18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 17:56

Selon Michel Bonhomme, la complexité et la pluralité des sexualités de l’homme s’expriment aussi  bien dans les dysfonctionnements sexuels que nous rencontrons en sexologie que dans les problématiques des hommes vivants en couple. Les créations sexuelles des hommes ne sont pas fondamentalement différentes de celles des femmes. Elles ont pris racines dans la relation à la mère primaire dont il a fallu se défaire pour devenir un sujet sexué " différencié "

Putain des Palaces, by Nathalie Feisthauer

Putain des Palaces, by Nathalie Feisthauer

Elles se différencient  essentiellement par les contre investissements du surmoi en lien avec la place de la femme dans la culture et dans la religion. Faire l’amour pour l’homme a toujours renforcé son narcissisme phallique. Aimer faire l’amour  place la femme dans une forme de dévalorisation narcissique associée à l’image de la putain en contradiction avec celle plus valorisante de la maman.

 

L’homme s’est ainsi retrouvé pris entre deux scènes opposées. Dans l’une, on trouve un macho phallocrate qui vit sa sexualité dans le mépris et l’humiliation de la femme, la putain et dans l’autre, un bon père de famille, copain, pro-féministe, respectueux de la femme, la madone.

 

Le mot “ Putain ” désigne une femme capable d’être féminine, sexy et érotique. Elle sait être désirable et séduisante et ose montrer son envie. Elle recherche le plaisir autant pour le recevoir que pour le donner. La putain associée à l’image de la prostituée a de tout temps exercée une grande fascination chez l’homme. Elle est au centre des images pornographiques. Elle s’exprime également dans les violences  sexuelles presque exclusivement le fait des hommes.

 

L’attraction et l’emprise de la femme sur l’homme ont fait qu’il a dû se protéger d’elle en la diabolisant. Il lui a opposé  l’image de la pureté de la madone et  du sacrifice de la femme qui enfante dans la douleur.  Cette image   renvoie à la sainte vierge et au cliché de la mère de famille parfaite, excellente et indispensable. La madone peut tout contrôler, dominer et diriger, tout en culpabilisant son entourage et  en se prenant souvent pour une victime.

 

La libération sexuelle de la femme dans nos sociétés occidentales a changé la donne. L’évolution actuelle est difficile à saisir, mais elle va dans le sens d’une moindre différence dans les comportements sexuels. Néanmoins, les déterminants biologiques du désir font que la sexualité de l’homme restera probablement  toujours plus agressive.

 

Entre l’amour et la haine

 

Dès la naissance l’enfant est en lutte entre deux forces contraires qui engendrent son angoisse.  Le désir de rester indifférencié à  la mère au risque de ne pas exister, et la nécessité  de s’individualiser au risque de se sentir menacé d’abandon et d’être insécurisé. La relation inscrite dans la présence maternante  de  la mère est érotisée. Pour calmer l’angoisse liée à ses absences, il crée un espace transitionnel dans lequel des fantasmes évoqués sont associés à des stimulations physique, engendrant des mouvements aussi bien tendres qu’hostiles.- fantasmes masturbatoires. Son monde interne se construit sur un mode clivé. Il éprouve de  l’amour lorsque son désir est satisfait. Il se sent détruit et ressent de la rage lorsque l’environnement n’est pas conforme à son désir.

 

Dans ce modèle simplifié, la présence d’une mère suffisamment bonne qui ne se laisse pas détruire par l’angoisse et l’hostilité de son bébé,  favorise l’intégration de la gratitude et de l’hostilité à la mère. Les représentations de cette dernière seront pour l’essentiel  plus ou moins refoulées sous la pression des différents processus éducatifs. Les affects hostiles resteront inscrits comme un proto-langage s’exprimant sur un mode préverbal dans la communication érotique. Cela va déterminer la  manière dont l’homme va gérer ses angoisses et sa capacité à les érotiser.

 

Dès les premiers mois de la vie, l’enfant est  en présence de l’ailleurs de la mère intéressée par un autre, le père et d’éventuels frères et sœurs.   Il renonce à son omnipotence  au profit de la toute puissance de la mère. Pour supporter l’angoisse, il se place dans une  position masochiste. « Si c’est son désir, c’est bon pour moi. »

 

Puis il subit l’épreuve de la différence des sexes et des exigences de la réalité. Il s’inscrit dans  le jeu des identifications croisées aux deux parents sexués. Il est confronté à une nouvelle castration en  renonçant à posséder sexuellement les parents. Ses constructions incestueuses imaginaires feront partie de ses proto-fantasmes faits de mouvements fusionnels et anti-fusionnels et s’intègreront plus tard dans les exigences sexuelles du  MOI.  Celles-ci permettront à l’homme de s’abandonner à des expériences de possession, de perte, d’effacement des limites et à la jouissance sexuelle.

 

L’identité sexuelle du garçon…

 

Pour intégrer les schémas socioculturels  de la masculinité, le garçon doit se défaire de la féminité primaire rencontrée dans l’expérience de maternage avec maman. Pour cela il  doit changer d’objet d’identification et s’éloigner de la mère en mettant  à l’écart ses besoins fusionnels. L’acquisition de l’identité de genre serait donc plus difficile chez le garçon. Il  n’est pas du même sexe que sa mère. En se différenciant et en  s’éloignant d’elle, il s’expose aux  anxiétés d’abandon, en restant trop proche il se sent englouti et ne peut accéder à la masculinité. De là s’inscrit en lui le complexe fusionnel, anti-fusionnel basé sur le clivage amour haine. On le  retrouve dans la dualité sexuelle de l’homme faite de l’attraction et du refus de la maman et de la putain.

 

A l’adolescence cette dualité se transfère sur la  femme aimée   et désirée. Les premières  expériences sexuelles viennent souvent  renforcer l’anxiété liée aux risques de la masculinité.  L’érection est insuffisante ou l’éjaculation est prématurée. L’angoisse liée au désir d’investir la femme peut alors être contrée par une masturbation très défensive. Pour le garçon investissant plus le pôle agressif,  la génitalité servirait à protéger et à affirmer son identité sexuelle masculine. L’intimité avec la femme lui fait courir le risque de rencontrer l’anxiété de ré engloutissement.  Ce qui explique que certains hommes ne parviennent pas à établir cette intimité affective.  En évitant  la fusion et la tendresse  associées à la féminisation,  l’homme à l’impression qu’il peut mieux  maîtriser  sa sexualité.

 

Mais elle s’expose à celle de la jeune femme, à son anxiété liée à la désirabilité et aux peurs profondes de se sentir objectivée et prise pour une putain. Toutefois, la gestion des besoins fusionnels semble moins ardue pour la fille. Ce qui explique qu’en général, les femmes s’engagent avec plus d’aisance que les hommes dans un rapport d’intimité affective. Mais confondue à la mère, elles ne peuvent advenir à leur propre jouissance de femme nécessaire à l’accueil de l’agressivité phallique de l’homme.

 

La femme est diabolique !

 

La domination de l’homme présente dans la plupart des sociétés renvoie à la nécessaire fonction phallique paternelle qui permet de séparer l’enfant de la mère pour sociabiliser l’enfant. L’amant de jouissance vient aussi en position de tiers séparateur pour arracher la femme à sa relation archaïque à la mère, condition pour qu’elle accède à sa  sexualité de femelle.

 

La division de la femme aurait été renforcée par le patriarcat qui réside dans le désir de l’homme de transmettre ses biens et le fruit de son travail à ses fils naturels et légitimes. Cela a donné naissance à une organisation socio-économique où la femme trouvait d’abord sa place comme objet de reproduction ou comme objet de satisfaction des besoins sexuels de l’homme. La femme perçue comme objet sexuel était associée à la prostitution et la mère au mariage. Ce double  statut a amené l’homme à vouloir la posséder, l’exploiter, la contrôler. Il lui fallait absolument contrer les risques d’infidélité, au risque de lui faire perdre sa désirabilité. Les positions de l’église ont amplifié le clivage et nourri  la méfiance, allant jusqu’à décréter que le sexe de la femme était dangereux et maléfique. La femme par son sexe basé sur le plaisir pouvait posséder l’homme et lui faire perdre tout contrôle sur la chair. Elle devient diabolique. Le sexe incarné par Eve est coupable, punissable, méprisable. La femme  pouvait ainsi servir d’exutoire à la haine de l’homme rejoignant celle éprouvée par la castration à la mère.

 

" Ma mère n’est pas une putain "

 

Les tabous autour de la sexualité font que la mère dans sa parure de madone ne se présente  pas à l’enfant comme une femelle qui a fait et fait l’amour avec un autre. Celui-ci n’associe pas la procréation au plaisir de sa mère.

 

La plupart des patients,  rencontrés en thérapie, ont du mal à pouvoir imaginer leur mère faire l’amour. Ils ne savent rien de sa sexualité plaisir. L’imaginer dans cette position de jouissance les dérange profondément.

 

L’enfant découvre, parfois très tard, que sa mère  a fait l’amour pour qu’il puisse naître à la vie. L’amour, au sens du coït, est associé aux ébats corporels de nature animale et triviale. Il découvre la sexualité dans le secret angoissant. C’est  propice à toutes les créations imaginaires, souvent excitantes, fascinantes et inquiétantes, parfois même dégoutantes.

 

Il recherche plus tard une femme digne comme sa mère, en mesure de lui faire des enfants parfaits.  L’investissement d’objet apparenté à une putain s’oppose fondamentalement à la pureté morale de la mère. Cette opposition puissante  fonde la fantasmatique de l’homme. Elle est au cœur de sa sexualité.

 

Je revois l’exemple de cet homme qui vivait sa mère comme une sainte, mère qui a eu 9 enfants. Il avait dit à sa femme « si tu veux être heureuse avec moi, tu dois aimer ma mère ». Il a choisi une femme  frigide ayant peur de la sexualité. Il a assumé pendant 20 ans son rôle de père au prix d’une profonde frustration qu’il a compensé par de nombreuses maitresses.  Il respectait sa femme disait-il et pourtant il ne pouvait faire autrement que de la « baiser ».  Puis ils ont fait chambre à part. Cette période de sa vie a été dominée par  beaucoup de colère et d’angoisse.

 

L’infidélité activateur du désir

 

Dans l’inconscient de l’homme il y a toujours un autre possible, réel ou imaginaire qui donne à la femme sa force d’attraction et active le désir. La femme  séduisante est  susceptible d’être convoitée par d’autres. Elle est potentiellement infidèle, l’infidélité étant de tout temps associée à la putain. La femme  fidèle, bonne épouse et  mère de ses enfants perd son pouvoir d’attraction. La jalousie de l’homme repose sur l’angoisse de la perte de l’objet aimé et désiré, mais aussi sur l’attraction répulsion représentée par le rival. A la source, le rival du même sexe, le père ou le frère, est devenu plus ou moins le premier objet d’amour homosexuel. L’homosexualité latente sera souvent présente dans la fantasmatique de l’homme.

 

La jalousie est un des moteurs de la passion amoureuse. L’homme découvre partout des amants. Pour calmer sa douleur jalouse, il fait des enfants et se rassure. Il transforme sa femme en mère au foyer. Perdant ses pouvoirs de femme, elle revêt alors  ses attributs de madone, une façon d’exprimer  son hostilité en se  désinvestissant de la sexualité.

 

Je rencontre des hommes qui ont perdu tout désir sexuel pour leur femme. Visionner des films pornos ou engager  des liaisons virtuelles  avec « ces salopes » rencontrées sur internet mobilise leur désir sexuel. Faire l’amour avec leur femme qui n’aimerait pas suffisamment le sexe n’est plus suffisant.

 

D’autres hommes s’organisent discrètement des soirées en club libertin où ils peuvent mettre parfois leurs fantasmes en actes. Beaucoup  en rêve seulement. Des femmes qui ont  découvert que leur mari regardait  des films pornos ou entretenait  des échanges virtuels avec des femmes sur internet ont été très blessées.

