7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 13:19

Réponse à deux questions récurrentes en ces temps de crise : Quel avenir pour le système économique et l'intelligence collective ? Et pourquoi l'Université Populaire de Saint-Sauveur, Luxeuil et CCPL ? Une analyse pragmatique et "non politique".

   

 

Pour rappel: «En hausse continue depuis début 2008, le chômage atteint aujourd’hui son niveau le plus élevé depuis treize ans. Ces trois millions de chômeurs traduisent l’échec des politiques économiques et sociales menées au cours de ces dernières années. L'avenir semble désormais se tourner vers le tiers secteur: L'ESS et l'économie contributive.»

 

Ensembles, les catégories A, B et C (ces deux dernières représentant les travailleurs à temps partiels) voient leurs effectifs augmenter de 0,9% et comprennent 4,5 millions de personnes. Les plus de 50 ans sont particulièrement touchés, avec une hausse de 1,7% en catégorie A, soit le double de la hausse globale. Autre phénomène inquiétant, l'explosion du nombre de chômeurs de longue durée (plus de trois ans) : + 1,4% en août, + 21,6% sur un an. Ces travailleurs durablement éloignés de l'emploi peinent d'autant plus à en trouver un nouveau. 

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 13:18

Michel Desmurget est docteur en neuropsychologie. A près avoir fréquenté plusieurs universités américaines, il est aujourd’hui directeur de recherche à l’Inserm en neurosciences cognitives.

 

Il s’intéresse particulièrement aux problèmes d’organisation et de plasticité cérébrale. Il est l’auteur d’un premier ouvrage, « Mad in U.S.A. » (éditions Max Milo, 2008), une enquête sur les ravages du « modèle américain », fruit de 8 ans de travail aux Etats-Unis.

  

Voici un colloque riche en humour et très pertinent:

      

 

  Son nouvel ouvrage, « TV lobotomie » (éditions Max Milo, 2011), est un texte qui trouve en partie sa source dans son histoire personnelle. Exaspéré de devoir sans cesse justifier le choix de ne pas avoir de télévision chez lui – et d’empêcher ses enfants d’y accéder, de passer pour un sociopathe aux yeux de son entourage, il a accompli un travail de titan afin d’argumenter le propos.

   

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 17:29

Françoise Bonardel, Philosophe, écrivain, Professeur à l'université de la Sorbonne, elle a écrit de nombreux ouvrages et articles sur les "orients" de la philosophie que sont gnose, mystique, poésie et surtout alchimie à laquelle elle consacre plusieurs études : "Philosophie de l'alchimie" ( PUF,1993), "Philosopher par le Feu" (réédition Almora, 2008) et "La Voie hermétique" ( Dervy, réédition 2011).

 

Athanor

 

Qu'est-ce que l'alchimie, objet de bien des spéculations et rêveries ? Un art du Feu qui, mariant ciel et terre, corps et esprit par une succession de dissolutions et de coagulations (solve et coagula), accomplit le dessein secret de la Nature, guide infaillible sur la voie conduisant à la réalisation du Grand Œuvre, à la réalisation de soi à travers l'alliance des forces opposées (de la matière et de l'esprit noétique). Cheminant durant des siècles à côté du christianisme dont il a souvent intégré les symboles à sa propre imagerie, l'Art d'Hermès s'est singularisé par l'attention portée au mystère de la Vie et par sa volonté de tracer une voie " moyenne " entre raison, croyance et philosophie.

 

 

Rien ne saurait donc remplacer une confrontation directe aux textes, déjà traduits ou encore inédits, pour faire sortir de l'ombre où l'a reléguée la science moderne une tradition vieille de deux millénaires et qui mérite d'être redécouverte, tant en raison de l'importance de son corpus que de sa richesse symbolique et spirituelle. Des alchimistes grecs aux peintres et poètes surréalistes, l'intérêt persistant porté à l'alchimie traditionnelle plaide en faveur de cette quête d'immortalité inscrite au plus profond du cœur et de l'esprit humains.

 

Le propre d'une tradition étant de fidèlement transmettre tant le contenu que l'esprit d'un savoir ancestral, cette anthologie rassemble l'essentiel des textes canoniques présentés dans un ordre chronologique - quelques dizaines de traités selon Eugène Canseliet - assortis d'une iconographie où se mêlent images traditionnelles et créations, modernes ou contemporaines, librement inspirées par l'alchimie.

 

L'alchimie avec Françoise Bornardel

 

 

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 15:39

« Lorsque vous ferez les deux êtres en un, et que vous ferez le dedans comme le dehors, et le haut comme le bas ; et si vous faites le mâle et la femelle en un seul, afin que le mâle ne soit plus mâle et la femelle ne soit plus femelle, alors vous entrerez dans le royaume. » St-Thomas.

  

    amor

 

1- Tant d’amours et si peu d’amour !

 

Si l’amour entre deux personnes se révèle être une prison affective plutôt qu’un affranchissement, dans la plupart des cas, où pourrait-on placer la liberté de l’âme et de l’esprit dans les rapports amoureux ? Et sous quelles conditions ?

 

Le nombre « d’amour prisons » est considérable : l’amour piège, l’amour fatalité, l’amour douleur, l’amour solitude, l’amour destruction, l’amour anéantissement, l’amour nostalgie, l’amour obsession, l’amour renaissance, l’amour oedipe… cannibale, possession, exclusion, et ainsi de suite.

