9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 12:06
" Isolement, agressivité, suractivité… Et si, sans le savoir, vous étiez victime du syndrome d’abandon ? Une souffrance qui puise sa source dans l’enfance, et que les psys savent aujourd’hui décrypter ".

 

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« L’abandon est l’une des causes les plus courantes du mal-être et du mal de vivre. » Tel est le constat dressé par Daniel Dufour, médecin et animateur de stages. À l’origine de cette souffrance, qu’il appelle « l’abandonnite », « il y a toujours une situation mal vécue au cours de la vie fœtale, de la prime enfance ou de l’enfance, qui n’est pas forcément un abandon effectif. » Ici, c’est un père absent ; là, une mère débordée, un couple de parents fusionnels, ou encore l’arrivée d’un petit dernier, un séjour en pension, le décès d’un grand-père auquel nous étions particulièrement attachés.

   

Un traumatisme souvent minimisé

 

Ces événements, sans conséquences majeures pour certains, vont être traumatisants pour d’autres. Pourquoi ne sommes-nous pas égaux devant la peine ? « Chacun de nous a fait l’expérience de la séparation, explique la Psychanalyste Catherine Audibert. Nous nous sommes aperçus, souvent très tôt, que papa et maman n’étaient pas toujours là, à notre disposition, prêts à répondre à tous nos désirs. Mais nous n’avons pas vécu cette nouvelle solitude de la même façon. Soit ceux qui nous entouraient ont perçu, pris en compte et atténué nos peurs enfantines?; soit, pour des raisons éducatives, morales, faute de temps ou d’une juste compréhension, ils n’ont pas accordé de valeur à nos angoisses, et les ont renforcées. Ils n’ont pas pour autant fauté. Ils ne nous ont simplement pas appris à nous séparer avec confiance et sérénité. Sans doute parce qu’eux-mêmes le vivaient mal de leur côté. »

   

Une crainte : être rejeté de nouveau

 

Cet épisode traumatisant, nous nous empressons de l’oublier, en le minimisant ou en le normalisant. Quoi de plus « normal », en effet, qu’un nouveau petit frère ? Et de plus formidable que des parents qui s’adorent ? La tristesse et la colère éprouvées sont du même coup jetées aux oubliettes. « À partir du moment où il n’y a pas de logique à éprouver ces émotions, il ne reste plus qu’à nier notre droit à les ressentir », constate Daniel Dufour. Sauf que, même étouffée, l’émotion reste bien présente. « En surface, le raisonnement, notre éducation nous amènent à penser que tout cela n’est que du passé et doit être oublié. Mais à l’intérieur, ça “bout”. »

 

Notre logique implacable conclut que, puisque nous avons pu être abandonnés, nous ne sommes pas dignes d’être aimés. Cette croyance va dès lors sous-tendre toutes nos relations sociales et affectives. « Nous allons ainsi osciller entre hypersociabilité et hyperagressivité, selon que nous ressentions le besoin viscéral d’être aimé ou que nous désirions provoquer le rejet de l’autre, convaincus que nous aurons inévitablement à le subir un jour. » Un cercle vicieux, qui nous mène à des conduites paradoxales. Comme John, 45 ans, qui multiplie les efforts pour être estimé de toute son entreprise, mais sacrifie sa vie privée. Comme Giselle, 20 ans, qui s’oppose sans cesse à ses parents mais ne rêve que d’être aimée par eux. Ou comme Gilles, 12 ans, petit garçon réservé qui met tout en œuvre pour ne pas déranger, heurter, contrarier sa famille et s’oublie, lui. Au cœur de la douleur des uns et des autres, une peur : celle d’être rejeté. Et abandonné de nouveau.

  

Une incapacité à vivre en couple

 

Il y a un domaine où la blessure va se faire plus sensible encore : l’amour. « Le couple est souvent le lieu où nous réglons nos comptes avec notre enfance, remarque la Psychanalyste Catherine Audibert. Et nous projetons sur l’autre les angoisses du passé. » Pierre, 45 ans, vit dans la peur que sa femme ne le quitte mais collectionne les aventures « au cas où ». Ange, 33 ans, rêve d’une relation au long court mais fuit l’engagement, certaine de ne pas être à la hauteur. André, 27 ans, ne supporte pas que sa compagne lui concède des qualités, et tente de lui prouver qu’il est la pire personne qu’une femme puisse aimer. « Cette souffrance a deux versants, explique Daniel Dufour. D’un côté, le sentiment de ne pas correspondre à ce que notre partenaire attend?; de l’autre, la certitude que la rupture est inéluctable. Et celle-ci, lorsqu’elle se produit, apparaît comme une nouvelle preuve que nous ne sommes pas aimables. »

 
Que faire d’un bagage si lourd à porter ? Afin de prendre la mesure de son propre degré d’« abandonnite » et tenter de s’apaiser, la psychologue clinicienne Andréa Filia propose un test et des conseils. Pour se pardonner un jour d’avoir été abandonné, et mériter aujourd’hui d’être aimé.

  

Apprendre aux enfants à se séparer

 

La tentation est grande de préserver à tout prix nos enfants de « l’abandonnite ». Mais attention à ne pas tomber dans l’excès inverse. Selon Catherine Audibert, tout est question d’équilibre. « Il s’agit en fait d’apprendre à l’enfant à se séparer de façon sereine et confiante. Si vouloir l’émanciper avant qu’il n’en soit capable est dangereux, le surprotéger mènera à la même problématique abandonnique. Dès son plus jeune âge, il est judicieux de lui laisser des petits moments à lui, même s’il s’ennuie, afin qu’il parte à la découverte de lui-même, qu’il développe sa créativité et sa curiosité.

