26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 10:09

Selon la définition admisse, le LEAN management (anglicisme comme toujours) est une méthode dite de type approche systémique pour atteindre l’excellence opérationnelle. Le but afficher est de « mettre fin au gaspillage » et aux « opérations qui n’apportent pas de valeur ajoutée au client ». En clair : c’est la mise en place d’une relation de type capitaliste et marchande dans toutes les sphères de la vie. Oui, car le LEAN management est aujourd’hui appliqué de partout, en particulier dans les services publics et les grandes entreprises.

 

 

Deux versions s'affrontent dans ce dossier dédié au bonheur au travail :

 

-Bonheur au travail : Dans l'ombre du LEAN management-

1- Les risques masqués de l'infantilisation :

 

Quelle est la cible de ce type de dressage ? Officiellement, le LEAN management s’attaque à sept points précis : la surproduction, les attentes, les rebuts-retouches / corrections, les gammes et processus opératoires mal adaptés, les transports / ruptures de flux, les mouvements inutiles et les stocks (productifs ou administratifs). Ces points sont appelés, de façon assez prosaïque, « formes de gaspillage ».

 

Vous l’aurez compris : le but est le flux tendu permanent (donc la course à la production et la flexibilité, comme diraient nos têtes d’ampoules), la diminution de personnel (ce qui est appeler « mouvements inutiles » est en fait une notion très étrange, qui se traduit sur le terrain par mouvement financiers inutiles, ce qui peut être fait par un en compressant et accélérant doit l’être au lieu d’être fait par deux) et le prix de production le plus bas possible pour le profit le plus haut possible.

 

Dans la définition officielle, le LEAN management doit, pour être efficace, s’appuyer sur l’amélioration continue avec une forte implication de tout le personnel impliqué dans les processus à optimiser. Oui, vous avez bien lu : pression continue et permanente, et surtout, tout le monde est impliqué, de l’exécutant au directeur, du patron à l’ouvrier. En théorie en tout cas, car sur le terrain c’est autre chose. D’ailleurs, pour en mettre plein la vue au prolo (prolétaire de l'esprit) et donner une impression de supériorité (et de science) aux « team manager » comme on dit, ce LEAN management s’appuie sur un outil précis, le PDCA (Plan-Do-Check-Act) … Outil inventé par un nommé Shewhart, basé sur les travaux d’un statisticien du nom de Deming. On sent tout de suite le côté humain de la chose.

 

Quel but a cet outil ? L’infantilisation d’un côté, en mettant de belles couleurs et de jolis graphismes circulaires, et de l’autre la mise en perspective individuelle, c’est-à-dire, la mise en accusation. Car si la « roue » se déroule pour le service, par exemple, elle est aussi bien souvent individualisée. Au travers d’entretiens d’objectifs ou autres noms, on met la pression individuellement à chacun pour « arriver à l’excellence ». Et surtout se met en place le tous contre tous. Un tous contre tous orchestré, qui touche avant tout le plus bas niveau de l’échelle.

 

A cette « roue » un peu débile s’ajoute un outil fun, le KAIZEN (issu du japonais pour une fois, contraction de Kaï (changement) et Zen (bon)). Oui notez qu’on aime dans le LEAN management les formules alambiquées et pleines de sous entendus. Alors c’est quoi le KAIZEN ? Et bien c’est l’amélioration continue. En gros, vous êtes mauvais, vous le serez toujours car on peut toujours s’améliorer… Ne voyez vous pas là dedans une forme d’absolu un peu flippant ?

 

Cette théorie des petits pas est mise en pratique dans énormément de secteurs : l’industrie lourde, l’hôpital, la poste, des PME, etc… Sa méthodologie est simple : mise en accusation et faire de l’opérateur concerné son propre bourreau. Comment cela peut-il se traduire ? Et bien je vais essayer de donner un exemple concret.

 

Prenons monsieur Bertin, ouvrier dans l’automobile, sur une chaîne de montage de portières. Il doit mettre 8 vis en 1 minute et 15 secondes aujourd’hui. Seulement voilà, son poste a été identifié comme « glouton » (oui ce genre de mot est souvent employé, infantilisation oblige) au sein de la chaîne. Au cours de l’entretien annuel cela lui est signifié. Bien entendu, on laissera sous entendre qu’il n’y est pas pour rien, ce cher Bertin.

 

L’étape suivante est subtile, elle consiste à mettre en place un « climat de confiance » entre les managers et leurs équipes. Deux moyens, souvent employés en même temps, existent. Le premier consiste à jouer la carte de la compétition. Vous est donc mis en évidence le fait que d’autres sites, d’autres entreprises sont meilleures que vous. Notez au passage que la notion est tellement subjective que pour le coup, aucun manager ne sera en position de vous prouver ses dires. Mais cela doit reposer sur la « confiance » qu’il inspire et « l’esprit de corps » qu’il met en place. La seconde méthode, c’est le sous entendu envers un ou une collègue. Souvent quand il / elle n’est pas là. C’est fait subtilement, en « mettant en évidence le problème » en « présentant de façon objective et anonyme (tout le monde sait que c’est impossible) des cas ». Souvent, ce / cette ou ces collègues deviennent les boucs émissaires faciles de tout ce qui cloche. Pas assez rapide, pas assez consciencieux, pas assez… Et on monte la meute contre eux. Avant d’en isolé d’autres …

 

Une fois ce climat installé, c’est la mise en place de « team learning » ou équipe apprenante. Cela consiste en une chose assez simple : on vous prend, individuellement, et on vous demande d’évaluer votre poste (espace de travail, cadence, positions, etc…) et de « proposer des améliorations dans l’esprit du KAIZEN (vous voilà samouraï). La première copie que vous allez rendre (ou les premières suggestions orales) sera certes reconnue mais classée comme insuffisante… surtout vis-à-vis de ce que d’autres ont fourni (comme par hasard). C’est là que monsieur Bertin (revenons en à lui) va se pencher là-dessus, donner de quoi accélérer encore la cadence de son poste (en plaçant autrement les outils par exemple) et permettre que la chaine avance plus vite, que le stock diminue du coup… Et là, bingo, félicitations et mises en place en grande pompe de ce qui est trouvé.

 

Seulement, l’année suivante, monsieur Bertin se retrouve seul à sa machine, là où il avait avec lui un autre collègue. Le travail augmente et on licencie. On flexibilise encore en demandant parfois des semaines de 44 heures et d’autres fois de 28 heures. Pas de stock, donc production à la demande. Plus de rapidité au poste, donc plus de fatigue et de stress, mais surtout moins de salariés. C’est le cercle infernal qui se met en place. Et puis surtout, l’entretien d’évaluation arrive et on lui demande encore d’améliorer son poste… Et c’est reparti.

 

Voilà donc comment on transforme n’importe qui (ou presque) en son propre bourreau. Le LEAN management n’a que ce but : faire de vous la clef de voute de votre propre servitude. Mais en décuplant en prime l’individualisme, afin de briser toute envie d’unité dans la lutte.

 

Cette technique de management par l’affect (souvent, elle se double d’un management « psychologique », surtout lors des entretiens annuels) est des plus redoutables car elle est souvent, au départ du moins, plébiscité par une majorité de salariés, voir par certains syndicats. Elle va avec le tutoiement d’entreprise, vous savez ce « tu » à toutes les sauces, entre tous les niveaux hiérarchiques.

 

Et c’est là que le bas blesse. Loin d’être une simple lubie nouvelle à la mode, le LEAN management est un outil assez terrible qui brise bien au-delà du simple corps social prolétaire, mais qui brise aussi l’esprit et les corps. Il est plus qu’urgent de combattre cela avec vigueur et force, de le dénoncer et de faire reculer le patronat.

 

PS : vous aurez remarqué que je répète énormément « LEAN management » dans ce texte. Et bien vous avez face à vous une des techniques pour faire accepter ce dernier : la répétition d’un concept, même absurde, mais à l’infini.

 

Par Fablyon pour http://rebellyon.info/

Le patronat ne respecte que ce qu'il craint ? - Bonheur au travail - ARTE

La reconnaissance, moteur de l'investissement - Le Bonheur au travail - ARTE

Le lean est une méthode de management qui vise l’amélioration des performances de l’entreprise par le développement de tous les employés. La méthode permet de rechercher les conditions idéales de fonctionnement en faisant travailler ensemble personnel, équipements et sites de manière à ajouter de la valeur avec le moins de gaspillage possible. C'est toute la vie d'un employé orientée vers une culture globale d'entreprise !

 

 

Les avantages des SCOP, sans jamais redistribuer le capital :

 

-Bonheur au travail : Dans l'ombre du LEAN management-

2- Les performances incontestées du Lean management :

 

Le double objectif du lean est la satisfaction complète des clients de l’entreprise (ce qui se traduit en chiffre d’affaires) et le succès de chacun des employés (ce qui se traduit en motivation et engagement). Pour ce faire, la tradition lean insiste sur quatre principes fondamentaux :

 

Comprendre ce qui plait au client pour spécifier la valeur du service ou du produit. Les marchés sont concurrentiels et évolutifs, les goûts et usages changent sans cesse, le premier enjeu du lean est de développer l’écoute des clients par la résolution des réclamations et l’expérimentation d’offres nouvelles afin de construire la qualité dans le produit, en résolvant les problèmes des clients de manière totalement fiable et durable.

 

Augmenter le niveau de Juste-à-temps, c’est à dire réduire le délai entre la commande client et la livraison du produit ou de l’offre. Pour y parvenir sans augmenter les stocks, l’enjeu est de ne produire que ce qui est demandé, quand c’est demandé et dans la quantité juste nécessaire. Le lean s’attache à réduire le lead-time de fabrication par un ensemble de techniques qui permettent de tirer les flux. Ce flux tiré crée une architecture du progrès continu sans laquelle les améliorations ponctuelles sont rarement pérennes.

 

S’arrêter à chaque défaut et résoudre le problème plutôt que le contourner. Mettre un problème de côté sans le traiter pour pouvoir continuer à avancer va d’une part, générer bien d’autres difficultés en aval et d’autre part ne permet pas de voir les faits précis des conditions qui ont généré le problème – et donc de le résoudre et de progresser. Le lean a développé plusieurs techniques pour identifier, signaler et traiter les problèmes là où ils se posent, quand ils se posent avec les opérateurs eux-mêmes afin de chercher des causes racines et résoudre fondamentalement les sujets. Ces pratiques permettent de garantir la qualité des produits et des services par la formation des agents dans leur travail.

 

Impliquer les opérateurs dans l’amélioration et la reconception de leurs environnements de travail. Par la formation continue aux standards (accords sur la façon de travailler qui génère le moins de gaspillages) et l’animation du kaizen (progrès par petits pas), les opérateurs sont encouragés à s’engager dans l’amélioration de leurs propres postes de travail pour éliminer les soucis d’ergonomie et trouver des astuces permettant de travailler plus efficacement. Le rôle du management est de soutenir cette action d’amélioration au quotidien afin que chacun dans l’entreprise puisse d’une part, partager le sens de la qualité offerte au client et, de l’autre, ait l’occasion de réaliser sa part de créativité dans le travail de production.

