15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 10:59

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Voici le cours de psychosociologie du mardi 15 janvier 2013 à 19h30. Conférence en deux parties de longue durée, mais néanmoins pourvue d'un intérêt croissant :

   

       
 

  -Vidéos filmées sur demande pour cause d'intempéries-

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L’économie sociale et solidaire (ESS) et l'économie contributive rassemble les structures et entreprises qui concilient utilité sociale, activité économique et/ou gouvernance démocratique. Donnant la primauté aux personnes sur la recherche de profits, elles sont organisées autour :

  • d’une solidarité collective ;
  • d’un partage démocratique du pouvoir dans l’entreprise ;
  • et réinvestissent leur résultat dans leurss projets et au service des personnes.

SCOP, coopératives, mutuelles, associations, fondations et entreprises sociales oeuvrent pour remettre l’humain au cœur de l’économie.

    

  Un moteur pour l’emploi

 

Les entreprises de l’ESS sont un acteur économique de premier plan en France. Elles emploient plus de 2,35 millions de salariés et distribuent chaque année plus de 50,5 milliards d’euros de masse salariale, soit environ 10 % de l'emploi salarié et de la masse salariale versée chaque année par les entreprises privées. A titre de comparaison, c’est 2,5 fois le poids de la masse salariale du secteur de l’hébergement et de la restauration et 1,5 fois plus d'emplois que le secteur de la construction.

Sur les dix dernières années, l’ESS a créé 440 000 emplois nouveaux, en croissance de 23 %. Dans le même temps, l’ensemble de l’emploi privé n’augmentait que de 7 %.

Avec près de 600 000 emplois à renouveler d’ici 2020 en raison des départs en retraite, c'est un vivier d’emplois pour les 10 prochaines années.

    

Offrir des biens et services pour le plus grand nombre

 

Les entreprises de l’ESS offrent des biens et services pour le plus grand nombre sans chercher à exclure les personnes les moins solvables. Loin d’être une économie de la marge, l’économie sociale occupe les premières places dans des secteurs essentiels :

  • 9 personnes handicapées sur 10 sont prises en charge par des établissements de l’économie sociale ;
  • 68 % des services d’aide au domicile aux personnes dépendantes sont portés par des entreprises de l’économie sociale ;
  • 30 % des hôpitaux sont gérés par l’économie sociale ;
  • 60 % des dépôts bancaires se font dans les banques de l’économie sociale et solidaire ;
  • 38 millions de Français sont protégés par les mutuelles de santé ;
  • 1 voiture sur 2 est assurée par une mutuelle d’assurance de l'ESS.
   

Les acteurs de l’ESS innovent économiquement et socialement:

  

Parmi quelques exemples d’innovations utiles socialement développées par les entreprises de l’ESS et du contributif: l’aide à domicile des personnes fragiles, l'aide aux personnes âgées dépendantes, l'accueil de jour des personnes handicapées, la création de monnaies locales complémentaires, le partage des brevets d'exploitation, les services d'échange libre ou le "crowdfunding" (type de mécénat par réseaux de contacts).

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 13:19

Réponse à deux questions récurrentes en ces temps de crise : Quel avenir pour le système économique et l'intelligence collective ? Et pourquoi l'Université Populaire de Saint-Sauveur, Luxeuil et CCPL ? Une analyse pragmatique et "non politique".

   

 

Pour rappel: «En hausse continue depuis début 2008, le chômage atteint aujourd’hui son niveau le plus élevé depuis treize ans. Ces trois millions de chômeurs traduisent l’échec des politiques économiques et sociales menées au cours de ces dernières années. L'avenir semble désormais se tourner vers le tiers secteur: L'ESS et l'économie contributive.»

 

Ensembles, les catégories A, B et C (ces deux dernières représentant les travailleurs à temps partiels) voient leurs effectifs augmenter de 0,9% et comprennent 4,5 millions de personnes. Les plus de 50 ans sont particulièrement touchés, avec une hausse de 1,7% en catégorie A, soit le double de la hausse globale. Autre phénomène inquiétant, l'explosion du nombre de chômeurs de longue durée (plus de trois ans) : + 1,4% en août, + 21,6% sur un an. Ces travailleurs durablement éloignés de l'emploi peinent d'autant plus à en trouver un nouveau. 

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 14:18

"Diplômés et surendettés": Aux Etats-Unis, de nombreux étudiants financent leurs études en empruntant sur plusieurs décennies. Mais aujourd'hui, les jeunes diplômés peinent à trouver un emploi à cause de la crise économique, et ne peuvent plus rembourser leurs traites.

