25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 11:05

Trois mois, six ans, vingt ans… De parloirs en promenades,
 comment vit-on le quotidien en milieu carcéral  ? Comment s’organise la vie quand elle est contenue dans une cellule de 10 m2  ?

   

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Les clefs de l’énorme trousseau cliquettent à la ceinture du surveillant. Pour pénétrer l’univers carcéral lorsqu’on est journaliste, il faut s’armer de patience. La maison d’arrêt d’Auxerre n’y fait pas exception. Trois mois de délai et quatre ou cinq relances téléphoniques pour obtenir une visite des locaux de seulement quarante-cinq minutes. Le jour dit, il faut sonner à l’interphone, franchir un portail encadré par un surveillant, laisser ses effets personnels, passer sous un portique de sécurité. À chaque porte, des sonnettes, des serrures aux lourdes gâches. L’attente.

 


À un instant donné, un Français sur mille dort derrière les barreaux. Bien qu’à l’écart et peu visible, la prison est une société à part entière. Dans les années 1970, le Groupe d’information sur les prisons (Gip), initié par Michel Foucault, Jean-Marie Domenach et Pierre Vidal-Naquet, permet à la prison de faire irruption dans le débat public. Depuis, nombre de sociologues, historiens, psychologues, journalistes et militants continuent de dénoncer l’univers carcéral comme étant un non-lieu marginal, occulté et, parfois, une zone de non-droit. Des témoignages de détenus, ou des œuvres de fiction, comme le film Un prophète de Jacques Audiard (2009), ont entraîné spectateurs et lecteurs là où leur regard ne portait pas : derrière les murs, dans le quotidien carcéral.


La prison est une institution en tensions entre des objectifs contradictoires : elle désocialise les individus pour les resocialiser, elle prétend tout à la fois punir et réinsérer. Mais, en deçà de l’ambition institutionnelle, une autre réalité se fait jour : celle de la vie quotidienne des détenus. En prison, parce qu’il faut bien vivre, on noue des liens, on s’approprie l'espace, on résiste ou on abdique, on patiente. Bien sûr, le quotidien carcéral diffère d’un établissement à l’autre, d’un détenu à l’autre. Régime d’incarcération ouvert ou fermé, maison d’arrêt ou centre de détention : les vécus sont pluriels, et les témoignages parfois dissemblables. Mais comment, concrètement, vit-on en prison ?


 

Compter 
le temps


La prison est un espace bien délimité : une cellule de quelques mètres carrés, des coursives, une cour, des murs d’enceinte. Mais elle est aussi un temps : le temps de la journée, des heures et des minutes ; et celui de la peine, des mois et des années. Le temps carcéral, explique le sociologue Gilles Chantraine, est « un trou noir : le cœur du système semble gorgé de vide (1) ». Les activités telles que le parloir, la bibliothèque, la promenade, le travail ou le sport ne parviennent que difficilement à structurer la journée des détenus. Au mieux, elles comblent le vide.


 

Dès lors, à quoi bon posséder une montre ? Quand ils sont en régime fermé , les détenus ne sont pas maîtres de leur emploi du temps. Ils doivent attendre qu’on leur livre la gamelle pour manger, qu’on vienne les chercher pour se déplacer. Même si elle maintient le lien avec le temps extérieur, la montre ne fait que renforcer ce sentiment d’impuissance : savoir l’heure qu’il est mais ne rien pouvoir faire de cette donnée. Christophe de La Condamine, dans le journal qu’il a tenu lors des quatre ans de son incarcération, raconte : « Si j’avais un repère au poignet, je risquerais d’y regarder un peu trop souvent, je m’y fabriquerais l’attente. Attente de la promenade, attente du déjeuner, attente de l’heure du dîner, attendre l’heure de quoi ? Vivement dans cinq ans ou dans dix (2). »

   


Les détenus perçoivent avec étrangeté les années passées en prison. Temps immobile, « le corps semble avoir vieilli sans avoir vécu », explique G. Chantraine. En prison, certains détenus choisissent ainsi de dormir le plus possible pendant la journée. « Comme si les heures de sommeil ne comptaient pas dans l’accomplissement de la peine (3) », souligne le journaliste Frédéric Ploquin.


 

Cantiner


Pour améliorer l’ordinaire, les détenus « cantinent », c’est-à-dire qu’ils achètent, sur leurs deniers personnels, de la nourriture, des produits de toilette, et tous les objets et fournitures dont ils ont besoin au quotidien. Comme ils ne disposent pas d’argent liquide, c’est sur leur compte, alimenté par les proches ou par le salaire qu’ils perçoivent, que sont prélevées les sommes des achats par correspondance. Les détenus pauvres, les « indigents » qui disposent de moins de cinquante euros par mois, se voient attribuer une petite aide financière, en fonction des établissements et de leur comportement en détention. Dans le cas contraire, ils doivent se contenter des « gamelles » et du nécessaire que leur fournit l’administration pénitentiaire, généralement de piètre qualité et distribué au compte-gouttes. Et se priver de télévision dont l’accès coûte souvent plus de trente euros par mois pour chaque détenu d’une cellule.


