien que si avant cinq ans, la télévision remplace la famille, si elle contribue largement à la mise en place des identifications primaires – à des personnages publicitaires, des slogans, à une imagerie, des valeurs de consommation, une simplicité de comportement, etc -, ses programmes et son marketing vont jouer un rôle primordial dans la formation de la personnalité.

 

C’est là qu’interviennent les actuelles chaînes de télévision pour enfants de moins de trois ans, lancées depuis quelques années dans le monde entier. La télé devient Papa-Maman J’ai été à l’origine, avec un groupe de pédopsychiatres, du mouvement contre ces « télévisions pour les bébés ». Une étude de la CNAF en France (allocations familiales) a montré que les enfants exposés précocement aux écrans éprouvent des difficultés à faire des études supérieures. En développant ces télévisions, qui se présentent toutes comme « éducatives », le marketing des chaînes voudrait remplacer l’éducation parentale par celle de la télévision. Ainsi ils inventent des émissions, des jeux, des modes qui rivalisent avec les parents, les court-circuitent. Ces télévisions remplacent aussi la nounou, le grand parent, la sœur, la mère qui pourrait les garder. Elle supplante des personnes vivantes avec qui interagir, échanger, se former, développer une relation passionnelle riche. Il en résulte la destruction des relations intergénérationnelles et de l’activité psychique – sans l’autre, comment se développer ? Ce renversement des relations de décision diminue l’influence de la famille, des professeurs, tout le domaine de la vie adulte, des valeurs complexes et de l’autorité – ce que Freud appelle le « surmoi ». Or un enfant sans surmoi, sans référence, obéit à ses pulsions. Il devient un consommateur pulsionnel, un spectateur traversé d’images. C’est le but recherché. Former des individus infantilisés, gaves d’images et pulsionnels.

 

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À BAS LES VIEUX, VIVE LE COOL

  

Pensez que les chaînes de télévisions pour bébé proposent des émissions pour endormir les petits, conseillant même de mettre devant ceux qui font des mauvais rêves. Quand un enfant fait un cauchemar, il est important de le faire parler, l’écouter. Le mettre devant une télévision pour apaiser ses peurs, c’est le rendre muet. Il va enfouir le cauchemar. C’est ainsi que se fabrique les psychotiques. Les psychiatres disent qu’ils traitent désormais de nombreux enfants psychotiques, plus que des névrosés. La névrose est un problème de surmoi. Une chercheuse américaine de Los Angeles, Katherine Hayles, a mis en place des procédures d’analyses des capacités intellectuelles de ses étudiants, dans une très bonne université. Elle a constaté qu’ils n’étaient plus capables de se concentrer sur un texte pendant plus d’une demi-heure. Elle est arrivée à considérer que leurs cerveaux n’étaient plus habitués à fournir un effort prolongé de concentration, à force de faire des jeux vidéos, suivre plusieurs médias en même temps, le Net, la radio, la télé, parfois sur un seul écran d’ordinateur. L’étude révèle que les étudiants échouaient à soutenir le type d’attention propre à l’adulte de la génération précédente, c’est-à-dire l’attention profonde, la capacité à se concentrer sur un travail, à écouter quelqu’un parler longtemps, à prendre le temps de réfléchir – et donc de devenir quelqu’un de sensé, de responsable : un être majeur. Les enfants prescripteurs des parents En captant l’attention des enfants dès le plus jeune âge, les experts du marketing comptent sur leur pouvoir prescripteur auprès des parents. Le meilleur moyen de faire acheter un parent hésitant, c’est de convaincre ses enfants en jouant sur le conflit des générations.