 

Par exemple, une femme n’aimait pas faire l’amour. Elle est très belle. Après une longue période de désinvestissement total de la sexualité, elle surprend son mari sur internet engagé dans un dialogue avec des femmes qui le font sexuellement rêver. Passé le temps de la colère, elle s’engage avec lui dans un travail de psychothérapie de couple pour ne pas le perdre. Plus tard en découvrant sa fantasmatique profonde, elle reprend contact avec « la putain » et reprend goût à l’érotisme et à l’amour, son mari aussi.

 

L’hyper sexualisation de l’homme

 

L’hyper sexualisation de certains hommes s’oppose  le plus souvent à la sexualité de la femme. « Il a trop de désir » disent-elles. Elles estiment que le trop de désir a tué leur désir. L’agressivité de la demande sexuelle des hommes engendre des réactions comme : « Il fait l’amour sans me respecter », « il ne prend pas  le temps des préliminaires. » Pour l’homme, amener sa femme à la jouissance représente un double triomphe. Cela répond à la frigidité supposée de la mère et à la prise de pouvoir sur  le rival. Plus elle jouit moins elle ira voir un autre et plus elle sera convoitée comme une femme jouissive. L’enjeu entraîne souvent  des comportements envahissants et d’urgence. La putain agit comme moteur de son impatience en réaction à la madone primitive et à l’impuissance psychique face au rival. L’agressivité que cela révèle fait que l’homme  érotise  plus facilement l’hostilité présente dans  la sexualité. Alors que la femme a le plus souvent besoin de contacter le lien fusionnel et la tendresse pour accueillir l’hostilité de l’homme. Cette généralité  est souvent  nuancée par la clinique.

 

La position plus passive et masochiste de la femme recouvre souvent une agressivité latente. En se sentant sécurisée par la complicité avec l’homme, elle peut plus facilement être active et laisser vivre son agressivité. L’homme  ne pouvant s’investir dans une intimité avec sa femme, se heurtera au refus de celle-ci à être objectivée. Il ne peut ni assumer, encore moins exprimer ses désirs coupables dans la relation. Ses comportements sont ambivalents et muets comme ceux des parents.

 

 

Photo La Madone Florentine

La madone Florentine - portrait

 

 

La maman et la putain sont dissociées...

 

D’après Freud, les  courants  tendres et sensuels sont dissociés chez les hommes et plus associés chez les femmes. Pour l’homme il sera difficile de rencontrer ces deux courants chez une femme qui doit être l’épouse, la compagne, la mère des enfants et l’amante. Le clivage maman/putain pousse certains hommes à dissocier dans leur vie réelle l’épouse respectable et la femme objet de désirs, la maîtresse ou la prostituée.

 

Chez beaucoup de femmes ce clivage est insupportable. Chez elles l’amour est nécessaire pour accueillir les aspects transgressifs du désir et de l’excitation. Dans la passion amoureuse, l’homme et  la femme  peuvent faire vivre les deux courants. En l’absence des aspects fusionnels de la passion, la sexualité plus agressive est vécue comme une déchéance par la femme. Elle déserte alors la sexualité.

 

Je vois plusieurs hommes, qui après plusieurs années de passion, rencontrent des difficultés à installer ou à maintenir l’érection. La femme dans sa  demande de tendresse ne suscite pas l’excitation. Certaines se sont réfugiées dans des courants qui prônent la sexualité sacrée. L’homme se sent castré. La perte symbolique de l’érection de l’homme la blesse dans sa désirabilité et la conduit à la frigidité.

 

L’insatisfaction sexuelle est interactive

 

La sexualité de l’homme se manifeste selon  le cycle de la réponse sexuelle : désir du désir sexuel, mobilisation vers l’objet de désir, sexualisation de la rencontre, orgasme, résolution et retrait, puis  période réfractaire. Celle-ci sera marquée soit par une rupture de contact, soit par une continuité tendre animée par la gratitude de la jouissance. Les difficultés érectiles et l’éjaculation prématurée sont bien connues et marquent souvent une communication érotique discordante. J’insisterais particulièrement  sur deux étapes du cycle, celle de la résolution-satisfaction et la gestion de la période réfractaire.

 

La satisfaction sexuelle à la fin du cycle dépendra pour l’homme de sa propre jouissance suscitée par celle de la femme. Le rythme, l’intensité de l’excitation portés par la fantasmatique la plus souvent inconsciente de chacun devront suffisamment s’ajuster pour que la réponse sexuelle commune soit satisfaisante. L’insatisfaction de l’un rejaillira forcément sur l’insatisfaction de l’autre et induira de nouveaux comportements sexuels.

 

Par exemple si l’éjaculation de l’homme intervient trop vite, la femme sera insatisfaite. Si la femme ne jouit pas intensément, l’homme sera insatisfait. L’ajustement dépend aussi  du processus de satisfaction sexuelle de la partenaire et de la nature psychophysiologique de son orgasme. La sexualité ne sera réjouissante pour les partenaires que lorsque l’ajustement entre les partenaires permet la réalisation d’une sexualité satisfaisante pour les deux. Or dans les faits les insatisfactions des partenaires sont rarement dévoilées. Exprimer son insatisfaction peut  toucher  la fragilité narcissique de l’autre.

 

Il en est de même de l’interprétation des comportements au cours de la période réfractaire. L’homme après l’éjaculation perd souvent de son dynamisme et de sa présence au regard de sa partenaire. Ne pas gérer son rythme éjaculatoire est un risque pour le couple. Après l’amour, l’homme peut être amené à désinvestir l’intimité et l’érotisme relationnel du quotidien.  Ce qui engendre une profonde insatisfaction chez certaines femmes qui le feront payer à l’homme en se refusant à lui.

 

Désir et maternité ?

 

La sexualité lorsqu’elle est associée au désir de procréation et de création d’une famille devient, le plus souvent, compliquée. La majorité des difficultés sexuelles et relationnelles rencontrées dans les couples commencent à partir de la grossesse du premier enfant. Le regard de l’homme sur sa femme change. Elle devient mère comme sa mère ou comme la mère de sa femme. Le corps change. Les moteurs de l’excitation sexuelle de l’homme se déplacent. Ce changement de regard de l’homme,  coupe la femme de sa représentation fantasmatique profonde de la « salope »  et l’inhibe sexuellement.  Ne se sentant plus désirable, cela renforce le processus de madonisation dans lequel l’investissement exclusivement maternel est privilégié. Pour l’homme,  la difficulté concomitante ou conséquente de la femme à exprimer son intérêt pour le sexe l’inhibe également. Les freins au désir engendrés durant la maternité peuvent s’inscrire  durablement dans la dynamique du couple. La femme continuera après la naissance à se réfugier dans le maternage et l’homme désinvestira le foyer envahi par trop de maternel. La sexualité restera le plus souvent défensive et s’éteindra peu à peu.

 

Pour l’homme, avoir un enfant peut réactiver le désir infantile du petit garçon pour  la mère, désir auquel il a dû  renoncer. Lorsque la désidentification avec la mère n’est pas suffisante l’arrivée d’un enfant est toujours une épreuve susceptible d’accentuer le clivage sur lequel repose sa sexualité.  L’homme aurait besoin  de dématernaliser la femme pour pouvoir la désirer. Dans les fantasmes sexuels des hommes, la mère et la femme ne cohabitent jamais. Les images de la féminité aiguisent les désirs sexuels, celles de la maternité les inhibent.

 

Les fantasmes de l’homme

 

L’exploration des fantasmes sexuels montre  l’intérêt profond de l’homme comme de la femme pour une sexualité fantasmatiquement transgressive. Les fantasmes porteurs d’une forte excitation sexuelle font appel à une sexualité hors de la chambre et  à des tiers. Ils font le plus souvent apparaître une sexualité non conventionnelle où apparaissent des scènes faites de trio, de partouze, de voyeurisme, d’exhibitionnisme. L’exploration plus approfondie de la fantasmatique fait souvent  apparaître des scénarios dans lesquels s’expriment des pulsions  sadomasochistes.  Dans l’imaginaire de l’homme, son excitation sexuelle  est révélée par la jouissance de femmes qui s’abandonnent et se perdent dans une sexualité déshumanisante.

 

L’étude des scénarios érotiques montre que pour qu’il y ait excitation sexuelle, le metteur en scène est toujours dans une double position. L’homme est porté par ses pulsions et les représentations de lui-même, mais aussi par ses projections dans l’espace intérieur de la femme. On retrouve ainsi la nature toujours double du fantasme, de l’enfant avec la mère ou de l’adulte avec la femme.

 

Le fantasme inconscient ou conscient à travers des scénarios érotiques est toujours présent dans la sexualité de l’homme comme de la femme. Il repose sur le désir de réparation et le renversement des traumatismes vécus dans la dyade mère/enfant,  contrariée par la présence réelle, imaginaire ou symbolique du père.

 

Le caractère triomphant de l’excitation sexuelle générée par les scénarios fantasmatiques de l’adulte condense l’histoire personnelle du garçon dans ses découvertes de l’érotisme et de la sexualité.

 

Dans la fantasmatique de l’homme, la « putain » est perçue comme un animal sexuel permettant à l’homme d’exprimer  l’urgence et la violence de son désir. Il y accède en se déconnectant de la culpabilité à objectiver les femmes. Accolée au mépris, existe aussi l’idée de la séduction. La putain semble plus accessible comme source de rêves et de fantasmes érotiques. Elle se présente comme  une femme expérimentée et délurée, disposée à accomplir  des actes sexuels que l’on s’interdit de demander à son épouse ou à sa partenaire officielle. L’homme dans ses fantasmes domine la femme et répare ainsi la violence faite par la mère à l’omnipotence de l’enfant, en lui préférant un autre. Dans la réalité la femme reconnue comme une madone, lui fait perdre souvent sa toute puissance, en le renvoyant  profondément à l’impuissance psychique et érectile.

 

La violence sexuelle des hommes

 

Parler de la sexualité de l’homme amène à se questionner sur les violences sexuelles.  Dans un contexte de violence, les hommes sont soit envahis par leur fantasmes ou soit animés par des pulsions qui s’expriment dans l’acte en dehors de toutes formes de représentations.

 

La perversité sexuelle de l’homme passe souvent par la  relation incestuelle d’une mère avec son garçon. La relation est   narcissique. Le garçon est un objet fétiche investi comme une idole qui doit illuminer la vie de sa mère. Il  a pour mission de combler le vide intérieur de la mère désexualisée (désexualisation réelle  ou imaginée). Le père n’est pas reconnu dans sa fonction d’homme. Le garçon pris dans les mailles de la mère se perd dans des  fantasmes portés par  le désir de faire peau commune et le besoin de déchirure de cette peau ou de pénétrer, d’envahir, de faire effraction dans l’objet d’amour pouvant conduire à la passivité, à l’immersion, voir à la dissolution. Ces fantasmes sont au service de visées défensives puissantes. Le combat titanesque du moi contre la peur et la mort trouve son origine dans l’emprise incestuelle. De là éclate une « rage narcissique » s’exprimant comme une immense protestation à vouloir exister. Elle s’exprime  dans le passage à l’acte violent occultant la conscience fantasmatique. On entre dans la démesure sous l’effet d’une passion narcissique où l’autre n’est plus reconnu. L’acte dans le réel fait rupture avec la pensée. Il est proprement insensé.

 

Le problème de la limite dedans/dehors est illustré par le viol. Il faut un sujet à forme humaine à pénétrer. L’acte  est effectué sous l’emprise d’une exigence intérieure, automatique tandis que la conscience reste extérieure à ce qui se déroule. Le sexuel est au service de la violence par effraction de l’objet indispensable pour exister.