 

Ces amours-là sont cependant souvent bénies par ceux et celles qui en savent la souffrance passionnée. Existent également : l’amour errance, l’amour changement, l’amour passager… oubli, regrets, attente, doutes et illusions. A quoi il faut ajouter la somme immense des amours édulcorés et des passions éteintes. De nos jours, l’amour de soi prédomine également, accompagné de son cortège névrotique : être accepté, être reconnu à tout prix, ne pas se sentir rejeté, être aimé à n’importe quel prix !

 

Il y a aussi le besoin d’aimer plutôt que d’être aimé, ou l’inverse. Il existe l’amour entre deux individus, l’amour du monde… Il se présente autant de formes d’amour que de systèmes neuropsychiques différents. Et finalement, s’accroche t-on à l’amour, ou aux illusions qu’il répand le plus souvent ?

 

Non seulement, beaucoup de formes d’amours sont une négation pure et simple de la liberté de soi, mais elles présentent une ambiguïté à travers laquelle il est fort difficile de détecter une authenticité, et de savoir à quel moment et sous quelles conditions on cesse de s’aimer soi-même par l’intermédiaire de l’autre.

 

2- L’amour et la subversion

 

Tout amour intense, passionnel ou non, représente une forme de subversion (voir l’article « La longue veille »). L’amour n’écoute pas la loi du père. Il n’entend que ses évidences intérieures. Cette subversion est logique : l’amour, qui semble être la manifestation d’une formidable source d’énergie, a été codifié et canalisé par un réseau de lois sociales, instituées par des moralistes patriarcaux (un de mes rare désaccord avec Freud), enrobés de paraître et de décorums absurdes (imagine t-on un mariage, si il avait lieu dans le silence et le recueillement ?)

 

On constate cependant une ruée vers une liberté encore mal définie. Sont remises en question les notions de morale, de possession exclusive, de fidélité et d’attachement obligatoires. C’est une subversion latente ; elle n’est pas l’aboutissement d’une longue gestation intérieure, mais un point de départ chaotique. C’est la lutte, ici encore, contre les codifications extérieures bâties séculairement par l’homme (le père) et qui ne présentent d’autres justifications que l’idée abstraite et indéfinissable du « devoir », de « l’honneur » et de la prolongation du nom !

  

(Notons ici que les lois du père, quand elles sont savamment dosées, permettent d’apprécier et de savourer intensément l’amour, car les difficultés dictées par les normes renforcent les liens entre les amoureux, et donnent une valeur fondamentale à cette notion encore naissante de don de soi à l’être aimé.)

 

Cette subversion ne se fonde pas encore sur des évidences intérieures. Mais il n’empêche qu’elle s’amorce et, de ce fait, existe. Cette « révolution » rejette toute loi étrangère à l’âme et se dirige, à coup de remous, vers une perspective intérieure qui est celle de « l’âme du monde »… comprenne qui pourra… (Voir le dernier ouvrage de Frédéric Lenoir, sociologue).

 

Le « Tristan et Yseult » de Thomas en 1175, se termine d’ailleurs par :

« Thomas achève ici son livre. Il salue tous les amants, les méditatifs, les passionnés, les sensuels, et ceux que le désir brûle, et ceux qui vivent le plaisir, ainsi que tous les auditeurs de son roman. (…) Puissent-ils en tirer un enseignement salutaire contre l’inconstance, contre l’injustice, contre la souffrance et contre tous les pièges de l’amour ! »

 

3- Un appétit sublime

 

« Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant,

D’une femme inconnue et que j’aime, et qui m’aime,

Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même

Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend. »

Paul Verlaine.

 

L’amour ressemble à une quête de l’impossible. Chacun se heurte impitoyablement à des limites, situées fort loin d’une source ressentie comme inaccessible. Formidable moteur cependant des activités humaines, il engendre ainsi de non moins formidables nostalgies !

 

Le monde entier s’adresse à l’amour abstrait et sans visage, simple espoir devant l’inaccessible. La notion d’amour est pareille à un gaz en provenance d’un ailleurs et qui s’infiltre dans le moindre des logis aux portes closes. Le monde entier tâtonne… Les cathédrales, les poésies, les peintures lancent leurs hymnes à l’amour. La physique moderne cherche la source de toutes choses, les super télescopes écoutent le ciel dans l’attente de lointains messages, et captent en attendant la lumière fossile née avec notre univers. Ainsi, la recherche de l’amour, sous toutes ses formes, conduit la planète, ainsi que la marche des civilisations qui se succèdent.

 

Mais « amour » est un mot dont nous nous servons, faute de mieux, pour désigner nos attirances affectives. Voici un simple sourire que nous échangeons dans la rue avec un (ou une) inconnu(e). Et l’âme, si elle n’est pas trop abîmée ou pervertie, s’illumine ! Pourquoi cette flambée à partir d’un acte pourtant élémentaire ? Que cherchons-nous en nous servant de ce que nous appelons « l’amour » ?

 

Si l’amour est un appétit sublime, nous n’en voyons que les manifestations dérisoires, limitées, apeurées et changeantes. L’amour exige t-il cette errance ? Ou la source est-elle si puissante que nous ne pouvons que balbutier et tâtonner lamentablement face à elle ?

 

Car il doit y avoir quelque part une source objective, un émetteur, une puissante « centrale de distribution » (pas Fukushima de préférence), un archétype de Jung, qui nous forme et nous informe, et déclenche les multiples manifestations "du plus étrange phénomène qui régisse l’humanité depuis l’aube des temps"…

 

4- La « passion » du voyage

 

« Celui qui se perd dans sa passion a moins perdu que celui qui a perdu sa passion ». Saint Augustin.