 

Voyez toutes ces publicités qui exaltent les valeurs jeunes, fraîches, pulsionnelles, contre celle des vieux – qui ne sont pas « cool », ne comprennent rien, n’ont plus d’enthousiasme, etc. C’est là toute la politique des marques, des marchands de jouets qui inondent les chaînes pour enfants et ados. Ils jouent sur le conflit générationnel, mais surtout, ils anéantissent la différence intergénérationnelle. Une étude de marketing se félicitait récemment que 61% des actes d’achat des adultes étaient prescrits par les enfants. Vous comprendrez alors pourquoi les enfants sont des cibles fondamentales. On dévalorise les parents, on ridiculise leurs problèmes et leurs ennuis d’adulte, on se moque de leur autorité et de la nécessité qu’ils ont de dire “non” à tous les désirs des enfants - entre autres, ses désirs de consommation. Quand un parent ne sait plus dire « non » à ses enfants, ou encore quand il copie ses valeurs pour faire jeune et demeurer en contact avec lui, il s’infantilise. D’ailleurs, les psychologues rappellent qu’il est bon que le père soit en conflit avec son fils, et que, dans une famille vivante, le grand-père soit là pour arbitrer le conflit. Le grand-père rappelle au père qu’il a été un fils, et montre au fils que son père a aussi été un adolescent en colère. Ainsi le conflit a des chances de se résoudre. À partir du moment où l’on détruit les différences intergénérationnelles, élimine les espaces de conflit, abolit les lieux de rencontre, remplace la vie de famille par le télévision, tout le monde y perd et s’infantilise. L’appareil psychique des enfants et des adolescents s’en trouve rétréci, comme celui des adultes.

 

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PLUS DE MAJEURS, PLUS DE MINEURS: TOUS CONSOMMATEURS !

 

Prenez la récente campagne de publicité lancée par la chaîne Canal J. Des affiches représentaient de jeunes enfants, en fait des préadolescents. On voyait un grand-père qui faisait l’idiot, tentait les amuser, et les gamins faisaient des têtes consternées. La légende de l’affiche disait : « Nos enfants valent mieux que ça. Canal J ». Autrement dit, il fallait que le père et le grand-père débarrassent le plancher. Le seul apport ludique, le seul échange drôle et intéressant, le seul prescripteur symbolique valable pour les enfants devient alors Canal J. La télé - entendez une série de programmes qui les enferment dans leur univers « jeune ». Le risque, c’est d’escamoter le dialogue intergénérationnel, l’échange contradictoire, le frottement des esprits – cet espace conflictuel et communautaire où s’élabore ce que Emmanuel Kant appelle « la majorité ». Plus de mineur, plus de majeur. Plus d’adulte, tous des enfants Il existe une relation étroite entre ce marketing qui abolit le dialogue intergénérationnel, puérilise les enfants, infantilise les adultes, et le fait qu’aujourd’hui, un peu partout dans le monde, on supprime l’excuse de minorité pour les individus mineurs qui commettent des actes criminels. C’est une décision très grave. On veut faire passer des enfants en cours d’Assise, les mettre en prison dès 12 ans, comme en Angleterre. Mais si la loi stipule que les mineurs n’ont plus droit à l’excuse de minorité, le droit à être des enfants avant de devenir des adultes responsables, cela signifie qu’ils ne sont plus des mineurs, mais des majeurs.

 

Or si les mineurs ne sont plus considérés comme des mineurs, en conséquence les majeurs ne sont plus majeurs eux-mêmes – c’est à dire adultes. On est majeur du fait de n’être pas mineur. Si on dilue la minorité d’un point de vue juridique, on dilue aussitôt la majorité, c’est-à-dire qu’on prive les parents de leur responsabilité d’adulte. Tout le monde devient adulte, ou tout le monde devient enfant ? Un enfant n’aurait plus la possibilité de devenir un adulte, de changer, d’évoluer ? Un adulte devrait être traité comme un enfant ? Le fait de rendre indifférentes minorité et majorité implique sur un plan pénal qu’il n’existe plus de différence entre les parents et les enfants. Cependant la question pénale est fondamentale, elle constitue l’horizon symbolique par excellence. C’est le droit. Le Surmoi. À travers le marketing et la liquidation du droit des mineurs, notre société conduit à la liquidation des différences entre les générations. Du coup il n’est pas surprenant de voir combien l’âge de l’enfance se prolonge, les adolescents restent chez leurs parents jusqu’à 30 ans, les parents eux-mêmes se mettent à jouer aux mêmes jeux que leurs enfants, à voir les mêmes films, à s’habiller comme eux – tandis que nous assistons à la liquidation d’une véritable culture adulte, élaborée, complexe, problématique, riche. Privés de leur pouvoir d’exercer leur pouvoir de parents par une culture « djeune » qui les ridiculisent, les adultes deviennent à leur tour de grands enfants.