 

Le lean se pratique sur le terrain pour se mettre d’accord avec les équipes sur les faits et la vraie nature des problèmes. A la différence de toutes les méthodes productivistes nées du taylorisme, le lean ne distingue pas les experts qui pensent des opérationnels qui font, mais est une pratique qui vise à développer l’expertise de chacun en s’appuyant sur un mode de relation hiérarchique fondée sur l’enseignement et la transmission d’expérience. Le but du management lean est de développer la compétence technique de chacun et de savoir travailler avec les collègues des fonctions amont et aval.

 

La méthode lean cherche avant tout à construire pas à pas, amélioration par amélioration... la confiance entre l’entreprise et ses clients, entre l’encadrement et les salariés et entre l’entreprise et ses fournisseurs. Cette confiance permet un engagement collectif dans la recherche d’efficacité par l’élimination des activités inutiles et permet de dégager des résultats financiers pour l’ensemble des partenaires de la chaine de la valeur : meilleurs rapport qualité/prix pour les clients, emplois et primes pour les employés, activité et rentabilité pour les fournisseurs tout en dégageant croissance et bénéfices pour l’entreprise.

 

Michel Ballé pour http://www.operaepartners.fr/

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 12:56

Entrepreneur, entraîneur sportif, officier militaire, élu ou prêtre, où le manager trouve-t-il sa légitimité ? Comment distinguer autorité et pouvoir ? Et quel est donc le secret de leur charisme ?

 

 

Il n’est pas facile de dégager les traits spécifiques de la domination charismatique. Beaucoup s’y sont essayés. Max Weber par exemple qui a tenté de dégager les aspects essentiels de la domination charismatique. Mais aussi Kojève qui s’est penché sur le Père, théorisé par la scolastique, le Maître, théorisé par Hegel, le Chef, par Aristote, et enfin le Juge, qui représente l’idéal du gouvernant chez Platon.   

 

La théorie d’Aristote, explique Jean-Claude Monod, « justifie l’Autorité par la sagesse, le Savoir, la possibilité de prévoir », autrement dit de transcender le présent immédiat. Car la vraie question est de savoir alors – et c’est encore valable aujourd’hui - comment un homme ordinaire sort du rang, comment ont devient chef ?! On entend souvent dire que le pouvoir se conquiert, qu’il se prend, qu’il se mérite. Mais que je sache Churchill avant la guerre était un homme foutu. Les circonstances l’ont hissé au rang de dirigeant, mieux de père de la nation. Il a produit ainsi un effet d’Autorité, or un tel effet « ouvre le chemin ». Souvent le chef, est celui ou celle qui ouvre la voie. Tels étaient les chefs de la Résistance. Ils s’étaient engagés les premiers. Comme le dit avec humour notre philosophe : « Il y a sans doute toujours, pour le meilleur et pour le pire, quelque chose du « chef de bande » derrière la figure sophistiquée du « chef d’Etat » !

Kojève estimait par ailleurs que la théorie d’Aristote « rend compte de l’autorité du chef de bande, du chef de groupe, aussi bien dans leurs formes modernes : le directeur et ses employés, l’officier et ses soldats ». Il n’avait pas tort et c’est bien la preuve qu’il existe un « cercle du charisme ». Car on ne sait jamais d’avance si le chef est « possédé » d’avance ou simplement « attribué » par le groupe qui le « reconnaît » ; mais Kojève précise notre philosophe « crédite a priori le chef d’une capacité d’entraînement qui incite une « bande » à se créer autour de lui ».

Voici pour une brève description. Le chef est un entraîneur ! Il entraîne ses compatriotes dans une direction qu’il pressent bonne. Pour le meilleur et pour le pire. Pas besoin de s’attarder sur le cas Pétain et De Gaulle. Tout le monde comprend. J’ai déjà évoqué le chef résistant. Il est dans l’action dès le début. Cela seul compte. Mais il faut ajouter un point : le chef a affaire à « ses » égaux. En ce sens, ce n’est pas un maître, au sens d’un maître qui dominerait. D’où cette conséquence qui nous mène sur le chemin du chef démocratique, soit : " LA DISSOCIATION DU CHEF POLITIQUE DES FIGURES DE PERE DE MAITRE ET DE JUGE COMME INDICE DE PROGRES DEMOCRATIQUE ".  

Retenons donc pour l’instant que le chef démocratique a cette capacité d’entraîner, d’émouvoir le peuple ou une partie du peuple... Et qu’il est « égal » à lui.


Rédigé par Philippe Petit pour pensées-libres

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 17:40

En France, la perte d'emploi comme le mal-être au travail peuvent conduire à un même désespoir. Si les immolations par le feu choquent particulièrement, les suicides de chômeurs et de salariés font désormais partie de notre quotidien.

 

Marie Pezé, psychanalyste, s'exprime sur la pression morale en sus de la taylorisation. 
 
A ce désespoir prend sa part un discours selon lequel les Français auraient un rapport malsain au travail. Peu enclins à travailler, ceux-ci auraient tendance à se laisser assister et, lorsqu'ils travaillent, ils seraient surtout occupés à défendre leurs acquis. Ce discours s'est imposé en 1984 autour d'une émission d'Antenne 2 intitulée "Vive la crise" avec Yves Montand et reprise dans un numéro spécial de Libération. Il s'est renforcé avec la mise en place des 35 heures. On a ainsi pu entendre le président Sarkozy exhorter les Français à réhabiliter la "valeur travail".  

 

Ce climat de discrédit jeté sur les salariés français est déconnecté de la réalité : on sait que de nombreuses catégories ne bénéficient pas des 35 heures, et surtout que la productivité horaire en France est une des plus élevées au monde. Mais il fait régner une suspicion généralisée. Ceux qui sont au chômage font-ils tout ce qui est possible pour retrouver du travail ? Ceux qui sont au travail font-ils ce qu'il faut pour être compétents et performants ?

 

La lettre envoyée récemment par Maurice Taylor, le PDG américain de Titan, au ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, dans laquelle il se moque des salariés français ("Ils ont une heure pour leurs pauses et leur déjeuner, discutent pendant trois heures et travaillent trois heures"), aurait-elle été imaginable hors d'un tel contexte ?

 

UN CHÔMAGE DEVENU MASSIF

 

On aurait tort de sous-estimer l'effet délétère de cette situation sur ceux qui perdent pied dans le marché du travail ou dans les entreprises. Loin de se déculpabiliser d'un chômage devenu massif, de pressions souvent démesurées au travail, ils se sentent stigmatisés. Ils ne trouvent aucune compréhension et encore moins de compassion chez leurs concitoyens. Ils sont désespérément seuls dans l'épreuve qu'ils traversent, seuls et honteux.

 

Mais nombre de recherches mettent en évidence que cette suspicion, cette défiance (qui aggravent ainsi le désespoir des exclus de l'emploi et des naufragés du travail) sont le socle du modèle managérial français, celui qui le rend néfaste tant du point de vue des conditions de vie au travail que de l'efficacité globale des entreprises.

 

Les travailleurs sont ainsi doublement victimes tandis que le management qui les précarise objectivement et subjectivement est dédouané.

 

En effet, le management français, convaincu que les salariés dont il a "hérité" ne sont pas les "bons" et galvanisé par ce discours de discrédit ambiant, s'est lancé dans une bataille identitaire sans pitié pour les faire plier et les contraindre d'adhérer à son idéologie et sa rationalité.

 

Sur la base d'une politique systématique d'individualisation, la modernisation managériale s'affirme ainsi par une politique de précarisation des salariés, une précarisation objective comme subjective. Aux côtés d'offensives idéologiques et éthiques destinées à modeler les esprits, à séduire, à persuader, le management cherche à instaurer les conditions obligeant hic et nunc les salariés à devenir les alliés inconditionnels de leur entreprise, les relais dociles de ses choix et objectifs dans le cadre d'un capitalisme de plus en plus financier.

 

ASSEOIR UNE EMPRISE SANS FAILLE

 

 Pour remporter cette victoire, le management mise sur l'emploi précaire (CDD, intérim, travail à temps partiel et saisonnier) comme modalité disciplinaire, pour les jeunes surtout qui veulent trouver leur place sur le marché du travail. Et il s'évertue à précariser, subjectivement cette fois, les salariés bénéficiant d'un emploi stable, pour asseoir sur eux aussi une emprise sans faille.

 

A cette fin, il est parti en guerre contre les ressources dont disposent ces salariés stables, c'est-à-dire leur métier et leur expérience qui leur permettent de maîtriser leur fonction, d'alléger les difficultés et de se doter d'un point de vue argumenté sur leur travail opposable aux directives, aux critères et méthodologies de la hiérarchie.

 

Les multiples restructurations, changements qui balaient les entreprises françaises de façon frénétique ont ainsi souvent pour objectif de fragiliser des salariés qui ont sans cesse tout à réapprendre pour conserver leur poste, et qui se sentent en permanence sur le fil du rasoir face à des objectifs démesurés et des évaluations indifférentes au travail réel.

 

Loin de miser sur l'intelligence collective pour innover et gagner des parts de marché, le management français a opté pour une attaque en règle de la professionnalité et de l'engagement de ses salariés, compromettant leur santé physique et psychique, tout autant que notre avenir.

 

-Danièle Linhart, sociologue du travail ; directrice de recherche émérite au CNRS-

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 13:51

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Quoi de plus pesant que de travailler au milieu de collègues qui font la tête ? Au bureau, le quotidien peut rapidement devenir lourd pour tout le monde, collaborateurs comme manager. C'est à ce dernier que revient, en partie, la responsabilité d'insuffler une bonne ambiance dans son groupe. Bien évidemment, la bonne humeur de ses troupes ne se décrète pas. Cependant, être responsable ne se réduit pas à exiger que le travail soit fait dans les temps. Le manager se doit de veiller à ce que règne une atmosphère détendue au sein de son équipe. Cela améliore la qualité du travail, limite l'absentéisme comme le turn over et permet de mieux supporter les inévitables périodes de stress. Pour y parvenir, pas de formule magique mais une série de comportements à adopter. Voici quelques conseils pour redonner le sourire à vos collaborateurs.

 

Susciter des temps de convivialité

 

Selon les métiers et les entreprises, partager des moments en équipe autres que des réunions se révèle plus ou moins courant. Or, il est relativement difficile de redonner le sourire à un salarié isolé devant ses dossiers ou son ordinateur. Pour insuffler un esprit positif à son équipe, le manager doit permettre, voire provoquer, des moments de convivialité pendant lesquels les collègues se découvrent sous un jour nouveau. Du déjeuner d'équipe aux séminaires de groupe en passant par des matches de foot ou une journée de solidarité, toutes les idées sont bonnes... si elles répondent aux demandes des collaborateurs et qu'elles n'apparaissent pas comme une corvée supplémentaire. Car l'un des risques de telles initiatives est de ne pas susciter l'adhésion. Le manager doit donc se montrer malin dans ses choix et subtil dans ses annonces. Il peut par exemple encourager les initiatives de son équipe ou déléguer l'organisation de ces événements pour que l'équipe se les approprie.

