16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 09:13

"La recherche de dividendes et de profits n'est pas la seule motivation des dirigeants. Du respect de l'humain à l'harmonie avec l'écosystème, les entreprises de demain portent de grands principes qui redonnent du sens au travail."

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Pour des patrons, anticiper l'avenir passe par d'autres critères que la seule recherche du profit: impact environnemental, préoccupation pour la responsabilité sociale, capacité à tisser de nouvelles alliances en sont quelques unes.

  
Anticiper l'avenir passe par d'autres critères que la seule recherche de dividendes et de profits. Parmi les grands principes qui portent les entreprises de demain, certains cultivent une vision de long terme, la coopération avec les parties prenantes et un management où les salariés travaillent en liberté. 

  • 1/ L'harmonie avec l'écosystème
L'entreprise qui rêve de changer le monde intègre une profonde conscience de ses impacts sociaux et environnementaux. Interface, géant mondial de la dalle textile (1057 millions de dollars de chiffre d'affaires), est un exemple-phare de ce comportement vertueux. "En 1994, quand notre PDG, Ray Anderson, comprit les enjeux du développement durable, tout le monde fut surpris, raconte Denys Mettais Cartier, directeur général d'Interface France. Il nous disait sous forme de boutade: "Si nous continuons à gérer nos entreprises ainsi, dans dix ans nous serons tous en prison.""  Dès 1995, ce dirigeant clairvoyant lance un programme d'élimination des déchets. Depuis, les rejets en décharge ont été réduits de 88%, l'eau utilisée de 84%, l'énergie de 47% et les émissions de gaz à effet de serre de 32%. Au total, environ 400 millions de dollars d'économies sont générés, de quoi financer en interne la transformation des processus industriels et anticiper l'avenir: d'ici à 2020, Interface ne devrait plus avoir d'impact négatif sur l'environnement.  

  • 2/ La vision de long terme
Pour changer sans mettre en péril l'entreprise, une vision de long terme est indispensable. Depuis 2008, Pur Projet (2 millions d'euros de chiffre d'affaires, 35 salariés) vend des programmes de compensation carbone, via l'agroforesterie. Les économies réalisées par la réduction de certains coûts permettent d'intégrer des innovations socio-environnementales dans le coeur de métier des entreprises.  
Un arbre est planté toutes les cinq serviettes...
Ainsi, le groupe hôtelier Accor a souscrit à un programme de plantation, financé par la réduction du coût de lavage des serviettes et draps. "50% des économies réalisées sont réinvesties dans l'hôtel et 50% sont investies dans les arbres, si bien que un arbre est planté toutes les cinq serviettes, ce qui représente déjà 1 million d'arbres", explique le fondateur de Pur Projet, Tristan Lecomte, qui dénombre une centaine de clients de la multinationale à l'association. Avec des projets forestiers conçus sur quarante ans, on est loin des règles dictées par le court-termisme financier.  

  • 3/ La réunion du profit et de la responsabilité sociale
Sur le tableau de bord des dirigeants visionnaires, indicateurs économiques, sociaux et environnementaux sont traités de la même manière. "Un entrepreneur social qui n'a pas d'impact économique n'est plus un entrepreneur", souligne Nicolas Hazard, président du Comptoir de l'innovation (Groupe SOS).  En témoigne le succès de Siel Bleu, intégrer la défense du bien commun au coeur de l'entreprise peut aller de pair avec la création de richesses. Fondé en 1997 par Jean-Michel Ricard et Jean-Daniel Muller, ce groupe associatif aide 70.000 personnes fragilisées (âgées, handicapées ou malades chroniques) à cultiver forme et santé. Plus de 320 salariés interviennent via 3 500 structures en France et 500 à l'étranger (Belgique, Irlande et Espagne). D'après une étude réalisée fin 2011 par McKinsey, les cas de diabète et de fractures évités avec la prévention proposée par Siel Bleu permettraient à la France d'économiser 59 milliards d'euros d'ici 2020 !  