 

Nous avons tendance à surinvestir l’enfant, à vouloir l’occuper en permanence, à lui expliquer sans cesse ce qui se passe autour de lui. Nous oublions parfois qu’il est tout à fait capable de faire ses propres expériences. » Et d’apprendre à gérer la solitude et notre absence.

 

De Aurore Aimelet.

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 08:17
- Clotilde Leguil pour la revue Marianne - Dossier "Carte blanche".
"Pourquoi laisser l'exclusivité de la psychologie en la seule personne de John Watson ? Le comportementalisme n'a pas, avec le recul, résolu toutes les souffrances des patients...et le béhaviorisme est loin d'être une panacée, sauf pour le monde animal !"
Cette semaine la revue Marianne laisse carte blanche à deux invités sur le thème «les psychanalystes répondent à Onfray». Au moment où les thérapies cognitivo-comportementales dominent dans les institutions psychiatriques, la psychanalyse apparaît comme un îlot préservant la dignité de la souffrance psychique selon Clotilde Leguil, psychanalyste.


Flickr - CC

La psychanalyse affirme que les conduites humaines ne peuvent être traitées par le seul principe de l’optimisation.

Etait-il bien nécessaire de lire les Œuvres complètes de Freud – 20 volumes, 6 000 pages comme il est rappelé partout dans la presse – pour écrire le tome II du Livre noir de la psychanalyse ? L’indigestion explique sans doute le style propagandiste adopté par l’auteur du Crépuscule d’une idole, l’affabulation freudienne. Si vous avez aimé le Livre noir de la psychanalyse au point d’en redemander (cela fait quand même 818 pages…), alors vous aimerez le dernier livre d’Onfray, parce qu’y transpire le même ressentiment à l’égard de Freud et de son invention. Mais si vous voulez apprendre quelque chose sur la psychanalyse, sur Freud, ses questionnements, ses impasses, son cheminement, lisez seulement un texte de Freud, le Malaise dans la civilisation par exemple, et vous découvrirez pourquoi le message freudien n’est pas du tout conforme aux exigences marchandes, managériales et techno-scientistes de notre société. Vous découvrirez alors pourquoi déboulonner Freud à l’heure du cognitivo-comportementalisme qui conçoit l’être humain comme un rat devant s’adapter à son environnement, c’est tout simplement se ranger au côté des fanatiques de l’évaluation quantitative en vue d’éliminer de la planète tous ceux qui souffriraient un peu trop, ne trouvant pas dans l’hédonisme le remède à leurs maux.

Pourquoi faut-il alors défendre Freud au XXIe siècle ? Il faut défendre Freud parce que ce que Freud a apporté sur la souffrance, le désir et la civilisation, personne avant lui ne l’avait ainsi formulé. Il faut défendre Freud parce que, face au déluge des thérapies cognitivo-comportementales qui ont maintenant le pouvoir dans la majorité des institutions psychiatriques et psychologiques, la psychanalyse apparaît comme un îlot préservant la dignité de la souffrance psychique. Parce que Freud est le premier qui a considéré que la souffrance psychique ne faisait pas de nous des anormaux ; le premier qui a pensé que les hystériques souffraient de réminiscences et qu’elles en savaient plus sur leurs maux que lui avec ses compétences médicales ; le premier qui a su écouter ce qu’il ne comprenait pourtant pas chez une femme ; le premier qui s’est demandé de façon si claire ce que voulait une femme ; le premier qui a pensé que la féminité était peut-être une question de l’être sur sa sexualité et son désir, le premier qui a pensé qu’il n’y avait pas de santé mentale, mais que chacun élaborait à sa façon des solutions contre sa souffrance singulière.

Il faut défendre Freud parce que, face à la folie de l’évaluation quantitative que représentent les nouvelles techniques de management dans les entreprises, la psychanalyse affirme que les conduites humaines, y compris dans le domaine du travail, ne peuvent être traitées par le seul principe de l’optimisation. Parce que, face à ceux qui traitent l’humain comme on traite des rats soumis à des procédures d’expérimentation scientifique, la psychanalyse répond par le caractère irréductible du sujet en tant qu’il parle. Parce que, face aux suicides, la psychanalyse ne répond pas par les statistiques. Parce que, face à la marchandisation de l’intime et à l’invitation à ne plus accorder de valeur à nos embrouilles amoureuses, la psychanalyse invite à ne pas renoncer à la signification de notre désir.

Ainsi au XXIe siècle, il faut défendre Freud et la psychanalyse pour que l’être humain ne se retrouve pas épinglé comme un insecte sur une planche d’observation, soumis à des tests qui valideront sa résistance à la souffrance ou, au contraire, sa fragilité et, du même coup, sa condamnation sur le marché de la performance. Si Freud en son temps a dû faire face aux mécontentements que la psychanalyse suscitait, nous aujourd’hui, analysants, analystes, et tout simplement lecteur de Freud, admirateur de sa subtilité, nous ferons face aux passions haineuses en tentant de défendre ce qui des mots de Freud continue de nous éclairer pour comprendre notre époque et l’énigme que nous restons pour nous-mêmes.
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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 12:42

Je tiens à faire connaitre à mes lecteurs un blog particulièrement riche, rédigé par l' ingénieur, anthropologue et psychanalyste Roger Nifle et intitulé: "Journal Permanent de l’Humanisme Méthodologique".