 

Avoir soi-même le sourire

 

Le rire est communicatif. Le sourire l'est tout autant. Il est impossible pour un manager de chercher à rendre son équipe plus joyeuse si lui-même fait la tête à longueur de journée. En revanche, s'il transpire la joie de vivre, ses collaborateurs en bénéficieront. Par sa fonction, le responsable imprime sa patte à son équipe : son rythme de travail, ses méthodes d'organisation... Cela fonctionne aussi avec son humeur. Bien évidemment, cette bonne humeur partagée ne fonctionne pas à tous les coups. D'abord, rares sont les personnes qui ont en permanence un sourire scotché au visage. Surtout, cette attitude ne doit pas sonner faux : un sourire de façade est insupportable. S'il est sincère, le comportement joyeux et décontracté d'un chef participe de manière importante à la bonne humeur générale de son équipe.

 

Adopter un discours positif

 

Joindre la parole au geste. A l'instar d'un manager qui, pour insuffler de la bonne humeur, doit adopter un comportement adéquat, quiconque partage de telles ambitions, doit aussi faire attention au discours qu'il adopte. Devant ses collaborateurs, les mots qu'il choisit doivent susciter la confiance, l'optimisme et l'encouragement plutôt que la crainte, le pessimisme et les remontrances. C'est un fait, la parole d'un chef bénéficie d'un statut particulier au sein d'une équipe. Elle permet de fixer un cap, d'expliquer la marche à suivre et de tirer des bilans. Surtout, elle impacte plus que toute autre le quotidien des collaborateurs. C'est donc un élément indispensable pour créer une ambiance plaisante. Dernière chose : idéalement, une petite dose d'humour savamment dosée se révèle être le meilleur moyen de faire rire et sourire.

 

Se montrer à l'écoute... attentivement

 

La vie de groupe suscite invariablement tensions et incompréhensions. C'est l'un des rôles du manager de désamorcer les conflits et d'aplanir les relations au sein de son équipe. Encore faut-il avoir conscience des difficultés –mais aussi des envies– des uns et des autres ! Pour cela, pas le choix, il faut se montrer ouvert et disponible. Un manager à l'oreille attentive parviendra à comprendre ce qui mine le moral de ses troupes, ce qui les motive et ce qui leur fait plaisir. Il doit donc encourager ses collaborateurs à venir le voir dès qu'ils le souhaitent. Sa porte toujours ouverte, il prend note des récriminations comme des aspirations. Surtout, il les prend en compte. De sa capacité à régler les soucis et à répondre aux ambitions de chacun, dépendra l'humeur qui règne dans son groupe.

 

Faire taire les rabat-joie

 

Contribuer au bonheur général d'une équipe consiste aussi à limiter les perturbations... et leurs auteurs. Au sein d'une équipe, il arrive qu'une ou plusieurs personnes distillent, jour après jour, leurs mauvaises ondes. Humeur massacrante, volonté défaillante ou réactions déconcertantes, leur attitude est susceptible d'agacer leurs collègues, en leur retirant toute envie de sourire. Devant de telles situations –pas si rares, il revient au manager d'épargner au groupe l'esprit ronchon de quelques-uns, au risque de ne pas pouvoir éviter la contagion générale. Sa responsabilité implique donc de refuser certains comportements néfastes, quitte à taper du poing sur la table ou à heurter certains egos. Paradoxalement, il faut parfois savoir se fâcher pour retrouver le sourire.

  

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Lâcher la bride de temps en temps

 

Et si l'un des freins à la bonne humeur de vos collaborateurs était tout simplement... votre propre comportement ? Le rôle d'un manager ne se confond évidemment pas avec celui d'un GO. Les efforts supplémentaires qu'il demande parfois  contribuent généralement à faire disparaitre la bonne humeur de son équipe, plus encline à tirer la langue qu'à sourire dans ces périodes. Un responsable, s'il souhaite détendre l'atmosphère au sein de son équipe, doit donc interroger ses propres méthodes de management. Il ne doit pas hésiter à faire redescendre la pression au sortir d'une période de rush et laisser des moments de décontraction et de respiration à son équipe. Il doit aussi se garder d'imposer un stress insupportable pour ne pas pousser ses collaborateurs à la crise de nerfs, auquel cas, il lui sera beaucoup plus difficile de leur faire décrocher un sourire par la suite...

 

Savoir être reconnaissant

 

Quoiqu'on en dise, on travaille rarement pour le seul plaisir. On le fait aussi pour gagner sa vie, pour passer de bons moments et pour obtenir de la reconnaissance. Sans ce dernier élément, la vie professionnelle se transforme vite en chemin de croix. A l'inverse, un collaborateur apprécie lorsque sa hiérarchie –mais aussi ses pairs lui indique qu'elle a bien conscience du travail fourni. Un manager doit donc veiller à féliciter ses collaborateurs quand ils le méritent et les remercier quand ils font un effort particulier. Mais la manière la plus efficace de montrer sa reconnaissance se traduit évidemment en monnaie sonnante et trébuchante. Une augmentation ou une prime constitue à n'en pas douter l'un des moyens les plus sûrs pour redonner le sourire à vos collaborateurs.

 

Faciliter leur vie personnelle

 

Pour être heureux au travail, il ne suffit pas d'avoir un boulot intéressant et une bonne ambiance dans son équipe. La vie privée influe bien évidemment sur notre humeur, même lorsque l'on est au bureau. Un parent qui s'inquiète pour la garde de ses enfants sera certainement peu détendu au travail. Bien sûr, le manager n'a pas beaucoup de prise sur ce qui se passe en-dehors du lieu de travail. Mais il peut s'efforcer de simplifier l'articulation entre la vie perso et la vie pro de ses collaborateurs. Selon les possibilités de chaque entreprise, cela se traduit, par exemple, par une relative souplesse sur les horaires ou une dose de télétravail. En facilitant l'organisation quotidienne de vos collaborateurs, vous augmentez les chances qu'ils soient de bonne humeur pendant leurs heures de travail.

 

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Se montrer transparent

 

Quiconque voudrait instaurer une mauvaise ambiance au sein de son équipe ne saurait mieux s'y prendre qu'en restant muet comme une carpe. En ne parlant pas, le responsable laisse toute liberté au développement des rumeurs et autres ragots. Les salariés, sur bon nombre de sujets importants, ont besoin d'obtenir de réponses à leurs interrogations. Les discussions informelles, où personne ne sait rien mais où tout le monde s'inquiète, minent à coup sûr la bonne humeur d'une équipe. Pour contrer cela, il n'y pas beaucoup de remède : le responsable doit faire preuve de transparence sur ses objectifs, ses attentes mais aussi, éventuellement, sur les difficultés actuelles. Ce n'est qu'en étant honnête et en affichant la confiance qu'il porte à son équipe qu'il pourra désamorcer des angoisses qui n'ont pas nécessairement lieu d'être.

 

Veiller aux bonnes conditions de travail

 

Les crispations au travail proviennent aussi d'une multitude de petites nuisances qui peuvent rapidement taper sur les nerfs des collaborateurs. Un open space bruyant, des procédures trop lourdes ou encore des responsabilités insuffisantes sont susceptibles de provoquer frustrations et énervement au bureau. Un manager qui joue son rôle a à cœur de faciliter la vie quotidienne de ses collaborateurs. Il doit donc tout faire pour que ceux-ci disposent des meilleures conditions de travail possibles ainsi que d'une organisation adaptée à leurs tâches. Ce n'est qu'à ce prix qu'ils pourront réellement s'épanouir, sans se disperser, et retrouver la sérénité nécessaire au règne de la bonne humeur. Même s'il n'a pas de baguette magique qui lui permettent de tout arranger d'un seul geste, le manager conciliant pourra compter sur le soutien de collaborateurs reconnaissants des efforts qu'il fournit.

 

www.journaldunet.fr

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 13:53

Par Marc Traverson, consultant en management, auteur et conférencier.


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Ah, s'il suffisait de penser comme il faut pour remettre sa vie à l'endroit ! Si, contre la déprime, quelques jolies "images mentales" permettaient de dissiper les pensées moroses et de faire s'épanouir le sentiment du bonheur !

L'excès en toute chose nuit, dit-on. Peut-être touchons-nous effectivement à l'abus, concernant la mode actuelle du positive thinking - ou pensée positive. Il suffit de jeter un œil sur les tables des librairies, inondées d'ouvrages aux titres en forme d'injonctions paradoxales (soyez heureux, soyez vrai, soyez spontané, soyez zen, soyez vous-mêmes, etc.). Le principe général de la pensée positive est simple, même si les modalités d'applications en sont multiples : en évoquant des images, des événements et des perspectives heureuses, nous stimulons en nous le muscle de la réussite et du plaisir. Ce qui est incontestable, au moins à un certain degré. C'est ce que l'on appelle le principe de la prophétie auto-réalisatrice. En gros : si, devant une situation, je m'imagine que je ne suis pas en mesure de la surmonter, je travaille contre ma propre réussite, je "m'empêche". Que je m'efforce au contraire de me projeter dans le succès et l'atteinte de mes objectifs, et je me conditionnerai dans le bon sens, me donnant ainsi les meilleures chances d'exploiter mes talents et mes ressources personnelles pour atteindre l'issue favorable.

Dans son avatar actuel, la pensée positive nous vient d'outre-Atlantique, portée par le courant des happiness studies (études et recherche sur le bonheur). Eloge du volontarisme et de l'optimisme, croyance dans l'idéal du self made man et du tout-est-possible… traits distinctifs et souvent sympathiques de l'Amérique (quand ils ne se retournent pas en leur envers déplaisant : intolérance à la critique, paranoïa, messianisme). Cela, pour les valeurs. Pour ce qui a trait aux techniques de mise en œuvre, elles empruntent au riche arsenal des pratiques de suggestion et d'auto-suggestion, aussi vieilles que l'homme. Ne dites pas aux adeptes de la pensée positive qu'ils appliquent parfois, sans le savoir, la célèbre méthode du docteur Coué. (Un homme qui, soit dit en passant, mérite mieux que sa réputation, alors qu'il est l'auteur d'une méthode d'auto-suggestion tout à fait valable.) Lorsque l'on se répète encore et encore des choses valorisantes, que l'on se persuade d'être capable et valable, on se fait plutôt du bien. C'est mécanique. Mais ça a ses limites. La première sans doute, c'est l'ennui que pourra provoquer ce bain lénifiant. La seconde, plus insidieuse, ce serait de disqualifier a priori toute "pensée mécontente", de recadrer comme inutile et nuisible toute expression d'insatisfaction, de colère ou de révolte – au risque d'installer rien moins qu'un refoulement. Les sentiments déplaisants, les pensées "incorrectes", font partie de notre écologie. Ils portent – eux aussi ! – une énergie de transformation et de changement.