 

On est constamment à la limite du dedans et du dehors, dans l’indétermination entre fantasme, hallucination et perception. La mère est à l’intérieur du sujet. L’indifférenciation est  animée par un mouvement contradictoire de refus et d’incorporation de l’autre. On n’est pas encore dans le clivage entre la madone et l’anti-madone. Ce n’est pas d’angoisse de castration qu’il s’agit mais d’angoisse d’inexistence.

 

Dans la clinique on rencontre des défenses contre ces risques hallucinatoires. Ils se traduisent  dans des formes d’impuissance à vivre ou à investir sexuellement la femme. La peur inconsciente d’être un violeur ou de prendre la femme comme une putain obère le désir et l’agressivité sexuelle.

 

L’homme en couple  sous l’emprise de la madone

 

Dans la dynamique d’un couple, l’homme fusionnel et peu agressif sexuellement a souvent une fonction rassurante au début de la relation. Après quelques temps, les femmes détectant les anxiétés d’abandon de leur partenaire éteignent  leurs propres pulsions sexuelles, leurs fantasmes et leur créativité érotique, par loyauté pour celui-ci. Le manque de masculinité du mari ne leur permet pas d’assumer leur propre besoins anti-fusionnels, de peur de se percevoir dans leur propre regard et le sien, comme une putain. Le désir est affecté. Le conjoint fusionnel devenant inquiet du manque d’enthousiasme de  sa partenaire, intensifie ses avances sexuelles. L’anxiété liée à la non reconnaissance de sa masculinité est amplifiée. Elle engendre le plus souvent une réactivité sexuelle maladroite ou la perte de son désir. Le message capté par la femme est que le sexe est susceptible d’entacher l’amour. La femme étouffe ses désirs de femme  et déplace alors sa libido sur ses enfants en se réfugiant dans son rôle de mère, endroit où elle peut exercer un pouvoir sans limite. La castration exercée par la femme qui se dérobe au désir de l’homme  tend soit à l’infantiliser un peu plus soit à engendrer une violence intérieure réactualisant celle qu’il a connu et étouffé avec la mère. Elle peut s’exprimer  dans la colère ou la violence conjugale. Mais après que la femme ait assumé ses devoir de mère, la putain peut resurgir, mais rarement  avec le mari disqualifié dans son rôle d’homme. Elle rencontrera peut-être un amant de jouissance qui lui révélera son potentiel. Sinon la sexualité lui deviendra inaccessible et étrange.

 

La putain et l’actrice porno !

 

Dans les fantasmes de l’homme, l’image de la putain est étroitement associée à celle de la prostituée. Dans la prostitution, il n’existe aucune attente. Les hommes sont libres d’aller leur chemin après avoir payé. Il n’existe aucun investissement émotionnel et aucun lien.

 

L’homme se réfugie souvent dans des offres sexuelles codifiées représentatives de la « putain ». L’actrice porno, comme la prostituée le fascinent bien au-delà de l’offre. Elles resplendissent comme un mirage par leur disponibilité permanente et une profonde représentation de la transgression. L’image de la « putain » attire, mais  c’est d’abord parce que le sexe attire. Et si le sexe attire, c’est qu’il renvoie à un manque puissant, moteur du désir de l’homme.

 

Ni madone, ni putain...

 

Le rapport madone anti-madone dans les jeux de pouvoir du couple s’exprime de façon complexe. Les difficultés rencontrées montrent le caractère pernicieux d’un système à deux qui conduit à la  désexualisation de la relation. Elles s’accompagnent d’un climat d’angoisse, de somatisations diverses ou d’une desaffectisation de la relation. Les ajustements entre l’homme et la femme dépendent de leur complémentarité intrapsychique, s’exprimant dans un proto-langage discordant ou concordant, reposant sur une structure fantasmatique profonde et personnelle de chaque partenaire.

 

Les aspects discordants profonds sont souvent dépassés au début d’une relation. Avec le temps, ils envahissent la relation à l’insu des partenaires. Les crises sont alors inévitables. Pour déjouer  les pièges le couple devra se dévoiler, se parler afin d’instaurer une bonne complicité sexuelle nécessaire à la créativité.  Les ajustements passent par la création d’un espace fantasmatique commun, s’exprimant  par des jeux interactifs passifs, actifs entre  l’homme et la femme. Beaucoup d’hommes s’y refusent, ne voulant déroger aux rôles qu’ils ont introjectés depuis longtemps. Pourtant l’homme devra à la fois mobiliser son agressivité sexuelle et élargir ses plaisirs dans une passivité plus féminine. Les hommes pouvant avoir des fantasmes plus féminins de soumission et de désirabilité associés à des fantasmes plus masculins de domination bénéficient de multiples possibilités qu’offre une genralité  riche et complexe qui sort des schémas relatifs à la seule identité biologique. Cela  laisse un grand espace pour la créativité et l’ajustement avec une ou un partenaire, pour que vive une seule libido au service de la jouissance de chaque partenaire, devenant tantôt mâle, tantôt femelle...L’attractivité agressive de la putain est alors assumée et distanciée par les deux partenaires. L’accueil et la tendresse plus féminine sont dissociés des aspects régressifs du lien maternel.

 

L’équilibre  mobile entre l’agressivité phallique et  la désirabilité de l’un et de l’autre passe par la création d’un  « nous » érotique fait d’une fantasmatique concordante. Celui-ci dépend le plus souvent du dévoilement à l’autre de sa fantasmatique profonde et de l’élargissement de celle-ci à celle de l’autre.  La complicité érotique, qui en résulte, est alors propice  à la créativité sexuelle et relationnelle et  de surcroît à la gratitude.

 

Il va de soi, qu’aucun schéma ne peut définir une quelconque normalité sexuelle de l’homme. Seul une acceptation profonde de soi-même, dans ses préférences érotiques et ses pratiques sexuelles, et l’acceptation de l’autre,  vu comme un amplificateur de la jouissance, peut définir une certaine vision de la santé sexuelle. Elle s’inscrit toujours dans la qualité d’une relation.

 

Michel Bonhomme pour http://www.couple-amour-sexualite.com

Published by Cabinet.psy70-Luxeuil.fr - dans Dossier Sexualité
21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 11:51

Il a reçu des femmes en consultation pendant vingt ans. L’expérience d’Alain Héril, psychanalyste et sexothérapeute, lui a permis de brosser six profils psychosexuels selon les âges. Une vision rassurante de la sexualité féminine.

 

 

 

La plus jeune avait 14 ans, la plus âgée 82… Des centaines de femmes ont été accueillies, dans le cabinet du psychanalyste et sexothérapeute Alain Héril, en vingt ans de pratique : « Elles ont longtemps représenté 90 % de ma “patientèle”. Et, très vite, j’ai réalisé qu’il existait des spécificités psychosexuelles liées à l’âge. » C’est cette typologie sexuelle féminine inédite, réalisée par le spécialiste, que nous vous proposons de découvrir. Les portraits qui suivent ont été nourris de nombreux échanges rassemblés par Alain Héril, avec ses trois « casquettes » : celle du sexothérapeute à l’écoute de ses patientes, celle du formateur et superviseur d’autres praticiens, et celle de l’écrivain recueillant des témoignages directs pour ses livres. « Je suis alimenté par les paroles de toutes ces femmes dans un espace thérapeutique au sein du cabinet, et par d’autres voix, plus libres, explique-t-il. Ce travail n’est ni intuitif ni empirique. »

 

Que faire de ces profils ? « Je crois qu’il y a au moins deux façons de les lire : d’abord essayer de se reconnaître, de voir si ce qui est dit correspond à ce qu’une femme est train de vivre. Ensuite, tenter de comprendre que la sexualité s’inscrit dans une dynamique de vie et que toutes les problématiques, toutes les difficultés peuvent donner naissance à un éveil, à une possibilité de grandir. Car il n’y a pas d’âge pour vivre une sexualité épanouie. »

 

Entre 16 et 25 ans : le romantisme

 

La sexualité est à son orée. La femme est davantage dans la projection de ce que sera sa sexualité que dans l’établissement d’une stabilité définitive. Chaque rencontre est chargée de cet espoir d’expérimenter ce que la dimension sexuelle porte en elle naturellement : une intensification des sensations et des émotions. Cette période de la vie est empreinte de la mémoire de l’enfance et de l’adolescence. Les mécanismes de défense sont toujours présents. Les jeunes femmes recherchent autant les espaces de sécurité que ceux de l’aventure. Une des caractéristiques de cet âge est une grande aptitude au romantisme, qu’il soit « fleur bleue » ou très « conquérant ». C’est une composante psychologique essentielle à cet âge : d’un côté, un appétit d’épanouissement sexuel, de l’autre, l’attente d’un prince charmant qui tarde à venir, l’idée d’un homme rassurant, aimant et qui saura apporter cette intensité sexuelle tant espérée.

 

Côté ombre : colère, inhibition, révolte
Le vécu sexuel s’accompagne de sentiments parfois négatifs, la sensation d’être envahie par des « forces » difficilement contrôlables. La femme de 16-25 ans se sent malhabile et aventureuse à la fois. Cela peut l’amener à un certain besoin de révolte : contre l’éducation reçue, contre l’image de la femme donnée par sa mère, contre la société qui fait croire que la sexualité est « simple et facile », et contre elle-même et son incapacité à dépasser ses contradictions internes.

 

Côté lumière : séduction, développement du narcissisme, acceptation de l’attente
Cette entrée dans la sexualité est un temps de découvertes. Celle de sa capacité de séduction et d’une manière de l’affirmer, qui s’accompagnent d’un développement harmonieux de son narcissisme. Ces deux étapes aident à accueillir l’attente, si spécifique à cette période.

 

Entre 25 et 38 ans : la créativité

 

C’est une période naturelle de stabilisation des émotions, où la femme est plus habituée à son corps, elle le connaît mieux et sait ce qu’il faut faire pour être en « bon compagnonnage » avec lui. Elle sait qu’il est possible pour elle de vivre une intensité sexuelle. À ce titre, le besoin d’une sexualité plus créative est énoncé de façon plus directe. S’ouvrir à soi, à l’autre, à ses sensations, à sa sexualité est un mouvement qui appartient à ces femmes-là. Passé 35 ans, c’est aussi la crainte de la fameuse horloge biologique qui s’exprime et peut engendrer soit une sexualité à des fins procréatives, réduisant l’autre au rôle de géniteur, soit une sexualité joyeuse, dans un projet parental partagé. Pour peu que la période précédente ait été vécue sans trop de heurts relationnels ni traumatismes, la liberté d’être au plus près de soi et de ses désirs, de les vivre pleinement, prend sa place de manière directe et forte.

 

 
 

Côté ombre : frustration et impatience
Si les attentes ne sont pas comblées, un sentiment d’insatisfaction peut se mettre en place et connoter la sexualité d’un goût amer. Si les rencontres avec les partenaires sexuels sont fécondes, tout s’ouvre. Mais si la vie sexuelle ne trouve pas son axe juste, c’est la frustration qui envahit tout l’univers sensible, et l’impatience vient naturellement compléter le tableau.

 

Côté lumière : courage et détermination
L’un des avantages de ce moment de la vie d’une femme, c’est qu’elle ose ! À partir de 30 ans, il suffit de rassembler son énergie intérieure, de la diriger vers un but et de ne rien lâcher. Ce courage crée une manière déterminée d’agir et de demander ce qui est de l’ordre de son désir. C’est une manière de forcer la réalité, de la faire plier en douceur pour qu’elle soit la plus conforme possible à ce dont elle a besoin en vue de vivre avec un minimum de sérénité et de joie.

 

 

Entre 38 et 47 ans : la volupté

 

L’entrée dans la quarantaine est, pour la vie sexuelle d’une femme, le moment de regarder sa vérité en face, afin de savoir parfaitement où elle en est du rapport à soi, à son corps et à son désir. La préoccupation de la maternité a laissé la place à un espace qui se libère. Le désir y reprend sa place et la volupté se questionne à nouveau, avec délices pour certaines et appréhension pour d’autres. Le recentrage sur la dimension sexuelle se fait de manière naturelle, autour de la notion de féminité. C’est la caractéristique – pour ne pas dire la fonction – de cette période que de venir interroger l’identité féminine.