 

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-La trahison de la raison, samedi 18 septembre 2004-
par  Roger Nifle


Dans la sensibilité du moment et à l’épreuve de l’expérience de terrain revient sans cesse une souffrance qui est celle de tout un pays. Souffrance diffuse, souffrance ignorée. Les symptômes apparaissent dans notre société, le fruit d’une insupportable charge qui fait ployer les hommes et que l’on attribue bien vite "aux autres". Ce que l’on a fait de la "raison" et de "l’humanité" en d’autres temps est devenu un fardeau pour ce pays et tous ceux qui veulent y trouver encore leurs repères.

 

Disons le tout de suite la raison comme propriété de l’intelligence humaine doit être l’enjeu d’un apprentissage et d’une exigence nécéssaires. La raison nous permet de mettre en perspective l’ordre des choses, celui de nos connaissances comme celui de nos actes ainsi que, en définitive, celui de nos vies.


Le rationalisme lui prétend que la Raison est la cause des choses, y compris de nous-mêmes en définitive. Elle est alors supérieure à chacun et c’est ce que la déïfication de la Raison signifiait il n’y a pas si longtemps dans notre pays. Or on n’a pas pris garde que de ce fait les servants de la Raison poseraient leur mission comme supérieure aux hommes qu’elle s’imposerait à eux.

 

 

L’homme, animal rationnel dit-on. Animal, dotée d’une capacité d’accès à la raison des choses mais animal tout de même, chose parmi les choses. Voilà une version de l’humanité, une animalité à dresser selon les oukases de la Raison. Les servants de la Raison supérieure s’imposent à l’homme commun. Du moment qu’ils se réfèrent à la Raison alors ce qu’ils disent s’impose à tous.

 

En France l’Etat jacobin est fondé sur cette religion, sur cette dictature de la Raison dont les grands prêtres sont les hauts fonctionnaires et les institutions les temples sacrés.

 Les choses s’expliquent par la raison qui s’impose à tous. Il suffit de se référer légitimement à cette raison là pour que nul n’ait plus rien à dire, à redire.

 

 

Bien sûr on peut penser à la possibilité de conflits de légitimité entre tenants de la Raison supérieure et à des pratiques dilatoires. Par exemple certains vont affirmer que la Raison supérieure est la raison naturelle, d’autres qu’il s’agit de la raison du droit, de la loi, de la règle administrative. D’autres que c’est la religion ou l’opinion publique qui donnent toujours raison.

 

Imposer la raison est une pratique d’arraisonnement. Les injonctions passionnelles de certains clubs rationalistes en sont une belle démonstration. C’est toujours le pathos qui y prend le dessus.

Développer la raison des choses c’est témoigner d’une dimension de l’expérience humaine cela ne prouve rien mais donne à partager l’expérience que l’autre alors peut juger, évaluer par lui-même. Il ne s’agit pas de se "rendre" à la raison mais de retrouver le Sens et les conditions qui sont à la source de cette raison.

 

Ainsi et pour simplifier nous mettons en évidence deux emplois de la raison: 

Celui qui propose, grâce à la raison, d’éprouver une expérience, d’y porter son discernement, de prendre position et de se projeter à son tour et ainsi de la partager. Celui qui fait de la raison un principe supérieur à toute humanité, auquel donc tout homme a à se soumettre d’évidence. Mais il faut bien alors que quelqu’un en porte l’affirmation, dise la raison supérieure et ce faisant l’impose aux autres.

 

Laissez-moi considérer que même s’ils se mettent à plusieurs, même s’ils se déclarent détenteurs de la vraie raison des choses ce ne sont jamais que paroles d’hommes, que témoignages de leur expérience. Même si celle-ci est le fruit d’une grande exigence c’est un abus de prétendre qu’il s’agit de la Raison supérieure, unique. Ce n’est rien d’autre que prétendre partager un droit divin, un droit de dire la Raison divine. Nul n’est assez grand pour en savoir quelque chose de Dieu disait Saint Irénée à Lyon au deuxième siècle de notre ère. Nul n’est assez grand pour en savoir quelque chose de la déesse Raison, et pourtant c’est ce qu’ils prétendent implicitement.

 

Dire la raison des choses ce n’est que témoignage d’humanité, personnel et en situation collective. Dès lors c’est tout le rapport à la science et au scientisme, au droit et au juridisme, à la loi et au légalisme, à la nature et au naturalisme, aux systèmes et au systémisme qui est en question.

 

Or notre pays en son temps à voulu se fonder sur une religion de la Raison. Il a déclaré derechef ses valeurs comme étant universelles. Il a édifié ou restructuré ses administrations, ses grandes écoles, ses hopitaux sur cette loi de la raison universelle. Il a sélectionné ses meilleurs citoyens dans l’exercice et la croyance en la Raison. Il a établi le règne de la Raison sur l’humanité, celui du droit sur l’homme. Ce pays lui a conféré ainsi ses droits, comme s’il ne les détenait pas de par son humanité elle-même.

 

Bien sûr, par rapport à la considération de l’animalité de l’homme sous toutes ses formes le règne de la Raison apparaît comme un progrès. Progrès d’ailleurs dans l’abandon ou le contrôle de cette animalité se livrant de plus en plus aux ordres de la Raison, devenue alors le critère de sa science et de sa conscience.

 

C’est comme cela que s’évacue le sujet humain, c’est comme cela que ce que vivent les hommes est placé sous tutelle de la Raison, c’est-à-dire, concrètement, des détenteurs proclamés de la vrai Raison des choses.

Démocratie ? as-t-on imaginé que la délibération de la majorité puisse surpasser la raison universelle ? As-t-on imaginé que la science soit soumise à la décision de l’opinion publique ? As-t-on imaginé que le génie rationnel des meilleurs puisse être soumis au vote de représentants du peuple. Il y a là contradiction. C’est celle de notre pays n’est pas une démocratie.