 

L’amour décroche parfois vers un fabuleux voyage : celui de la passion. Fascinante, dévorante, apparemment absurde, refoulée par l’inconscient occidental moderne, vilipendée par les moralistes et les âmes normalisées, la passion a décliné. On joue souvent à la passion, on ne se perd plus en elle ! On se convainc, on triche, on se veut atteint de passion ; on n’en vit plus la profonde et mystique brûlure… Le feu qui couve se projette alors sur certains films dits d’amour, les séries américaines où s’agitent héros et héroïnes attiédis. « On devient passionné par procuration ».

 

La puissance luciférienne de la passion a largement disparu en amour. Elle s’est dégradée dans l’exaltation d’instincts élémentaires ; instincts alimentés par un hédonisme prôné et grandissant : génitalité de faible niveau par exemple, où il est manifeste que l’on cherche inconsciemment « autre chose ».

 

La façon même dont on parle de passion dans les mensuels, les médias, marque cette insignifiance (si ceux-ci me lisent, vous remarquerez bientôt dans les kiosques leur empressement à pallier à ce problème).  Qu’est devenue l’exaltation d’Yseult, fille de roi et femme d’Irlande, sinon la tiédeur de celles qui ont marqué leur soumission à des dogmes sociaux bien établis ? Qu’est devenue la puissance féminine d’Yseult (voir l’article : Femme et féminité, source de la puissance d’exister) sinon le non-sens des femmes « bling-bling » et « immatures » d’aujourd’hui ?

 

Quant à Tristan, il s’est transposé le plus souvent dans la nuée des « dragueurs lambdas » qui, au jour le jour et sans le savoir, cherche un autre monde qui les dépasse… Pourquoi et à partir de quoi la passion fut-elle refoulée dans l’âme occidentale, mais hypocritement couvée cependant par ces mêmes âmes ?

 

Il existe en premier lieu une absurdité paradoxale. L’occidental moyen éprouve une sorte de haine inconsciente envers l’amour en général (la haine est en effet récurrente chez les occidentaux depuis plus d’un siècle, sans compter la contagion mondiale qu’elle provoque), et la passion en particulier. Cet occidental normalisé ne supporte pas les gens qui se montrent heureux, par amour ou autrement. Pas plus qu’il ne tolère ceux qui se montrent indifférents aux normes et aux critères habituels.

 

L’homme moyen honnit la confrontation entre son manque de bonheur intérieur, et le bonheur des « nantis » affectifs ! L’homme alors, hait ce qui ravive sa plaie foncière : la nostalgie d’un amour et d’un bonheur non réalisés. Ce n’est pourtant pas faute de lui expliquer qu’il faut tout d’abord regarder dans « son assiette » avant toute quête d’un bonheur sublimé.

 

Nombre de cliniciens dénoncent la passion comme dangereuse et aberrante. L’est-elle réellement ?

 

Elle est dangereuse pour les affectivités faibles, si toutefois ces dernières sont capables de passion réelle. La passion a conduit au meurtre et au suicide, à l’obsession, à certaines dégradations physiques et mentales. Mais elle est et reste foncièrement un voyage vers un ailleurs, où l’on s’abîme dans la fusion réalisée avec l’autre ; les pulsions se transforment alors en spiritualité (Freud : La sublimation des pulsions), deux personnes se fondent en une, dans la sensation d’une éternité possible !

 

6- Mais où est la liberté ?

 

Il est inutile de chercher la moindre liberté individuelle dans la passion. Elle ne s’y trouve jamais… Entre la passion et la liberté du Moi, règne une totale incompatibilité, cette liberté ne se recouvre que lorsque chacun des partenaires redevient lui-même ; ce qui marque d’ailleurs la fin de la passion et de la fusion qu’elle produit. Celle-ci aura alors accompli sa boucle hypnotisante !

 

En attendant, c’est par la passion que naissent les plus beaux poèmes, les musiques les plus sublimes, les philosophies les plus hautes, les architectures éternelles. Malgré sa fugacité, ce fabuleux mariage de l’animus et de l’anima se révèle comme « la richesse du monde et le véhicule du génie humain », à travers les siècles. Il est d’ailleurs heureux que l’être humain conserve sa vie durant, l’âge d’effeuiller les marguerites ou de se cajoler dans les coquelicots…

 

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 13:02

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1 – VIE DE PIERRE JANET

  

Pierre Janet naît rue Madame à Paris, le 30 mai 1859, de Jules Janet et Fanny Hummel. La famille Janet compte alors plusieurs personnalités : Louis, libraire et auteur, Gustave et Ange-Louis (dit Janet-Lange), graveurs célèbres du 19ème siècle. Son oncle Paul, philosophe reconnu du spiritualisme éclectique fondé par Victor Cousin, marque sa jeunesse. Paul Janet, cousin de Pierre, dirige la prestigieuse École Supérieure d’Électricité de Paris, qui deviendra SUPÉLEC, encore dotée aujourd’hui d’un amphithéâtre « Janet ».

 

Pierre Janet passe son enfance à Bourg-la-Reine « dans une petite maison au grand toit d’ardoise », au fond de l’Allée Gabrielle d’Estrées au n°5. Elle sera détruite en 1958 et remplacée par une résidence. Dans le jardin, il se livre à une de ses grandes passions : la botanique. Il fréquente le Collège Sainte Barbe des Champs à Fontenay-aux-Roses, puis le lycée Sainte Barbe de Paris.