 

La consommation est aussi un plaisir, explique G. Chantraine, parce qu’elle « permet aux détenus de s’exprimer par le moyen des achats qu’ils peuvent faire (…). En se singularisant par ses achats, l’individu se soustrait pour partie à la règle commune et à l’impact dépersonnalisant de l’institution. »

   


Comme la plupart des cellules ne disposent pas de réfrigérateur – et alors même que les détenus peuvent cantiner des produits frais –, ils stockent leurs denrées l’hiver sur le rebord de la fenêtre, contre les barreaux. Une pratique ostentatoire qui n’est pas sans poser problème, témoigne C. de La Condamine : « Lorsque les occupants sont fortunés, tout est relatif, un camembert attend d’être consommé. (…) Les différences financières sautent aux yeux. Combien d’envies, générées par ces exhibitions, se règlent à la douche ? »

 

Nouer des liens


Entre les murs ont lieu de nouvelles formes de socialisation. Les codétenus partagent les repas, les promenades ou les ateliers. Ils se rencontrent en maison d’arrêt et se retrouvent parfois, des années après, en établissement de peine. Quand ils partagent une cellule de quelques mètres carrés, la confiance devient une valeur de premier plan. Partager les provisions cantinées, ne pas puiser dans les réserves des autres quand ils ont le dos tourné. La promiscuité aidant, tout manquement aux règles explicites et implicites peut dégénérer en accès de violence. Le détenu qui refuse de se laver, par exemple, est souvent rappelé à l’ordre par ses codétenus. Une surveillance mutuelle, officieuse, se substitue à celle de l’administration pénitentiaire. De fait, beaucoup de bagarres éclatent loin du regard des surveillants. « Embrouille dans notre pavillon, rapporte dans son journal C. de La Condamine, une casserole d'eau bouillante a répondu aux coups de chaise. Ces deux protagonistes n’ébruiteront pas l’affaire. Cloques et bosses ne valent pas mitard. » Lorsqu’une solidarité s’installe, elle est vécue comme une véritable planche de salut. C. de la Condamine raconte que son codétenu Titi lui gardait tous les soirs, durant la durée de son procès aux assises, son plat au chaud par un système de bain-marie artisanal.


 

Soigner ses troubles mentaux ?


« Un surveillant passe la tête par la porte et dit : “Celui-là, vous allez voir, je ne suis pas sûr qu’il soit pour ici.” Entre en effet un drôle de type jeune, absent ; il ne s’assied pas, il regarde avec intérêt les murs, il ne parle pas. Tout d'un coup, il frappe sa joue, écrase une chose invisible, secoue sa tête (4). » Le témoignage de la psychiatre Christiane de Beaurepaire illustre une contradiction : la justice condamne à des peines de prison des individus atteints de psychoses, incapables donc de comprendre le sens de leur condamnation. Alors qu’un rapport du Sénat de 2010 écrit que « la prison n’est pas un lieu de soin », on dénombre plus de 20 % d’individus atteints de troubles psychotiques parmi les détenus. En avril 2010 ouvre, au sein de l’hôpital du Vinatier de Lyon, une unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA), un hôpital prison, susceptible d’accueillir des personnes «souffrant de troubles psychiatriques et nécessitant une hospitalisation».

 

Psychiatres et psychologues dénoncent une confusion entre criminalité et troubles mentaux, et un pas de plus vers la suppression de l'irresponsabilité pénale qui empêche de condamner une personne malade.
 L’expression de ces troubles se manifeste parfois par des mutilations et des tentatives de suicide. Coupures au rasoir, ingestion d’objets durs, les automutilations viennent soulager une tension émotionnelle insupportable, explique C. de Beaurepaire. « Ton corps en prison devient un argument, témoigne Hugo, ex-détenu. T’as des gens qui vont se mutiler parce qu’ils n’ont plus d’autres moyens de faire avancer les choses. Moi ça m’est arrivé, tu t’ouvres les veines pour attirer l’attention sur toi (5). »

 

Communiquer 
avec l’extérieur


« En apportant l’air du dehors, on fait du bien et du mal (6) », explique Sylvie, une compagne de détenu. En détention, les liens avec l’extérieur, d’une importance capitale, se renforcent, se maintiennent, se distendent, ou se rompent. Au parloir, au téléphone, ou à travers la correspondance, le détenu n’est plus seulement un numéro d’écrou et un compagnon de cellule, mais il redevient un père, un fils, un époux, un ami. Mais ces échanges amènent aussi colère et frustration : trop courts, ils rappellent au détenu qu’il est dedans quand les siens sont dehors. G. Chantraine évoque par ailleurs un « décalage entre le temps carcéral et le temps de l’extérieur » qui amène questions et préoccupations : «  Le reclus est-il au courant des avancées de l’affaire ? Tel courrier est-il parvenu ? La date de sortie présumée est-elle toujours la même ? »

Aux visites de parloir, pour lesquelles certaines familles parcourent des centaines de kilomètres, on échange du linge et des livres. Nombre de détenus font passer du courrier en sous-main, afin qu’il échappe à la censure pénitentiaire. À Noël, certains reçoivent de leur famille un colis de denrées alimentaires de cinq kilos : foie gras, fromage, chocolat… Une solidarité avec le détenu que certains proches conditionnent à son innocence, commente la sociologue Gwénola Ricordeau. « Si t’étais coupable, lance un père à son fils accusé de viol, on te prendrait pas au téléphone. »