 

 

Autre lien : http://www.psy-luxeuil.fr/article-les-7-techniques-d-asservissement-des-neoliberaux-124332160.html

Published by Trommenschlager.f-psychanalyste.over-blog.com - dans Dossier Perversion-manipulation
9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 07:43

Affable ou cassant, enrobant ou menaçant, allusif... Celui qui vous entortille a souvent des intentions malveillantes. Pas question de vous laisser faire ! Comment décoder et contrer ses manoeuvres ? Regards croisés d'Alex Mucchielli, fondateur d'Enov Formation et de Jean-Louis Muller, directeur chez Cegos. 

 

 

" Le manipulateur agit masqué. Il reste évasif, parle de façon détournée, abreuve ses demandes de commentaires hors sujet. Il use de propos tordus. Il joue sur les non-dits, l'implicite, pour laisser croire. Bref, il appuie sur des ressorts psychologiques efficaces. En général, face à un tel personnage, on se dit : " mais où veut-il en venir ? " Pour l'arrêter, il faut prendre du recul et mettre ces ressorts à jour. Leçons sur six procédés.  
 
1. Il bonimente. C'est le roi du bluff et de la mauvaise foi ! " Mais non, je n'ai jamais prétendu ça ". Ou " Mais où est-ce que tu vas chercher tout ça ? ". Et il vous met en porte à faux face à un subordonné ou un client.
Autre cas, il enjolive à l'extrême sa proposition, laisse entrevoir des bénéfices en or. " Cette mission en Roumanie est passionnante. Tu vas voir, l'usine est flambant neuve, les employés sont au top, l'hôtel est super !... Pour les moyens, on verra plus tard. " Il est flou. Il noie le poisson avec des superlatifs accrocheurs et des généralités pour vous vendre un job difficile.   
Riposte 1 : " Ah, tu me tues ! " (caustique!)  Riposte2 : " Je te remercie d'avoir pensé à moi. Mais j'ai besoin de précisions ! "   
 
2. Il flatte et étiquette. " Il n'y a que toi qui soit capable de démêler ce dossier avec le fournisseur. En plus tu t'en es déjà tiré avec brio l'autre fois. Et entre nous, les autres ne sont pas à la hauteur ! ". Votre chef vous caresse dans le sens du poil pour vous confier une tâche ingrate qui n'est pas de votre ressort. Il titille votre orgueil, votre fierté. Et use du procédé dit " l'étiquetage " très puissant en ce qu'il accentue un trait de caractère ou les valeurs d'un individu pour infléchir son comportement. L'étiquetage peut être positif : " Perfectionniste comme tu es, tu vas pouvoir peaufiner cette présentation. " Ou négatif : " Ah, mais ce n'est pas toi, ce travail là ? Il faut tout reprendre ! "   
Riposte 1: " Oui, je sais que vous m'appréciez. Mais, vu ma charge de travail, là je n'ai pas le temps.Riposte 2 : " Oui je vous remercie, mais.... Gérard n'est pas disponible, lui ? "   
 
3. Il crée la connivence. " On a bien galéré pour gagner ce contrat là. Tu te souviens ? Comment il s'appelait déjà le fort en gueule ! .... Dis donc, tu ne pourrais pas me remplacer sur ce rendez-vous client ? J'ai une urgence ". Et hop, vous êtes ferré. Votre pair joue sur l'affectif. Il déniche des points communs avec vous sur un vécu partagé lors de moments forts, ici des émotions positives. Ce principe de synchronisation avec l'autre est efficace. Il renforce la proximité et fait tomber les défenses. Méfiance.   
Riposte : " C'est vrai, nous avons été très proches, mais sur ce coup là, je ne peux vraiment pas t'aider. "   
 