  • 4/ La capacité à tisser de nouvelles alliances
Certaines entreprises pratiquent l'innovation sociale en élaborant de "nouvelles alliances" avec l'ensemble de leurs parties prenantes pour améliorer leur compréhension du marché et affiner la mise au point de solutions innovantes. "C'est une posture qui est encore rare, analyse Olivia Verger-Lisicki, d'IMS-Entreprendre pour la Cité. Or ce qui manque aujourd'hui, c'est vraiment de penser ensemble, avant de faire."  Depuis 2007, Ashoka expérimente une approche de ce type grandeur nature, avec le projet Housing for All (Un logement pour tout le monde), destiné à offrir un toit aux populations des bidonvilles. Pour cela, l'ONG a rassemblé entrepreneurs sociaux connaissant parfaitement le terrain, associations locales en lien avec les habitants, promoteurs immobiliers, institutions financières classiques, et capitaux-risqueurs spécialisés dans l'entrepreneuriat social et les collectivités locales. D'ici à la fin 2012, 5 500 logements auront été construits, facilitant la vie de 27.500 personnes. 

  • 5/ La réinvention des logiques de consommation
Depuis 2010, La Ruche qui dit Oui! renouvelle le principe des coopératives de consommation en proposant des produits alimentaires de qualité à un meilleur prix pour tous. En alliant approvisionnement local et commande groupée, les 146 ruches réparties dans l'Hexagone créent un réseau autonome qui rencontre un succès inespéré: 30.000 commandes et 1 600 distributions ont généré en deux ans un volume de transactions de 1,3 million d'euros. Les 55.500 consommateurs du réseau associent plaisir de participer à un collectif au confort d'accès à un panier composé à la carte. Les 2 250 producteurs apprécient le principe de vente directe: les marges sont plus avantageuses qu'auprès des centrales d'achat.  Rodolphe Vidal, chercheur à l'Institut de l'innovation et de l'entrepreneuriat social de l'Essec, estime que: "C'est à cette échelle des systèmes de consommation que les impacts seront les plus forts, dans la convergence entre enjeux collectifs, liens sociaux, intérêts économiques et commerciaux."  

  • 6/ Le respect de l'humain

Les patrons doivent "libérer" leurs salariés 

Autre qualité indispensable: un management plus altruiste. Isaac Getz, co-auteur de Liberté & Cie (Fayard, 2012), estime que les patrons doivent "libérer" leurs salariés: il ne s'agit plus de contrôler leur travail, mais de les responsabiliser en créant un univers de respect, de considération et de bienveillance. Une acculturation qui prend entre trois et dix ans: Gore, aux Etats-Unis, a intégré cette logique dès 1958 et géré la croissance de son activité en maintenant des unités de travail à taille humaine, adaptées aux cultures locales. En France, le fabricant de pièces en alliages cuivreux Favi a maintenu la qualité de sa fabrication et intégré les enjeux sociétaux sous l'impulsion de son PDG, Jean-François Zobrist. En supprimant la pointeuse, en passant du temps dans les ateliers avec les opérateurs, en cessant de les surveiller pour leur offrir la possibilité d'être leurs propres chefs, ce dernier a instauré un climat de confiance moins coûteux et plus efficace que les logiques de contrôle préexistantes.  

  • 7/ La gestion démocratique
Dans une coopérative, le principe est un homme est égal à une voix. 
Certains vont jusqu'à adopter un statut d'entreprise conforme à leurs valeurs. Il en va ainsi des coopératives, comme l'explique Philippe Durance. Ce professeur au Cnam (Conservatoire national des arts et métiers) a étudié de près la coopérative basque Mondragón (85.000 salariés): "Ceux qui recherchent le modèle coopératif aujourd'hui sont en quête d'un nouveau type de partage de la valeur. Dans une coopérative, la décision collégiale est inscrite dans les statuts sur le principe de un homme, une voix." Pour Baptiste Rabourdin, l'un des trois associés-fondateurs de la Scop Eco-Sapiens, un comparateur de prix dédié à l'écoconsommation (60.000 produits référencés depuis novembre 2007), "le statut n'est pas une finalité, mais un garde-fou contre l'excès de rémunération des actionnaires". Ça tombe bien: 2012 était l'année internationale des coopératives. 
  
 Anne-Sophie Novel pour www.lexpress-emploi

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