 

Les élites, comme on dit à juste titre selon les critères de sélection établis à cet effet, ce sont ceux qui accèdent à la vrai raison des choses et en même temps croient à l’universalité de leur savoir.

Ils préparent les lois, ils travaillent à circonvenir les politiques, ces représentants du peuple c’est-à-dire de l’homme animal à tenir sous tutelle. Il écrivent des décrets et ils rédigent des circulaires seules règles qui s’imposent à leurs services.

 

Nous en sommes là. Les servants de la raison règnent. Administrations, universités, institutions de tous ordres établissement les règles rationnelles de notre vie, de notre conscience, de notre savoir. Ces règles s’imposent à tous et par suite sont au-dessus de toute humanité. Notre pays s’est fait inhumain au nom de la Raison universelle. D’autres pays ont leur tares. Cela n’enlève rien aux nôtres. D’autres pays ont leurs talents, leurs qualités cela n’enlève rien aux nôtres et à l’excellence notamment du maniement de la raison au service du Sens du bien commun.

 

Seulement là où nous avons quelque talents reconnus nous avons aussi mis en place une machine inhumaine où la considération de l’humanité des personnes et des communautés est bafouée et, pire, au nom des valeurs universelles. Souvenons nous des périodes sombres et des cas où l’application de la loi ou de la procédure exonérait de toute question éthique. En sommes nous si loin ?

 

Y a-t-il un pays où on cherche autant à tout automatiser, à tout spécialiser, à tout règlementer ? à tout administer. Y-a-t-il un pays où l’on consomme autant d’anxiolytiques, où l’Etat refuse toute décentralisation c’est-à-dire la substitution de l’autonomie responsable des personnes et des communautés, notamment territoriales à une tutelle légitimée par une Raison supérieure ? On assimile alors la manifestation de l’autonomie humaine au règne de la loi de la jungle. La loi d’Etat ou la loi de la jungle tel est le choix mensonger qui nous est servi.

 

Des procédures rationalisées prétendent dicter le présent et le futur. Des lois et décrets foisonnants prétendant encadrer toute marge de liberté. Des raisonnement cultivés sous les serres de l’establishment passent pour être les vérités qui doivent s’imposer tôt ou tard au peuple et à ses représentants. Des usages cultivés au cours des deux siècles passés se posent comme inquestionnables sauf à porter atteinte au sacré, celui de la Raison d’être de ce qui a été établi autrefois en ce nom divin.

 

Pas de réforme possible sauf à toucher au droit sacré ; le bien commun de la communauté n’y ayant alors aucune part. Et nous sommes maintenant devant ce qui a été appelé un autisme des élites. Nous y sommes confrontés tous les jours. Tout un monde enfermé dans sa bulle des raisonnements "sacrés" s’efforce de s’imposer à un indigénat qui vit et qui souffre.

 

Telle communauté territoriale croit ne pas pouvoir penser autrement qu’au travers des grilles que des techniciens vertueux, de la vertu des servants du dogme, lui indiquent comme de la plus haute nécessité. Telle autre découvre qu’elle peut assumer par elle-même la considération de son histoire et de son futur. Tel fonctionnaire se souvient parfois qu’il est humain et que la loi est faite pour servir l’homme et non l’asservir...

 

Deux mondes se côtoient et s’ignorent:

Celui d’une raison devenue folle à vouloir être sacrée.

Celui d’une humanité qui a quelques fois du mal à se réapproprier sa propre raison pour ordonner son existence au service du Sens dans lequel elle veut s’engager.

 

L’inhumanité de l’une devient insupportable et les dérives pathologiques prolifèrent, dans les personnes, les institutions et les exploitations perverses de cette situation.

L’autre monde se réveille mais a tout à se réapproprier, de sa science, de sa conscience, de son droit, de sa loi, de sa démocratie, faisant alors de la connaissance de l’humanité la clé de la compréhension des affaires humaines. Il fera alors de la recherche d’une plus grande maîtrise de son humanité individuelle et collective, la fin et le Sens du bien commun.

 

Le mouvement du monde, la mutation de civilisation engagée vont dans cette seconde direction. On comprend que dans la bulle rationaliste l’on ait tant de mal à comprendre ce qui se passe et on s’évertue à le dénoncer, plus fort que nulle part ailleurs.

 

L’Humanisme Méthodologique sert à retrouver l’humanité comme fin, avec le service éminent de la raison comme l’une des dimensions de l’expérience humaine et de sa maîtrise. Telle est aussi la raison d’être de ce journal.

 

http://journal.coherences.com/

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 13:38

Même si elle évolue ou s'étoffe avec d'autres techniques ou thérapies, la Psychanalyse demeure "l'éthique" de la psychologie. C'est pour cela qu'elle est et sera constamment mise en valeur sur ce site, au travers d'explications logiques accessibles à tous... et j'incite mes autres collègues Psychanalystes à agir de même : "tous ensemble acteurs d'une Psychanalyse hautement culturelle, sociale et stratégique ci-nécessaire !" Une Psychanalyse engagée qui impose le respect. Avec ou sans le consentement des hôpitaux et du gouvernement, qui, de toute manière, s'enferrent dans une  logique de management et de rentabilité...

 

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…Ce qui, immanquablement, provoque l'apparition de pseudo-médecines à la philosophie orientale, dites de « troisième génération » et fonctionnant sur un principe de "mise sous tension", en général provoqué par des effets de groupes, mêlant euphorie et communication préfabriquée ; qui ne sont pas sans rappeler certaines pratiques commerciales plutôt douteuses. On y parle même de clientélisme !