 

À ces âges, beaucoup de femmes ont appris à mettre en place un rapport à leur corps équilibré, sans la dépendance à des images normatives imposées par l’extérieur. S’ouvrent alors un espace de tranquillité et une affirmation narcissique forte et conquérante. De nombreuses enquêtes sur la sexualité féminine soulignent le grand pourcentage de femmes ayant connu leurs premiers orgasmes dans cette période-là. Vivre sa sexualité entre 38 et 47 ans, c’est d’abord être à l’écoute de soi-même, être attentive à ce qui se passe et à ses sensations au moment même où la rencontre sexuelle a lieu. Mais c’est aussi accepter la force émotionnelle de ce que l’on ressent et ne pas chercher à la masquer, la nier ou lui échapper. Car les ressentis sexuels sont souvent plus intenses à ce moment de la vie. Le psychisme met naturellement en place un lâcher-prise auquel il est bon de consentir si l’on veut justement être présente à soi-même. La découverte de cette capacité, et en éprouver de la joie, donne à cette femme une assurance qui lui permet d’affirmer son désir et de vivre sa sexualité avec légèreté et profondeur.

 

Côté ombre : irritation, mélancolie, assèchement
Durant cette période peuvent apparaître les premiers signes de la préménopause. Symboliquement, c’est l’inscription d’un âge à venir. Les signes sont clairs, aléatoires et intermittents – sécheresse vaginale, irritation, baisse de la libido, périodes d’aménorrhées, bouffées d’angoisse… Ils peuvent contrarier la vie sexuelle et installer une sensation d’amertume, de nostalgie, avec des touches légèrement dépressives. Les femmes se disent qu’elles ont « raté le coche », que les années de jeunesse n’ont pas servi à la découverte de l’extase et qu’il est trop tard. Une forme de frigidité peut s’installer.

 

Côté lumière : joie, spiritualité, tonicité
À l’inverse, cette période peut être un grand moment de révélations. Les femmes ne veulent plus concevoir le lien au plaisir sous la forme d’un mélodrame. Elles veulent ressentir leurs désirs et leurs possibilités de jouissance comme une grande « ode à la joie ». Ce besoin de jubilation se traduit par l’acquisition d’une grande légèreté et d’une attitude à la fois mutine et courageuse. Elles veulent tenter de nouvelles choses et les abordent sans culpabilité. Ce qui ressort également, c’est un besoin d’allier la sexualité à des valeurs spirituelles fortes. Ces femmes s’interrogent souvent sur le lien entre l’amour, le sexe et des énergies que nous qualifierons ici d’existentielles, à défaut d’autre mot. Elles ont l’appétit pour sortir d’une sexualité pulsionnelle trop proche de celle des hommes, et explorer le terrain d’une intensité orgasmique et relationnelle au centre de laquelle se niche l’émotion. Lorsqu’elles y parviennent, elles se sentent envahies d’une tonicité flamboyante qui n’est ni plus ni moins que le triomphe de la pulsion de vie !

 

Entre 47 et 50 ans : le questionnement

 

Quatre années importantes, celles d’un tournant essentiel, car il permet de négocier l’entrée dans la cinquantaine. Les questions qui se posent là se doivent d’être résolues. Le temps presse et il devient urgent de pouvoir appréhender son aptitude au plaisir avec force et sérénité. Ce compte à rebours est la « pierre de touche » qui va permettre de prendre l’élan nécessaire pour les années à venir. Il oblige à une profonde introspection, et à regarder ses années passées sans fioritures et en toute honnêteté. Trois étapes reviennent souvent dans ce moment de bilan. D’abord, une envie de revisiter les émois de celle que l’on fut : il s’agit de reconnaître le chemin parcouru, comme un point d’appui pour aller vers autre chose, et accepter son présent… et l’avenir.

 

Ensuite viennent les questionnements sur le sens du couple : les femmes qui ont investi dans la vie à deux en ont attendu des joies et des satisfactions qui n’ont pas toujours été au rendez-vous ; soit elles oeuvrent pour affirmer le lien qui les relie à leur compagnon, soit elles le remettent en cause. Non pas pour aboutir à la rupture, mais pour donner du sens à ce lien, pour le rendre vivant. Enfin vient le questionnement de la place de la femme dans la sexualité : aux alentours de la cinquantaine, elle recherche la féminité. On est plutôt dans un cheminement existentiel très intériorisé : il débouche bien souvent sur une meilleure connaissance de soi et sur un sentiment très net d’appartenance au monde des femmes. C’est la fonction du gynécée, période de grande recherche intellectuelle qui n’est pas sans s’associer avec les questionnements spirituels abordés plus haut. Les femmes lisent beaucoup pour comprendre et intégrer cette question de la place du féminin dans le sexuel.

 

Côté ombre : alternances dépression/exaltation
Entre 47 et 50 ans, peut s’installer de manière intermittente une peur de vieillir. Celle-ci titille certaines femmes et les amène à considérer leur corps comme n’étant plus tout à fait désirable. Cette peur se traduit parfois par une perte de désir et une sublimation de la libido, alors vécue de manière symbolique dans le développement des rapports sociaux – activités de toutes sortes, engagement dans des associations ou développement de la créativité. Cette forme de renoncement à la sexualité peut s’installer à long terme.

 

Côté lumière : le jaillissement
Une fois la nostalgie du passé digérée, il s’inscrit comme un jaillissement, un besoin de vivre sexuellement. Ce réveil des sens entraîne les compagnons à reconsidérer leur compagne, à les désirer de nouveau tant elles sont dans l’éclat et la puissance. Moment de grâce qui laisse entrevoir de belles heures à venir…

 

 

Entre 50 et 55 ans : l’ouragan

 

S’il fallait qualifier d’un mot la sexualité des femmes entre 50 et 55 ans, « encore » serait le plus juste. Mais pour le vivre dans sa totalité, pour être dans cet « encore » vivifiant, il est nécessaire de prendre en compte certaines caractéristiques liées à cette période particulière d’une vie de femme. Souvent, vers 45 ans, les premiers signes de la ménopause font leur apparition. Passé la cinquantaine, c’est un véritable ouragan physique et psychique qui se déchaîne ! Le corps se modifie, les règles disparaissent, la libido baisse, les bouffées de chaleur s’accompagnent souvent de crises d’angoisse ; un sentiment dépressif, accompagné d’une irritabilité constante, prend place.

 

De nombreuses femmes associent ces signes à la fin de leur vie de désir. Mais beaucoup – de plus en plus – savent que « ménopause » n’est pas équivalent à « fin de la sexualité ». Il y a donc comme un combat interne entre le vécu hormonal, qui semble interrompre le désir, et un ressenti qui, à l’inverse, tend vers plus d’épanouissement, plus de plaisirs des sens, plus de légèreté, plus d’ouverture. Les femmes inscrites dans cette lutte contre les aléas du temps sur leur désir en sortent toujours victorieuses, car elles sont animées par une pulsion de vie solide et conquérante. Grâce à celle-ci, elles se donnent le droit d’entrevoir des lendemains qui chantent et qui jouissent. Et même si la peur de vieillir est concomitante à la ménopause, elles vivent au présent des joies érotiques d’autant plus fortes qu’elles n’ont plus rien à prouver, ni à elles-mêmes, ni à leur compagnon, ni à qui que ce soit.

 

Quoi qu’elles aient vécu auparavant, elles cultivent un profond désir d’expérimentation sexuelle. Cela va de la confirmation de sensations déjà éprouvées à la découverte de nouveaux territoires de leur sexualité. Elles interrogent leur corps et leurs capacités, non pas dans le sens d’un « toujours plus », mais dans la préoccupation d’une meilleure connaissance de leur puissance sexuelle et jouissive. Elles ne veulent pas retrouver une jeunesse physique ni ne croient qu’elles ont le même corps qu’à 20 ans. Ce qu’elles souhaitent par-dessus tout, c’est éprouver des sensations et des émotions qui les bouleversent. Elles savent pouvoir le vivre avec ce corps qui est le leur !

 

Côté ombre : peur, solitude, dépression
Certaines femmes peuvent vouloir des réussites sensuelles dans leur tête et penser que leur corps n’est plus apte à jouer le jeu. Une amertume certaine s’installe alors et des émotions précises s’érigent en vérité, principalement la peur et la solitude. Lorsqu’elles trouvent place dans l’univers psychique de la femme, elles font souvent le lit d’un état dépressif parfois profond. La dépression met alors sous couveuse la libido, et ce n’est qu’au prix d’un sérieux travail sur soi qu’il devient possible de sortir du marasme, de retrouver un appétit pour ce qui est de l’ordre du charnel. D’où viennent cette peur et cette solitude ? Elles sont directement issues d’une incapacité pour les femmes à se vivre telles qu’elles sont et à n’éprouver du plaisir que seules, en détruisant petit à petit le lien social et affectif avec leur entourage.

 

Côté lumière : sérénité, plénitude, désinhibition
À l’inverse, les caractéristiques d’un tournant de vie bien négocié vont s’inscrire dans la triade sérénité, plénitude et désinhibition. La première est une sensation physique pleine et entière, et c’est bien la base qui permet de vivre le reste. Lorsque le corps est accepté de manière simple et naturelle, il répond par un renvoi de sensations… simples et naturelles ! Celles-ci sont alors vécues à leur plus haut niveau d’intensité. Il est évident que de tels fondements ne peuvent qu’entraîner, en ce qui concerne la possibilité d’un épanouissement sexuel, une désinhibition logique et joyeuse. Cela ne peut se réaliser que si les femmes de 50-55 ans acceptent de faire le deuil d’une jeunesse perdue et de construire un lien au présent plus calme. Ainsi peuvent-elles entrevoir comme une deuxième naissance possible : la naissance à elles-mêmes et à l’étendue de leurs possibilités jubilatoires. Elles se sentent en confiance et en vitalité.

 

55 ans et plus : la « sexygénaire »

 

Il serait faux de dire qu’aux alentours de 65 ans, le corps ne pose aucun problème aux femmes. Cela étant, le désir reste intact. Il est une source vivifiante. Lorsqu’il trouve l’espace pour se dire et se vivre, il peut déboucher sur des orgasmes postménopauses qui sont comme des cadeaux inespérés. Dans ces moments-là, la sexualité est investie d’une énergie centrée uniquement sur la grâce du plaisir. Elle ne devient plus un enjeu relationnel ou le terrain de jeux psychologiques complexes avec soi-même ou son partenaire. Au cours de cette période, et pour peu qu’un travail suffisant sur soi ait été fait, la femme est prête à s’ouvrir à elle-même et à se donner la possibilité d’une vie sexuelle plus pleine. La notion de plaisir devient différente d’une simple décharge. C’est le besoin de se rencontrer dans l’expression de sa joie orgasmique qui compte.

 

Côté ombre : dépression, solitude, détachement
Lorsque la vie laisse au fond du coeur et du corps des blessures indiscutables, c’est le manteau sombre de la dépression qui peut recouvrir les femmes. La sexualité peut être reléguée au rayon des souvenirs anciens, et l’idée qu’un épanouissement est encore envisageable paraît saugrenue. Il s’agit d’une dépression particulière, qui envahit le corps et ne dirige le regard que vers ce qui dysfonctionne. Conséquence, un certain détachement installe ses prérogatives : refus de participer à ce qui est autour de soi, retrait sentimental, absence d’émotions…

 

Côté lumière : spiritualité, liberté, joie de vivre, équilibre
Prendre son corps en charge, ouvrir sa sexualité, se connecter à la joie d’être en vie… Tous ces paramètres peuvent installer une femme au-delà de ses 60 ans dans une certitude fougueuse où la notion de désir est constamment activée. Se joue aussi le besoin de mieux comprendre qui elle est ainsi que sa place au monde. Cette sagesse qui s’inscrit dans le corps ne va pas sans une certaine dose d’hédonisme. Et c’est avec une grande liberté qu’à 60 ans et plus, la femme s’ancre solidement dans sa jouissance et dans son incarnation.