4. Il cherche à culpabiliser. " Tu ne peux pas refuser ça à un vieux collègue ! ". Ou " Après tout ce que j'ai fait pour toi, tu me dois bien ça ! " Certes, Olivier vous a recommandé pour entrer dans la société, mais de là à vous le rappeler à chaque fois qu'il vous prie de permuter ses heures d'astreinte ou de lui laisser la priorité pour ses vacances... Il joue sur le principe de réciprocité, qui consiste à " renvoyer l'ascenseur ". Une technique efficace, car personne n'a envie de passer pour un ingrat. Mais il accorde à son coup de pouce initial une importance démesurée.
Second cas, le chef qui exhume un échec passé. " Rappelle-toi ton erreur de l'été dernier. Maintenant, il faut faire comme ceci. ". Il vous infantilise.   
Riposte 1: " OK, tu m'as rendu service, mais je te rappelle que je t'ai déjà dépanné trois fois. Et je ne vais pas t'être redevable à vie !Riposte 2 : " Oui, j'ai bien compris que j'avais raté cette affaire là, mais à présent j'ai été engagé sur ce projet ".   
 
5. Il menace à mots couverts. " Certains ont dit " non " à leurs risques et périls ". " J'en connais qui ne s'en sont jamais remis ". " J'ai le bras long ! ". Sous-entendu : ceux-là ne sont pas augmentés, sont placardisés, ou pire rétrogradés. Lorsqu'un supérieur ou un voisin de bureau, vous de vous lance de telles perfidies, c'est pour attiser vos peurs profondes. Peurs de donner une mauvaise image de soi, de ne pas être aimé, de ne pas être reconnu. Alors l'instinct de survie pousse à céder.  
Riposte : " Stop, je ne veux pas entrer dans ce type de relations ! "   
 
6. Il rabaisse et humilie. " Franchement, je suis déçu. J'avais fondé beaucoup d'espoir en vous. C'est au temps pour moi ! ". Comprendre : la promotion va vous passer sous le nez. Votre boss peut même insinuer par des phrases alambiquées que vous êtes bête. " Ne pensez-vous pas qu'il y avait une façon plus intelligente de convaincre nos visiteurs ? ". Une manière parmi mille autres d'enfoncer son interlocuteur dans un rôle de victime. Le pire c'est l'humiliation publique, en réunion ou au self devant témoins.   
Riposte 1 (Possible en public, ce qui permet de prendre de l'autorité sur l'assemblée pour avoir osé réagir) : " Quand du me dis ça, quel est ton objectif ? " ou " Tu veux m'humilier, c'est ça que tu veux ? " (zen) Riposte 2 : Ignorer et dire, au self, " Que prends-tu comme plat ? "
  
   

Quatre autres techniques pour réussir

 

  • Une poignée de main pour changer votre vie
En 2010 une étude commanditée par Chevrolet a démontré que 70% des gens manquent de confiance en eux quand ils serrent des mains, et 1 personne sur 5 ne veut même pas serrer une main par peur de faire un faux pas. Une autre étude a montré que nos poignées de main sont les mêmes quelle que soit l’époque (adolescence, vie adulte, retraite) et qu’il faut travailler pour en changer. Cette même étude montre que dans la vie professionnelle, les poignées de main fermes sont plus convaincantes que les molles. Chevrolet a même créé un manuel de la bonne poignée de main à destination de ses commerciaux. D’après William Beattie la poignée de main parfaite serait comme cela :
La main est droite, une poignée complète, une pression ferme, mais pas trop, la main positionnée à mi chemin entre vous et l’autre personne, une paume douce et sèche, environ trois mouvements, une vigueur moyenne, une durée inférieure à deux ou trois secondes, un regard soutenu et un sourire naturel.
Ajoutez à ça la parole qui va bien et vous êtes prêt pour vendre des voitures. Selon son créateur, cette technique augmenterait d’une vingtaine de pour cents vos chances de vendre, de vous faire bien voir, de plaire. Ce qui est sympa avec cette astuce c’est qu’au moment où vous maîtrisez « the perfect handshake » (la poignée de main parfaite) alors il n’y a, normalement, plus besoin de la travailler ! Elle est comme inscrite dans votre code génétique. Et tant que nous y sommes dans les études et juste pour le plaisir : un travail mené par Andrew Gallup a montré que le choix des partenaires sexuels des hommes avait un rapport avec la fermeté de leur poignée de main ! Le docteur Rachel Cooper lance l'hypothèse que les gens avec des poignées de main molles auraient une mortalité de 67% supérieure à ceux qui en ont des fermes.
 