En particulier lorsqu'il est question de psychologie, l'unanimité n'est guère bénéfique. C'est comme la monoculture du tournesol. Cela fait des étendues couleur jaune d'or, très agréables à l'œil, qui n'en sont pas moins des déserts biologiques. Moins de diversité, c'est moins de vie. Faire de la "pensée heureuse" l'alpha et l'oméga de toute psychologie, ce serait à coup sûr appauvrir notre manière de penser le sujet et ses humeurs. Prenons garde, sous prétexte de positiver à tout crin, de ne pas jeter avec l'eau du bain psychique le bébé de la pensée critique.

Que l'on me comprenne. Il est important, indispensable même, d'être en mesure de se projeter positivement dans l'avenir, avec pragmatisme, dans une recherche d'efficacité de nos actions. La recherche d'un point de vue optimiste (quoique je préférerais, dans l'absolu, un point de vue qui ouvre) est un moyen de valoriser la volonté et l'imagination comme moteurs de la construction de son destin. C'est l'excès auquel il importe de prendre garde : l'application des recettes, la répétition de schémas artificiels, le bêlement de banalités en vigueur sur le bonheur obligé. On risquerait le naufrage dans la niaiserie, ou la pensée magique. Le monde mérite d'être vu sans oeillères, seraient-elles pailletées. L'esprit critique (cette vieille valeur voltairienne qui fit un jour partie de cette fameuse "identité nationale"), la lucidité, l'analyse - y compris, et peut-être surtout - appliqués à soi-même, ne sont pas des attitudes dépassées, ou facultatives. Le pessimiste actif porte un regard dont nous avons besoin.

Il n'est pas impossible que la mode de la pensée positive soit, à un gros siècle de distance, une manière de réaction à la pensée freudienne, et à son modèle d'inconscient "tragique" – continent noir et inconnaissable – tel que le popularisa un savant viennois confronté, "on l'oublie trop souvent", à la montée des périls dans la Mitteleuropa. Mais progresser, c'est hybrider. Inutile de prétendre noyer la complexité de l'être et de l'âme sous les flots d'une gentillette musique d'ascenseur. Penser positif, oui, mais pas trop.

 

http://www.troisiemevoie.com/troisiemevoie/

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 15:34

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Capter l'attention dès les premières secondes

 

"Tout se joue dans les 30 premières secondes, estime Anne-Marie de Couvreur. A ce moment-là, on risque de voir chuter directement l'attention de l'auditoire." Lorsque vous prenez la parole, vous devez donc avoir peaufiné l'introduction de votre propos. L'idéal étant, au préalable, d'avoir obtenu le silence pour débuter avec tout l'impact nécessaire.

"Pour attirer l'attention, vous devez apporter quelque chose qui sort de l'ordinaire, mais pas à n'importe quel prix", prévient Sandrine Meyfret, consultante, cofondatrice d'Alomey Conseil. "Ce que je suis, ce que je présente... Tout ce que je montre dès la première seconde doit être en cohérence avec ce que je dis." Si commencer par une pointe d'humour permet de détendre rapidement l'atmosphère, l'effet provoqué peut être inverse à celui recherché lorsque le propos qui suit s'annonce grave ou si le public est réputé austère. Votre prise de parole permet certes de capter l'attention mais elle introduit aussi votre propos et votre relation avec l'auditoire.

 

Donner du ton à sa voix

 

C'est bien connu, la voix est l'un des outils les plus efficaces pour véhiculer son charisme. Certains timbres imposent directement leur autorité. Cependant, chacun dispose de sa propre voix, difficile à faire évoluer, même si elle ne lui convient pas. Il reste malgré tout possible de la travailler.

"On peut être charismatique simplement par la voix", affirme Anne-Marie de Couvreur, cofondatrice de Mediameeting, un opérateur de radios d'entreprise. "Il faut jouer avec les intonations, savoir donner du rythme et surtout ne pas être monocorde." La maîtrise des techniques oratoires joue énormément dans le développement du charisme. Il vous faudra donc apprendre à moduler votre voix en fonction du contenu de votre message : mettre de l'intensité quand c'est nécessaire, ralentir le rythme pour reprendre son souffle et accélérer quand cela s'impose.

 

Poser le regard sur le public

 

Emotion, colère, sourire... Beaucoup de choses passent au travers de vos yeux. La force du regard fait partie de ces attributs que tout leader charismatique doit posséder. Pour en prendre de la graine, il vous faudra peut-être perdre de mauvaises habitudes.

"Balayer l'auditoire du regard, c'est catastrophique : personne ne se sent concerné, estime Sandrine Meyfret. Pour être charismatique, il faut prendre les autres en considération en les regardant en face." Le charisme n'existe que par le regard des autres. Si vous ne donnez par à votre entourage l'impression d'être regardé, votre prestige s'en trouve affecté. Bannissez donc les regards circulaires qui embrassent la pièce entière sans voir personne ou les regards lointains qui vont se perdre au-dessus de la tête de l'auditoire, n'hésitez pas à vous focaliser sur certaines personnes en particulier.

 

Se tenir droit sans être guidé

 

Avoir de la prestance influe sur le regard des autres. Malgré tous ses efforts, une personne avachie aura beaucoup de mal à dégager du charisme. Dans son livre, "Cultivez votre charisme", aux éditions d'Organisation, Chilina Hills décrit la posture qui assure la crédibilité. "Il suffit de se tenir droit et symétrique, les deux pieds légèrement écartés et bien ancrés dans le sol, les épaules ouvertes et la tête droite." Un conseil qui vaut aussi valables lorsque vous êtes assis Cette posture met en confiance les personnes qui vous font face car vous leur apparaissez comme une personne sûre d'elle même.

Evidemment, ce n'est pas pour autant que l'on vous demande de vous transformer en piquet. "S'il faut à tout moment faire preuve de respect, il ne s'agit pas d'être guindé, précise Anne-Marie de Couvreur. On peut avoir du charisme en étant assis sur un coin de table !"

 

Rester humble

 

"Les personnes charismatiques peuvent rencontrer des difficultés à ne pas irriter, explique Anne-Marie de Couvreur. Etre brillant impose de savoir faire preuve d'empathie. C'est souvent ce qui manque aux personnalités politiques." Une personne qui impressionne peut rapidement agacer. Il faut donc prendre des mesures pour éviter d'en souffrir.

Cela peut passer par quelques phrases, des gestes et des attitudes qui indiquent que vous prenez en compte les personnes qui vous font face. Rappeler que vous êtes heureux d'être là est un minimum. Faire preuve d'écoute est indispensable. Enfin, il est primordial dans ces cas-là de faire preuve de sincérité, sous peine d'être immanquablement démasqué. Sans bienveillance ni humilité, le leader risque vite d'énerver.

 

Adopter une gestuelle d'ouverture

 

Chacun le sait, il n'est pas évident d'être avenant les mains dans les poches ou les bras croisés. Les gestes ont une importance considérable sur l'image que l'on donne et, plus encore, sur le message que l'on transmet. "Le corps parle pour nous, confirme Sandrine Meyfret. Il faut rechercher une cohérence entre son corps et son intention." Le tout, sans sur-jouer.

Logiquement, il n'existe pas de gestuelle idéale valable en tout temps et en tout lieu. C'est le contenu de votre propos qui détermine les gestes qui s'y rapportent. Cependant, de manière générale, préférez les gestes amples aux gestes étriqués, les gestes ouverts aux gestes fermés et les gestes variés aux gestes répétitifs. Car quelque soit l'idée à transmettre, votre charisme repose sur votre envergure, votre ouverture aux autres ainsi que sur le dynamisme de votre message.

 

Utiliser les silences

 

Savoir bien parler est un atout indéniable. Mais pour faire preuve de charisme, encore faut-il réussir à mettre en valeur le contenu du discours. Cela passe par une diction claire et un propose limpide mais aussi par une bonne utilisation des pauses.

"Ménager des instants de silence présente une double vertu : mettre en valeur le message précédent et préparer le public à celui qui vient, explique Anne-Marie de Couvreur. Il faut organiser son discours pour y insérer des périodes de respiration." Ni trop longues, ni trop courtes, ces périodes de calme vous permettent aussi de reposer vos yeux sur vos notes et de repartir sereinement. Idéalement, prenez le temps de capter à nouveau l'attention de l'auditoire grâce à au regard. Avant de reprendre le cours de votre propos.

 

Etre concis et percutant

 

Cela peut paraître évident, mais pour être charismatique, mieux vaut se faire comprendre. Or, trop souvent les managers négligent cette qualité et produisent des discours trop alambiqués, trop techniques ou trop complexes. Impossible, dans ce cas, d'exercer un véritable pouvoir d'influence sur les autres. "Il faut s'efforcer de dépouiller son message et de se contenter de phrases composées d'un sujet, d'un verbe et de compléments, indique Anne-Marie de Couvreur. Il faut être court et impactant."

A l'oral, il est indispensable de rester raisonnable dans ses ambitions. Inutile d'escompter transmettre mille idées à la minute : aucune ne sera retenue par l'auditoire. "En une heure, si vous réussissez à faire passer trois idées fortes, c'est déjà une victoire", estime la présidente de Mediameeting.

 

Donner envie d'agir

 

Si tout bon orateur doit savoir argumenter, il doit aussi savoir séduire. Son entourage doit non seulement trouver des raisons de le suivre dans ses projets, mais aussi une véritable envie d'agir.

Même si cette aptitude dépasse la seule dimension rationnelle, elle nécessite des efforts trop souvent négligés dans le monde professionnel. "Pour provoquer le désir, il faut s'adresser et se comporter face à son entourage en faisant preuve de reconnaissance, évoquer l'accomplissement personnel et susciter le plaisir dans leur travail, estime Sandrine Meyfret. Toutes ces bonnes raisons d'agir distinguent le charisme de la manipulation." Le leader charismatique fournit des éléments de motivation à ses troupes. Loin de sa tour d'ivoire, il fait vibrer avec sincérité leur corde sensible, ce qui implique une véritable capacité d'empathie à leur égard.

 

Ne pas négliger votre chute

 

Lors d'une prise de parole, on insiste souvent sur l'ouverture. Elle est certes indispensable mais ce n'est pas pour autant qu'il faut négliger la fin de l'intervention. En dépit de tous vos efforts, votre auditoire aura peut-être tendance à relâcher son attention lors de votre développement. Mais il se souviendra certainement de la manière dont vous avez conclu.

"A la fin, on doit réussir à poser tranquillement l'énergie de son discours, estime Anne-Marie de Couvreur. Cela se traduit en général par un sourire mais surtout par une preuve empathie tournée vers l'autre." En clair, n'hésitez pas à remercier votre public et à lui rappeler que c'est bien à lui que vous vous adressez. Restez percutant et vif. Profitez de ces dernières secondes pour leur donner l'envie d'agir.

   

Source: Le Journal Du Net


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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 14:35

Notre corps parle à notre insu. Le langage non verbal représente plus de 90 % de notre communication avec les autres. Décrypter les messages qu'envoie le corps se révèle être un atout indéniable aussi bien dans la vie personnelle que dans la vie professionnelle.

 

En comprenant les pensées de votre interlocuteur au-delà de ses seuls paroles, vous serez plus à même de satisfaire ses besoins et de répondre à ses préoccupations. Le tout sans le brusquer et en évitant tout impair.