 

A l’adolescence, il traverse une crise douloureuse et perd ses convictions religieuses. Il se passionne alors pour les questions relatives à la volonté, aux sentiments et à la croyance. A l’époque, la psychologie n’est pas encore enseignée, ces thèmes relèvent du domaine de la philosophie, aussi choisit il cette voie pour ses études. En 1879, il entre à l’École Normale Supérieure, où il devient l’ami d’Henri Bergson arrivé l’année précédente. Il obtient son agrégation de philosophie en 1882 puis son doctorat en 1889 (la famille Janet détient le record ex-aequo, du nombre de diplômés de l’École Normale Supérieure). Il enseigne au Lycée du Havre pendant près de 7 ans et gardera tout sa vie un intérêt marqué pour cette discipline : il rédige en 1894 un « Manuel du baccalauréat » de philosophie, qu’il ne cesse de remanier jusqu’en 1923.
 
En cette fin du 19ème siècle, la médecine commence à s’intéresser aux questions psychologiques. T. Ribot en a dessiné le cadre, et à la Salpêtrière, Charcot soutient l’hypothèse de l’origine psychologique des troubles hystériques, la reliant au somnambulisme. Pierre Janet convaincu de l’importance de ces recherches, prend l’habitude de s’occuper bénévolement des aliénés (l’hôpital psychiatrique du Havre est aujourd’hui l’un des deux au monde à porter le nom de Pierre Janet, avec celui de Hull au Canada).
 
Combinant les avancées de Ribot et de Charcot, Pierre Janet considère la pathologie mentale comme une expérimentation naturelle sur le psychisme humain, dont l’interprétation est la voie royale vers les lois de la psychologie normale. Il insiste sur le fait que les phénomènes psychologiques les plus étranges chez ses patients comportent toujours une logique, une sorte d’intelligence. Pour en rendre compte, il se réfère à une tradition philosophique allemande qu’il connaît bien, illustrée par Hartmann et sa théorie d’un « inconscient ». Afin d’éviter l’amalgame avec ces travaux philosophiques qui n’avaient pas été étayés par l’expérimentation psychologique, il le remplace par le terme de « subconscient », qu’il crée pour l’occasion. Pour la première fois, les névroses hystériques reçoivent à la fois une explication théorique et son application, un traitement « moral » adapté. Cette démarche lui permet, dès 1885, de publier des résultats fondamentaux sur les caractéristiques de l’hypnose et de l’hystérie, grâce au concept de dissociation auquel il donne sa forme moderne. Il établit également, le premier, le rôle des souvenirs traumatiques dans la maladie de ses patients. Ces deux avancées majeures font de lui le fondateur de la psychopathologie moderne.

 

Ces premiers travaux sont détaillés dans sa thèse de philosophie "L'Automatisme psychologique" (1889), qui reçoit immédiatement un grand retentissement (à l’heure actuelle, son livre le plus réédité). Réfutant Condillac et la tradition associationniste, critiquant Maine de Biran, s’appuyant en autres sur Ribot et Charcot, sur la tradition du « magnétisme animal » depuis Mesmer, ainsi que sur les témoignages séculaires d’états mystiques et spirites, Pierre Janet montre que l’élément premier de la psychologie n’est ni la perception, ni la raison, ni l’effort, mais l’action. La psychologie doit être une psychologie des conduites, c’est-à-dire des actions avec conscience. La synthèse de ces recherches bibliographiques historiques et de ses propres expérimentations de psychopathologie lui permet d’établir une hiérarchie des phénomènes psychologiques normaux, des plus automatiques (réflexes, agitations) aux plus élaborés (conduites sociales et expérimentales). Ce faisant, il fonde la psychologie comme discipline autonome, en l’émancipant de la philosophie, de la physiologie et de la médecine. Sa thèse impressionne Charcot, qui lui confie alors la direction de son laboratoire de psychologie à la Salpêtrière.

 
Pierre Janet s’installe à Paris, où il habitera pendant quarante ans au n° 54 de la rue de Varenne. Il enseigne la philosophie au lycée Louis-Le-Grand puis au collège Rollin et au lycée Condorcet et la psychologie à la Sorbonne. Dans le même temps, il s’engage dans une thèse de médecine, qui lui vaut son deuxième doctorat en 1893. Il se marie en 1894 avec Marguerite Duchesne, dont il aura trois enfants, Hélène, Fanny et Michel. L'ironie de l'Histoire voulut que la fille de P. Janet, Hélène, épousa E. Pichon, Médecin des Hôpitaux, Pédopsychiatre, linguiste et l'un des Pères fondateurs de la Société Psychanalytique de Paris, futur Maître de Françoise Dolto (inhumée aussi à Bourg la Reine) et de Lacan,.

  

En 1901 il fonde la Société de Psychologie, deuxième au monde après celle des Etats-Unis, qui deviendra plus tard, et jusqu’à aujourd’hui, la Société Française de Psychologie. En 1902, il est nommé Professeur au Collège de France, à la chaire de « Psychologie expérimentale et comparée », laissée vacante par T. Ribot. En matière d’enseignement, il se consacre alors entièrement à cette charge. Il conserve par ailleurs sa pratique de psychothérapeute privé ainsi que ses activités de psychologie expérimentale à la Salpêtrière, qu’il arrêtera en 1910 après la fermeture de son laboratoire. Il fonde en 1903 le Journal de Psychologie Normale et Pathologique.