  

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Ne nous laissons donc pas réifier par les autorités et les lobbys, pour ceux qui n'ont pas encore suivi (ou subi) le formatage comportemental nécessaire. Nous sommes avant tout des Psychanalystes au service de l'humain et de ses valeurs intrinsèques. Seul ce titre est suffisant pour que les patients comprennent que nous représentons "l'approche sensible et digne de la psychologie", et le labeur constant que cela demande à l'analyste pour apporter le meilleur de cette science au patient... et qui restera une science, malgré les persiflages cyniques portés contre elle, de la part de certains de ses détracteurs.  

  

 

La Psychanalyse ne nécessite aucunes normes superflues, car elle se régule elle-même...ceux qui sont indignes d'elle et utilise son nom à tort, sont, au bout de quelques temps, automatiquement évincés. Car son application demande une grande connaissance de soi et du monde, ainsi qu'un vécu riche, que seuls les authentiques héritiers des pionniers de cette discipline possèdent. Elle demande aussi patiente, courage et ténacité... croyez vous que les jeunes psys formatés de l'ère moderne aient un parcours aussi rempli pour l'exercer ?? Le doute subsiste...

 

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Quant à la psychiatrie, en pleine débâcle sécuritaire, transformant les hôpitaux en "centres fermés", ersatz de nos prisons : elle se fait elle-même englober dans le territoire de la neurologie, pour finalement, cesser d'exister ! Si celle-ci souhaite subsister, il lui faudra tôt ou tard accepter l’idée de réintégrer la psychanalyse en son sein…Car, en définitive, tout ce qui part de l’humain revient à l’humain.

  

 

En conclusion : malgré toutes les tentatives de contrôle des masses, malgré les essais de rentabilisation de l’humain, il y a toujours eu des résistants pour freiner ce processus dévastateur (voir le célèbre livret de Stéphane Hessel, indignez-vous). Il semble évident que la Psychanalyse se mobilise aujourd’hui, contre cette transformation subtile et pernicieuse de notre société.

   

 

-Comme les résistants d’autrefois, soyons de fervents militants pour protéger notre pays et ses concitoyens de la désidentification et de la chosification de l’être humain. La Psychanalyse à pour devoir d’éviter que l’individu singulier ne devienne « un agent de l’économie moderne », avec toutes les souffrances que cela implique dans le quotidien de chacun d’entre nous (pression au travail, dettes, difficultés relationnelles, et j'en passe...).

 

 

-Note: Consultez l'article "un monde sans fous?", documentaire France 5 de Philippe Borrel, disponible sur ce site.

   

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 13:22

Comme Claude Lévi-Strauss, retrouvez le goût de l'autre, de l'immersion dans la différence, de la confrontation directe et saisissante avec autrui !

Il aura passé sa vie à comprendre comment fonctionne l'esprit des hommes. Le célèbre anthropologue et ethnologue français Claude Lévi-Strauss est mort le 30 oct 2009. Il avait 100 ans.

 

"Nous, occidentaux piégés dans des vies normalisées et matérielles, avons oublié le plaisir de partager et d'échanger avec nos compatriotes (qui ne sont pourtant pas des primitifs éloignés) ! Nous nous sommes cantonnés dans des principes rigides et des clivages tenaces, que nous entretenons en refusant le dialogue avec nos semblables... Prenons exemple sur nos aïeux: Claude Lévi-Strauss nous ouvre la voie, même post-mortem, vers une redécouverte de l'autre...au détour d'un café, peut-être." 

F.T

   
  
http://images.telerama.fr/medias/2008/05/media_28901/claude_levi_strauss_le_gout_de_autre,M8698.jpg
-Claude et Dina Levi-Strauss dans leur campement - Photo : DR

 

 
-Défenseur ardent et inlassable des peuples dits « premiers », pleurant face à leur lente agonie, ­inconsolable d'appartenir au camp des destructeurs. Vieil homme en colère contre l'homme occidental et sa conduite à l'égard des autres hommes, à l'égard aussi de la nature :

 
« La seule chance offerte [à l'humanité] serait de reconnaître que, devenue sa propre victime, cette condition la met sur un pied d'égalité avec toutes les autres formes de vie qu'elle s'est employée et continue de s'employer à détruire. Mais si l'homme possède d'abord des droits au titre d'être vivant, il en résulte que ces droits, reconnus à l'humanité en tant qu'espèce, rencontrent leurs limites naturelles dans les droits des autres espèces. Les droits de l'humanité cessent au moment où leur exercice met en péril l'existence d'autres espèces », déclarait-il il y a quelques années. Léguant, au terme d'une vie passée à tenter de comprendre comment vivent et pensent les hommes, un testament controversé : la certitude que l'homme est « une partie prenante et non un maître de la création ».

 
Nathalie Crom.

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 14:27

Avant que chacun lise ces lignes: Je tiens à rappeler que ce texte décrypte, sans misogynie, des procédés subconscients qui engendrent souvent de terribles souffrances. Aussi, il n’est pas ici permis de juger, mais bien de comprendre les causes de ce complexe très subtil mais également profondément destructeur.