 

Source: Un dossier de Violaine Gelly pour psychologies.com

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 11:05

Des femmes amazones, des hommes en quête de tendresse… et des thérapeutes de couple qui croulent sous les plaintes. Contrairement à ce que peuvent laisser penser les comportements machistes révélés par l’actualité, toutes les enquêtes en témoignent : les rôles évoluent et les relations entre les sexes deviennent plus compliquées.

 

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Frédéric ne s’en est pas encore remis. Il y a un mois, dans un bar, cet homme de 38 ans avait rencontré une brune drôle, longue et fine. La nuit s’était terminée chez lui. Quelques heures torrides. Il lui avait laissé son numéro de portable, lui avait demandé le sien. Elle avait éludé en riant : « Il faut que j’y aille. Je t’appelle. » Il était assez sûr de lui : tout s’était très bien passé et, en plus, elle était seule et libre. Mais il n’a jamais eu de nouvelles. Au lieu de vite tourner la page, de se réjouir de cette conquête qui ne s’accrochait pas, le jeune homme s’est enflammé et ne pense qu’à elle : « Je ne comprends pas. Elle n’était même pas mon genre. J’attends que “ça” passe », dit-il tristement. Combien sont-ils, comme Frédéric, à craindre d’être instrumentalisés, puis abandonnés par des « amazones » imprévisibles ?


Suzanne, 44 ans, vient, elle, de quitter son dernier amant : « Xavier avait tout pour me plaire, il était cultivé, polyglotte, aimait comme moi les voyages et l’art abstrait. La conversation entre nous était délicieuse. La première nuit n’a pas été géniale : il était très tendre, mais je me suis un peu ennuyée. Je lui ai laissé une seconde chance. Malheureusement, les choses ne se sont pas arrangées. Il était trop doux. J’avais l’impression d’être au lit avec un enfant. Pas avec un homme qui te saisit. J’ai arrêté les frais assez vite. J’ai besoin d’un homme, un vrai. » Combien sont-elles, comme Suzanne, à ne plus comprendre, à se plaindre de l’attitude fuyante, timorée de partenaires visiblement angoissés et perdus ?


Dans sa grande enquête sur la sexualité masculine, le psychiatre et sexologue Philippe Brenot constate que les hommes ont changé. À la recherche de tendresse, ils se « féminisent ». Dans un même mouvement de balancier, les femmes, en assumant et en affichant ostensiblement leurs désirs, se « virilisent ». Résultat : les repères se brouillent et tout se complique.


Des apparences trompeuses


Pourtant, en apparence, dans les rues, dans les transports en commun, sur les panneaux publicitaires, dans les films, à la télévision (à travers la série Mad Men, par exemple), chacun est à sa place : filles et garçons affichent ouvertement leurs « spécificités ». Décolletés plongeants, taille marquée, talons aiguilles, vernis rouge flamboyant pour elles ; barbe, moustache, pattes, pilosité et musculature bien apparentes pour eux. Tout est dans l’hypersexualisation. Comme si chacun des deux sexes avait décidé d’incarner « la mascarade féminine » et « le ridicule de la virilité », pour reprendre les formules du psychanalyste Jacques Lacan.

 

En forçant le trait aussi ostensiblement, que cherchons-nous à faire ? À nous persuader ? Serions-nous, hommes et femmes, au fond de nous-mêmes, travaillés par le doute ? Oui, assurent les psychanalystes et les sociologues. Si nous jouons la surenchère à l’extérieur, c’est que notre identité sexuelle nous apparaît de moins en moins claire dans notre for intérieur. « De quel sexe êtes-vous ? » interroge d’ailleurs en ce moment une exposition à Villeneuve-d’Ascq.

 

Le rééquilibrage issu de Mai 68, la mise en place progressive de l’égalité hommes-femmes nous ont psychiquement bouleversés, le plus souvent à notre insu. Le psychanalyste Alain Vanier, auteur notamment d’Une introduction à la psychanalyse (Armand Colin, “Psychologie”, 2010), se souvient : « Pendant longtemps, le rôle des hommes dans les sociétés bourgeoises capitalistes était de travailler pour tout le monde. Ils étaient certes soumis à la machine de production, mais cela leur donnait une position dominante dans la famille. Aujourd’hui, les femmes font partie intégrante du système économique. D’un côté, la prépondérance masculine n’est plus assurée, avec des hommes qui passent de plus en plus de temps à la maison, et, de l’autre, comme le rapport au travail se conçoit encore dans une perspective masculine, les femmes s’assujettissent parfois à un comportement “mâle”. Résultat : les rôles et les semblants sociaux sont de moins en moins affirmés. Ce qui a évidemment une incidence sur notre vie psychique. » Et nous sommes d’autant plus susceptibles de mélanger inconsciemment les genres que l’être humain a la particularité d’être psychiquement bisexuel.


Une bisexualité psychique


Selon la psychanalyste Catherine Chabert, auteure de L’Amour de la différence (PUF, 2011), « Freud a démontré que chaque individu se construit en référence à des modèles à la fois féminins et masculins. Bien sûr que la différence physique existe, mais encore faut-il qu’elle soit admise psychiquement ». Les hommes gagnent aujourd’hui parfois moins d’argent que leur femme. Ils s’occupent des enfants, prennent soin de leur corps, ont entériné les exigences féminines d’une sexualité plus tendre, plus lente. Mais, estime Alain Vanier, ce n’est pas anodin : « Cette position plus “féminine” peut les renvoyer à la petite enfance et à leurs fantasmes de perte du pénis. Pour le garçon, certes, la fille peut être un garçon châtré : elle n’a pas de zizi, c’est donc qu’elle a été punie. Et ce petit garçon effrayé est susceptible de resurgir en chaque homme quand la sexualité entre en jeu. »

 

Du coup, pour certains, l’acte sexuel est désormais ressenti comme une menace. Beaucoup d’hommes vivent inconsciemment le rapport comme une offrande : ils donnent leur pénis à la femme, qui peut en jouir. Si cette dernière ne leur inspire pas confiance, si elle prend à leurs yeux l’apparence d’une femme ambitieuse au travail ou d’une séductrice tous azimuts, avide de sensations fortes, ils sont facilement susceptibles de battre en retraite. « Je suis fatigué de ces filles qui te considèrent comme de la chair à pâté, confie Martin, 32 ans. La semaine dernière, au cours d’une soirée, je me suis fait aborder par une fille magnifique, une actrice connue. Elle s’est déhanchée devant moi et m’a tranquillement chuchoté à l’oreille : “Tu viens ? J’ai envie de baiser.” J’ai poliment décliné. Elle ne s’est pas démontée, a sorti un stylo de son microsac et a écrit son numéro de portable sur mon poignet en susurrant : “Appelle-moi.” Ce que je n’ai évidemment pas fait ! » Que les femmes aient des désirs, c’est vrai depuis toujours. Mais des siècles de silence pesaient sur la possibilité effective de les manifester. Aujourd’hui, elles n’hésitent plus à exprimer ce dont elles ont envie. Et c’est là que la confusion se joue.


Des hommes objets


Pour Alain Vanier, « les semblants masculins changent. Ils peuvent être inquiétants pour certains hommes. Ils se disent qu’ils devront satisfaire leur partenaire coûte que coûte, qu’ils peuvent même être comparés à d’autres. C’est extrêmement angoissant, car ils vivent la sexualité comme une performance ». La philosophe et psychanalyste Monique David-Ménard a, elle aussi, constaté une évolution : « Oui, les filles ont changé. Elles considèrent parfois dès l’adolescence que la séduction va les défendre de tous les risques et colmater les épreuves de l’enfance, et adoptent donc des conduites donjuanesques. Elles expérimentent alors une forme d’indistinction sentimentale qui les fait passer de l’amour à l’amitié, et réciproquement. »

 

Laura, 27 ans, aime garder ses amants comme amis : « Je me dis que je suis amoureuse, et puis je m’aperçois que ce n’est pas terrible au lit. Ou alors, je rencontre un garçon qui me plaît plus que celui avec lequel je suis. Quand je romps, parfois, ils font des histoires. Ils ne veulent plus me revoir. Je trouve que c’est dommage. » Nous sommes devenus tellement autocentrés que nous ne voulons plus choisir, plus manquer de rien. Coincés dans une quête d’autosatisfaction perpétuelle, nous voudrions tout avoir : les « avantages » de l’une et l’autre histoire, de l’un et l’autre genre. Car, explique Catherine Chabert, « la spirale narcissique consiste à vouloir avoir les deux sexes. Aujourd’hui, les différences sont comme gommées, abrasées. Nous voulons tout, alors que le manque est le moteur du désir ». Quand nous nous sentons complets tout seul, nous n’avons plus besoin de l’autre. Les sex-toys pourraient alors très bien faire l’affaire. La sexualité devient plus que jamais le lieu du nombrilisme.

 

Nous nous regardons être aimés : « Comment m’aime-t-il ? », « M’aime-t-il “correctement” ? », « Suis-je à la hauteur ? » La jouissance se réduit à un effet miroir. Bien loin d’une tentative de rencontre authentique avec l’autre, hélas...

 

Hélène Fresnel pour www.psychologies.com

Published by Trommenschlager.f-psychanalyste.over-blog.com - dans Dossier Sexualité
6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 12:20

<< Quand je masse un corps, je ressens ce qu’il ressent. Je sais s’il est détendu, heureux de ce que je lui fais, ou s’il lui reste des réticences, des douleurs, des pudeurs. Et je peux affirmer que, de son côté, le patient perçoit mon désir de le masser, ou ma lassitude parfois.>>

 

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Hervé Cochet est un professionnel du toucher. A double titre. Kinésithérapeute et aveugle depuis l’âge de 25 ans, il aime ce métier mettant en œuvre celui de ses sens qui, plus que les autres, lui permet d’être heureux. « On ne se trompe jamais sur un message envoyé par le toucher », as- sure-t-il. Ses mains sont devenues ses yeux ; sa peau, une fenêtre sur le monde. La peau, « ce qu’il y a de plus profond chez l’homme », écrivait

Paul Valéry dans « L’Idée fixe ».

 

Lieu de toutes les sensations, réceptacle des caresses et de l’amour, vulnérable à la douleur, vectrice de la découverte du monde, la peau est l’organe du toucher, notre sens le plus affiné. D’ailleurs, les mots ne manquent pas : câliner, chatouiller, effleurer, presser, palper, frapper, frôler, frotter, tripoter, embrasser...

 

Aucun animal n’atteint la qualité et la précision perceptive de notre toucher. Lorsqu’il y a plus de deux millions d’années, l’homme s’est dressé sur ses deux jambes, il a libéré ses mains qui sont alors entrées en contact direct avec la matière. Aujourd’hui, évolution oblige, nos récepteurs sensoriels se concentrent 10 à 20 fois plus dans les mains que sur le reste du corps : on compte jusqu’à 2000 terminaisons nerveuses par millimètre carré au niveau de la pulpe des doigts.