  

Jusque dans les années vingt, Pierre Janet déploie deux activités principales : d’une part il développe sa psychologie appliquée, l’étude expérimentale des pathologies, publiant une impressionnante somme de résultats et leurs interprétations sous forme de livres et d’articles de recherche, souvent traduits en plusieurs langues, et qui constituent aujourd’hui la base la plus active de sa redécouverte contemporaine et d’autre part, dans ses leçons au Collège de France, il construit une psychologie fondamentale de la conduite normale dont les croyances, les sentiments et la volonté sont les principaux thèmes. Il est invité dans le monde entier pour donner des cours et des conférences, parfois plusieurs mois d’affilée, où son succès international est considérable.

 

À partir de ce moment là,  Pierre Janet développe sa psychologie fondamentale, celle des croyances et des sentiments. En ayant exposé les principes dès les années dix au Collège de France, il élabore désormais une psychologie des « tendances » qui englobe et fonde la psychologie des conduites commencée dès les années quatre-vingt. Sa hiérarchie des conduites, en devenant une hiérarchie des tendances, s’ancre dans la biologie évolutionniste de son temps, en même temps qu’elle soutient et suscite une ouverture de plus en plus nette à divers courants de la psychologie qui donneront plus tard son visage à la recherche contemporaine : psychologie animale, psychologie de l’enfant, psychologie des populations traditionnelles. Ces travaux inspirent directement Jean Piaget, par exemple, dont les premières recherches peuvent être considérées comme la suite de celles de Pierre Janet.

  

Pierre Janet cesse son enseignement au collège de France en 1934, mais reste actif en publiant encore de nombreux articles de recherche dans diverses revues internationales, en recevant toujours des patients, et en participant à divers colloques en France et à l’étranger, où il est invité. Peu de temps avant sa disparition, il travaillait à une vaste synthèse, restée inachevée et inédite, sur la hiérarchie des types de croyances, immédiates, réfléchies, expérimentale, et leur développement dans l’histoire sous les formes de la religion, de la philosophie et de la science. Il meurt le 27 février 1947 d’une congestion pulmonaire. Il est inhumé à Bourg-la-Reine aux côtés des siens, et depuis 2003, sa tombe est entretenue et fleurie par la municipalité.

 

2 – LA PSYCHOLOGIE DE PIERRE JANET

 

La psychologie de Pierre Janet présente des caractéristiques qui la rendent particulièrement intéressante de nos jours : elle est une psychologie intuitive, répondant à nos questions spontanées sur la nature de nos sentiments, les oscillations de notre volonté et les propriétés de nos idées ou croyances. Elle s’est aussi déployée dans le cadre de la recherche internationale, s’assurant ainsi la caution de la seule institution, à l’époque comme aujourd’hui, qui ait jamais été dotée d’une procédure de critique, propre à différentier les « savoirs » d’idées lancées à la volée directement au grand public. Il est à noter qu’aucun système de production des connaissances psychologique ne présente plus, aujourd’hui, ces deux caractéristiques à la fois : les théories « psychologiques » sont légion, mais privées, libres de toute vérification des connaissances, et les résultats de la recherche en psychologie sont – hélas – très éloignés de nos préoccupations intuitives quotidiennes. Enfin, elle constitue le système le plus puissant de ceux, pourtant nombreux, qui ont été proposés à l’époque, avant que la recherche ne perde de vue ces questions, et, malheureusement, tout le domaine avec.

 

La psychologie des conduites de Pierre Janet donne à l’action un rôle causal sur tous les autres phénomènes psychologiques.

 

Pour effectuer une conduite donnée (un groupe d’actions), l’individu puise à trois ressources : son capital propre de Force psychologique, sa capacité à exploiter cette Force (la Tension), et ses tendances particulières (les commandes de ses conduites). Une tendance est munie d’une charge de Force intrinsèque propre à l’individu : la tendance au travail ou à l’alimentation, par exemple, est plus ou moins chargée selon les personnes. À un moment donné, la quantité globale de Force et de Tension détermine le « degré de facilité d’action » auquel l’individu parvient. Jointe à la nature de ses tendances, elle définit le caractère de l’individu, c’est à dire le type et le nombre d’actions ou de conduites qu’il peut effectuer.

 

Le capital de Force et de Tension est variable d’un individu à l’autre, et varie aussi, dans le temps, pour un individu donné (ce sont ses « oscillations »). Ces variations entre individus ou en lui-même, en définissant différents « degrés de facilité d’action », construisent une hiérarchie des actions (ou des conduites) qui ordonnent tous ces degrés. Par ordre de facilité décroissante viennent les actions réflexes, les mouvements volontaires, les actions sociales, les actions expérimentales.

 

L’action est le filtre psychologique entre le monde extérieur et les perceptions. Les perceptions, qui construisent la « réalité », sont des esquisses d’action : un objet semble réel en proportion des actions qu’il inspire. Comme les variations de Force et de Tension construisent une hiérarchie de facilité des actions, elles produisent ipso facto une hiérarchie de la réalité : tous les objets ne sont pas réels au même titre pour tous les individus, et leur réalité varie aussi, pour le même individu, selon ses oscillations.