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Vous connaissez sans doute Diane-Artémis, la femme chasseresse ? Femme-homme par excellence et « patron »des chasseurs ! Je vous la présente aujourd’hui en psychanalyse :

 

Durant l’éducation, la masculinisation à outrance de la femme peut avoir plusieurs causes. Une des causes réside dans le complexe d’Oedipe, mais voici deux autres causes fréquentes :

 

Il existe pour l’homme « le complexe de castration », tel un petit garçon très fier de son organe qui représente la supériorité, et angoissé à l’idée de perdre celui-ci…surtout lors d’éventuelles menaces parentales, si l’enfant n’est pas conforme aux exigences de ses géniteurs (rébellion, masturbation, etc.), par exemple…

 

Cette angoisse de castration n’a rien qui puisse étonner. Il ne faut pas oublier que le Phallus est, avant tout, un symbole de vie universelle…et les religions primitives sont des cultes phalliques.

 

Souvent, la petite fille fait de même, mais « à l’envers » ! Elle croit qu’il lui manque quelque chose. Elle croit avoir été frustrée. Elle attend, croyant que cela poussera, comme papa…mais comme cela « ne pousse pas », elle se révolte de plus en plus, ou se sent inférieure.

 

L’éducation joue ici un grand rôle. Ne fait-on pas croire, dans certaine famille, que le sexe des petites filles ne pousse pas « parce qu’elles l’ont regardé…ou parce qu’elles l’ont touché ? ».

Ou bien, « cela ne pousse pas » parce que c’est une punition. Pure inconscience, évidemment, mais dont les répercussions apparaissent dans le langage des petites filles, ou dans leurs dessins.

 

Ou bien, un cas très connu : Une fillette entend dire par ses parents :

« Nous aurions voulu un garçon ! Mais n’avons eu qu’une fille…tant pis… On fera avec, on s’y habituera…mais c’est quand même dommage ».

A quoi la petite fille réagira férocement en détestant son propre sexe, ou en jalousant le sexe masculin, ce qui est logique.

 

Et ces exemples ouvrent la voie à des dizaines d’autres…

 

A cette frustration, l’adaptation se fait ou ne se fait pas, comme dans le complexe de castration. Si elle ne se fait pas, la petite fille éprouve du mépris pour son propre sexe (qu’elle croit inferieur), et de la jalousie à l’égard de l’homme (qu’elle ressent supérieur). Elle a donc le désir intense de compenser son infériorité, en devenant comme un homme. « Elle devient masculine ! ».

 

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Adulte, elle devient parfois une « Femme-Chef », faisant tout marcher « à la baguette »…

Surtout les hommes, puisqu’elle désire les inférioriser. Comme elle est jalouse de l’homme, elle tente de dresser les autres femmes contre lui. Elle est autoritariste et agressive. Elle méprise l’authentique féminité et déteste les hommes. Elle n’est ni femme ni homme…et peut en souffrir horriblement ! Si elle se marie, cette Diane est souvent frigide, puisqu’elle méprise la féminité ! Partout et toujours, elle tente de faire montre de sa supériorité « véritablement masculine ».

 

Elle refuse de s’occuper des choses de son sexe (surtout le ménage, symbole de l’avilissement de la femme)… et « l’odieuse tyrannie des hommes » la révolte.

 

Ce sont des femmes très mécontentes et quasiment toujours insatisfaites. Une chose peut les sauver pourtant : La Maternité. Surtout si l’enfant est un garçon ! Pourquoi ? Parce que, ayant créé un enfant mâle, elles se sentent égales à l’homme. Malheureusement, elles demeurent souvent des mères tyranniques, continuant à refuser leur féminité…Et l’éducation qu’elles donneront à leur tour, aboutira probablement à un désastre…

 

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Supposons un équilibre familial déséquilibré. Soit une mère et sa fille d’un coté, et un père faible, féminisé et compensé, de l’autre… Supposons également que ce père soit devenu efféminé à la suite du complexe d’Oedipe. Il croit « détester » les femmes ; mais en fait, il en a peur !

 

Il en a peur parce qu’il se sent inférieur et incapable de virilité masculine (probablement le produit d’une mère chasseresse, comme vue ci-dessus). Dans de nombreux cas, cette soi-disant « haine des femmes » se transposera sur sa propre fille. Inconsciemment, il fera donc en sorte qu’elle ne devienne pas une femme.

 

Il essaiera de la masculiniser : Il s’extasiera devant chaque « action virile » de sa fille. Il vantera la force de sa fille, son habileté aux sports, son adresse, ses muscles… Il sera aux anges si elle travaille « comme un homme », si elle à des biceps masculins ou si elle pratique la self-défense, etc…

 

Ainsi élevée, la fille devient, mentalement un garçon. Très souvent, l’apparition de sa féminité l’angoisse. Et dans certains cas, les règles vont jusqu’à disparaître ! On conçoit donc bien l’anxiété perpétuelle produite par deux forces opposées :

 

1-     le désir profond de féminité.

2-     Le refus de la  féminité, par éducation familiale.

 

Adulte, cette femme fera payer cher ses tendances contradictoires ! Tout d’abord à elle-même ; les angoisses, phobies, maladies psychosomatiques ou les névroses seront son lot quotidien…à son entourage ensuite. Elle paraîtra assurée dans sa masculinité, et cependant, une grande souffrance (parfois sourde) et un profond sentiment d’infériorité ne la quitteront jamais !!

 

D’autres causes peuvent, évidemment, provoquer la masculinisation de la femme. Une cause assez fréquente : Un père terriblement despotique, humiliant sa fille sans cesse, la frustrant et la rabaissant. A un point tel que la haine apparaît chez la fille. Elle transpose alors cette haine sur tous les hommes, de deux façons possibles :

 

1-     Elle refuse d’être « soumise » aux hommes, qu’elle méprise. Elle refuse donc sa féminité, et devient masculine. Elle est sans cesse en compétition masculine avec les hommes…Mariée, elle sera frigide. Mais, si elle a un garçon, elle fera tout pour le féminiser. Ou refusant le mariage, elle orientera sa vie sexuelle vers les femmes : ce sera la lesbienne masculine.