-Découvrez ce que les gestes de votre interlocuteur racontent:

 

Les mains jointes:

 

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La personne qui pense avoir des compétences que les autres n'ont pas va placer les mains l'une contre l'autre et montrer le ciel avec ses doigts", déclare Philippe Turchet.

Cette position, très docte, place l'interlocuteur au dessus de la mêlée. Philippe Turchet a d'ailleurs constaté que "c'est toujours le dominant de la relation qui l'adopte, jamais le dominé". Il manifeste ainsi toute la confiance qu'il a en lui et répond aux questions qu'on lui pose sans rien attendre en retour, à la différence de celui qui placerait ses mains à l'horizontale. Ce dernier geste témoigne plutôt d'une recherche de partage. Les compétences sont mises en communs pour aboutir à la réalisation du projet. Un tel geste émis par un partenaire potentiel doit être interprété de manière positive et encourageante.

 

Les bras croisés:

 

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On entend souvent que le croisement de bras est un signe de fermeture, voire d'opposition. Une affirmation que remet en cause Philippe Turchet, auteur du livre  "Le Langage universel du corps" aux Editions de l'Homme : "Le croisement de bras exprime de la réserve. Il peut tout à fait être un signe de politesse qui indique que l'autre vous écoute, qu'il sait que ce n'est pas à lui de parler." Inutile de vous agacer si votre interlocuteur vous semble hermétique à vos propos car il a les bras croisés, il est peut être simplement réservé mais attentif à ce que vous dites.

Pour distinguer la réserve de l'indifférence chez votre interlocuteur, observez ses paupières. "S'il vous écoute, même bras croisés, il cligne des yeux. Chaque clignement indique qu'il enregistre ce que vous venez de dire. S'il pense à autre chose, il a plutôt tendance à hocher la tête", analyse Philippe Turchet.

 

Les jambes croisées:

 

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Contrairement aux bras, les jambes peuvent être croisées de différentes façons. Elles peuvent donc plus facilement livrer des informations sur l'état d'esprit de votre interlocuteur.

"Pour se faire une véritable idée de la signification d'un croisement de jambes, il faut tenir compte de sa direction", note Philippe Turchet. Un buste tourné face à l'interlocuteur, même si la jambe croisée pointe vers l'extérieur, dénote de l'ouverture. Une personne peut ainsi créer une "bulle" favorable à la discussion. Elle est alors en position de communication, d'ouverture. En revanche, si le buste est dirigé vers l'extérieur, prêt à fuir, alors le croisement de jambes entrave l'échange et constitue un rempart à la communication.

 

Le menton:

 

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Les mains, mues par léger énervement, se posent sur le menton. Lorsqu'un niveau de contrariété supplémentaire est atteint, elles se déplacent vers les mâchoires. "L'agressivité s'exprime sans retenue au niveau de la dentition alors que dans la zone du menton elle laisse place au doute et à la circonspection", confirme Philippe Turchet. Il compare le bruit provoqué par le grattage de la barbe à celui émis par un collaborateur rassemblant ses feuilles à la fin d'une réunion afin d'en réclamer ostensiblement la fin.

Si vous voyez donc votre interlocuteur poser ses doigt sur la bas de son visage, cela traduit au mieux son doute, au pire son agacement. Dans tous les cas, vous devez en prendre compte pour  agir en conséquence.

 

La bouche:

 

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La main sur le visage permet de protéger physiquement la personne qui se retranche derrière. "Portée à la bouche, elle manifeste plus spécifiquement le besoin de se couper de son interlocuteur pour ne pas avoir à lui parler", confirme Philippe Turchet.

C'est un véritable retour en soi qui s'opère à travers ce geste. Un retour en soi qui n'a pas les mêmes explications selon les postures. "Si la personne est en arrière, elle veut clairement se couper de l'autre. En revanche, si l'index se dresse, cela signifie que la personne n'est pas d'accord et qu'elle s'apprête à le dire dès qu'on lui laissera la parole", ajoute-t-il. Volonté de se placer en retrait ou de marquer son opposition, vous aurez de toute façon intérêt à donner la parole à votre interlocuteur pour l'impliquer dans la discussion ou écouter ses réserves.

 

La poignée de mains:

 

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La qualité d'un contact repose largement sur la poignée de main. C'est donc un élément auquel vous devez être particulièrement attentif. "Plus je serre haut la main de l'autre, plus je l'apprécie, énonce Philippe Turchet. C'est une règle qui vaut aussi lorsqu'on trinque."

Il est intéressant d'observer qui avance avec la main au-dessus de l'autre dans une poignée de mains. Il s'estime être l'interlocuteur dominant. Si vous trouvez avec difficulté la main de votre partenaire, il est possible que chacun des deux se considère comme le plus important. Quant à la poignée de main molle, elle sera bien souvent synonyme d'un refus de s'engager. A l'inverse une poignée de main ferme et franche laissera présager une relation honnête et de qualité.

 

Pointer l'index:

 

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L'index est le doigt de l'affirmation, celui avec lequel quelqu'un qui veut prendre la parole se met en avant", constate Philippe Turchet. Si votre interlocuteur lève son index, qu'il le pointe ou non vers vous, c'est qu'il a quelque chose à dire et veux absolument intervenir. Gestuelle omniprésente durant les débats, ce mouvement place celui qui l'exécute au cœur de l'action. "L'ego est mis ici en avant, on signifie à l'autre d'écouter ce qu'on lui dit."

Par analogie, l'index qui va se réfugier dans le creux de la main manifeste une volonté de ne pas participer au débat, de rester en retrait.

 

En savoir plus: Le Journal du Net.com

 

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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 09:30

Cet article plein de conseils utiles est enfin complet. Je le publie à la demande de jeunes patients à la recherche de jobs ou de quadragénaires en quête d'un CDI.

       

Je mets donc à disposition de tous ces précieuses informations concernant les nouvelles façons de rechercher un emploi 

            
Car aujourd'hui, les sites sociaux ont remplacés les enveloppes et les timbres d'autrefois, et pour les mêmes dépenses (abonnements aux sites concernés), vous pouvez trouver la perle rare ou le job temporaire, indispensable pour survivre ou simplement remplir les comptes de certains étudiants. 

                             

Armez vous de patience, l'outil internet n'est pas facile à manipuler. Vous pouvez toutefois vous faire aider par vos enfants, ils apprécieront sans doute la complicité intergénérationnelle et vous ferez d'une pierre deux coups ! 


Emploi, travail, recrutement avec Jooble-fr.com, le site de l'emploi sur internet:


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Voici donc les informations que j'ai pu recueillir afin que vous puissiez en disposer:

 

                               

Décrocher le poste idéal grâce au networking en ligne ? Une bonne piste pour les jeunes diplômés et les salariés qui savent utiliser les réseaux sociaux. Facebook, Viadeo, LinkedIn, Copains d'avant... Quel réseau choisir ? Qu’écrire sur son profil ? Comment augmenter ses contacts ? Quelles sont les erreurs à éviter ? Mode d’emploi et conseils. 

                                  
Arrivé en région parisienne en décembre 2007 sans emploi ni carnet d'adresses, Arnold Yvray décide de s'inscrire sur Viadeo. À 39 ans, ce Dijonnais, cadre intermédiaire dans la logistique, a démissionné pour suivre sa femme, mutée. En six mois, grâce au réseautage en ligne, il se fera 35 relations et  décrochera un CDI chez l'équipementier automobile Faurecia. Nulle magie là-dessous. Qu'ils soient professionnels (Viadeo, LinkedIn…) ou plus « amicaux » (comme Facebook ou Copains d'avant), les réseaux sociaux ont le même but : nouer ou maintenir des contacts. Ils tirent leur force de l'effervescence et de l'esprit d'entraide qui y règnent. Il s'y passe toujours quelque chose : les membres modifient leurs pages personnelles, visitent celles des autres, s'écrivent, relaient des informations… et ouvrent même leurs carnets d'adresses, rendant ainsi accessibles des contacts autrefois injoignables. Une manne, quand on connaît le mode d'emploi...

               

 

1. Quel réseau choisir ?
                
Commencez par peaufiner votre projet. Chaque site a en effet sa spécificité : parmi les leaders, le francophone Viadeo est numéro un dans l'Hexagone ; plus international, LinkedIn est anglophone, tandis que l'allemand Xing s'attache plutôt à l'Europe centrale.
Autre critère : misez sur des sites déjà fréquentés par vos connaissances ; vous gagnerez en temps et en efficacité. Déjà membre de LinkedIn et de Viadeo, Julien Louët, 35 ans, a ainsi rejoint Facebook. Arrivé au terme d'un CDD, le responsable de production audiovisuelle espère « y retrouver des connaissances qui pourraient [l']aider à retrouver un job ». Bon calcul ! Moins de deux mois après son inscription sur le site, un ami membre de Facebook recommande Julien pour un CDI qu'il décrochera au sein du groupe Prisma Presse.
                      
Conseils.

              
Ne vous dispersez pas. Le « cocktail gagnant » de Jean-Michel Oullion, auteur de Trouver son job grâce à Internet (éd. L'Express) ? « Un profil sur un réseau professionnel, un sur un réseau d'école ou un club professionnel, et un sur Facebook ».
Attention, Facebook ou Copains d'avant ont pour but premier de renouer et de maintenir des contacts amicaux, avertit Jean-Michel Oullion. Ceci dit, estime le spécialiste, sur Facebook, qui a l'avantage d'être très fréquenté, « on voit apparaître des outils professionnels », tels que l'insertion de CV en ligne ou l'application Work With Me, utilisée par des salariés de L'Oréal, Areva ou Unilog, qui indiquent ainsi à leurs connaissances les emplois à pourvoir dans leur entreprise. Pourquoi s'en priver ?
                
             
2. Qu'écrire sur son profil ?
                
Comme tout nouveau membre, Julien Louët a dû commencer par renseigner son profil – en remplissant la fiche que les utilisateurs du site vont consulter pour en savoir plus sur lui. Mieux vaut être direct : pour Julien, tout change ainsi le jour où il décide d'annoncer « Julien recherche un nouveau job ; si vous avez des idées, n'hésitez pas à me contacter ». Facebook notifie illico cette info à tous ses contacts. Cela fait tilt chez l'un d'eux, qui connaît son parcours et a justement vu sur le site qu'une connaissance de chez Prisma cherchait un responsable de production audiovisuelle. Il conseille à Julien d'écrire à ce recruteur. « Un mois après, j'étais embauché ! »
                         
Conseils.