 

Travailler


« Quand vous travaillez, vous êtes concentrés au boulot, et là vous ne pensez à rien. Si vous restez sans rien faire, vous ne vous sentez pas bien », raconte un détenu de la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy. Afin de gagner de quoi cantiner, et pour occuper les journées, les détenus qui le souhaitent peuvent demander à travailler. Deux options s’offrent à eux : le service général ou le travail en production. Dans le premier cas, les « gamelleurs » ou « auxiliaires » font le ménage et servent les repas. Le travail en production, quant à lui, est fourni par des entreprises qui installent leur atelier au sein de la prison, généralement en raison des faibles coûts de main-d’œuvre. Découpe de planche, emballage, montage de composants électroniques, pliage, collage, les tâches sont mécaniques et répétitives. Le travail carcéral n’est encadré par aucun contrat de travail. Aucun entretien, aucune obligation de rémunération minimum, aucune indemnité en cas de licenciement, de maladie ou d’accident du travail n’est prévu pour les détenus qui travaillent aux ateliers.

 

Dans un rapport 2011, l’Observatoire international des prisons (OIP) précise qu’« en 2010, les rémunérations nettes des personnes détenues n’ont pas dépassé, en moyenne, 318 euros par mois ». Parce qu’il offre l’opportunité de s’extraire six heures par jour de leur cellule, le travail reste malgré tout une denrée rare très prisée des détenus. Seuls 25 % d’entre eux y ont accès, ce qui permet à « l’administration pénitentiaire, analyse Philippe Auvergnon, directeur de recherche au CNRS, de se garder la possibilité via l’accès ou le retrait du travail d’un outil disciplinaire extrêmement important ».


 

Bricoler


Du dentifrice pour coller des photos et des affiches au mur. Une boîte de Ricoré en guise de porte-savon. Du jus de raisin, du sucre et de la mie de pain pour distiller du vin. En prison, il faut faire preuve d’ingéniosité pour pallier le manque de tout. Les astuces du système D se transmettent d’un détenu à l’autre, des anciens aux nouveaux arrivants. C. de La Condamine décrit dans son journal comment réchauffer de l’eau : il faut « apporter l’électricité des deux côtés d’un isolant (manche de brosse à dents). On plonge l’objet dans un seau d’eau (salée, ça marche mieux) et l’électrolyse du liquide le fait monter en température. » Improviser un réchaud, une bouilloire, c’est manger et boire chaud quand on le souhaite : autant de moyens de se réapproprier un mode de vie, un lieu, un emploi du temps. Mais une fois qu’ils l’ont investie et aménagée, beaucoup de détenus insistent sur le fait que cette cellule n’est pas la leur. Les mots sont importants. F. Ploquin rapporte les propos de Karim Mouloum, en prison pour braquage, aux matons « lorsqu’ils lui ordonnent de rentrer dans “sa” cellule. – Dans “votre” cellule !, réplique-t-il avant d’obtempérer. »

 

Avoir une
 vie sexuelle


En prison la sexualité n’existe pas, ou presque. Du moins, pas dans les programmes de l’institution pénitentiaire. « Le corps de procédure pénale qui régit la vie en détention ne mentionne à aucun moment le mot “sexe” ou le mot “sexualité”, explique le sociologue Arnaud Gaillard. Un article de loi parle de la protection de la pudeur et des dérives de l’obscénité. » Si beaucoup de détenus témoignent de la disparition de leur libido dès lors qu’ils sont entre les murs, elle se limite pour d’autres à une sexualité solitaire, à des pratiques homosexuelles avec des codétenus, ou à une sexualité dérobée aux parloirs quand les surveillants acceptent de « fermer les yeux ».


 

Hugo, libéré il y a un an après vingt-neuf ans de détention, raconte : « La seule sexualité que j’ai eue en prison pendant vingt-neuf ans, elle est passée à travers la pornographie. (…) Ça fait un an que je suis sorti, j’ai encore des problématiques. À un moment, j’avais une nana (…) mais t’as du mal aussi à accepter ses mains sur ton corps. T’es seul, même en sortant, t’es encore seul (7). »

   


Une « privation de l’altérité », selon les mots d’Arnaud Gaillard, à laquelle tentent de remédier les unités de visite familiale (UVF), expérimentées depuis 2003 sur le modèle canadien. Ces appartements privés mis à la disposition des détenus de longue peine pour y recevoir un conjoint leur permettent de se soustraire pour quelques heures au regard des autres. Mais au 1er janvier 2011, rapporte l’OIP, « seuls dix-sept établissements sur 191 en étaient en effet pourvus ».


 

Être puni


Pour les détenus récalcitrants au règlement carcéral, plane l’ombre des sanctions disciplinaires. Prétoire (commission disciplinaire), mitard (cellules du quartier disciplinaire), le détenu sait généralement ce qu’il risque s’il ne se tient pas à carreau. Le mitard, décrit C. de La Condamine, est une « cellule toute de béton, privée de cantines (…). Pas de briquet pour ne pas enflammer le fin matelas de mousse posé sur le ciment. L’isolement est complet, y compris pendant l’heure de promenade dans une cour de quinze mètres carrés, fermée même vers le ciel par un grillage. » Les détenus particulièrement signalés (DPS), qui ont tenté de s’évader, qui ont commis viols ou meurtres en détention, ou qui appartiennent au crime organisé font l’objet d’un traitement particulier et sont souvent placés à l’isolement.


