17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 17:01

Une tentatives de définition: Le scientisme est d’abord la croyance que la science constitue un mode de connaissance universel et que la méthode scientifique est la seule valable et permet d’appréhender tous les phénomènes du fait de son objectivité.

 

Un excellent article du site: << Et vous n'avez encore rien vu ! >>

 

-Prenons un exemple simple: Euclide fonda ses théorèmes à partir d'Axiomes, qui pour l'époque, n'étaient pas encore vérifiables scientifiquement. Ses postulats étaient valables sur le plan empirique mais pas sur le plan scientifique pur. Euclide apportât néanmoins de nombreuses réponses indispensables aux développement des sociétés actuelles grâce à la géométrie et à l'arithmétique. Cette croyance en un système Euclidien, qui aujourd’hui serait immanquablement contesté par la science, permit à l'espèce humaine de penser et d'objectiver son avenir... Croyance qui pourtant ne répondait, en son temps, à aucune norme ni démonstration claire. Le scientisme, en balisant les savoirs autour des faits, en réfutant tout ce qui ne constitue pas une preuve (Ce que l'on nomme plus communément le biais de confirmation scientifique), détruit le terreau des idées fondé sur un système de croyances indispensable à l'investissement contributif à la mise en place de prospectives fiables. « Le doute ronge alors toutes initiatives en provoquant un arrêt brutal de l'évolution sociétale et une stagnation normative des connaissances ». FT-

 

Autre exemple relatif à Albert Einstein, cliquez sur ce lien: http://bit.ly/1iVjNwJ

 

Le terme de scientisme a été employé pour la première fois par le biologiste Félix Le Dantec dans un article paru en 1911 dans la Grande Revue :

« Je crois à l’avenir de la Science : je crois que la Science et la Science seule résoudra toutes les questions qui ont un sens ; je crois qu’elle pénétrera jusqu’aux arcanes de notre vie sentimentale et qu’elle m’expliquera même l’origine et la structure du mysticisme héréditaire anti-scientifique qui cohabite chez moi avec le scientisme le plus absolu. Mais je suis convaincu aussi que les hommes se posent bien des questions qui ne signifient rien. Ces questions, la Science montrera leur absurdité en n’y répondant pas, ce qui prouvera qu’elles ne comportent pas de réponse. »

Une autre définition plus récente dans l’ouvrage de Marie-Hélène Parizeau, Biotechnologies, nanotechnologies, écologie, entre science et idéologie (éd. Quae, 2010):

« Le scientisme affirme qu’en dehors de la connaissance scientifique, aucune autre forme de connaissance n’est légitime, car seule la connaissance scientifique est positive et vraie. C’est une forme de réductionnisme où seules les connaissances valides sont scientifiquement prouvées, le reste étant irrationalités, croyances ou idéologies. Se trouvent ainsi disqualifiés d’emblée les savoirs traditionnels des populations autochtones ou encore ceux des "non-scientifiques", les savoirs populaires et les savoirs paysans. »

De nos jours, le scientisme peut prendre différentes formes et ne s’en tient pas nécessairement à ce credo de la supériorité de la connaissance scientifique sur les autres formes de connaissance.

Il consiste le plus souvent en une conception abstraite et essentialisée de « la Science », sorte d’entité idéale qui planerait au-dessus de l’humanité et lui dispenserait ses bienfaits par l’intermédiaire des scientifiques :

« Cette confiance préalable [de l’honnête homme] est sous tendue par une vision de la science comme humanisme, comme une valeur liée à la connaissance : il appartient aux scientifiques de faire avancer la connaissance pour l’humanité en son ensemble, comme il appartient à chacun d’entre nous d’approfondir ses connaissances – par libido sciendi, par désir d’apprendre. Sans se leurrer l’un l’autre sur les dangers liés à l’exploitation de la science. »

Alexandre Moatti, Alterscience, postures, dogmes, idéologies, éd. Odile Jacob, 2013, p. 312.

Car lorsque « la Science » est mal utilisée, ce sont au contraire « les hommes » qui sont seuls responsables. En conséquence de quoi, critiquer la science sous prétexte qu’elle engendre des nuisances, contribue à renforcer les puissances de domination et d’aliénation, c’est se tromper de cible, c’est être « antiscience » ou, pour reprendre le concept récemment lancé par A. Moatti, tomber dans l’« alterscience ».

« Est-ce une science simple catégorie platonicienne, une Science par trop idéalisée, sans aucun rapport avec la réalité actuelle ? Peut-être. […] On pourrait parler de scientisme à propos de cette vision [idéalisée de la science]. Ce scientisme de bon aloi est-il un humanisme ? Oui. L’alterscience, non : elle est même un antihumaniste contemporain. » Moatti, op. cit., p. 314.

Le scientisme constitue une religion de substitution : « la Science » devenant une sorte de divinité tutélaire de l’humanité… Pour ces scientistes, il est donc nécessaire de combattre partout les irrationalités, croyances ou idéologies qui font de l’ombre à cette divinité, soit parce qu’elles se substituent à la connaissance scientifique (religion, mysticisme, superstitions, etc.), soit parce qu’elles contestent la science elle-même (darwinisme, etc.) ou ses applications (nucléaire, OGM, nanotechnologies etc.).

 

Dans ce dernier cas, la contestation des applications de la science, on assiste souvent à des manifestation de pure hystérie de la part des scientistes : que l’on se trompe sur le plan des croyances et des idées, passe encore, mais que l’on s’en prenne aux symboles mêmes de la réussite des sciences, cela relève du sacrilège, de la profanation des icônes et des lieux de culte... Richesses volées aux traditions des peuples et ethnies du monde.

 

Toute critique des doctrines scientifiques est identifiée par les scientistes à une « mauvaise compréhension » des théories scientifiques ; sous-entendu, quand on a compris ces théories, on les accepte bien volontiers. C’est une manière de disqualifier a priori la critique en la traitant de haut : « vous n’y comprenez rien, on va vous expliquer… ». Et de fait, le scientiste veut combattre l’erreur en répétant la vérité scientifique sur tous les tons, sans chercher à comprendre les arguments, les motivations et les ressorts psychologiques de ceux qu’il veut ainsi convertir à son culte.

 

Toute attaque contre les applications de la science est assimilée par les scientistes à de l’obscurantisme, à un refus irrationnel et irraisonné du progrès ; sous-entendu, un être raisonnable ne peut et ne doit qu’exprimer poliment ses doutes, ses craintes et ses inquiétudes, la violence ne peut être que le fait d’esprits dérangés. Curieusement, cette indignation contre « la violence » – terme qui ici peut recouvrir énormément de choses anodines, comme prendre la parole en public sans y être invité ou perturber un « débat public » (comme en 2010 sur les nanotechnologies), etc. – est à sens unique : la violence des dirigeants qui imposent leurs décisions à l’aide de la police, de l’armée et des tribunaux (cf. les luttes anti-nucléaires, NoTAV ou Notre-Dame des Landes) non seulement ne rentre pas dans les motifs d’indignation, mais elle est bien souvent totalement occultée.

 

Note: Cet article ne constitue en rien une sentence vis à vis du monde scientifique, mais appelle davantage à une réflexion profonde en vue de faire émerger un système tolérant et "intégratif" des différentes disciplines, tel que le définit Boris Cyrulnik dans la "biologie de l'attachement".

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Published by Cabinet.psy70-Luxeuil.fr - dans Dossier Science

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