  La poignée de main parfaite, guide ultime de la manipulation non-verbale
  • Miroir, mon beau miroir !
Inconsciemment notre corps s’adapte à l’environnement extérieur, c’est l’homéostasie. Mais il s’adapte aussi aux comportements des autres. Ce phénomène est appelé « effet caméléon », « synchronisation », ou encore « miroir ». Vous voulez un pourcentage approximatif ? Cette technique améliorerait les relations et la vente d’environ une dizaine de pourcents. D’ailleurs, on peut supposer qu’utilisée sur le long terme, cette astuce pourrait être de plus en plus efficace (sur une personne donnée). Exemple d’application : Si votre patron a l’habitude de faire bouger ses sourcils quand il parle, alors faites de même ! Adaptez vous, camouflez-vous. J’avoue, c’est dur de faire bouger ses sourcils en parlant tout en paraissant naturel, mais vous avez compris l’idée. Il existe des détails plus simples à copier qu’un tic au niveau des sourcils. Par exemple, essayez de calquer votre respiration sur celle de votre interlocuteur. Aussi, si la personne se gratte le bout du nez ou la joue, grattez-vous le bout du nez ou la joue. Si elle se baisse pour refaire ses lacets, baissez-vous pour une raison ou pour une autre. Vous n’êtes pas obligé de mimer ses gestes au même moment qu’elle. La synchronisation fonctionne toujours malgré un délai d’une dizaine de secondes (pas plus). Mise en garde : attention à ne pas devenir un clone ! Étrangement on se méfie des gens qui nous ressemblent trop. Vous avez tout de même le droit de copier quelques comportements mais ne devenez pas un pantin, conservez de votre gestuelle personnelle.
 
  • La synchronisation PNL, la manipulation effet miroir

Sensiblement identique à l’effet caméléon, l’effet perroquet est aussi une technique de « calquage de comportement » mais cette fois-ci avec la voix. En effet, nous avons tous des tics gestuels (non-verbaux) mais nous avons aussi des tics de langage. Faîtes comme pour l’effet caméléon ! Faites-vous plaisir à copier son niveau de langage, ses tics de langage, son débit, son volume etc. La plus grande difficulté que vous rencontrerez avec ces techniques de mimétisme, c’est de saisir les tics les plus importants et de mettre de côté les tics de moindre importance (c’est la même chose pour « l’effet caméléon »). Les serveurs dans les restaurants utilisent cette technique – parfois sans s’en rendre compte quand ils vous disent :
"Alors vous m’avez dit : salade de betteraves cuites et côtelettes de porc assaisonnées"
Ils répètent exactement ce que vous leur avez dit en vous citant. C’est une des techniques de l’effet perroquet. En général, on apprécie ce que l’on dit. Quand les autres nous citent, on apprécie d’autant plus.
 
  • La zone de confort, ou « distance sociale »
Vous avez sûrement déjà rencontré une personne qui vous met mal à l’aise simplement en vous parlant. Non pas à cause de son discours… mais c’est directement sa présence qui vous met mal à l’aise. En général vous ne la connaissez pas trop (et vous n’avez pas envie de la connaître plus) et elle vous rentre littéralement dedans. Autrement dit : elle s’approche trop près de vous et vous colle. Ces personnes pénètrent votre espace vital, votre intimité ! Votre bulle intérieure est quasi la même pour tout le monde et cette bulle évolue en fonction du degré d’attachement que vous avez avec les personnes, cela s’appelle aussi la proxémie. Si vous avez la chance d’avoir une copine ou un copain, eh bien, vous tenir tout près d’elle (ou de lui) ne vous dérangera pas. Mais si je remplace votre aimé par un étranger ? Ça devient tout de suite plus gênant n’est ce pas ? Alors prenez garde. Cette situation de gêne, vous pouvez la subir, mais aussi l’occasionner ! Pénétrer une sphère de confort « sans autorisation » n’est pas le meilleur moyen de se faire des amis. Voilà le schéma traditionnel des sphères sociales.
  • La zone intime = boyfriends, girlfriends, papa, maman, frère, sœur, ami(e)s très proches (et encore) ;
  • la zone personnelle = patrons, employés, collègues, amis ;
  • la zone sociale = inconnus.
Plus il y a d’émotions positives réciproques entre deux personnes, plus les sphères vont pouvoir être franchies. Cependant certaines relations, bien que très positives, ne verront apparaître aucun changement significatif dans les sphères. Vous avez peut-être déjà eu un(e) ami(e) proche qui vous paraissait improbable de toucher, de masser ou de prendre dans les bras.
 