   

En outre, de nombreux détenus dénoncent l’arbitraire du système pénitentiaire qui fait de la privation de leurs droits un levier de punitions officieuses. Le journaliste Arthur Frayer se souvient des propos de Saker, un détenu : « Surveillant, je vais vous dire, il y a deux prisons : la prison réelle, celle qui existe parce qu’on a fait des conneries ; on a été condamné et on paye pour ça, c’est normal ; et il y en a une deuxième : la prison dans la prison. Tous les petits trucs quotidiens qu’on nous fait subir pour rien : les parloirs Hygiaphone sans raison, les retards de promenade sans motif, et les surveillants qui sont jamais là, les délais sans fin, les plaques électriques cassées qui sont jamais réparées (8)… » À l’inverse, de meilleures conditions de détention deviennent une forme de récompense. Le centre de détention en régime ouvert , par exemple, censé garantir une meilleure réinsertion, est octroyé aux détenus qui ont eu un comportement exemplaire. Par manque de moyens matériels et d’objectifs clairs quant à la mission de la prison, l’admi­nistration pénitentiaire fait respecter l’ordre avant toute chose. Les « pointeurs », les condamnés pour des affaires de mœurs se trouvent ainsi placés à l’écart des autres prisonniers, et ne sortent que rarement. Les surveillants ferment les yeux sur les petits trafics ou les rapports sexuels aux parloirs, en principe interdits, mais qui génèrent du calme.


  

A. Frayer se souvient des paroles de surveillants qui jugeaient que son discours sur le rôle resocialisant de la prison était trop « Enap » (École nationale de l’administration pénitentiaire) : « La réinsertion, c’est pour les politiques et les bureaucrates. Ici, il faut juste veiller à ce que les voyous ne se barrent pas. » Des propos cyniques qui font écho aux analyses du sociologue G. Chantraine, pour qui l’organisation carcérale est une «  organisation où finalité et fin se renversent : le contrôle des membres n’est plus le moyen d’obtenir une fin, il devient la fin ».

 

NOTES

 

(1) Gilles Chantraine, Par-delà les murs, Puf, 2004.

(2) Christophe de La Condamine, Journal de taule, L’Harmattan, 2011.

(3) Frédéric Ploquin, La Prison des caïds, Plon, 2011.

(4) Christiane De Beaurepaire, « Folie et misère en prison », Pratiques, n° 48, février 2010.

(5) Lemonde.fr, Le Corps incarcéré, webdocumentaire, 2009.

(6) Gwénola Ricordeau, Les Détenus et leurs proches. Solidarité et sentiments à l’ombre des murs, Autrement, 2008.

(7) Lemonde.fr, op. cit.
(8) Arthur Frayer, Dans la peau d’un maton, Fayard, 2011.

 

Céline Bagault - www.scienceshumaines.com

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 09:59

Virtuel et numérique, un nouveau monde s'est mis en marche il y a moins de quinze ans. Petit à petit, nous avons laissé entrer les machines dans notre quotidien, au travail, dans nos loisirs... et même dans nos corps.

 

 

Nous serions donc sur le point d'entrer dans une ère bionique. Mais jusqu'où laisserons- nous encore aller nos machines ? Avec quels enjeux ? Réponses dans Un monde sans humains ?, un film de Philippe Borrel d'après une idée originale de Noël Mamère.

Les machines ont envahi notre quotidien. Ces outils étaient censés nous faire gagner du temps, nous rendre plus efficaces et nous libérer. Mais depuis une décennie, un malaise parcourt nos sociétés. Des scientifiques, des philosophes et des activistes anti-technologies lancent l'alerte contre la marche accélérée du progrès technoscientifique. Prothèse bionique, intelligence artificielle ou robots de plus en plus autonomes, des neurosciences aux nanotechnologies en passant par la biologie moléculaire et la génétique, les recherches à fins médicales ou militaires nous font rentrer dans une nouvelle ère.

Le scénario est à présent tout tracé: nous aurons les moyens de transformer radicalement notre corps, grâce à des milliards de nanorobots qui circuleront dans notre sang, dans nos organes, dans notre cerveau. Ces nanorobots détruiront les agents pathogènes, corrigeront les erreurs de notre ADN, élimineront les toxines et effectueront toutes sortes d'autres tâches pour améliorer notre bien-être physique. Ils interagiront avec nos neurones biologiques, avant de pouvoir les remplacer et de générer des organismes plus durables, plus performants et à peu près inusables. Se dessinera la version dite 2.0 du corps humain où les organes biologiques, comme le coeur ou les poumons, seront remplacés par d'autres ressources nécessaires au fonctionnement des systèmes nanorobotiques. Parlerons-nous un jour des hommes comme d'une espèce disparue ? Nous prépare-t-on un champ de réinvention extraordinaire de nos corps et de nos vies, ou bien de nouvelles chaînes qui conduiront à notre mise en conformité progressive ?

Enquête sur ce monde en genèse à la croisée des technosciences, de la philosophie et de la politique, dont les enjeux nous concernent tous, ici et maintenant.