 

Une action primaire est une réaction, par exemple manger suite à la perception de nourriture. Les actions secondaires sont les régulations de l’action primaire. Elles en sont la prise de conscience et consistent à y ajouter de nouvelles actions. La conscience n’est pas autre chose que cette prise de conscience de l’action. Les principales régulations de l’action sont les croyances et les sentiments, reposant sur le langage. Les formes du langage, comme la perception, sont des esquisses d’action, elles possèdent donc les mêmes degrés que ceux de la hiérarchie des conduites : les formules verbales vides de sens n’ont prise ni sur la réalité, ni sur l’action, les idées n’ont pas prise sur la réalité, mais évoquent une action sans la susciter, les croyances n’ont pas prise sur la réalité, mais suscitent l’action évoquée, et les savoirs prennent en compte la réalité tout en suscitant l’action.

 

La croyance consiste en langage à haute voix revendiquant l’action, ce qui explique qu’elle soit bien visible d’autrui. Son lien à l’action est de l’ordre de la promesse, du pacte, elle est une action différée : la croyance que l’Arc de triomphe est à Paris comporte la promesse d’aller effectivement à l’Arc de triomphe sans sortir de Paris. Leur lien à l’action étant fixe, les variétés de la croyance dépendent de la nature de leurs opérations de langage, qui les distribuent elles aussi, quoi qu’indirectement, sur la hiérarchie des conduites (le langage étant l’évocation d’une action). La croyance asséritive est un langage d’affirmation brute (un mystique n’a aucun doute sur ses apparitions). La croyance réfléchie est le produit d’une discussion avec soi-même ou avec autrui. La croyance rationnelle est une discussion avec respect de règles (le principe logique de non-contradiction par exemple).

 

Les sentiments sont des idées : ils négligent la réalité, et consistent en langage intérieur (la plus petite action possible), ce qui explique qu’ils soient pratiquement invisibles d’autrui. Quand des individus effectuent la même action primaire, seules ces actions secondaires (les sentiments) différencient les expériences vécues : le même dîner est agréable pour certains, ennuyeux pour d’autres. Il existe quatre sentiments fondamentaux, l’effort (augmentation de l’action), la fatigue (diminution de l’action), le triomphe (achèvement de l’action) et l’échec (inachèvement de l’action), dont les combinaisons rendent compte des autres. La peur, par exemple, est une fuite impossible, c’est à dire une combinaison d’effort (augmentation de l’action de fuite) et d’échec (inachèvement de l’action de fuite).

 

3 – ACTUALITE DE PIERRE JANET

 

Les historiens de la psychologie accordent depuis quelques années une place grandissante aux travaux de Pierre Janet. La somme de H. Ellenberger (« Histoire de la découverte de l’inconscient », 1974), longtemps restée seule à démontrer l’importance historique de Pierre Janet, est maintenant rejointe par plusieurs essais et manuels universitaires récents.

 

La Société Pierre Janet de Paris (1970-1998) a réédité les principaux ouvrages psychopathologiques de Pierre Janet. Depuis, de nouvelles rééditions ont eu lieu ou sont en cours, qui incluent ses recherches de psychologie fondamentale. 

 

En psychologie clinique et psychiatrie, les idées de Pierre Janet sont en plein essor, principalement dans le domaine des souvenirs traumatiques et de leur mécanisme, la dissociation. Ces recherches livrent de plus en plus d’études janétiennes, sous forme d’articles spécialisés ou de manuels. La société internationale pour l'étude de la dissociation (ISSD) organise annuellement un Prix Pierre Janet (Pierre Janet Writing Award) depuis 1991. Au Canada, à l’hôpital Pierre Janet s’est adjointe en 1991 une Fondation Pierre-Janet. Au Brésil, l'Académie de Psychologie anime un Centre Pierre Janet. En Allemagne, une Société Pierre Janet a été créée en 2001.

 

Enfin, un Institut Pierre Janet vient d’être fondé à Paris, en 2004. Il a pour but de développer et coordonner les études janétiennes dans le cadre de la recherche internationale, et accueille les articles de chercheurs dans son journal électronique, Janetian Studies. Sa première réalisation est l’édition inédite de la bibliographie intégrale de Pierre Janet. Le site Internet de l’Institut Pierre Janet offre par ailleurs de nombreux autres services, aux chercheurs comme aux curieux.

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 14:38

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<< L’imposture a toujours existé mais certaines sociétés la favorisent plus que d’autres. L’imposteur est aujourd’hui dans nos dispositifs d’évaluation et de normalisation comme "un poisson dans l’eau" : faire prévaloir la forme sur le fond, valoriser les moyens plutôt que les fins, se fier à l’apparence et à la réputation plutôt qu’au travail et au courage, préférer la popularité au mérite, opter pour le pragmatisme avantageux plutôt que le courage de l’idéal, choisir l’opportunisme de l’opinion plutôt que tenir bon sur les vertus, chérir le semblant et ses volutes plutôt que la pensée critique, les "mouvements de manche" plutôt que la force de l’oeuvre, voilà le "milieu" idéal pour que prospère l’imposture ! Notre société du conformisme et de la norme, même travestie sous un hédonisme de masse et grimée de publicité tapageuse, d’éloges factices du vrai, de reproduction en masse de l’unique, fabrique de l’imposteur. >>

 

Extrait officiel disponible en PDF: Cliquez ici.

   

 

L’imposteur est un authentique martyr du lien social, virtuose de l’apparence, "maître" de l’opinion, "éponge vivante" des valeurs de son temps, "cannibale" des modes et des formes dont il s’affuble comme des "fétiches" pour parer à l’inconsistance de son existence, pour vivre à crédit, au crédit de l’Autre. L’imposture est parmi nous, elle est la soeur siamoise du conformisme galopant, de l’homogénéisation croissante des cultures et des styles.