 

 

2-     Elle reste féminine, mais refuse la soumission aux hommes. Elle se tourne alors vers la femme masculine qui endossera, pour elle, le rôle de l’homme : ce sera la lesbienne féminine.

 

 

Les processus inconscients étant mis à jour, il est maintenant aisé de comprendre le « pourquoi » des souffrances actuelles de certaines femmes…Elles sont, avant tout, les victimes d’une éducation déséquilibrée ; Soit  par un « patriarcat excessif », ou au contraire, par un « matriarcat tyrannique »… Modèles uniques et prépondérants des éducations du 20ème siècle.

 

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 11:48

France-inter2

 

 

Cela vous est peut être déjà arrivé ! Un matin, vous décidez d’y aller à pied plutôt que de prendre la voiture, et puis vous prenez la petite route, celle qui part sur la droite, c’est plus long, c’est sûr, mais le chemin est plus joli… vous vous rendez compte que votre lacet est défait… satané lacet!

 

 

Vous vous arrêtez pour le refaire et au moment où vous relevez la tête: "La rencontre", celle que vous attendiez, celle qui va changer votre vie…Et vous vous dites, et si ce jour là, je ne m'étais pas arrêté pour refaire mon lacet, si j’avais pris le chemin de gauche, et pas celui de droite… et si ce jour là j’avais pris la voiture plutôt que mes pieds…

 

 

"La vie est-elle une suite de hasards, ou plutôt l'oeuvre du déterminisme ?", c’est le menu de notre débat du midi...


cliquez ci-dessous pour écouter l'émission:


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 Invités :  

 

Monique David-Ménard

Philosophe et psychanalyste.


Michel Eltchaninoff

Journaliste et auteur.


Michel Bozon

Anthropologue.

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 13:58

"Son nom résonne tel un mythe emblématique du XXe siècle, auprès du grand public comme des professionnels de l’enfance".

   

Sa vocation première, celle de devenir un « médecin d’éducation », elle l’a puisée dans sa propre enfance : elle grandit dans l’ombre pesante d’une sœur aînée décédée, et d’une mère si traumatisée par cette perte qu’elle reproche à sa seconde fille d’être en vie. Dolto fera de l’enfant en souffrance et de ses rapports avec la mère son domaine de prédilection. C’est là qu’elle innovera, aussi bien dans la réflexion que dans la pratique. Son influence s’étend jusqu’au juridique : la loi de 1993 sur l’autorité parentale conjointe et les droits de l’enfant en cas de divorce aurait-elle pu naître sans sa pensée ? Son idée que l’enfant n’est pas la propriété des parents a été révolutionnaire...


(Un ouvrage qui retrace la pérennité de sa pensée: “Françoise Dolto aujourd’hui présente, dix ans après”, actes du colloque de l’Unesco, janvier 1999, sous la direction de C. Dolto-Tolitch, Gallimard, 2000).

 

  

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L'enfant est une personne


Très jeune, Dolto avait promis : « Quand je serai grande, je tâcherai de me souvenir de comment c’est quand on est petit. » Elle n’oubliera jamais que le nouveau-né aspire d’abord à communiquer et que ses désirs, indépendants de ceux d’un adulte, sont aussi respectables. Une approche psychanalytique se traduisant par une confiance totale envers les sujets de ses cures, qu’elle cherchera à « suivre », persuadée que chaque enfant est doté d’un savoir, même confus ou ignoré, le guidant sur son chemin : « fou », « débile », qu’importe, dès lors qu’il trouve un équilibre. Mais ce respect d’un choix de vie est surtout une éthique, pour laquelle Dolto a milité avec vigueur, faisant parfois scandale dans une société habituée à considérer que l’enfant n’a de la valeur que par ce qu’il peut devenir, pourvu qu’il soit assez « sage » et suive sa vocation : satisfaire ses parents.


Tout est langage


A la différence de l’animal, chez l’être humain tout « veut dire ». Les gestes les plus absurdes ont un sens, font partie d’un langage symbolique à travers lequel se tisse ce que Dolto appelle « la fraternité d’espèce ». Parler, s’exprimer, permet de marquer sa différence vis-à-vis d’un autre (avant tout de sa mère), pour mieux partager avec lui des émotions, des souvenirs, des idées.


Le “parler vrai”


'Encore faut-il parler « avec » l’enfant et pas seulement « à » l’enfant. Surtout, lui « parler vrai ». « On ne peut pas mentir à l’inconscient, il connaît toujours la vérité », insistait la psychanalyste. Dès les premières heures, un enfant décèle l’accent de vérité (« la coïncidence entre ce que l’on dit et ce que l’on éprouve »), et il en a besoin pour ce qui concerne ses origines, l’histoire familiale, afin que vitalité biologique et vitalité sociale concordent.


Le complexe du homard


Dolto a inventé cette image pour représenter la crise d’adolescence. L’enfant se défait de sa carapace, soudain étroite, pour en acquérir une autre. Entre les deux, il est vulnérable, agressif ou replié sur lui-même. Mais « ce qui va apparaître est le produit de ce qui a été semé chez l’enfant », avertit Dolto. Les parents devraient donc voir les crises explosives comme une preuve qu’ils ont rempli leur contrat, les repères éducatifs s’avérant suffisamment souples pour « sauter » au bon moment.
A l’inverse, si les parents sont trop rigides, l’ado restera prisonnier de sa carapace et désarmé face à la dépression.