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 13:05

Le "devenir algorithmique" désigne le mécanisme inexorable qui est à l’oeuvre conjointement au processus de grammatisation, celui-là même qui nous pousse vers une numérisation de plus en plus importante de notre monde, et de notre pensée...

  

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- L’algorithme: une définition de la pensée unique ! -
  
L’algorithme, écrit Philippe Flajolet dans l’encyclopédie universalis, est
«un schéma de calcul, sous forme d’une suite d’opérations élémentaires obéissant à un enchaînement déterminé».
 
Parler d’algorithme aujourd’hui, au XXI siècle,  c’est évidemment faire référence à un des derniers visages de la grammatisation et de l’engrammage qu’est la programmation informatique. Pourtant, la programmation n’épuise pas la question de l’algorithme, en ce sens que l’on ne programme que ce qui relève déjà du champ de l’algorithme c'est à dire ce qui a déjà été engrammé par le processus de grammatisation décrit par Sylvain Auroux. La grammatisation appelle l'algorithme et inversement, l'un ne va pas sans l'autre.
  
A ce titre, ce qui relève de l’algorithme est plus vaste que la définition mathématico-informatique qui lui est de nos jours systématiquement accolée. Il y a un devenir algorithmique dans la mesure où celui-ci joue un rôle de plus en plus important et visible dans nos vies et nos cerveaux.
 
Ainsi, le devenir algorithmique s’inscrit jusque dans ces conversations commerciales que l’on nous impose au téléphone avec les télévendeurs ou téléconseillers :
  
« La conversation avec le client doit être rapidement référée à un « script », qui sera ensuite lu mot à mot par l’opérateur. Ce dernier peut-être sanctionné lorsqu’il « sort » du script, ne serait-ce que pour faire une réponse intelligente ou compationnelle à son client. Ainsi, les « amorces », réponses aux questions et autres formules de civilités sont prévues en amont de la conversation. Les phrases sont « déclenchées en fonction de l’attitude du client ou de ses questions. Finalement ces scripts sont des manières de « tayloriser » la conversation : celle-ci est découpée en unités de base et exécutée. » Marie-Anne Dujarier, Le travail du consommateur, Ed. La décourverte, 2008, p.27.
 
Ce devenir algorithmique ne va pas sans poser un certain nombre de questions, notamment lorsqu'il s'agit d'imposer des algorithmes à nos existences : nos organisations du travail, nos modes de consommation, nos systèmes financiers, etc., ne laissant plus de place à l'initiative et à toute forme de motivation...
Effaçant de fait toute possibilité d'individuation psychique et collective, par un processus de reconfiguration synaptique du cortex et de l'agencement des neurones (plasticité cérébrale).

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 11:17

Voici la vidéo de la conférence qui a eu lieu le Mardi 16 Octobre 2012 à la "salle blanche" de la maison des associations de Saint-Sauveur - Présentation de qualité et débat teinté d'humour, pour un colloque d'une durée d'une heure quinze environ.

 

 

Merci à : Mr Toussaint Denis, Mr Trommenschlager Franck, Dr Olivier-Koehret Martial, Dr Poinsot Laurence, Mr Heymann Bruno, Mr Muhlmeyer Roland... qui ont tous répondu présent.

 

Retrouvez-nous sur : http://ars-praeceptorum.over-blog.org/

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 08:54

La fin est-elle inévitable ? Voici la chronique de Brice Couturier en deux parties:

 

Depuis le XVIII° siècle au moins, la crise était censée être un moment, une étape vers un nouvel ordre des choses. Une instabilité passagère, qui ébranlait les repères usuels, ruinait les valeurs établies, renversait les hiérarchies sociales, juste le temps d’installer de nouveaux repères, de fonder de nouvelles valeurs. Bref, un seuil à dépasser, comme chez Hegel, par exemple.  Après quoi, un nouvel ordre stable se mettrait en place. Jusqu’à la prochaine crise, au nouvel ébranlement provisoire de l’ordre des choses, débouchant à nouveau sur une refondation.

 

France-Culturepremière partie, cliquez ici

   

Et l’histoire progressait ainsi par étapes, de crise en crise, toujours vers le meilleur, sur la voie du perfectionnement et de la liberté. C’est au moins sur ce fond, sur ce discours « progressiste », que nous avons vécu depuis que nous sommes entrés en histoire, durant l’Antiquité, avec Thucydide. Depuis que les Grecs, les premiers, ont pris conscience que l’homme ne subissait pas une histoire écrite par les dieux, mais qu’il avait le pouvoir de faire son histoire et d’en trouver le sens.


Mais voici que la crise s’éternise, qu’elle ne semble plus porteuse d’un renouveau radical, mais se contente de saper sans rien construire. Nos sociétés se délitent ; le politique semble ne plus maîtriser aucune des manettes du destin collectif ; on ne voit plus rien se dessiner sur la ligne d’horizon. Nous avons le sentiment d’être placés dans un interrègne interminable. Il devient de plus en plus difficile de penser l’histoire que nous faisons. D’où le soupçon, magnifiquement décrit par feu Philippe Muray, que nous serions de fait « sortis de l’histoire ». Pour Muray, notre post-modernité s’épuisait à mimer de manière dérisoire la geste héroïque des anciennes révoltes, mais sans plus y croire, de manière parodique. Elle aplatissait toutes les différences, refusait toute forme, toute distinction, noyant tout ce qui la précédait dans un magma d’insignifiant recyclage. Nous avions plongé dans une « société de réjouissance », et « l’homo festivus » n’aspirait plus qu’au spectacle.