    


Le comble de la bêtise du système financier américain:

 

Après avoir ruiné les ménages et l'immobilier en 2008, les banques américaines s'attaquent en toute impunité à leurs propres étudiants, source future de la richesse du pays. Le but évident est de maintenir une bulle spéculative sur les dernières mannes de profit encore possibles aux USA ! Reportage à la 31ème minute du documentaire.

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 20:42

L’Université du 21ème siècle sera citoyenne, responsable et solidaire ou ne sera pas !  Par Pierre Calame.

 

 

1. La réforme de l’Université : une nécessité et une urgence pour répondre aux défis du 21ème siècle.

 

1.1. L’Université fait partie des causes de crise du monde actuel tout autant que des solutions.

  • la nécessité d’un changement radical et d’un nouveau contrat entre Université et société ;

  • le caractère central de la réflexion sur la responsabilité de l’Université ;

  • le besoin de concevoir pour cela une stratégie de changement en réseau.

Mon exposé à cette occasion avait tracé les grandes lignes d’une stratégie. Ce sont ces réflexions que je souhaite reprendre et approfondir avec vous ce matin.

A la différence de la plupart d’entre vous, je n’appartiens pas à l’Université. Et d’ailleurs, je ne pense pas que l’université puisse se transformer uniquement de l’intérieur par une logique d’évolution qui lui serait propre. Elle est un produit de la société, elle va devoir se transformer en réponse à de nouvelles exigences de la société et c’est à partir de ces exigences que je vais chercher à énoncer la nécessité et les conditions d’une transformation profonde de l’Université.

Ce faisant je vais le faire en « déspécialisant » la réflexion, en traitant l’Université non comme un être institutionnel et social à part « à nul autre pareil » , mais comme le point d’application particulier d’une réflexion plus générale qui s’applique, mutatis mutandis, aux autres institutions et aux autres corps sociaux.

Ma réflexion ici est nourrie de trois expériences personnelles qui constituent les « lieux d’où je parle » .

  • Mon passé de haut fonctionnaire de l’Etat français m’a conduit à réfléchir en profondeur aux fondements historiques de l’action publique, aux raisons de sa crise actuelle, aux difficultés qu’elle éprouve à se réformer, aux principes d’une révolution de la gouvernance. Cela m’a appris en particulier la force des machines institutionnelles qui l’emportent toujours sur les objectifs qu’on leur assigne.

  • Depuis bientôt 20 ans à la tête de la FPH, qui s’est donnée maintenant comme priorité, pour des raisons que j’exposerai, l’émergence d’une communauté mondiale j’ai pu mesurer l’importance de la construction collective de perspectives nouvelles, enracinées dans le concret, à travers le travail en réseau et à condition de respecter des méthodologies rigoureuses.

  • Enfin, comme initiateur d’une dynamique internationale, l’Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire, dont est notamment issu l’Observatoire International des Réformes Universitaires, j’ai pu découvrir les fondements communs des crises du monde actuel et les priorités qui en découlent, ce que nous avons appelé à la suite de l’Assemblée Mondiale de Citoyens, l’Agenda pour le 21ème siècle.

L’Université actuelle fait partie des causes de crise autant qu’elle peut faire partie de ses solutions .


 1.2. Une urgence : apprendre à gérer les relations


Au delà des mécanismes de domination économique que chacun de nous connaît, la crise du monde contemporain a des fondements conceptuels, idéologies et institutionnels.

C’est, en effet, une crise des relations : des hommes avec les hommes, des sociétés avec les sociétés, de l’humanité avec la biosphère. Crise des hommes entre eux, l’exemple de l’exclusion sociale ; des sociétés entre elles avec l’extraordinaire difficulté à gérer nos interdépendances dans le cadre des régulations politiques actuelles, crise enfin des rapports humanité biosphère car la société consomme des ressources bien plus rapidement que celles-ci se reproduisent et on conçoit bien que ça pourra se poursuivre indéfiniment…

Cette difficulté à mettre en relation on la retrouve dans tous les domaines, comme si le modèle cartésien, décomposer pour comprendre, avait dégénéré en une schizophrénie et un cloisonnement généralisés :

  • dans le champ de la production industrielle c’est la juxtaposition des filières ;

  • dans l’université c’est le cloisonnement des connaissances ;

  • dans l’action publique c’est la juxtaposition des politiques sectorielles ;

  • dans la société c’est l’évolution vers un système en « tuyaux d’orgue » où les contacts entre personnes d’un même milieu aux deux bouts de la planète deviennent plus intenses que les contacts avec les voisins ;

  • dans l’agriculture c’est l’incapacité à raisonner globalement sur les écosystèmes au profit du couple simpliste symptôme – traitement qui conduit à une déterritorialisation généralisée.