                
Pour être bien compris par les membres (qui lisent vite), en tête de votre profil présentez clairement votre projet : « J'ai passé trois ans chez... en tant que... Je cherche un poste de... dans telle spécialité dans tel secteur d'activité. »
Si vous êtes en poste, préférez les formules plus elliptiques : « Je suis à l'écoute du marché », « Je suis ouvert aux contacts ».
En outre, pour attirer l'attention des membres et des recruteurs en maraude, « mettez votre photo », conseille Olivier Fécherolle. Et puisqu'Internet vous laisse plus de place et surtout de liberté qu'un CV papier, « détaillez votre expérience actuelle et deux ou trois passées, suggère le DG adjoint de Viadeo. Vous pourrez compléter par des liens hypertexte vers vos employeurs ou vos réalisations. » Mettez aussi vos centres d'intérêt en valeur : sur le profil de Julien Louët, on peut ainsi voir que ce spécialiste de l'audiovisuel a créé sur Facebook un groupe de fans du réalisateur Gaspar Noé.
Prudence toutefois, car Facebook incite aussi à remplir des champs (optionnels) sur son orientation politique, religieuse, sexuelle… Et nombreux sont les jeux et vidéos potaches envoyés par les amis : si vous vous accordez ce petit divertissement, effacez ensuite de votre page les données qui pourraient vous desservir auprès d'un employeur. La question à se poser systématiquement, selon Jean-Michel Oullion : « Le mettriez-vous sur votre CV ? ». Imparable.
            
                
3. Comment augmenter ses contacts ?

                    
Les contacts directs sont essentiels : les membres ayant accepté d'entrer dans votre cercle sont ceux qui vous apporteront leur appui et leur carnet d'adresses. Or, explique Olivier Fécherolle, le networking « consiste plus à optimiser un réseau réel qu'à se créer ex nihilo un réseau virtuel ». Sortez donc vos cartes de visite des tiroirs où elles s'empoussièrent, listez vos (ex)-collègues, partenaires commerciaux, condisciples, parents et amis : ils seront les premières briques de votre réseau. Totalement déraciné, Arnold a pour sa part foncé sur les « hubs » (les forums thématiques de Viadeo) afin de rencontrer des gens ayant les mêmes centres d'intérêt professionnels (la supply chain) ou personnels (le sport et le cyclisme). Au fil des échanges, il a sympathisé avec des membres qui ont bien voulu devenir ses contacts. Sur ces forums, observe Olivier Fécherolle, « féliciter un contributeur pour son message, répondre à une question d'un autre, sont autant de moyens d'entrer en contact ».
                      
Conseils.
                       
Lors de votre inscription, le site vous propose de repérer automatiquement dans votre répertoire électronique les connaissances déjà membres du site, et d'inviter les autres à vous rejoindre.
Mais attention, ne vous ruez pas dans une course aux contacts : « Ciblez les gens qui vous connaissent suffisamment pour pouvoir vous recommander », prêche Olivier Fécherolle. Par la suite, votre répertoire grossira si vous fréquentez des forums, si vous entrez en relation avec des contacts de contacts, ou parce que des connaissances vous retrouveront. « De 20 à 50 contacts directs est un bon objectif » ; plus, c'est difficilement gérable.
N'hésitez d'ailleurs pas à refuser une demande de mise en relation émanant d'un inconnu, sauf s'il est recommandé par un ami commun.
              
              
4. Comment transmettre sa candidature ?

                    
« J'aurais pu envoyer ma candidature aux 50 000 membres travaillant dans la supply chain, raconte Arnold Yvray… Mais il ne faut pas être trop intrusif : on ne distribue pas son CV à tout-va dans un cocktail », sourit le logisticien. Certes, rien ne vous empêche d'utiliser le moteur de recherche du site pour trouver le professionnel en poste dans la société de vos rêves et lui transmettre votre CV. Mais vos chances seront bien plus grandes si vous êtes recommandé par un ami commun. Julien Louët avait repéré sur Facebook des professionnels en poste par lesquels faire transiter son CV. Mais il a aussi « pris soin de faire une enquête croisée sur Facebook, LinkedIn et Google », pour voir si des amis communs pouvaient l'introduire. Le fait d'être adressé par une relation a d'ailleurs « un peu joué » dans son embauche chez Prisma, reconnaît l'intéressé, qui réunissait par ailleurs toutes les compétences demandées.
                     
Conseils.
                          
« L'intérêt des réseaux, confirme le DG adjoint de Viadeo, ce sont les contacts de vos contacts. » Imaginons qu'une de vos relations connaisse le directeur marketing du groupe où vous aimeriez entrer : cet ami commun pourra forwarder votre CV, ou vous autoriser à vous recommander de lui.
Mais gare : « Pouvoir contacter quelqu'un ne signifie pas qu'on puisse l'aborder n'importe comment », avertit Richard Menneveux, fondateur de Moovement, un moteur de recherche d'offres d'emploi. Dans vos messages, ne vous montrez donc pas pressant ; écrivez plutôt : « Voilà ma situation du moment ; auriez-vous des pistes ou des conseils ? » ou « Est-ce que ma candidature pourrait intéresser une société comme la vôtre ? ».
Soyez porteur de solutions : au lieu de « Je suis en recherche d'emploi », dites par exemple « J'ai vu que votre société faisait ça ; justement, j'ai telle expertise ».
                 
                    
5. Quelle autre aide glaner ?
 
                     
Les réseaux sont aussi des mines de renseignements quand on cherche un emploi. Avant chaque entretien d'embauche, Arnold Yvray, le logisticien, a par exemple consulté le profil Viadeo de son interlocuteur : « Si c'était un homme de terrain, je me permettais d'utiliser des termes techniques dans la discussion ». Grâce au moteur de recherche du site, il a aussi ciblé une dizaine de salariés, actuels ou passés, de ses employeurs potentiels, afin d'en savoir plus sur l'entreprise visée. Tous lui ont répondu « dans la semaine, en détaillant le contexte du poste, l'ambiance… ». Un coup de main appréciable en entretien : « Ainsi, je n'étais pas surpris, j'avais affûté mes arguments. »
                     
Conseils.

                     
La solidarité au sein des réseaux est étonnante – « mais nos membres sont des gens occupés », rappelle Olivier Fécherolle. Personnalisation, justification de votre démarche, politesse et orthographe sont donc de mise quand vous demandez de l'aide, surtout à un inconnu. Au besoin, rédigez d'abord votre message sous Word.
            
                
6. Comment soigner ses relations ?
                  
Pour être apprécié (et aidé à l'avenir !), proposez votre aide et ouvrez à votre tour votre carnet d'adresses à ceux qui en ont besoin. Et ne harcelez pas votre réseau : autorisez-vous une relance maximum, une semaine après votre demande de coup de main. Car, rappelle Richard Menneveux, « tout le monde n'a pas forcément le temps et le réseau nécessaire pour vous aider à chaque fois ».
En outre, ajoute le spécialiste, « il ne faut pas négliger les faux rebonds » : même en cas de réponse négative, remerciez donc vos contacts ; ils penseront peut-être à vous une prochaine fois…
Si, en revanche, l'intervention d'une connaissance porte ses fruits, racontez-lui les progrès de vos démarches. Et une fois votre contrat signé, invitez votre go-between à déjeuner !

               

 

Quelques rêgles importantes à suivre: (à lire en complément).

             

 

Quelles précautions prendre quand on fréquente des réseaux en ligne ? L'avis de Sophie Vulliet-Tavernier, directrice des affaires juridiques à la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés).

Quels risques encourt-on en publiant des renseignements personnels sur des réseaux en ligne ?

On peut citer l'usurpation d'identité, l'utilisation de vos données à des fins commerciales et la dissémination d'informations privées. Facebook nous pose problème : ce site américain recueille notamment des données sur les convictions des utilisateurs, ce qui est contraire à la loi européenne.
              
Quelles précautions peut-on prendre ?

Inscrivez-vous avec une adresse mail créée pour l'occasion. Utilisez si possible un pseudo. Configurez votre profil pour qu'il ne soit visible que de vos contacts. Et veillez aux messages et photos que vous, mais aussi vos connaissances, mettez en ligne.
          
Comment effacer son compte ?

Sur Viadeo, tout est clairement indiqué. En revanche, pour l'heure, quand Facebook efface un profil, il conserve les données, ce qui est un souci.

 

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Connectez-vous de chez vous : la Cour de cassation a reconnu à l'employeur le droit de consulter, sur l'ordinateur qu'il met à leur disposition, les fichiers et connexions Internet de ses salariés.

N'attendez pas le dernier moment : il faut du temps pour apprendre à manier les outils, acquérir une visibilité online et se forger un carnet d’adresses solide.

Homogénéisez vos profils : trop de gens se créent des profils sur plusieurs sites, sans les maintenir à jour.

Utilisez le virtuel pour passer au réel : au bout d'un ou deux échanges écrits, décrochez votre téléphone ou proposez un café. Et rendez-vous aux rencontres physiques organisées par les membres du site !

      

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Vous cherchez du travail et avez déjà écumé votre cercle de relations, les sites emploi et les réseaux sociaux type LinkedIn ou Viadeo ? Et si vous parliez de votre recherche sur les forums en tous genres que compte le Web ? Les conseils de Richard Menneveux, expert d'Internet et fondateur de "Moovement", moteur de recherche d'offres d'emploi, pour profiter à plein de cette voie originale, mais qui peut être fructueuse.

 

1. « Identifiez les forums adéquats » : rien de pire qu'une demande lâchée au petit bonheur la chance sur un forum que vous ne fréquentez pas régulièrement. Passez donc par les forums dédiés à votre métier ou à votre secteur. Mais, conseille Richard Menneveux, « ne négligez pas ceux qui sont consacrés à vos hobbys » : « L'idée est effectivement de développer son réseau au-delà du cercle professionnel immédiat. Exactement comme le font les membres d'un club de golf ou d'une association sportive, qui sont des endroits formidables pour réseauter ! »

    

2. « Participez activement aux discussions » : avant de solliciter les habitués du forum, il convient de vous faire connaître (en bien !) de ses membres en apportant votre contribution à la collectivité. Pour cela, commencez par vous familiariser avec le site en parcourant sa charte de conduite et en lisant les messages qui y ont été postés, puis puisez dans vos compétences et « entrez dans la discussion, partagez vos informations, vos conseils, rendez service aux membres du forum ».
Selon Richard Menneveux, il n'est toutefois pas indispensable de rester connecté, aux aguets, nuit et jour : « Certains participants sont très estimés bien qu'ils ne postent qu'une ou deux contributions par mois. L'essentiel est qu'elles soient de qualité. »

            

3. « Ne sollicitez pas n'importe qui, pour ne pas risquer de taper dans le vide » – et de polluer le forum : sauf s'il est d'usage que les participants exposent leur recherche d'emploi directement sur le site, « contactez uniquement les membres dont vous avez appris qu'ils recrutaient actuellement, ou ceux avec qui vous avez pu nouer un contact fort ». Pour leur demander de l'aide, envoyez aux heureux élus un message privé (« MP ») – grâce au bouton situé près de leur pseudonyme et sur la fiche résumant leur profil.

               
Tournez votre message comme vous le feriez dans un courriel, en écrivant par exemple : « Cher...., je me permets de t'écrire car je cherche en ce moment un job de... dans tel type de structure. Si d'aventure tu entends parler d'un poste à pourvoir... Après ma formation de..., j'ai passé x années chez (nom de l'entreprise) en tant que (intitulé du poste). Je serais ravi(e) si tu pouvais faire quelque chose pour moi. Pourrais-je te faire passer ma candidature ? Ton avis me serait précieux. »

             

Votre correspondant vous répond avec bienveillance ? Il est temps de lui proposer d'échanger vos adresses mail, afin que vous puissiez lui envoyer votre CV et votre lettre de motivation.