 

France-CultureDeuxième partie, cliquez ici

   

Muray aimait citer cette phrase de Kojève : « L’histoire s’arrête quand l’homme n’agit plus au sens fort du terme, c’est-à-dire qu’il ne nie plus, ne transforme plus le donné naturel et social par une Lutte sanglante et un Travail créateur. »

 

Cette nostalgie des temps héroïques, de l’époque prométhéenne, elle nous paraît bien suspecte aujourd’hui, car nous savons qu’elle se paye en milliers, puis en millions de morts. Est-ce une raison de se satisfaire de notre éternel présent ?

 

Mais puisque vous aimez Octavio Paz, j’aimerais soumettre à votre commentaire un texte qui date des années 60, puisqu’il figure dans le recueil intitulé « Courant alternatif », mais qui me paraît d’une brûlante actualité.

 

« En Occident et dans les « développés », c’est l’interrègne : rien n’est venu remplacer les principes anciens, la foi ou la raison. La société occidentale, coupée du passé et lancée vers un futur toujours insaisissable, vit au jour le jour. Son abondance matérielle et intellectuelle ne saurait masquer son essentielle pauvreté : elle dispose du superflu, mais l’essentiel lui manque. Son être a disparu par un trou sans fond, le temps qui a perdu sa consistance de jadis. Le vide s’annonce comme désorientation, et celle-ci comme mouvement. C’est un mouvement qui, du fait qu’il est sans direction, ressemble à une immobilité frénétique. » (Courant alternatif, p. 186, 187)

 

J'ai cité un auteur mexicain. En effet, l'impression que l'histoire bégaie est surtout le fait des Européens, ces "retraités de la Grande Histoire", comme dit Peter Sloterdijk. Sommes-nous bien sûrs que les Chinois, les Indiens, les Brésiliens et les Arabes la partagent ?

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 08:20

"Débat sur le mariage et l'adoption pour tous, sur France Inter."

Avec le psychiatre et psychanalyste, Serge Hefez et le pédopsychiatre et psychanalyste, Christian Flavigny. Deux avis opposés pour un débat très enrichissant:

  

 

À l'occasion de l'atelier clinique « Familles contemporaines et thérapie », le psychiatre et psychanalyste Serge Hefez a donné son point de vue sur l'homoparentalité... Le débat divise encore aujourd'hui de nombreux cliniciens:

   

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 18:01

Tablettes numériques, zapping sur la toile, crise, désintérêt des ouvrages, etc... A l’avenir, « achèterons-nous de moins en moins de livres ? »

 

France-Culture

-Cliquez sur le logo pour écouter le podcast-

 

On ne pourra pas reprocher au jury du prix Nobel de littérature d’avoir voulu surfer sur la notoriété incontestable d’une vedette du monde des lettres. Après avoir récompensé le poète suédois Tomas Tranströmer l’an dernier, c’est l’écrivain chinois Mo Yan qui a été sacré aujourd’hui. Pas sûr que ce choix provoque un énorme appel d’air dans les librairies !

 

Le secteur en aurait pourtant bien besoin. A la foire du livre de Francfort, qui ouvrait ses portes hier, il devrait être beaucoup question de la crise qui touche notamment le secteur de l’édition dans les pays du Sud de l’Europe : l’Espagne, la Grèce, le Portugal. Récession oblige, les ventes de livres y sont en chute libre. « On est la tête sous l’eau, sans la moindre perspective » constate notamment la directrice du Centre national du livre grec.

 

La France n’en est pas là, mais le monde de l’édition est-il beaucoup plus serein ici que chez nos voisins ? Selon les chiffres de Livres hebdo, l’économie du secteur aurait tendance à jouer au yoyo depuis quelques mois, les baisses d’activité succédant aux périodes de timide reprise, et ce après une année 2011 marquée par un net ralentissement.

 

Il serait tentant de considérer la crise comme unique responsable de cet essoufflement (qui ne serait donc que passager). Ce serait laisser de côté des changements beaucoup plus profonds liés aux rapports que nous entretenons aujourd’hui avec le livre -qui n’a sans doute plus la place symbolique qu’il occupait autrefois-, et avec la lecture –moins linéaire désormais donc peut-être moins compatible avec la littérature. Une tendance de fond est-elle en train de se dessiner ?

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 10:48

La culture américaine s’est structurée autour de quelques notions majeures, comme le self-made-man ou l'American way of fife. Passage en revue de ces idées fondatrices qui, pour certaines d'entre elles, ont probablement contribué à la forte dégradation de l'empire américain !

 

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L'individu : du self-made-man au self help


L’Amérique est une terre de pionniers. à la différence des États européens qui se sont construits par le haut, l’Amérique s’est construite par le bas. Les premiers colons qui se sont installés ne pouvaient attendre d’un État ni travail ni protection. L’initiative individuelle joue donc un rôle central dans l’esprit américain. Il s’exprime dans la figure héroïque du self-made-man et dans l’idée du « do it yourself ». L’individualisme se retrouve autant dans l’esprit des sciences sociales (la microéconomie) que dans la psychologie du « self help » (développement personnel - le parent pauvre de la psychologie).