Cette crise des relations est à associer à une crise du modèle occidental de développement, qui se caractérise par l’inversion des fins et des moyens.

Quand on vous dit : “on n’arrête pas la science”, c’est extraordinaire parce que cela veut dire que la science est le nouveau nom du destin ! Quand on débat sur des problèmes aussi sérieux au plan éthique que le clonage des êtres humains ou la manipulation génétique, etc.., on va vous expliquer sans rire : “mais comment voulez-vous qu’on arrête le désir de chercher des laboratoires, de produire des brevets, etc..” ? Pour le marché, c’est pareil. C’est extravagant de présenter l’économie de marché comme une loi de nature. Cela ne résiste ni à l’analyse historique ni à l’analyse politique.

Mais l’Université participe à cette inversion entre fins et moyens en enseignant de plus en plus des manières de faire (la science, le droit, le management, l’économie) coupées des finalités.


 1.3. Arrêtons d’essayer de gérer le monde de demain avec les idées d’hier et les institutions d’avant hier.


Une bonne illustration de la confusion actuelle de la pensée est fournie par la confusion sémantique entre mondialisation et globalisation. En anglais, il y a un seul mot pour en parler, c’est “globalisation”. “Globalisation” de tout, depuis les nouvelles technologies d’information et de communication jusqu’à la négociation de la réduction des barrières douanières dans le cadre de l’OMC en passant par la liberté d’investissement des firmes multinationales. En fait, nous avons la chance en français d’avoir deux mots, profitons-en : je distingue d’un côté la mondialisation et, de l’autre, la globalisation économique.

Qu’est ce que la mondialisation ? Pour moi, c’est un fait, une donnée inéluctable. Mondialisation, c’est le fait que les interdépendances entre les sociétés dans le monde entier se sont accrues d’année en année jusqu’à nous faire franchir véritablement un saut qualitatif. Si, dans les années quatre-vingts, le fameux trou d’ozone a eu tant de succès médiatique, c’était moins à cause de la gravité effective des cancers de la peau qu’il était censé provoquer qu’à cause de son extraordinaire valeur symbolique. Le trou d’ozone qui se produisait sur l’Antarctique était lié à l’activité des sociétés industrielles. Il symbolisait donc le fait que les effets macro climatiques, macro atmosphériques des activités industrielles se produisaient au seul endroit où il n’y en avait pas ! Arrivant après les photos satellite et leur image de la planète bleue, une série de symboles a progressivement exprimé une réalité que tout le monde percevait : nous sommes tous sur un même bateau et ce bateau est fragile, ce bateau est menacé. Cette conscience d’être sur le même bateau, c’est cela qu’exprime la mondialisation. C’est cette conscience que l’effet de serre est la somme d’infiniment de choses, qui va du fait de prendre sa voiture pour aller acheter du pain au lieu d’aller en vélo au développement de la riziculture. La conscience que tout cela se combine au niveau de l’atmosphère, la conscience que les pluies acides peuvent se déplacer, que le nuage mortel de Tchernobyl se déplace, mais aussi qu’Internet construit un réseau d’informations mondial en temps réel. Tout cela, depuis la deuxième guerre mondiale, a fait prendre conscience d’une interdépendance croissante. Un simple chiffre. Déjà, au milieu des années 1990, la société mondiale consommait une fois et demi les ressources renouvelables de la planète chaque année. Concrètement, alors qu’il n’y a que 20 % de la société qui a accès, si je puis dire, à une consommation de pays développés, on en est à “bouffer” nos stocks chaque année. La mondialisation est donc un fait. Il n’y a pas de réversibilité de la mondialisation. Il y a réversibilité des comportements, il y a des comportements possibles de repli nationaliste, on en voit beaucoup, il y a des comportements de résistance, d’anxiété, etc., mais la mondialisation est un fait inéluctable.