         


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Pour Hervé Bommelaer, consultant en gestion de carrière et auteur de « Rebondir en temps de crise, 50 bons réflexes au quotidien », outre un plan B, il faut aujourd’hui avoir un plan C ou D « pour s’adapter en cas de pépin ». Encore faut-il savoir tisser un réseau efficace. Ses conseils.

 

Est-ce vraiment le moment de bouger aujourd’hui ?

           

C’est l’un des meilleurs qui soit si l’on accepte un minimum de risques. Les chasseurs de têtes qui recrutent se plaignent du déficit de candidatures. Naturellement, toute crise est source d’angoisse, de colère, de rancœur, de frustrations. Soit on se pelotonne sur soi. Soit on prend des risques. Alors autant en profiter pour penser et agir de façon « disruptive ». Autrement dit pour traquer ses modes de pensée répétitifs, ses certitudes, la routine. Et se repositionner, sur son job, son devenir, ses envies. Les managers qui ont vécu des ruptures de carrière retrouvent, après avoir rebondi, un bel appétit professionnel, à 80 % pour d’entre eux. Les lignes bougent sur les métiers, les façons de l’exercer. Il faut oser envisager des voies professionnelles inattendues.

            

Faut-il donc anticiper le pire ?

Un cadre doit toujours avoir une solution de sortie, un plan B. Classique ! Il sait que si ça tourne mal ou s’il n’est plus bien à son poste, il pourra faire autre chose. Actuellement, l’incertitude et l’imprévu font partie du quotidien. Il aura donc aussi un plan C et D, afin de s’adapter au mieux en cas de pépin. Il peut imaginer diverses voies : changer de métier pour faire du commercial – il y a des postes –, devenir formateur, vivre de missions via le portage salarial, créer sa structure de conseil, etc. Quitte à revenir en entreprise quand la tempête sera passée. Il se sera ouvert l’esprit.

              

Le réseau est-il la solution miracle ?

C’est une solution pour dégager des pistes. Beaucoup de gens restent sur le syndrome du meilleur élève. Cette idée que celui qui arrive tôt en classe ou qui révise ses leçons à l’étude réussira partout. Faire bien son travail ne suffit pas pour s’en sortir. En entreprise, le relationnel pèse autant que les compétences. Quelqu’un de brillant mais isolé sera viré le premier. Bien avant son collègue moins performant mais qui a de l’influence, des appuis. Comme les enfants moins studieux, il faut sortir dans la cour de récréation, là où se tissent les alliances. Mais attention au réseau « cocooning ». Voir des gens comme soi, du même âge, du même métier, issus de la même école, est inefficace. Tout le monde pense pareil et se rassure. Rencontrez des gens différents, d’autres univers. Ayez accès à des informations originales. Cela, personne ne le fera à votre place.

        

Comment dégager du temps alors que la pression est si forte dans les bureaux ?

Un bon moyen consiste à optimiser ses déjeuners. En les programmant en avance, avec des personnes de l’entreprise et de l’extérieur (experts, clients, fournisseurs etc.). Vous avez 5 déjeuners par semaine, soit 250 par an en retirant les vacances. Vous pouvez donc rencontrer 250 personnes différentes dans l’année. Sans que cela ne prenne trop de temps. Préparez ces repas : qu’est-ce que je sais d’elle (de lui) ? Que puis-je lui apporter ? Que peut-elle (il) m’apporter comme idées et nouveaux contacts. On peut ensuite élargir aux petits-déjeuners, apéritifs, ou cafés du soir qui ont l’avantage de ne pas s’éterniser.

             

Vous affirmez que la crise est un examen de passage pour un manager…

Oui. Parce que lors de séismes, souvent, chacun cherche à sauver sa peau. Se laissant submerger par ses peurs. Regardez mai 68. Lorsque De Gaulle partit à Baden Baden, Georges Pompidou est resté tout seul à Matignon avec un carré de fidèles, dont Chirac et Balladur. Les autres brûlaient leurs archives, prêts à fuir. Le premier ministre en a tiré une forte légitimité pour la suite. En entreprise, c’est pareil. Le manager doit savoir qu’il va être jugé, noté, scruté à la loupe sur ses comportements et ses capacités de leadership. Tant par ses troupes que par son supérieur. Le chef d’équipe surtout, qui reste un rouage essentiel, sera jugé sur son courage devant l’épreuve. Il doit être une source d’inspiration positive, et pour ses collaborateurs et pour son patron. Ceux-ci s’en souviendront.

                 

Peut-on faire abstraction de ses doutes sur l’avenir ?

Il faut surtout fuir ceux que j’appelle les toxiques. Ces individus qui vous freineront dans tous vos élans. Quand tout va bien, ils sont déjà nuisibles. En période de crise, il pullulent et sont encore plus dangereux. Tel l’amiante présente dans les murs ou le plomb dans les canalisations, ils sont parfois invisibles. Il s’agit de les identifier autour de soi. Parfois dans le cercle de ses intimes, le conjoint, le meilleur ami, le père, l’enfant… Les toxiques dissuadent. «  C’est pas à ton âge qu’on se réoriente ! », « Créer une boîte ? Tu ne tiendras jamais le coup ». Ou bien ils s’apitoient. « Mon pauvre, ce doit être dur à vivre », « Tu n’as jamais eu de chance ». Le seul traitement possible, c’est de prendre de la distance. Fréquentez plutôt des « piles » qui vous rechargent en vous donnant de l’énergie ou des « ampoules » qui vous éclairent et vous ouvrent des perspectives.

                             

 

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Un salarié peut-il utiliser sa messagerie professionnelle à des fins personnelles ? Quels abus peuvent être sanctionnés ? Quels sont les recours pour le salarié et l’employeur ? Le point avec Maï Le Prat, avocate en droit social.

 

Il ne fait nul doute qu’une utilisation raisonnable et modérée de la messagerie électronique professionnelle à des fins personnelles est tolérée. À cet égard, la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) considère qu’il s’agit là d’un usage « généralement et socialement admis ».
        
Le salarié peut donc utiliser librement sa boîte mail professionnelle à condition de ne pas commettre d’abus.
                  
Quelles formes peuvent revêtir les abus ?
           
● Les abus dans le contenu des e-mails

                             
Dans une espèce jugée par la Cour d’appel d’Aix en Provence (7 juin 2005), un employé avait été licencié pour faute grave notamment pour avoir envoyé à l’un de ses collègues un e-mail dans lequel il tenait des propos insultants et méprisants à l’égard de ses supérieurs hiérarchiques. La Cour d’appel a jugé que ce courrier électronique revêtait un caractère privé. En effet, il s’agissait d’un échange entre salariés qui étaient sur la même longueur d’onde. L’un avait d’ailleurs attesté en faveur du second dans le cadre d’une procédure prud’homale.
Par conséquent, cet e-mail ne pouvait pas constituer un motif de licenciement, d’autant que son envoi n’avait causé aucun trouble objectif caractérisé dans l’entreprise. La Cour de cassation a confirmé cette décision le 6 juin 2007.
          
Dans une autre affaire jugée par la cour d’appel de Paris le 18 octobre 2007, le salarié avait réagi très vivement à l’établissement d’un planning de formation. Il avait violemment critiqué l’élaboration du planning par l’un de ses collègues et avait adressé un e-mail incendiaire au directeur du département de production en soulignant qu’il n’était pas d’accord et que la décision avait été prise sans lui en parler. Le salarié émetteur de l’e-mail incendiaire avait été licencié.

           
La Cour d’appel a considéré que son licenciement était dépourvu de cause réelle et sérieuse en considération notamment de l’évolution du vocabulaire utilisé dans les e-mails entre les salariés et leurs supérieurs hiérarchiques. Elle considère que le salarié n’a fait qu’user de son droit d’expression au sein de l’entreprise.
            
Il est en effet évident que les salariés sont tentés de tenir des propos beaucoup plus librement lorsqu’ils envoient un e-mail que lorsqu’ils envoient un courrier en bonne et due forme à leur employeur. La jurisprudence fait preuve de tolérance en la matière et excuse donc certains écarts de langage.
           
L’appréciation du contenu des e-mails se fera au cas par cas pas les juges. Néanmoins, il va de soi que des excès, tels que la tenue de propos racistes ou antisémites par exemple, seront considérés comme une faute grave et justifieront un licenciement.
          
● Les abus dans le volume des e-mails personnels échangés

          
L’envoi d’un volume extrêmement important d’e-mails personnels pendant ses heures de travail peut constituer une faute dans l’exécution du contrat de travail. En effet, si un usage raisonnable est toléré, il va de soi qu’un employeur serait en droit de licencier un salarié qui consacre plusieurs heures par jour ou par semaine à envoyer des e-mails d’ordre privé.
           
            
Comment distinguer les e-mails professionnels des e-mails d’ordre privé ?

                

La Cour de cassation a posé un principe en la matière : si les e-mails ne sont pas identifiés comme personnels par le salarié, ils peuvent être ouverts par l'employeur.
         
Les salariés doivent donc identifier leurs e-mails privés comme « personnels », en intitulant comme tel leur fichier d’archive ou en mentionnant le terme « personnel » en objet du courrier électronique.
            
Mais certains employeurs peuvent soupçonner le salarié de cacher derrière des e-mails présentés comme « personnels » des messages intéressant l’entreprise : on peut par exemple penser à des e-mails échangés avec des entreprises concurrentes qui pourraient porter atteinte aux intérêts de l’entreprise.
            
Dans ce cas de figure, l’employeur n’est pas démuni. Il peut en effet solliciter du Président du tribunal de grande instance qu’il ordonne une mesure d’instruction afin de pouvoir accéder aux données présentées comme personnelles par le salarié. En pratique, un huissier sera désigné par le juge afin d’accéder à l’ordinateur du salarié.
              
L’employeur doit toutefois démontrer au juge qu’il dispose de motifs légitimes de faire procéder à cette mesure d’instruction. Il devra alors fournir les éléments preuve l’ayant conduit à soupçonner le salarié.
                
Pour ménager l’effet de surprise, l’employeur pourra même, dans certains cas, obtenir du Président du tribunal de grande instance une mesure d’instruction sans que le salarié en soit informé.

 

                                                           -------------------------------

           

           

Quand on cherche un emploi, se servir du courriel pour demander de l'aide à ses relations peut être très fructueux. Démonstration.

 

Solliciter ses connaissances par mail pour l'aider à trouver un poste ? Gwenaëlle Chabert trouvait cela « culotté ». Mais faute de trouver une annonce pour l'emploi de ses rêves («  un poste RH comportant du recrutement et du développement de carrière, dans une entreprise internationale »), et encouragée par un DRH issu comme elle de l'Essec, la trentenaire a posté un mail, avec son CV en pièce jointe, à une trentaine de personnes ciblées : « d'anciens collègues du recrutement chez Altran et des amis dont je savais que leur structure était assez grande pour avoir un département RH et des postes vacants ».
            