 

« On touche avec les yeux ! » assène-t-on pourtant à nos enfants. Quelle frustration, alors que le toucher reste si longtemps notre principal mode d’accès au monde ! Fasciné, Paul observe régulièrement son petit Téo de 18 mois : « Je le vois s’approcher des objets, les manipuler doucement, les porter à sa bouche, s’extasie ce jeune papa de 28 ans. Et quand il a compris qu’il n’y a pas de danger, il s’en donne à cœur joie : il les écrase, les lèche, les mord... En fait, il fait connaissance avec eux. » C’est grâce à la mémoire de la peau que, plus tard, la vue nous suffira à reconnaître les matières. Mais Paul va plus loin. Pour lui, « faire connaissance » avec son enfant passe, de la même façon, par le contact physique : « Quand je le change, je le caresse et je le masse. Il adore ça ! Depuis sa naissance, c’est ce qui m’a permis d’entrer en intimité avec lui et de rattraper le fait que je ne l’ai pas porté dans mon ventre. »

 

LA MÉMOIRE DES PREMIÈRES CARESSES

 

En effet, dans les premières semaines de son existence, « c’est par le contact avec la peau de sa mère que le bébé se sent exister , détaille le psychanalyste Michael Stora. Ensuite, lorsqu’il se touche lui-même, c’est à la fois pour découvrir son corps et pour pallier l’absence de sa mère. » Grâce au toucher, le nourrisson se différencie jour après jour du reste du monde, fait la distinction entre toucher et être touché. Cette mémoire des premières caresses reste inscrite en nous comme un eldorado que nous n’aurons de cesse de re- chercher.

 

Et lorsque, parlant de lui ou d’elle, nous avouons

« l’avoir dans la peau », il s’agit bien souvent, à notre insu, d’un être dont l’odeur, la texture de l’épiderme, le contact, nous rappellent furieusement notre mère. C’est dire l’importance des premiers échanges... « Un enfant qu’on ne touche pas suffisamment devient rapidement dépressif et ralentit son développement psychoaffectif , rappelle Michael Stora. Le bébé peut mourir de ne pas être assez touché. »

 

Le toucher est le premier de nos sens à se développer – la peau se forme avant la huitième semaine de gestation. Et le dernier à se retirer, ultime mode de communication lorsqu’une vie trop longue a usé tous les autres. Toucher, c’est découvrir, prendre de l’information, en donner. Toucher, c’est aimer et c’est apprendre. C’est aussi agresser ou être agressé. C’est soigner, apaiser, se révéler. Un espace de vie qui ne ment pas. « Le monde des odeurs, des couleurs, des sons, est de simple apparence. Seul le toucher fournit la certitude d’une réalité. Prendre, c’est déjà comprendre », écrit le neurologue Guy Lazorthes dans son « Ouvrage des sens » (Flammarion, 1992). Ce qui est vrai pour la matière l’est aussi pour les sentiments que nous éprouvons. Véritable langage parallèle, cette voix du silence peut tout aussi bien traduire fidèlement notre monde intérieur que le trahir. « La peau durcit lorsqu’elle refuse qu’on la touche, elle s’anime pendant l’amour, devient plus douce lorsqu’elle se sent comblée », détaille le médecin gériatre Lucien Mias. Autant de messages d’un corps à l’autre qui peuvent confirmer ou démentir nos désirs affichés.

 

Baptiste et Ludivine se sont rencontrés il y a un peu plus d’un an. Amoureux. Très amoureux. Ils viennent d’emménager dans un petit appartement du côté de la butte Montmartre à Paris. Un lieu où le manque d’espace les oblige à se frôler des centaines de fois par jour. « C’est souvent l’occasion d’un petit baiser ou d’une caresse , se réjouit la jeune fille. Mais c’est aussi le baromètre de notre humeur : selon qu’il est machinal ou tendre, le moindre geste quotidien devient signifiant. »

 

LA FOURCHETTE, OUTIL BARBARE

 

Pourtant, ce toucher si sensible qui nous est propre demeure, dans nos sociétés occidentales, le sens le moins valorisé. Gastronomie, musique, arts plastiques... on glorifie le goût, l’odorat, l’ouïe, la vue. Pas le toucher. « Nous vivons dans un monde où le tactile a disparu, mais ça ne date pas d’aujourd’hui », confirme le sociologue David Le Breton, professeur à l’université de Strasbourg et auteur de « La Saveur du monde, une anthropologie des sens » (Métailié, 2006). Il faut remonter à Rabelais, qui faisait l’éloge du « bas corporel » (érotisme et scatologie) et du plaisir de manger, pour retrouver une civilisation « touchante ». Curieusement, c’est l’invention de la fourchette qui sonne le glas de cette culture dite « carnavalesque » et instaure la mise à distance du charnel. La fourchette comme premier objet médiateur entre le monde et nous. La fourchette qui sépare la nourriture de la main. « A cette époque, la France passe de Rabelais à Des- cartes :

tous nos désirs, et donc le toucher, sont domptés par une série de rituels », commente David Le Breton.
  

  Pour Lubna, Soudanaise venue s’installer en France, cette fameuse fourchette fait figure d’outil barbare. Elevée dans une culture où l’on mange avec les mains, il lui a fallu du temps pour s’habituer. « C’est comme une barrière , décrit-elle. A cause de ce morceau de fer entre les aliments et moi, je ne sens plus le goût. J’ai même pris du poids à cause de ça ! » A l’opposé, la Française Julie a découvert le plaisir de manger avec les doigts lors d’un voyage au Mali : « Au début, c’était bizarre, j’avais envie de m’essuyer les mains entre chaque bouchée, se souvient-elle. Mais petit à petit, je me suis habituée. En réalité, c’est très voluptueux de prendre la nourriture directement dans le plat. On sent les textures : une poignée de riz se malaxe, la sauce coule dans les jointures. C’est tiède, on se lèche la main. Il suffit de se débarrasser de nos préjugés. Manger met en œuvre la vue, l’odorat et le goût, pourquoi pas le toucher ? » Les enfants le savent d’instinct : essayez donc de les obliger à manger une cuisse de poulet avec des couverts !

 

Eminemment culturel, le toucher du XXIe siècle est codifié par des règles, des interdits implicites, et se révèle toujours significatif : « Il véhicule un message non verbal qu’il faut prendre en compte », souligne David Le Breton. Toucher n’est pas un geste neutre, sans portée : nos échanges « peau à peau » suscitent d’ail- leurs dégoût, peur, plaisir, désir... On ne touche pas par hasard et jamais n’importe qui. Et quand, par inadvertance, deux inconnus se frôlent dans une foule, il en résulte le plus sou- vent un immédiat mouvement de protection, voire d’agressivité : « Tout objet qui nous touche sans que nous l’ayons d’abord identifié est vécu comme une attaque », explique le kinésithérapeute Hervé Cochet, rappelant que « toutes les fonctions humaines sont dévouées avant tout à la survie de l’espèce ».

 

La France, de culture méditerranéenne, n’est pourtant pas la plus atteinte par cette désincarnation des rapports humains. Selon une étude, lorsque deux Parisiens prennent un café, ils se touchent en moyenne 110 fois, contre... zéro pour les Londoniens ! Quant à notre poignée de main innocente, elle se révélerait importune au Japon où tout contact physique est proscrit en public. Inversement, les hommes se tiennent couramment par la main dans les rues de Bombay ou de New Delhi et, en Afrique subsaharienne, les enfants restent en permanence sur le dos nu de leur mère jusqu’à leurs 2 ans révolus.

 

UNE AFFAIRE DE SENSUALITÉ
 

« Nous vivons dans un monde “occulocentriste” ! » déplore le photographe Evgen Bavcar, aveugle lui aussi. Et de raconter, dans une interview au journal du CNRS, ce vernissage d’une exposition de sculptures de nus : « J e les ai regardées de près, avec mes mains, mais l’ami qui m’accompagnait m’a supplié de partir : dans la galerie, tout le monde était choqué que je touche ces corps ! Et ce n’était que des corps de pierre ! » Avec d’autres non-voyants, Evgen Bavcar milite pour des parcours tactiles dans les expositions, pour en finir avec ces écriteaux qui semblent hurler : « Défense de toucher ! » « L’art est sensuel. Quel dommage de priver les visiteurs de cette dimension-là », regrette le photographe.

 

Sensualité. Le mot est lâché. Car c’est bien de cela qu’il s’agit lorsque Hugo, préadolescent de 13 ans, raconte qu’en cours d’histoire, ses deux voisines s’amusent à faire glisser leurs doigts dans un effleurement très lent sur chacun de ses genoux. « Ça me met en transe ! » lâche-t-il en rougissant. De cela encore lorsque Julie décrit la façon dont elle se passe de la crème sur le corps après un hammam : « Je sens ma peau toute douce, ça me donne envie de la caresser, de la chouchouter. C’est encore mieux si j’ai un rendez-vous juste après ! » ajoute-t-elle en éclatant de rire. De cela toujours quand Ludivine et Baptiste se lovent l’un contre l’autre dans une soirée ou au café, « comme si nos corps avaient été fabriqués pour

s’emboîter », remarque le jeune homme, « comme si des aimants nous possédaient », renchérit sa belle, s’émerveillant au passage de la racine commune d’« aimant » et « aimer ». Le psychanalyste Michael Stora le rappelle d’ailleurs volontiers : « Se toucher entretient et renforce l’amour. Plus un couple fait l’amour, plus il s’aime. »

 

Aragon l’a bien compris, qui écrit dans « Le Tiers Chant », interprété par Jean Ferrat : « Suivre ton bras, toucher ta bouche ; être toi par où je te touche ; et tout le reste est des idées. » Les poètes ont toujours raison.

 

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 18:34

"Les femmes peuvent se masturber pour apprendre à connaître leur corps."

 

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L’idée reçue. Malgré l’abondance d’informations sur la sexualité, nous sommes encore victimes de préjugés qui peuvent compliquer notre vie sexuelle. Chaque mois, Catherine Blanc, sexologue et psychanalyste, remet à sa place l’une de ces croyances.

 

C’est l’injonction la plus fréquente faite aux femmes qui appréhendent la pénétration, s’interrogent sur leur sexualité ou n’ont pas de plaisir. Ce préalable, que tout le monde s’est approprié, remonte aux premiers temps de la sexologie. Ceux où des médecins hommes réfléchissaient à la problématique sexuelle féminine à partir de leurs connaissances scientifiques, mêlées de leur cheminement personnel sur leur propre sexe : un sexe visible, aisément manipulable, très réactif.

 

De leur côté, fragilisées par des siècles d’interdit stigmatisant le féminin et un sexe mystérieux, les femmes se sont approprié la quasi-dictature masculine des “Partez à la découverte de votre propre sexe !” et autres “Comment pourriez-vous jouir si vous ne savez ni où ni comment ? ”

 

L’invisible apprentissage


Pourtant, réduire la découverte de ses capacités sexuelles à un cheminement propre à l’autre sexe est une curieuse chose ! Et la limiter, chez les femmes, à une exploration “masturbatrice”, c’est nier la spécificité du sexe féminin, caché et symbolisé. Quand la pulsion sexuelle s’éveille, la fillette ressent le besoin de solliciter cette zone génitale sans pour autant la toucher. C’est l’âge des jeux sur une balançoire ou sur un vélo… A l’adolescence, nombre de jeunes filles privilégient la découverte d’émotions et d’excitations érotiques par le biais d’histoires qu’elles se racontent et la mise en scène de leur féminité : habillement, cheveux, sourires… Certaines ne se masturbent même jamais ! Et c’est cet apprentissage de l’invisible qui sera à l’origine de leur goût pour les caresses.

 

Merveilleuse liberté


Pour autant, pas question de poser un interdit quelconque à la masturbation ou d’en faire un privilège masculin. Elle est l’expression d’une liberté et d’une autonomie merveilleuses. Elle permet à la femme de faire exister son sexe, de partir à sa découverte et de se rassurer quant à ses capacités de jouissance. Elle est également le plus sûr moyen de sortir de la croyance inconsciente de ne pas avoir de sexe, un fantasme dans lequel dorment certaines, attendant l’homme qui viendra les réveiller et les révéler.

Jouir de soi, jouir de l’autre


Le plaisir “masturbatoire” ne rend pas compte de la capacité à s’abandonner aux caresses d’un homme. Il est différent de jouir de soi et de jouir de l’autre, de savoir faire avec soi et de savoir faire avec l’autre. La rencontre est faite d’émotions. Plus qu’une simple excitation de terminaisons nerveuses, c’est bien de cela que se nourrissent la jouissance et l’orgasme. 