L’image inconsciente du corps


Il s’agit là du concept central de l’œuvre de Dolto théoricienne. La psychanalyste est partie du concret, en l’occurrence des dessins des enfants qu’elle recevait. Elle a réalisé que ces dessins représentaient en fait leur propre corps, un corps parfois aberrant, fantastique, en un mot imaginaire, figurant leurs désirs, leurs manques, leurs rapports avec les autres.
Le corps imaginaire est notre premier moyen d’expression, un langage symbolique, toujours mystérieux. C’est à travers cette vision du corps que la dimension éthique et poétique de Dolto se révèle avec le plus de force.

Car on peut appeler le respect de ce mystère-là chez l’autre par un autre nom : liberté.

 

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 09:24

-Son génie, ses paroles parfois abruptes et son charisme... Souvenez-vous:

 

Extrait 1: La bêtise et l'ignorance.

 

 

 

Extrait 2: Artistes ou Artisans ? 

 

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 14:04

Je vous propose ici quelques termes-clés utilisés dans le vocabulaire psychologique, afin de mieux comprendre les éventuelles difficultés en rapport avec notre quotidien :

 

Angoisse de la séparation

Angoisse générée par la fin progressive de la fusion avec la mère, qui va de pair avec la prise d'autonomie.

 

Thérapie familiale

Psychothérapie visant à traiter l'ensemble d'une famille où se trouve le patient.

 

Cognitif

Ce qui a trait à la connaissance, c'est-à-dire au développement de l'intelligence de l'enfant.

 

Complexe d'oedipe

Ensemble des investissements amoureux et hostiles de l'enfant sur ses parents durant le stade phallique (3-6 ans), avec attachement érotique au parent du sexe opposé et hostilité envers celui du même sexe tenu pour un rival. L'issue normale du complexe d'oedipe est l'identification avec le parent du même sexe.

 

Dyslexie

Difficultés d'apprentissage plus ou moins importantes de la lecture sans déficit sensoriel ou intellectuel. Elle se caractérise par la confusion des lettres, des sons et par des problèmes de mémorisation.

 

Hyperactif

Se dit d'un enfant qui s'agite excessivement sans parvenir à fixer son attention. On parle d'hyperactivité à partir de 5 ans seulement quand l'agitation est quasi permanente et indépendante des circonstances. Il ne faut pas confondre l'hyperactivité, très rare, avec le comportement d'un enfant agité et turbulent.

 

Identification

Processus par lequel un individu se rend totalement ou partiellement semblable à un autre en s'en servant comme modèle ou contre-modèle. Jusqu'à l'adolescence, l'enfant a envie de ressembler au parent du même sexe, qui est pour lui un miroir et un tuteur.

 

Inhibition

Blocage de l'activation émotionnelle qui rend le sujet temporairement incapable de réactions ou d'initiatives. Les émotifs et les timides subissent ce blocage quand ils sont confrontés à une situation inhabituelle.

 

Latéralité

Domination d'un côté du corps sur l'autre qui se manifeste par une préférence à utiliser un membre (main, pied) de ce côté.

 

Phobie

Peur irraisonnée et continue suscitée par un animal, un être vivant ou une situation qui ne présentent en réalité aucun danger.

 

Psychomotricité

Ensemble des fonctions motrices en relation avec l'activité cérébrale, le psychisme.

 

Schéma corporel

Localisation des différentes parties du corps et localisation du corps dans l'espace, ce qui permet d'envisager également sa position dans l'environnement affectif et social.

 

Stade anal

(1-3ans) Il correspond à l'acquisition du contrôle des sphincters (expulsion et rétention des matières fécales). On qualifie également ce stade de " sadique-anal " : il ne s'agit pas d'infliger des souffrances à autrui, mais de satisfaire sa pulsion de maîtrise et de contrôle sur soi et sur les autres.

 

Stade du miroir

Placé devant un miroir, un bébé de 6 mois s'amuse beaucoup de cette image en mouvement. Il comprend qu'il voit un être humain, mais ne sait pas qu'il s'agit de lui-même. Pour lui, cet être est bien réel ; il veut le toucher et le cherche derrière la glace quand il se heurte au contact du miroir. Il va d'abord prendre conscience qu'il ne s'agit que d'une image puis, vers 16 mois, il comprendra qu'il voit sa propre image.

 

Stade oral

(0-1 an) le centre du plaisir est la bouche. La psychiatre et psychanalyste Françoise Dolto parle de " stade buccal ". On l'appelle aussi " cannibale ". Karl Abraham, médecin et psychanalyste allemand qui a beaucoup contribué à la diffusion de la psychanalyse a distingué dans ce stade une deuxième phase marquée par des pulsions agressives et destructrices. Concrètement, cela concorde avec l'apparition des dents... Et le plaisir de mordre ! Il restera des traces de ce stade à l'âge adulte : la gourmandise, le goût des baisers et aussi l'addiction au tabac ou à la boisson.

 

Socialisation

Processus d'adaptation d'un enfant à un groupe. La socialisation débute souvent à la crèche.

 

Anxiété

Etat de peur provoquant une tension nerveuse souvent chronique. (Prédisposition d'une personne aux états anxieux).

 

Troubles obsessionnels compulsifs

Pensée, impulsion, image intervenant dans la conscience d'un sujet de façon brutale, impérative et obsessionnelle.

 

Objet transitionnel

C'est une peluche, un lange, un morceau de couverture qui a une valeur particulière pour le nourrisson et le jeune enfant. Substitut du sein maternel, l'objet transitionnel ou "doudou" permet de mieux supporter la séparation et facilite la transition entre l'attachement à la mère et la relation aux autres.

 

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