Ce conformisme a un prix, lourd, très lourd : la stérilité des reproductions contrôlées, la violence symbolique des automatismes sociaux, la prolétarisation généralisée de l’existence. Au nom des normes les pouvoirs "sécuritaires" inhibent les sujets comme les peuples, les empêchent de créer et de s’émanciper en confisquant le débat démocratique, en discréditant l’art de transmettre l’expérience.


Au risque de fabriquer demain une société de "termites" ou de robots parfaitement adaptés aux exigences de compétitivité et de précision de la nouvelle économie "globalisée". Par une intimidation sociale très précoce et insidieuse, contraignante mais compassionnelle, cette civilisation des mœurs emmène vers une soumission forcée aux normes, fabrique parfois ses propres risques qu’elle feint ensuite d’éradiquer.


La clinique psychopathologique montre que ce type d’adaptation factice et superficielle procède par un empiétement des normes sur le vivant, finit par générer de l’apathie, de la dépression ou du cynisme. Un tel état psychique et social prédispose les sujets comme les foules à se laisser gouverner par une société totalitaire et à abandonner l’idéal de la démocratie. Sans confusion de genres et avec toutes les précautions qu’implique ce type de rapprochement, entre la clinique psychopathologique individuelle et l’analyse sociale des moeurs, Roland Gori choisit un éclairage croisé de la psychanalyse et de la politique pour montrer que les civilisations comme les hommes peuvent souffrir de traumatismes.


La sidération que de tels traumatismes produisent conduit bien souvent à la "solution" de l’imposture et aux faux-semblants de l’adaptation "caméléon". A moins que la culture et le rêve ne s’en mêlent, bougeant les lignes et les frontières, les fonctions définies et les règles établies, ils rendent possibles l’expérience et sa transmission, et restituent aux humains le "pluriel singulier" d’un monde commun.


C’est le pari de la démocratie et l’audace de la liberté partagée. C’est le pari aussi sur lequel se fonde une culture qui prend soin de l’humanité dans l’homme. Le politique et le psychanalyste sont engagés dans des "métiers impossibles" qui ne se soutiennent que du désir de liberté qui les porte au-delà des limites des "normes", normes qu’ils rencontrent nécessairement sur le chemin de l’émancipation.


"C’est ce défi que nos démocraties et les humains qui les composent, se doivent de relever aujourd’hui pour quitter le vieux monde et accoucher du nouveau - R.Gori."

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 09:35

Reportage de Raphaëlle Mantoux, cliquez sur le logo pour écouter l'émission:

          
france inter -Début de l'émission à la quatrième minute-    

     
Une conteuse de Nouvelle Calédonie au Salon du livre et de la jeunesse à Montreuil. Invité: Bernadette Bricout, Professeure de littérature orale à l’Université Paris-Diderot, auteure de « La clé des contes » ed. Seuil.

   

contes

 << Il est temps de rêver à nouveau. Il y a toujours quelque chose à apprendre de ces contes, une morale qu'il est bon d'apprendre aux enfants ou de se rappeler soi-même.>>


"La beauté du véritable amour", des valeurs nobles pour nos enfants... dans un monde où les fins heureuses... n'existent plus.

   

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 09:30

« L'homme est-il seulement un homo economicus ? Notre monde est malade, mais la crise économique actuelle, qui polarise toutes les attentions, n'est qu'un symptôme de déséquilibres beaucoup plus profonds. La crise que nous traversons est systémique : elle touche tous les secteurs de la vie humaine. Elle est liée à des bouleversements de nos modes de vie sans doute aussi importants que le tournant du néolithique, lorsque l'être humain a cessé d'être nomade pour devenir sédentaire.

   

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Il existe pourtant des voies de guérison. En m'appuyant sur des expériences concrètes, je montre l'existence d'une autre logique que celle, quantitative et mercantile, qui conduit notre monde à la catastrophe : une logique qualitative qui privilégie le respect de la Terre et des personnes au rendement ; la qualité d'être au « toujours plus ». Je plaide aussi pour une redécouverte éclairée des grandes valeurs universelles - la vérité, la justice, le respect, la liberté, l'amour, la beauté - afin d'éviter que l'homme moderne mû par l'ivresse de la démesure, mais aussi par la peur et la convoitise, ne signe sa propre fin ».

 

Après avoir parlé de la sagesse personnelle dans ses précédents ouvrages - Socrate, Jésus, Bouddha (Fayard), Petit traité de vie intérieure (Plon), L'Ame du monde (NiL) - Frédéric Lenoir pose ici les fondements philosophiques d'une sagesse pour notre temps ; une éthique de liberté et de responsabilité qui passe par la conversion de chacun d'entre nous, selon l'expression de Gandhi : Soyez le changement que vous voulez dans le monde !

 

Ecouter les propos pertinents de Frédéric Lenoir :

france interCliquez sur le logo France Inter - Début à la dixième minute.

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 16:07

"Aujourd'hui les progrès de la science sont tels qu'ils nous permettent d'imaginer un humain "augmenté". Pour la première fois de notre histoire, nous avons la possibilité de modifier radicalement ce que seront nos enfants, et nos petits-enfants."

 

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L'avenir sera t-il thérapeutique, ou appartiendra t-il aux idéologies normatives nuisibles, tel que fut celle du Troisième Reich ?