 

www.psychologies.com

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 06:22

La sexualité de la femme est beaucoup plus généralisée et plus latente que chez l’homme. Elle s’éveille lentement, du moins en général…

L’histoire de la Belle au Bois Dormant et du Prince Charmant est toujours vraie, quoi qu’on en pense… Or, que constate t-on ? Que des millions de femmes mariées, ayant eu plusieurs enfants, n’ont jamais obtenu la moindre satisfaction sexuelle profonde !

          

Nous ne devons pas oublier que la sexualité, dans son sens le plus noble, représente pour la femme une très grande partie d’elle-même.

Mais alors : « La femme est-elle plus ou moins sexuelle que l’homme ? ». La réponse est qu’elle ne l’est ni plus, ni moins, mais différente, tout simplement.

                    

Chez une femme, la sexualité est toujours fortement liée à l’affectivité. Chez bon nombre d’hommes, la sexualité se trouve en surface, l’homme est surtout « génital ».

Il n’en est pas de même chez la femme !  Une grande partie de la vie féminine dépend d’une sexualité comblée. Autre différence notable : si la sexualité générale a beaucoup d’importance pour une femme, l’acte sexuel proprement dit en a beaucoup moins.

                

Elle apprécie les caresses et les préparatifs bien plus que l’acte lui-même. C’est ce qui fait le malheur de nombreux ménages… où l’homme n’a rien compris du tout (ou qu’il ne possède pas la technique nécessaire). Une femme normale aime les émotions savamment dosées, les impressions délicieuses d’être bien entourée, cajolée, portée et comprise.

                    

Ne le disent-elles pas elles-mêmes ! Mais elles détestent les attaques brutales et l’acte charnel sans préparatifs (sauf cas anormaux). Que retire une femme des actes sexuels brusques et rapides ? Rien… Sinon du dégout et une indifférence qui risque de la conduire à une frigidité générale.

                       

Il faut reconnaître que beaucoup d’hommes sont, dans ce domaine, d’une grande maladresse…ou d’un égoïsme insensé. Et si certaines femmes apprécient un peu d’agressivité, celle-ci doit également être soigneusement dosée !

                 

La comparaison pourrait être burlesque, mais pour autant tellement vraie :

 « L’amour est un Art », tout comme le grand chef dans ses cuisines qui élabore des mets délicieux ; Ou alors le peintre, qui esquisse puis finalise son tableau avec soin… Il existe d’autres formes d’arts, comme la poterie, le jardinage ou la danse (en couple)…

                        

Les hommes soignent leurs gestes à travers les arts, ils prennent le temps d’observer, de bien faire et même de savoir attendre, comme en cuisine ou au jardin, par exemple ! Mais alors pourquoi un tel comportement (plutôt constructif) ne se reproduit-il pas en matière de sexualité ? C’est ce que nous étudierons dans le troisième volet des Problèmes de la Sexualité.

                  

De toute façon, en matière d’amour, les femmes mettent toujours en jeu le radar infaillible qu’est leur « intuition ». N’ont-elles pas l’intuition de la sexualité avant même d’en avoir l’expérience pratique ? C’est pourquoi elles ont besoin de la perfection dans ce domaine, et non d’un à peu-près. Pour elles, c’est tout ou rien !  Aux hommes de le savoir et de l’appliquer.

      

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P.S: D'après les dernières études sociologiques sur les nouvelles habitudes sexuelles des femmes, on constate qu'une femme moderne perd de sa sensibilité au profit d'une sexualité plus masculine et basée sur le seul plaisir physique!

        

Doit-on réduire la femme à un comportement aussi bas? Jusque-là, les hommes seulement associaient sexe et profit, mais si les femmes se mettent à faire de même, que restera t-il de la vraie sexualité...

Quand je parlais d'apparence avec l'Abbé Pierre: on s'apperçoit que même le sexe ne devient qu'apparence! Les gens profitent désormais les uns des autres sans aucune forme de conscience, pour se faire jeter ensuite comme un vulgaire mouchoir!

Je dirai simplement: "Ne soyons pas des animaux, nous valons mieux que ça".

 

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Les femmes frigides :

         

La frigidité est une forme absolument courante d’impuissance sexuelle féminine. Elle consiste en un ralentissement, ou un arrêt de l’appétit sexuel. La frigidité peut provenir de troubles objectifs : surmenage, épuisement, diabète, neurasthénie, etc…

Mais, le plus souvent, la cause de la frigidité est psychologique. Il est évidemment impossible d’en donner une cause générale, toute frigidité doit-être traitée individuellement.

           

La frigidité normale :

Neuf fois sur dix, la cause en incombe au mari. Combien de femmes redoutent avec anxiété le moment d’aller au lit ! Ces femmes frigides détestent « l’acte sexuel charnel », elles devraient plutôt dire qu’elles « détestent la façon dont l’homme envisage et accompli cet acte ». Ce qui n’est nullement pareil !

Il faut savoir que la haine de l’acte génital est une réaction qui hante quantité de femmes, cependant bien constituées. Il suffirait pourtant de très peu (de la part du mari, souvent) pour que cette situation cesse.

Sont considérés ici, bien entendu, les problèmes de femmes et d’hommes normaux…

             

La frigidité anormale :

Les autres cas de frigidité montrent toujours des troubles de la personnalité (le conjoint est donc ici hors de cause). Il arrive fréquemment, comme chez l’homme, que la frigidité soit provoquée par des névroses et des révoltes contre leur rôle naturel.

Que disent alors ces femmes ?

-« Je n’accepterai jamais d’être le jouet d’un homme !

-Les hommes sont vils, je ne parviens pas à me défaire de cette idée !

-Ma mère m’a toujours dit de ne jamais leurs faire confiance !

-Je suis une femme par accident. Je n’ai jamais voulu ce rôle !

-Je n’accepterai jamais d’être dominée, c’est trop facile !

-Ils ont vraiment trop de chance, et en plus, ils respirent l’égoïsme ! »

           

Ces femmes anormalement frigides croient donc que la sexualité est une sorte de compétition dans laquelle il y a un dominateur et un dominé. Ce qui aboutit soit à des révoltes, soit à des perversions. Dans certains cas, certaines femmes soumises se retirent dans l’infantilisme et se « ferment » sexuellement. Il y a alors impossibilité de satisfaction sans masturbation, soit personnelle, soit par le partenaire.

 

(Je ne parlerai pas, dans cet article, des femmes victimes d'inceste. Ces traumatismes aboutissent à une frigidité complexe qu'il conviendra d'éclaircir lors d'une autre publication).

               

Pour conclure, je dirais que le cas des femmes vu en Post-scriptum, ci-dessus, rejoint de façon idéale celui des femmes en révolte:  -Elles cherchent à « dominer »  les hommes en devenant comme eux (Ce qui constitue, étrangement, un paradoxe...).

         

Le dernier volet des Problèmes de la sexualité abordera les difficultés d’ordre masculines à satisfaire la femme, ainsi que ses désirs propres, dans l’acte charnel. Nous verrons également que les hommes aussi souffrent, même au-delà des apparences ! Et qu’il est pour eux difficile d’appréhender la femme, tant elle revêt le symbole du « grand manteau de l’affectivité ».

            

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 06:47

On  a trop tendance à croire que la sexualité est un acte purement masculin…alors que la femme n’aurait qu’un rôle passif (ou même de « victime »). C’est tout à fait grotesque ! L’action sexuelle doit être une coopération parfaite, auquel les deux partenaires participent activement.

           

Pour un homme, qu’est que la Puissance Sexuelle ?

        

C’est la possibilité de mener à ses fins l’acte sexuel, en tenant compte de sa partenaire, évidemment. La puissance sexuelle peut se diviser en plusieurs facteurs :

 

- Le désir physique proprement dit.

- La possibilité d'érection, qui doit se produire au moment voulu.

- La puissance d'érection indispensable à la pénétration.

- La capacité "d'attendre" que la partenaire atteigne elle-même un maximum.

- L'éjaculation et l'orgasme, suivis d'une détente parfaite et d'un sentiment de joie profonde.

     

C’est ici que l’homme se heurte à une loi impitoyable ! Il est puissant… ou impuissant, pas de demi-mesures. Il ne sera puissant que s’il est capable de réaliser sa propre sexualité ainsi que celle de sa partenaire. Beaucoup d’hommes sont capables d’érection et de pénétration mais incapables de conserver cette érection jusqu’à la fin de l’acte, ou bien l’érection a lieu mais disparaît dès que commence la pénétration. Ce sont des cas « d’impuissance partielle » ; donc d’impuissance tout court.

            

Ces impuissances font souvent le désespoir des hommes qui en sont atteints ; elles sont pratiquement toujours à base psychologique.

            

Qu’elle doit être la durée normale de l’acte sexuel ?

           

En principe (sauf cas nettement anormaux), l’acte doit durer jusqu’à ce que la femme ait atteint la satisfaction. L’homme se voit donc obligé de régler son comportement sur celui de sa partenaire. Et cela, à cause de la rapidité naturelle de sa propre satisfaction.

          

C’est ici que beaucoup d’hommes appliquent la loi de leur propre plaisir, à moins, évidemment, qu’ils ne s’agissent de cas anormaux : impossibilité de conserver l’érection ou éjaculation trop rapide. Cependant, ils peuvent avoir une excuse…Certaines femmes (et elles sont nombreuses) cachent si oui ou non elles ont atteint la satisfaction. Ce comportement féminin est souvent névrotique.

           

Souvent, elles jouent habilement la comédie, parfois durant toute leur vie ; tellement habilement que « l’homme n’y voit que du feu », mais ce n’est pas une généralité !

Ces attitudes féminines sont couramment causées par la frigidité, la peur de décevoir son mari, la honte, etc…

              

De plus, il ne faut pas oublier que la plupart des femmes arrivent lentement à la jouissance sexuelle. Il existe donc, pour l’homme, une « question de technique » absolument nécessaire et d’entraînement à la prolongation de l’acte sexuel. Une demi-heure d’érection sans défaillance est une durée normale, que bien peu arrivent à réaliser.

Cet entraînement à l’érection prolongée est souvent justifié, je le répète, par la lenteur de la partenaire. L’entraînement doit être physique et mental (surtout la maîtrise de soi).

           

J’invite ici toutes les femmes en couples à participer à cet entraînement masculin (si l’homme accepte), sans jugements ni tabous! Cette participation contribue à sécuriser l’homme dans sa quête de perfectionnement sexuel, elle contribue aussi à une meilleure compréhension mutuelle des problèmes de l’un et de l’autre des partenaires et à l’apparition du véritable plaisir issu de la « fusion » du couple.

           

Un couple solide évolue comme un ensemble ! Il ne faut pas exiger immédiatement la perfection chez l’autre. C’est avec le temps que le couple s’améliore dans la sexualité comme dans la vie, comme le bon vin ! On n’obtient jamais rien dans le « tout, tout de suite ». Ceux qui le comprennent sont plus enclins à réussir dans leurs vies privées.

        

 

Quelles sont les causes fréquentes des troubles sexuels masculins ?

     

La peur, les sentiments d'infériorité, les refoulements, les complexes, sont les causes fréquentes de troubles sexuels. Ces derniers se manifestent dès que "la virilité mentale" est brisée ou diminuée, ou si le sujet demeure accroché à des situations antérieures liées (pour lui) à la sexualité.

 

On rencontre donc souvent:

- Fixation à des situations d'enfance ou d'adolescence.

- Accrochage à la mère ou au père, excessivement fréquent.

- Education rigide ou conformiste.

- Peur de l'autre sexe (pour diverses raisons).

- Manque de confiance en soi, timidité.

- Impossibilité de s'abandonner, hyper-émotivité.