 

Tout autre est la question de la globalisation économique. La globalisation économique, c’est une politique et une idéologie. Il faut revenir à l’histoire pour nous rendre compte dans quelles conditions nous nous sommes mis, bon an mal an, à adhérer à la pensée unique. Quand les Américains, comme condition au plan Marshall, nous ont interpellés, nous Européens, au lendemain de la guerre en disant « on veut bien vous aider à reconstruire mais si c’est pour redémolir joyeusement dès que vous avez reconstitué la sidérurgie et l’industrie de l’armement, cela ne nous intéresse pas » la pression à l’unification économique européenne s’est faite dans un but politique. L’enjeu c’était la paix, ce n’était pas la prospérité. La réflexion sur l’abaissement des droits de douane s’est faite par rapport à un enchaînement historique très précis : crise économique, repli, renforcement des droits de douane, nationalisme, guerre. C’est par rapport à cette situation historique que la réflexion sur les rapports entre liberté de commerce et paix s’est subitement trouvée consolidée. Est-ce pour autant dire que partout et toujours la liberté du commerce garantit le développement, l’équilibre entre les hommes et l’atmosphère, l’équilibre entre les nations et la justice sociale ? Non, mille fois non ! On le voit bien depuis une trentaine d’années : le rythme de croissance du commerce international est considérable mais s’est accompagné en même temps d’une croissance des inégalités aboutissant à ce qu’il est couramment convenu d’appeler la courbe en verre de champagne, où une petite minorité contrôle une grande majorité des biens, où une grande majorité se contente de la portion congrue.


Nous allons avoir à gérer un monde mondialisé, irréversiblement mondialisé. Nous allons devoir prendre la mondialisation non pas comme un fardeau mais comme une opportunité et aussi comme une nécessité de changer.


Pour comprendre comment on en est arrivé là il faut revenir à l’histoire longue et à son accélération depuis un siècle et plus particulièrement à partir de la seconde guerre mondiale. On s’aperçoit alors d’une donnée fondamentale : tous les éléments du système n’évoluent pas à la même vitesse. C’est ce que j’appelle la théorie des décalages : l’économie, la science et les techniques ont évolué de jour en jour, les systèmes de pensée et les institutions beaucoup plus lentement.


Je pense que les mutations du 21ème siècle seront comparables par leur ampleur et leur caractère systémique au passage du Moyen Age au monde moderne. Et le parallèle est frappant entre l’émergence, au début du 19ème siècle de l’Université prussienne de Von Humboldt et l’émergence, entre le 16ème et le 19ème siècle de l’Etat moderne. Dans les deux cas un mouvement de désimbrication, de spécialisation et d’auto-référence. Dans le cas de l’Université : désimbrication de la science et de la religion ; spécialisation avec la création des facultés ; auto référence avec la revendication à l’autonomie universitaire comme condition de l’autonomie de la production libre du savoir.

Dans le cas de l’Etat : désimbrication avec la séparation de la fortune du prince et des biens publics ; spécialisation avec le développement d’institutions spécialisées ; autoréférence en faisant de la souveraineté une valeur absolue.

Le parallèle entre action publique et université se prolonge précisément dans la crise des relations :

  • le cloisonnement des disciplines et domaines ;

  • les difficiles relations avec le reste de la société (partenariat) et les freins à l’aller et retour entre réflexion et action.

Nous voyons bien à l’œuvre les inerties, les résistances au changement qui expliquent qu’en ce début de 21ème siècle nos modèles institutionnels et idéologiques ont bientôt 200 ans alors qu’entre temps le monde a radicalement changé.

Ainsi veut-on finalement gérer un monde radicalement interdépendant avec des relations intergouvernementales entre états souverains et des réalités systémiques avec des disciplines universitaires jalouses de leur autonomie.


 2. Pour la science et l’Université un même défi : renouveler le contrat avec la société.


 2.1. 2.1. Le contrat social actuel est dépassé


Pour la science et pour l’université il existait bien, au lendemain de la 2ème guerre mondiale, une forme de contrat social. Pour la science ce contrat est né de la reconversion du formidable effort de mobilisation des cerveaux qu’avait nécessité la guerre.


Pour l’Université, le contact social implicite avait deux dimensions : la construction et la diffusion de la connaissance spécialisée ; les franchises universitaires. Mais ce contrat fait eau de toutes les parts.

D’abord parce que la nature des débouchés de l’Université a changé : c’est de moins en moins la reproduction de l’Université elle-même ou l’encadrement de la société par l’Etat et de plus en plus la formation de manieurs de savoirs et de savoir faire au sein des entreprises. D’où : a) la perte du monopole dans la délivrance des savoirs et le poids croissant de l’entreprise, avec la dérive du savoir vers une marchandise ; b) l’effacement de l’Université au profit de systèmes répondant directement aux besoins à court terme de l’économie.