Dans son message, Gwenaëlle précise bien le poste visé, « pour ne pas déranger en vain, et ne pas entamer la crédibilité du destinataire qui irait me recommander à sa DRH ». Le jour même, une ancienne collègue lui répond : « Je ne savais pas que tu cherchais. Il y a justement un poste à pourvoir dans ma société ! » « Elle a transmis mon CV à la DRH du groupe et l'a même appelée pour lui parler de moi. Un mois et demi à peine après mon mail, je signais mon contrat ! »
                 
Conseils. « Le mail est le premier outil à employer pour amorcer sa recherche d'emploi », tranche Richard Menneveux, le fondateur de Moovement, moteur de recherche d'offres d'emploi. « Le courrier électronique permet en effet de travailler efficacement un grand nombre de contacts ; il est moins intrusif que le téléphone, puisque le destinataire vous lira quand il le souhaitera ; enfin, il permet de délivrer clairement toutes les informations utiles. »
                
Deux étapes. Procédez en deux temps : ciblez d'abord un petit cercle pour affiner votre candidature, avant de l'envoyer à vos anciens collègues, prestataires, clients… N'hésitez pas à solliciter des gens rencontrés il y a plusieurs années : « L'entraide se développe, assure Richard Menneveux, car on sait tous que la vie en entreprise n'est pas rose. » En revanche, « faites des messages ultra-personnalisés » : surtout pas de copier-coller ni de mail groupé (à cause des destinataires en copie cachée, les logiciels anti-spam peuvent filtrer votre missive). Ajoutez cependant un texte plus neutre que les destinataires pourront directement forwarder aux RH.
                
Savoir attendre. Ne soyez pas directif : écrivez par exemple « Je serais heureux si tu peux faire quelque chose pour moi », et terminez par une question ouverte, comme « Que penses-tu de ma candidature ? », car « les meilleurs relais sont ceux qui auront validé votre démarche ». Par ailleurs, attendez plutôt de croiser sur un salon ou dans un cocktail les personnes sursollicitées ou les cadres dirigeants qui font filtrer leurs mails par leur assistante.
                
Ultime recommandation : si vous êtes en poste, passez plutôt par des gens que vous connaissez bien, en précisant dans votre mail « Je suis encore en poste. Merci de veiller à ce que mon CV circule aux bons endroits ».

      

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Accéder à des offres d’emploi non publiées, trouver de nouveaux clients, obtenir des informations au sein de l’entreprise… Utiliser son réseau est désormais indispensable. D’un naturel plutôt timide, vous ne savez comment vous y prendre ? Qu’à cela ne tienne ! Différentes possibilités existent, en fonction de votre personnalité. Conseils.

 

« Tant que j’étais salarié dans de grandes entreprises, je n’étais pas très réseaux, reconnaît Philippe Guiheneuc, DG de Smartline, une société de webmarkting. C’est seulement quand j’ai créé mon entreprise que j’en ai ressenti la nécessité : j’étais seul et j’avais besoin de me faire connaître. Développer mon réseau était devenu un impératif. J’ai d’abord recontacté mes camarades de promo de l’Essec puis j’ai commencé me rendre à des conférences thématiques sur les sujets qui m’intéressaient. Mais dans les cocktails qui suivaient, je me retrouvais seul, un verre à la main, arborant un sourire plaqué en attendant que quelqu’un vienne me parler… Timide, je me sentais mal à l’aise et finissais par repartir sans avoir rencontré grand monde. »

            

Avoir une bonne raison d’aller vers les autres
       

Cette situation vous est familière ? D’un naturel introverti, vous redoutez de « réseauter » car vous ne savez pas comment vous y prendre ? Qu’à cela ne tienne ! Constituer et utiliser un réseau ne répond pas à un mode d’emploi rigide, mais tient plus à la personnalité de chacun. Même les « timides », comme Philippe Guiheneuc, ont leur chance de réussir. À condition de faire preuve de créativité. Pour « avoir une bonne raison d’aller vers les autres », il a décidé de créer lui-même un club, en s’appuyant sur l’association des anciens de l’Essec. « Je me suis dit que cela me donnerait une raison valable de parler aux gens ! Et c’est ce qui s’est passé. À force d’organiser des conférences, j’ai eu un déclic et compris la mécanique des réseaux : les personnes sont là pour discuter, il suffit d’aller vers elles pour engager la conversation… C’est un état d’esprit à acquérir. »

Pour Valentine Chapus-Gilbert, fondatrice de Chapus conseil (conseil RH, formation et coaching), le réseau est « une alternative au commercial ‘dans le dur’ ! ». « Je suis très impliquée dans les réseaux. Depuis que j’ai créé mon cabinet, c’est en effet toujours par ce biais que j’ai travaillé. » Mais pour elle non plus, pas question de jouer un rôle et de faire des choses qui ne lui ressemblent pas. « Si je suis active dans mes réseaux, je suis aussi naturelle. Je ne cherche pas à contacter des ‘huiles’ pour le plaisir de faire du ‘name-dropping’*. Je m’adresse à des personnes qui sont à ma portée, avec lesquelles je suis authentique. C’est pour moi la meilleure façon de construire une relation sincère et durable avec elles. »

          

Objectif personnel au second plan
                

Sans perdre de vue leur avantage voire leur nécessité (trouver, grâce à ces contacts, de nouveaux clients, un emploi…), les adeptes du réseau sont unanimes : l’objectif personnel doit d’abord passer au second plan. L’exercice requiert donc un altruisme certain, comme l’illustre Stefan Recher. Ce directeur de marché chez Dassault-systèmes, « adore » mettre en relation des personnes qui n’en auraient pas eu l’occasion sans son intermédiaire. Tel un « chasseur de têtes », il permet ainsi à ses contacts d’accéder à des offres d’emploi pas encore publiées. « J’ai dans mon ordinateur, et avec leur accord, une banque de données de CV des personnes que j’ai croisées dans ma vie, avec qui j’ai travaillé ou qui m’ont semblées fiables. Quand j’entends parler d’un besoin, que ce soit dans mon entreprise, mais aussi chez un client ou un fournisseur, je fais simplement le lien entre ce besoin et les personnes que j’ai croisées, même des années avant ! Cela ne me demande pas grand-chose : une minute pour retrouver un CV et le faire suivre à la bonne personne. » Une activité à laquelle il s’adonne sans contrepartie, « simplement pour la satisfaction de faire correspondre une offre à une demande ». Peut-être aussi en souvenir de ses débuts dans la vie active en 1993, année de récession sévère. « Jeune diplômé, je n’ai eu personne pour soutenir ma candidature, et j’ai eu du mal à trouver mon premier job. Aussi aujourd’hui, je suis heureux de pouvoir aider une personne à avoir au moins l’occasion de se présenter à l’entretien d’embauche. »

 « Ceux qui réseautent par pur intérêt, sans sincérité, n’en tirent pas grand-chose », insiste Eric Vandewalle, Account Manager chez Meadwestvaco. Cet ingénieur chimiste a commencé par s’investir dans l’association des anciens de Centrale Marseille. « L’association était en pleine restructuration et cela me plaisait de donner un coup de main. D’autant que c’était aussi l’occasion de passer du temps avec des copains de promo ! » Cet engagement lui a plu, et il a continué en rejoignant l’Unafic (Union nationale des associations françaises d’ingénieurs chimistes). « L’industrie chimique est mal considérée en France, et j’ai envie de contribuer à faire changer cette image. »

            

La clé d’un réseau efficace
                  

Mais qu’on ne s’y trompe pas : la démarche nécessite un investissement personnel important. « Soigner ma visibilité dans les réseaux me demande un vrai travail et beaucoup d’énergie, reconnaît Valentine Chapus-Gilbert. J’anime le club RH des anciens de l’EM Lyon, je participe à un groupe d’échanges de pratiques au sein de la SF coach notamment. Partout, j’essaie d’apporter des idées, d’être proactive. Eric Vandewalle, lui-aussi, se souvient des mois de préparation que lui a demandé l’organisation d’un colloque sur la Chine, au Sénat, pour l’association des anciens de Centrale Marseille. Au bout de quelques années Philippe Guiheneuc a décidé de quitter la présidence de son club. « Organiser des événements représente un gros travail et mon réseau est suffisamment développé aujourd’hui. En revanche, je continue à entretenir mon cœur de réseau, mes amis camarades de l’Essec. Nous organisons des dîners réguliers, à la fois informels et conviviaux mais centrés sur nos problématiques professionnelles. »

Beaucoup d’énergie, donc, et pas d’attente de retour à court terme, voilà la clé du « réseautage » efficace. « Pour moi, c’est un processus de long terme, explique Valentine Chapus-Gilbert. Mes réseaux, je les ai constitués au fil de mes expériences professionnelles : clubs d’anciens de mon école, associations de métiers… J’aime y rencontrer des gens, je m’intéresse à eux, je ne suis ni en demande ni en offre de service. On ne sait jamais ce qui en sortira. Il ne faut pas en attendre un retour immédiat. »

Charles**, responsable grand comptes chez Orange business services (France Telecom) et grand fan du réseau au sein de l’entreprise, résume bien l’état d’esprit requis. « Je n’aborde jamais les membres de mon réseau avec des attentes, mais en me demandant au contraire : ‘Que puis-je faire pour aider cette personne ?’ C’est, selon moi, le secret de la réussite. »

               

L’importance du réseau interne
                  

Désintéressés, les pros du réseau ? Pas vraiment. « J’y trouve des informations sur le marché, des contacts, éventuellement, énumère Philippe Guiheneuc, mais aussi le plaisir d’échanger des points de vue et de prendre du recul sur des problématiques professionnelles ». Pour Charles, le bénéfice est très concret : « Chez France Télécom, beaucoup de problématiques se résolvent en dehors des circuits traditionnels. Qu’il s’agisse d’obtenir des informations utiles pour un client, d’influencer une réunion dont la décision finale est importante pour vous, mais aussi d’anticiper la suite de sa carrière : tout cela est facilité quand on a un réseau interne solide. » Eric Vandewalle évoque la confiance en soi acquise en organisant des événements qu’il n’aurait jamais eu l’occasion de créer dans son métier de commercial. Organiser un colloque au Sénat ou une soirée-débat avec Jean-Martin Folz, cela fait grandir », résume-t-il. Et quand, à la fin de la soirée, un prospect avec lequel il avait le plus grand mal à briser la glace est venu le féliciter chaleureusement… Leurs relations ont été d’un tout autre ordre par la suite ! Réseauter, c’est décidément plein de bonnes surprises ! A condition d’être prêt pour une course de fond.

               

* name dropping : dans une conversation, habitude de lancer des noms de personnes connues, dont on se dit proche, pour se valoriser aux yeux de ses interlocuteurs.

** Le prénom a été modifié.

 

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Informations et conseils: Myriam Greuter et Maï Le Prat. Février 2009-PSF-Tous droits réservés. Ouvrages: Hervé Bommelaer.

   

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