Schéma des distances socialesSchéma des distances sociales
 
Il est important de bien considérer la zone de confort de votre interlocuteur. En séduction, vous devrez pénétrer intelligemment cette zone. Au travail, il est préférable de ne pas chercher à modifier les zones de confort.

 

Sources: Marie-Madeleine Sève pour www.lentreprise.lexpress.fr et Malo pour www.sixiemesens-lemag.fr

Published by Cabinet.psy70-Luxeuil.fr - dans Dossier Perversion-manipulation
17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 11:47

EXPLICATIONS ET MISE EN PRATIQUE DU PROCESSUS

 

 A voir également le dernier dossier et la vidéo du Nouvel Observateur ci-dessous. Lien: http://tempsreel.nouvelobs.com/pervers-narcissiques.html

 

  

1- Explications:

   

Le manipulateur (ou la manipulatrice) pervers narcissique mise tout sur le perfectionnisme, c'est à dire « l’aspect irréprochable » de sa personnalité sociale extérieure.

 

Il n'a pas de personnalité interne propre, il a appris durant toute sa vie à mettre en place des masques, en étudiant les personnes autour d'elle, en procédant par mimétisme.

Son objectif est d'utiliser les autres pour parvenir à ses fins.

Il a besoin de mettre en place des dépendances, et de les exploiter, dans la mesure où il identifie sa valeur à sa capacité de prise de pouvoir sur autrui.

 

Ce type d'individu masque, par un jeu de miroirs, un profond vide d'âme et un manque de capacités humaines. Il n'est capable de réellement ressentir que des émotions négatives, qu'il utilise comme moteur vital.

 

En l'état actuel, c'est insoignable au niveau psychiatrique.

  

-------------------

   

On rencontre souvent ces profils pernicieux aux plus haut niveaux des postes de pouvoir, toutes professions confondues. On les retrouve également dans des classes sociales plus modestes.

  

En général: plus la position sociale est élevée, plus le jeu d'emprise, de manipulation, de masquage de sa propre absence de personnalité (au bénéfice d'images sociales reluisantes) est sophistiqué... "et séduit les foules".

  

Dans la vie courante, ils sont virtuellement indétectables et ne peuvent être indentifiés que par les témoignages des victimes.

 

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2- La mise en pratique d'une emprise psychique évolue en 3 phases :

 

- La séduction

 

Durant cette phase, le prédateur se façonne un masque de perfection exactement adapté aux attentes de la personne visée, par mimétisme.

 

. Énonciation de principes moraux et de capacités empathiques

 

. Flatterie

 

. Admiration envers la victime

 

. Attentions, générosité: le but est de dire à la victime ce qu'elle a envie d'entendre

 

. Perfection dans l'apparence, le respect des règles

 

. Le prédateur bénéficie d'un fort charisme, qu'il met tout d'abord au service de la personne en la valorisant

 

. La victime est stupéfiée dans le sens positif, elle pense qu'elle a rencontré une personne hors du commun, qu'elle attendait depuis longtemps...

 

 

- L'emprise elle-même

 

Durant cette phase, le prédateur vérifie le lien de dépendance affective qu'il a réussi à mettre en œuvre.