Ensuite parce que le scepticisme de la société à l’égard de ce mode de production et de reproduction du savoir va croissant : en un mot la société fait de moins en moins confiance à l’Université : le caractère périmé du contrat retire progressivement le support social de la société à l’Université.


En troisième lieu parce que l’Université, comme l’Etat, n’a plus le monopole de l’expertise. On le voit avec la montée en puissance de ce que j’appelle l’expertise citoyenne en réseau. Tout ceci veut dire, en clair, que si les universitaires refusaient de descendre de leur piédestal ils se retrouveraient un jour purement et simplement déboulonnés comme une vulgaire statue de dirigeant déchu.


Enfin, parce que, dans la société de l’information, la mutualisation des connaissances s’accommode mal des murs visibles ou invisibles des institutions. Le combat contre la marchandisation du savoir ne peut plus se réduire à la défense de l’enseignement public. Les réseaux de compétence vont rapidement finir par avoir plus de réalité que les pôles pris isolément. Les universités vont passer de toutes façon d’un statut de temple du savoir au statut, à mes yeux plus noble encore, de médiateur des connaissances.


 2.2. Les éléments du nouveau contrat social


Avant de préciser les contours du nouveau contrat social et d’en montrer la force et les fondements rappelons par un point d’étape les caractéristiques qui en sont déjà apparues :

  • en raison du retard pris par les systèmes de pensée et les institutions sur les réalités du monde il faut non pas une évolution lente et à la marge, de simples ajustements. Comme dans le domaine de la gouvernance l’Université a besoin d’une révolution conceptuelle et institutionnelle ;

  • face à la crise du monde actuel, le nouveau système doit être en mesure de répondre aux mutations majeures du 21ème siècle ;

  • le nouveau système doit se caractériser par sa capacité à gérer les relations entre connaissances et entre acteurs ;

  • le nouveau système « remet à l’endroit » les fins et les moyens ; en ce sens l’Université est un des lieux où doit se réinventer l’humanisme sans se laisser fasciner par la raison instrumentale qui n’est rien d’autre, au bout du compte, que la capacité d’apporter des solutions efficaces à des questions qu’on n’a pas forcément comprises ;

  • le système doit reconnaître les autres sources de production de la connaissance et se définir comme médiateur.

Pour construire ce nouveau contrat il faut à nouveau se placer en dehors de l’Université proprement dite et comprendre pourquoi la notion de « contrat social » , plutôt tombée en désuétude, connaît un retour en force. J’y vois deux raisons complémentaires, d’ailleurs inséparables, tenant à la mondialisation et à la croissance des interdépendances.


D’abord la mondialisation. Les sociétés de la planète n’ont pas choisi de vivre ensemble. Elles y sont conduites par le fait que leurs destins se trouvent indissolublement liés. Pour gérer leur avenir commun elles ne peuvent avoir recours , comme les sociétés traditionnelles, à une transcendance commune ou à des mythes communs – le mythe de l’unité nationale par exemple. La gestion de l’avenir commun est donc de l’ordre du contrat.

Ensuite, la croissance des interdépendances entre les milieux. Elle oblige à poser la question des responsabilités des uns vis-à-vis des autres, de l’équilibre des droits et devoirs. De même que la liberté d’entreprendre sera inévitablement subordonnée à la reconnaissance de la responsabilité sociale qui en découle, de même le soutien que revendique l’Université auprès du reste de la société est justifié pour la contribution qu’apporte l’Université à la résolution des défis de la société.


 2.3. Le nouveau contrat social repose sur la Charte des responsabilités humaines.


Avant de revenir plus longuement sur la question de la responsabilité des Universités, qui est au cœur même de la notion de contrat, décrivons en précisément les fondements éthiques. Ils ne sont pas, eux non plus, spécifiques à l’Université. Ils régissent, comme un soubassement commun, l’ensemble des contrats.