 

Dans les laboratoires, un nouvel individu, partiellement reconfiguré, est en train d'être imaginé, testé... fabriqué. Bientôt, promettent certains scientifiques, nous considérerons l'Homo Sapiens (c'est à dire nous !) comme une version charmante, certes, mais totalement démodée ! L'Homo Technologicus sera tellement mieux ! C'est précisément ce que propose le marché de l'amélioration de l'être. Le temps est venu, disent ses promoteurs, de passer à la vitesse supérieure : un corps parfait et sans âge, un cerveau infaillible, une reproduction maîtrisée, et à terme... l'immortalité. Quitte à acheter quelques pièces détachées pour faire du "tuning" avec notre propre corps comme certains le font avec leur automobile. Voyage à la recherche de cet homme du futur... hybride mi-homme mi-machine, humain génétiquement modifié. "Un homme presque parfait."

  

Voici le documentaire France 2, réalisé par Cécile Denjean:

  

 

 

  Documentaire en 4 parties, produit par Pascal Dupont, Martine Michon et Woods TV - Dissidents. Avec la participation de France Télévisions, Planète et Centre National du Cinéma et de l'Image animée. Avec le soutien du Programme MEDIA de l'Union Européenne, de la Procirep Angoa et de la Région Rhône-Alpes.

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 07:07

Sur Facebook, les internautes alignent leurs amis sur leur profil comme des trophées sur la cheminée. "Mais que vaut réellement un ami de Facebook ?"

  

      

Sur Facebook, votre valeur se mesure à votre nombre d’amis. Moins de 50 et vraiment, vous n’êtes pas grand chose... Afficher beaucoup d’amis est la norme, et même la manière d’exister sur le réseau. Plus vous en avez, mieux c’est. C’est ainsi que sur Facebook, il n’est pas rare de voir des internautes cumuler 300 amis. Pourtant, dans la vraie vie, qui a plus d’une dizaine de véritables amis ?

 

« Encore une fois, les internautes affichent ce nombre d’amis pour se valoriser. Un peu comme d’autres collectionnent les commentaires sur les blogs (Une exception toutefois pour les pages pros, les revues et les associations qui ont besoin d'un réseau d'amis étendu pour fonctionner). Sauf qu’avec le mot ami, ça prend une autre dimension », explique Michael Stora. Internet donne cette fausse impression que l’amitié est accessible à tous en quelques clics, qu’il suffit de cliquer sur « oui » en bas d’une invitation pour se faire un ami.

 

D’ailleurs, de nombreux internautes ont parmi leurs amis de Facebook des artistes de renom. « C’est vraiment classe de pouvoir afficher Madonna sur son profil » explique Jeanne, facebookienne convaincue. En regardant de plus près le profil de Madonna, on constate que la chanteuse affiche 5400 amis… A ce niveau-là, ce sont plutôt des fans. Mais cela créé aussi un fantasme d’égalité, où tout le monde, stars et politiciens compris, serait accessible.

 

Facebook donne l’illusion que les amitiés sont faciles, qu’il suffit de lancer ou d’accepter une invitation pour se faire des amis. Par opposition à la vraie vie, où chacun peut se rendre compte que se faire un ami et le garder n’est pas si simple. Facebook donne la fausse impression qu’on peut éviter les frustrations.

 

« Quelqu’un peut refuser d’être votre ami, ce qui engendre forcément de l’insatisfaction, voire une sensation de rejet » note le psychanalyste. Sans compter le jugement des facebookers : certains n’hésitent pas à se moquer de ceux qui n’ont « que » 17 amis… Facebook a un côté cour de récréation à double tranchant : on s’y amuse sans complexe, mais on n’hésite pas non plus à se moquer avec cruauté. De quoi érafler l’estime de soi, à fortiori quand on se trouve déjà dans un moment de fragilité.

 

Ce qui interroge sur Facebook, c’est la conception de l’amitié que le réseau véhicule. « Ces réseaux sociaux bradent la notion même d’amitié. En mettant le mot « amis » sur les relations via Facebook, on galvaude cette relation qui normalement se construit dans le temps, et démontre sa valeur par le temps également » dénonce Michael Stora.

 

« Le zapping relationnel induit par l’univers virtuel – tu es à ma disposition immédiate, je disparais quand je veux - est même l’exact contraire de la relation amicale » renchérit Pasale de Lomas, dans son livre « Se faire des amis et les garder ». Il est vrai que se faire des amis est un processus long, fait de compromis, d’acceptation des différences, et surtout de confiance mutuelle.

 

D’ailleurs certains internautes s’élèvent contre ces amitiés rapides et sans sélection, et on voit apparaître des réseaux où la qualité des amis prime sur la quantité. A Small World, par exemple, se définit comme l’antithèse de Facebook ou MySpace. Les inscriptions y sont limitées, comme dans un club privé, et il faut connaître un membre pour y avoir accès.

 

Mais les internautes sont-ils vraiment dupes ? « Un ami de Facebook, ce n’est pas toujours la même chose qu’un ami de la vie réelle. C’est vrai que le réseau permet de renouer avec des vieux amis d’école : un déménagement ou un changement d’orientation vous sépare facilement.

 

Mais certains amis sur Facebook sont juste de vagues connaissances, je les ai ajoutés en amis pour me faire un réseau, c’est tout ! » explique Marc, adepte de Facebook. « Et puis » ajoute-il presque aussitôt « Sur Facebook, avoir plein d’amis, c’est le jeu. Et même l’enjeu ! ». Tout est dit...

 

Jessica Pierronet pour psychologies.com

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