 

. Communication paradoxale

 

. Exprimer tout et son contraire en fonction de l'opportunisme de la situation

 

. Création de situation de stress et d'instabilité émotionnels

 

. Mensonges : prêcher le faux pour savoir le vrai

 

. Attente du dernier moment pour agir ou refuser d'agir

 

. Actes inverses aux paroles

 

. Report de sa responsabilité sur l'autre, culpabilisation de l'autre pour le faire agir à sa place

 

. Stratégie d'isolement : travail de dénégation de la victime auprès de son entourage

associé à un discours de dénégation de l'entourage auprès de la victime

 

. Tentative pour provoquer des situations d'insécurité psychique et de paranoïa réflexe

 

. Utilisation des autres pour faire passer les messages du prédateur à la victime, parfois des personnes innocentes

 

. La victime est stupéfiée dans le sens négatif, elle ne reconnaît pas la personne et s'attend à un retour de ce qu'elle a vécu et apprécié, elle commence à nier ses propres besoins, elle veut "sauver" l'agresseur ; c'est l'entrée dans la phase d'emprise!

 

 

- L'alternance progressive destruction / valorisation:

 

Avec toujours un degré de destruction légèrement supérieur au degré de valorisation,  de façon à ce que la victime reste sous contrôle.

 

Ce que l'on vise, c'est qu'elle s'épuise à se débattre et résister,  et qu'elle ne puisse pas se soustraire à l'emprise,  de façon à ce que l'on puisse absorber ses ressources vitales afin de satisfaire l’ego.

 

Durant cette phase, le prédateur utilise le lien créé pour progressivement mettre à mort la vitalité de l'autre:

 

. Manipulation systématique

 

. Exigence de la perfection chez l'autre

 

. Menaces, parfois de mort (notamment pour les couples)

 

. Égocentrisme exacerbé

 

. Domination

 

. Avarice maladive (blocage au stade anal)

 

. Mise en cause de la santé mentale de la victime

 

. Négation des besoins de l'autre

 

. Recours systématique aux procédés visant à créer une paranoïa réactive

 

. Destruction narcissique de l'autre pour obtenir à ses dépends un sentiment de toute puissance et de pouvoir absolu

 

. Plaisir et jouissance en suscitant la peur et la souffrance chez l'autre

 

. Stratégie d'inversion à l'extérieur : le prédateur fait passer la victime pour l'agresseur et se fait plaindre

 

. Stratégie de discrédit : le prédateur utilise son charisme pour amener le groupe à discréditer l'autre et à se moquer de lui

 

. Alternance de valorisation et de dénégation pour déstabiliser l'autre, le maintenir dans l'incertitude et sous influence

 

. Tentative de faire passer la victime pour folle et dangereuse

 

 

. Tentative de mise en place d'un syndrome de Stockholm

 

. Parfois : coups et blessures

 

. Parfois : tentatives d'internement sous la contrainte.

 

. La victime n'arrivera progressivement plus à réagir. Elle est, petit à petit, complètement vidée de l’envie de vivre et de ses capacités d'autonomie... jusqu'à ce qu'elle décide de se sevrer de la dépendance affective qui l'a lie à son bourreau, parfois dans de terribles souffrances.

  

  ----------------

 

- Important :

 

Les pervers narcissiques qui ne maîtrisent pas les réseaux liés à la loi ont l'obligation de se faire discrets et de ne pas laisser de marques sur leurs victimes, si celles-ci sont susceptibles d'avoir la force d'aller porter plainte.

 

Les pervers narcissiques qui maîtrisent les réseaux liés à la loi savent qu'ils ne seront pas inquiétés, ils usent donc de leurs pouvoirs pour satisfaire leur besoin de valorisation à partir de leurs agressions sur les autres, qu'elles soient morales ou physiques.

   

 

"Il faut comprendre que les pervers narcissiques sont des malades mentaux asymptomatiques devant les médecins, donc difficilement décelables".

 

Pour eux la vie est manichéenne, il n'existe que 2 types de personnes : les dominants et les dominés, les forts et les faibles, les bourreaux et les victimes.

 

-Ce type de profil ne consulte pas les psychiatres, car il ne souffre pas.

 

Cet article est à prendre dans sa juste mesure pour chaque individu, cela va sans dire... Il ne faut jamais généraliser et conserver, de préférence, un regard objectif sur notre entourage.

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