 

La communauté : la race et l'ethnie


L’Amérique est une terre d’immigrants. Qu’ils aient été déplacés sous la contrainte (l’esclavage des Noirs) ou se soient embarqués pour des raisons économiques et dans l’espoir de changer de vie, les immigrants européens (Italiens, Irlandais, Grecs, Juifs d’Europe de l’Est) ou asiatiques (Chinois, Coréens) se sont regroupés en communautés. De là une composition particulière de la ville en communautés ethniquement homogènes. De là aussi l’importance des notions de race, d’ethnie et de communauté (« community ») dans la représentation de la société.

 

La religion : In God we trust


L’Amérique est terre de religion. Les premiers colons étaient des quakers (des protestants radicaux venus de Grande-Bretagne pour fonder une « nouvelle Jérusalem »). L’esprit religieux a toujours été l’un des fondements de la nation. Cette religion protestante est fondée sur la liberté pour chaque culte et est rétive à l’idée d’une l’Église monolithique. L’Amérique est la terre de la Bible (Bible belt), des Églises, des sectes, des prédicateurs, des born again et du goût pour les sermons et la rédemption. L’esprit religieux se retrouve dans la « religion civile » américaine (un esprit nationaliste imprégné de religiosité).

      

 

La liberté : du libéral au libertarien


L’Amérique s’est toujours voulue une terre de liberté : le libéralisme économique vante l’esprit d’entreprise et le rejet de l’intervention de l’État. L’esprit libéral n’a pas la même signification qu’en français : « libéral » signifie aussi « progressiste » en matière de mœurs et d’opinion. La liberté est aussi celle de voyager, de circuler associée au goût pour les grands espaces, au mythe du cow-boy solitaire, au vagabond mystique et jusqu’à l’anarchisme des libertariens.

 

Ces visages de la liberté imprègnent profondément toutes les sciences sociales, la philosophie et la littérature américaine.

 

L'esprit d'entreprise et le pragmatisme


L’Amérique est la terre des « business men ». En matière philosophique, cette tendance se traduit par un moindre goût pour l’esprit de système (à l’allemande) et l’esprit cartésien (à la française). Le savoir doit être tourné vers l’action pratique : cet esprit se retrouve dans le pragmatisme, brocardé par Bertrand Russell en son temps : « L’amour de la vérité est obscurci en Amérique par l’esprit du commerce dont le pragmatisme est l’expression philosophique ».


Le rêve américain


Le « rêve américain » a conduit des millions d’immigrants à voir l’Amérique comme une terre promise. Les ascensions d’hommes d’exception comme John Rockefeller, Arnold Schwartzenegger et même Barack Obama incarnent ce rêve d’une réussite personnelle par le travail et le mérite.


 

Le rêve américain prend aussi le visage plus démocratique de l’Americain way of life, promu par Hollywood : le modèle d’une famille unie vivant dans une jolie maison entourée d’une pelouse, avec une belle voiture et de beaux enfants qui iront à l’université et pourront accéder à leur tour à la « bonne vie ».


L'Amérique conquérante : la foi en la mission


Le mythe de la « destinée manifeste » (« manifest destiny ») attribue à l’Amérique un rôle d’exception : celui d’exporter la démocratie et la liberté dans le monde. La doctrine est apparue dans les années 1840 pour légitimer la conquête de l’Ouest, l’assimilation des Indiens et des peuples voisins.


 

Au cours du XXe siècle, le président Woodrow Wilson (de 1913 à 1924) attribue à l’Amérique une mission universelle : « Je crois que Dieu a présidé à la naissance de cette nation et que nous sommes choisis pour montrer la voie aux nations du monde !! » Les présidences de Bush père et fils ont aussi été inspirées par cette vision.


 

"L’expansionnisme américain a toujours été un mixte entre l’intérêt économique et l’idée de mission civilisatrice, teintée de paternalisme."

 

Rebelles : l'autre visage de l'Amérique


La contestation de l’ordre dominant a toujours existé en Amérique, sous deux formes différentes : individuelle et collective. La première est incarnée par des esprits rebelles et solitaires comme le philosophe David Thoreau ou l’écrivain Norman Mailer. La seconde est celle de communautés contre-culturelles underground qui préfèrent construire leur monde parallèle plutôt que de s’attaquer directement au système. Restent enfin les mouvements collectifs comme le Mouvement des droits civiques aux États-Unis (Civil Rights Movement), l’American Indian Movement, la Gay Liberation Movement, Mais étant de fait des minorités, ils furent toujours condamnés à rester minoritaires.

 

www.scienceshumaines.com

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 17:57

"Une nouvelle étude montre une association entre la consommation de benzodiazépines et la survenue d'une démence chez les plus de 65 ans." 


Shutterstock/Kuzma

 

Il est recommandé de ne pas prolonger un traitement aux benzodiazépines, des molécules prescrites pour traiter l'insomnie et l'anxiété, au-delà de quelques semaines chez les personnes de plus de 65 ans.