 

Ces hommes sont alors dans un état de "solitude psychique". Ils sont incapables de sortir d'eux-mêmes et de se laisser aller...Or, on constate souvent que la solitude psychique est le fait des adolescents et que la plupart des hommes ayant des troubles sexuels sont encore, quelques part en eux, coincés dans l'adolescence ; La puissance "paternelle et masculine" , cette Force Tranquille, n'ayant pu être atteinte ! 

C'est alors le jeu des faux hommes, coincés dans le paraître et le contrôle de soi. Dans cet état de compensation (perfectionnisme, autoritarisme, trop ou peu de narcissisme), aucune spontanéïté n'est possible, donc pas de laisser aller et d'abandon de soi aux choses de l'amour...

 

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Après avoir suscité quelques vives réactions, je souhaiterais éclaircir une incompréhension:

 

La virilité mentale reste sans rapport avec le physique masculin. Il faut bien comprendre qu'un "homme viril" et complet, même malade ou affaibli, restera toujours "viril et complet".

 

Un homme peut abattre un travail considérable, construire des maisons, couper beaucoup d'arbres et prouver à la terre entière qu'il est un "vrai de vrai" : si son regard ne s'est pas tourné vers ses véritables faiblesses et l'acceptation de celles-ci, le "vrai de vrai" restera un éternel adolescent en quête de masculin . L'homme fort est celui qui ose se voir tel qu'il est !


Certains diront qu'avoir des faiblesses, c'est se féminiser... mais sans une once de féminité en nous, comment pourrions-nous comprendre les femmes et partager avec elles bonheur et satisfaction ?

   

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En conclusion : le symbolisme féminin et masculin.

          

Je parlais dans la sexualité féminine du « grand manteau de l’affectivité ». Que cela signifie t-il ? Pourquoi ce symbolisme ?

          

La femme représente depuis toujours (malgré cette sensation perpétuelle d’être inférieure à l’homme) la grâce, la profondeur, le refuge, la douceur…que nous recherchons tous ! Et les hommes, si puissant paraissent-ils, sont incapables de vivre sans cette profondeur et cette affection que leurs procurent les femmes. Ce besoin remonte depuis tout petit déjà, lorsque nous n’étions alors que des enfants…

   

En effet, la mère est la première femme de notre vie. Elle pourvoit à notre bien-être dans les premiers instants de notre existence, elle est donc un grand symbole de vie ; Et le complexe d’infériorité commence ici, la plupart du temps :

    

L’enfant est face à cet océan féminin d’amour et de tendresse, et se sent démuni face à lui, la femme lui apparaît alors comme supérieure mais aussi dangereuse car elle détient le « Pouvoir Affectif » ! Pouvoir qui peut-être retiré ou maintenu, selon l’éducation et le bon vouloir de la mère. Que va faire l’enfant ? Si la maman est dotée d’un amour inconditionnel, l’enfant se sentira protégé et entouré et il grandira en ayant confiance aux femmes et en lui-même.

   

Par contre, si la maman est névrosée ou complexée, l’enfant se soumettra aux exigences maternelles (être un bon garçon, être sage, rester près de maman, jouer l’enfant parfait) pour conserver l’amour et la tendresse. Le drame alors apparaît : l’enfant grandira dans l’idée qu’il faut toujours être mieux et développera une fausse personnalité (comme vu ci-dessus)…Pour résumé, face à une femme, il se sentira toujours soumis à des conditions rigides et exigera de lui le meilleur, qu’il ne pourra jamais atteindre !  Il restera comme un enfant, tout en refoulant cette partie fragile de lui. Partagé entre l’amour et la colère qu’il éprouvera, l’angoisse sera finalement son pain quotidien. Angoisse qu’il essayera d’apaiser à travers un style de vie inapproprié ou en manifestant des signes extérieurs de richesses, par exemple. 

   

 

Et le père ? Quel est son rôle ?

    

Le père, ce soleil... Puissant et magnifique, exemple même de l’autorité ; Et non pas de l’autoritarisme, si celui-ci souffre d'une névrose !

   

Si la chaîne de l’éducation (voir l’article de l’éducation) s’est bien construite, le père sera empreint de sagesse et de compréhension, il reconnaîtra les capacités de son enfant, et lui donnera confiance en lui… Mais si le père est rigide ou dictatorial, il brisera son enfant et celui-ci grandira dans un sentiment constant d’échec. L’impression d’être un sous-homme le poursuivra durant l’âge adulte et il sentira inférieur à tous, hommes et femmes à la fois !

   

En conséquence, comment l’enfant pourrait-il avoir une virilité sexuelle s’il ne possède pas de virilité mentale…On voit donc l’importance, une fois encore, d’une bonne éducation, souple et rigoureuse à la fois. On remarque aussi combien le rapport avec la mère et le père sont précieux pour ne pas que l’enfant grandisse en état de privation affective (pour la mère), ou en manque de repères (pour le père).

  

 

Je voudrais dire ceci à tous les parents : « Ne transmettez pas vos blessures émotionnelles à vos enfants ! Je souhaite que vous puissiez briser la chaîne de l’éducation si celle-ci est pernicieuse, dans l’intérêt de vos descendants. Nous possédons presque tous des déviations mentales ou sexuelles, le nier serait un mensonge. Parfois, oser l’évoquer permet de conserver sa famille et ses proches, le repli sur soi n’apporte que malheur et solitude ! »

      

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 09:17

Le problème de la sexualité, des passions et des appétits sexuels est parfois très complexe. Il n’est pas exagéré de dire que la sexualité est souvent une « peste psychique ». A quoi cela tient-il ? Pourquoi y a-t-il tant de fausses notions dans ce domaine ?

 

On peut remarquer que le problème sexuel ne se pose jamais dans l’amour véritable. Il ne se pose pas non plus chez une personne équilibrée. Serait-ce donc que l’amour véritable se perd ? On serait tenté de le croire, en considérant le nombre de névroses, de refoulements et de peurs qui règnent dans le monde actuel.

       

L’éducation sexuelle est depuis longtemps à l’ordre du jour, parce qu’on s’était réellement rendu compte de l’urgence du problème. Depuis lors, les progrès en matière de sexualité son restés peu significatifs. D’où l’intérêt de relancer ce sujet sous une autre optique…

          

Tout psychologue ou psychanalyste a eu devant lui des jeunes gens aussi bien que des personnes âgées, mais pour qui la sexualité a toujours été un mystère ou un sommet inaccessible. Combien de couples mariés sont désemparés devant ce problème ? Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont jamais pu réaliser une sexualité normale ou parce qu’on ne leur avait jamais parlé de ces choses-là avant !

               

Certains patients me disent : « Il parait que la sexualité est une magnifique fusion physique et mentale, on dit que c’est une véritable révélation de l’amour ! Jamais je ne suis arrivé à cela. J’ai obtenu des plaisirs sexuels, bien sur… mais jamais cette sensation profonde de joie… »

Et tant d’autres questions qui montrent combien on fait de la sexualité une chose étriquée.

           

L’éducation sexuelle est une très belle chose. Encore faut-il que l’éducateur ait exploré cette question. Encore faut-il qu’il soit dégagé du tabou !

Il ne sert à rien qu’un éducateur sexuel connaisse le fonctionnement physique et l’anatomie des organes génitaux, le problème est infiniment plus vaste et plus « mental ».

L’éducation sexuelle est comme l’éducation classique, tant qu’un éducateur gardera en lui des refoulements sexuels, des peurs et des complexes du même ordre, il lui sera impossible de transmettre une vision large et aisée de ce sujet.

              

Un éducateur sexuel doit considérer la question avec autant d’aisance que la pluie et le beau temps. Il est fréquent pour un psychanalyste d’entendre dire : « Il est si facile de parler de ces choses-là avec lui ! On sent immédiatement qu’il les considère comme absolument naturelles ». D’ailleurs, on ne peut concevoir qu’un psy puisse avoir le moindre recul intérieur quand il entend le récit d’une perversion sexuelle ! Et nous devrions tous adopter la même ouverture d’esprit…

                

Sexualité et personnalité : mêmes troubles.

                  

Les troubles de la sexualité sont toujours provoqués par des troubles de la personnalité. Une impuissance ou une déviation sexuelle sont toujours les symptômes d'une déviation intérieure générale. Que recherchent beaucoup de personnes dans la sexualité, ou du moins ce qu’ils appellent ainsi ? Des millions d’hommes et de femmes sont enfermés dans d’étouffantes habitudes intérieures. Leurs possibilités de « créer la beauté » dorment. Que tentent alors ces personnes ? Se fuir elles-mêmes, avant tout...

              

Elles vont essayer de trouver un bonheur fugace et des sensations fortes comme d’autres boivent de l’alcool ou se droguent ! Il n’y a, évidemment, aucun amour dans tout cela, mais seulement le désir de s’oublier soi-même.    

Or, la sexualité est le domaine qui exige, plus que tout autre, une libération de la peur et un dégagement de soi. Cet état de liberté sexuelle exige donc l’extirpation de toutes les « scories psychologiques ».

 

Pour beaucoup, l’amour est une émotion profonde ou la satisfaction d’un désir. C’est comme si quelqu’un se croyait religieux parce qu’une musique d’orgue de cathédrale lui donne une forte émotion… En vérité, nous sommes loin de la véritable religion (du sens relier ou unir), comme du véritable amour.

          

L’Amour est un acte de connaissance et d’intelligence. Il permet de saisir l’essence même d’une autre personne. Cet amour humain s’exprime dans le corps par la vie sexuelle, aboutissant à une fusion parfaite, au renouveau des forces et à la béatitude.

 

Dans les articles suivant, je tenterai d’expliquer et de comprendre les attentes de chacun, les peurs aussi. Nous examinerons également les déviations les plus courantes, dans le masculin comme dans le féminin… Afin que toute personne de bonne volonté puisse accéder à cette « fusion harmonieuse et joyeuse » qu’est l’union de deux êtres qui s’aiment.

 

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 17:14

-Présentation de l'association et documentaire Arte Théma sur les victimes de l'inceste-

 

 

"Le Monde à Travers un Regard est une association à but non lucratif de lutte et de prévention contre l'inceste et la pédocriminalité régie par la loi 1901".

Nous mettons en place des groupes de parole, des ateliers d'écriture, des ateliers de chant/musique et de nombreux autres ateliers artistiques car, pour nous, la libération de la parole et des maux ne passent pas forcément par la voix... Nous proposons également des conférences, des projections de documentaires, des expositions, ainsi que toute action susceptible d'informer le grand public sur l'inceste et la pédocriminalité. Nous menons un travail quotidien de recherche, d'information et d'action.

 

Nous proposons:

  • Des groupes de parole pour les victimes & les proches de victimes,
  • Des ateliers dessin,
  • Des ateliers chant/musique,
  • Des conférences, interventions, formations, de la prévention
  • Une exposition itinérante,
  • Des projections de documentaires,
  • 2 sites Internet & 1 forum
  • Des campagnes d'information.

Nous construisons également un réseau de partenaires et d'associations européens et internationaux. Afin de combattre l'inceste et la pédocriminalité, il faut avant tout connaître et comprendre ces fléaux...car pour les victimes, les conséquences sont lourdes tout au long de la vie...

 

Ce forum est destiné aux victimes de maltraitances sexuelles et à leur proches, n'hésitez pas à visiter le site Internet pour plus d'informations : http://www.lemondeatraversunregard.org

 

 

 

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Soins conventionnels :

- Etat dépréssif

- Troubles anxieux

- Situations de crise

- Troubles compulsifs

- Hypnothérapie médicale

 

  Nouveau site internet :

  http://www.psychologie-luxeuil-70.com/

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Soins spécifiques :

- Souffrances au travail 

- Thérapie de couple ou familiale

- Suivi scolaire et aide à l'orientation 

- Communication et relations publiques

- Facultés attentionnelles et concentration

Université Populaire UPL :

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