 

Le 25 septembre dernier, la Haute autorité de santé a lancé une campagne d’information auprès des professionnels de santé visant à une utilisation raisonnée, chez les personnes âgées, des benzodiazépines, une classe de molécules prescrites contre l’anxiété et les troubles du sommeil. Une nouvelle étude épidémiologique vient renforcer ce message en montrant que parmi les personnes âgées de plus de 65 ans, le risque de développer une démence est supérieur d’environ 50 pour cent chez ceux qui consomment ces molécules.

 

Les benzodiazépines sont largement prescrites en France : près d’un tiers des plus de 65 ans et près de 40 pour cent des plus de 85 ans en consomment de façon régulière. Pourtant, la prise chronique de ces médicaments n’est pas anodine chez les personnes âgées, car elles sont victime de nombreux effets secondaires, du fait de leur résistance moindre et de leur métabolisme plus lent : chutes, troubles cognitifs, psychomoteurs ou du comportement, perte d’autonomie, dépendance, sans oublier les interactions éventuelles avec d’autres médicaments.

 

Depuis une dizaine d’années, en outre, une association possible entre l'usage chronique des benzodiazépines et le développement d’une démence fait débat au sein de la communauté scientifique. Plusieurs études épidémiologiques ont mis en évidence un risque accru de démence chez les consommateurs de benzodiazépines, tandis que d’autres n’observaient pas d’effet significatif, voire un effet protecteur. La présente étude est la première réalisée sur une période supérieure à huit années.

 

Des praticiens hospitaliers, pharmacologues et biologistes de trois unités Inserm et de l’Université de Bordeaux ont analysé un échantillon de 1063 personnes de la cohorte PAQUID, sans symptômes de démence au début du suivi. Depuis 1988, cette cohorte suit une population de 3777 personnes âgées de plus de 65 ans, vivant à domicile en Gironde et en Dordogne. Au sein de l’échantillon, 968 sujets n’ont jamais pris de benzodiazépines, ni avant ni pendant la durée de l’étude, et les 95 autres ont commencé à en prendre entre trois et cinq ans après le début de l’étude. Pendant les 15 ans de l’étude, 253 cas de démence ont été diagnostiqués, dont 30 parmi les consommateurs de benzodiazépines, soit 32 pour cent de cette population, contre 23 pour cent de ceux qui n’en prenaient pas. En outre, la démence se déclarait plus tôt chez les personnes ayant pris des benzodiazépines.

 

Même après la prise en compte des facteurs potentiels de démence tels l’âge, le sexe, le niveau d’études ou des symptômes de dépression, et quelle que soit l’année de début de traitement, les scientifiques ont observé un risque accru de démence chez les personnes qui prenaient des benzodiazépines. Si cette étude ne prouve pas qu’il existe un lien de cause à effet entre le traitement et la survenue de démence, elle incite à la prudence. Dans le doute, il est fortement recommandé de limiter les traitements à quelques semaines.

 

Marie-Neige Cordonnier pour www.cerveauetpsycho.fr

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 10:06

Reportage Arte - Peut-on encore arrêter la finance folle ?
Une enquête magistrale au cœur d'un capitalisme financier que plus personne ne maîtrise, et qui a plongé le monde dans de graves turbulences !

 

   
1ère Partie: Dans ce premier volet, les auteurs remontent au fameux jeudi noir d'octobre 1929 à Wall Street, pour montrer comment une crise boursière se transforme en crise bancaire, qui elle-même se développe en crise économique mondiale. Des "barons voleurs" d'hier aux golden boys des années Tapie, des accords de Bretton Woods à la création de l'euro, il retrace ensuite les différentes étapes qui ont conduit à la libéralisation des flux financiers. Assurances, produits dérivés, fonds spéculatifs (hedge funds)... : les dispositifs techniques se succèdent pour accroître les profits, augmentant toujours plus le risque et la fraude systémiques.
  
Pourquoi faut-il donner de l'argent public aux banques privées en faillite ? C'est par cette question sans ambiguïté que s'ouvre ce passionnant documentaire qui, pendant plus de deux heures, nous entraîne dans les arcanes d'un système financier devenu incontrôlable. Y répondre n'était pas gagné d'avance, tant est opaque l'univers de la finance. Mais Jean-Michel Meurice et Fabrizio Calvi (déjà coauteurs pour ARTE de Série noire au Crédit Lyonnais et de ELF : les chasses au trésor) nous ont habitués depuis longtemps à traiter sous une forme accessible des dossiers complexes. Noire finance s'inscrit dans cette veine : un montage très éclairant de propos de spécialistes, émaillé de scènes d'animation, retrace l'histoire politique des déréglementations qui ont abouti à la financiarisation de l'économie mondiale, au profit d'une spéculation criminelle.
      

 

2ème partie: Au cours des années 1980 et suivantes, l'essoufflement des moteurs de croissance a suscité le développement d'une économie du crédit. Lorsque le monde de la finance a ouvert les yeux sur l'irréalité des subprimes, en 2008, le système a commencé à s'effondrer sur lui-même. A la garantie interbancaire a dû se substituer la garantie des Etats, dont la dette, devenue abyssale, a miné la crédibilité, poussant certains d'entre eux au bord de la rupture. Comment banquiers et hommes d'Etat ont-ils réagi à la succession d'ébranlements survenus depuis 2008, dont l'économie mondiale ne se remet pas ?

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