Un long travail international a été mené dans le cadre de l’Alliance pour dégager ce soubassement . Le détailler nous ferait sortir du cadre de cette conférence, allons tout de suite au résultat qui a pris, à l’issue de l’Assemblée Mondiale de Citoyens, la forme d’une Charte des responsabilités humaines. Cette charte éthique n’est pas un code moral édictant des règles impératives et des interdictions. L’éthique découle au contraire de l’exercice de la liberté. C’est une éthique du choix, une éthique de la tension entre exigences en apparence contradictoires, en un mot une éthique de la relation :

  • relation entre unité et diversité, ce qui invite l’université à accueillir, au sein d’une recherche commune, une pluralité de points de vue, de regards, de cultures et de savoirs, à assurer un va et vient permanent entre l’unité de la connaissance et la diversité des modes d’approche ;

  • relation entre l’individuel et le collectif ce qui invite d’abord à la tolérance, ensuite à la combinaison d’engagements individuels et d’engagements collectifs ;

  • relation entre l’être et l’avoir, ce qui invite l’Université à ne pas s’enfermer dans l’enseignement de la raison instrumentale, à avoir toujours les finalités et le développement humain des personnes et des sociétés en ligne d’horizon ;

  • relation entre la continuité et le changement, ce qui invite l’Université à être le dépositaire et le transmetteur de ce qu’Edgar Morin appelle à juste titre la « condition humaine » , à ne pas être fasciné par le changement pour le changement, par l’innovation pour l’innovation ; mais, à rebours, à être capable d’un changement radical car, aujourd’hui, la poursuite à long terme de l’aventure humaine l’exige ;

  • relation entre la liberté et la responsabilité enfin.

La Charte des responsabilité humaines précise les trois caractéristiques majeures de la responsabilité dans le monde contemporain et vous allez voir à quel point ces caractéristiques s’appliquent à l’Université et à son contrat avec le reste de la société :

  • la responsabilité porte sur l’impact de nos actes, même leur impact à long terme, plus ou moins imprévisible ;

  • la responsabilité est proportionnée au savoir et au pouvoir ; cela bien sûr concerne tout particulièrement l’Université comme détentrice des savoirs.

  • enfin, la responsabilité est de créer le pouvoir de changer et ce pouvoir de changer ne vient que de la création du lien avec les autres ; nul ne peut donc se défausser de sa responsabilité au nom de sa propre impuissance.

Comment ces trois figures de la responsabilité s’appliquent-elles à l’Université et modèlent-elles son contrat avec la société ? C’est ce que nous allons maintenant examiner.


 2.4. Les responsabilités propres de l’Université


Pour l’Université ce qui caractérise d’abord sa responsabilité c’est son impact à très long terme. Cela découle très directement de ce que j’ai appelé la théorie des décalages. Nos systèmes de représentation sont en retard sur les réalités. D’où la responsabilité écrasante des instances de formation où vont se forger les représentations de ceux qui auront à gérer le monde de demain ! C’est le grand défi des enseignants, qui se sont formés avec les idéologies construites du temps de leur jeunesse. Je pense à un philosophe qui disait à propos des hommes politiques : le problème des hommes politiques c’est qu’ils cessent de réfléchir quand ils s’engagent dans la lutte politique. Quand ils arrivent au pouvoir ils arrivent avec le système de pensée correspondant au moment du début de leur entrée en lutte politique. Comme ce sont des pros, ils ont commencé très tôt parce qu’il faut commencer tôt pour faire carrière et en général, comme la concurrence est rude, ils arrivent tard. En gros, il y a un décalage de 40 ans entre leur manière d’aborder les problèmes et la réalité des problèmes. Pour l’université, ce n’est pas 40 ans, c’est 200 ans !


La responsabilité de l’Université est à la fois individuelle et collective. C’est celle de chaque universitaire pris en particulier, de chaque université prise en particulier et de la communauté universitaire prise dans son ensemble. Je voudrais insister sur ces trois niveaux. Les deux premiers peuvent traduire le contrat social par une Charte brésilienne des responsabilités des Universitaires et des Universités. Le troisième niveau, symbolisé par le caractère international de la présente conférence, a trait à la construction d’une communauté mondiale. C’est le premier impératif de l’agenda pour le 21ème siècle : la mondialisation, le caractère mondial de nos interdépendances, n’a pas pour l’instant pour contrepartie des institutions mondiales réelles et une communauté politique. Il faut donc s’attacher à faire émerger d’urgence une communauté mondiale tangible, vivante. Souvenons nous que « l’humanité » n’est un sujet de droit que depuis la 2ème guerre mondiale avec l’introduction de la notion de “crime contre l’humanité” ; L’idée de communauté mondiale est un nouveau saut anthropologique et l’Université a une responsabilité clé à y jouer. Au moment où le mondial est devenu notre espace domestique il faut se souvenir que l’Université a une double racine éthymologique :

  • d’abord celle de « communauté humaine d’étudiants » puis, par extension, de professeurs ;

  • puis celle « d’universel » . Universalité présumée des savoirs hier, universalité des défis aujourd’hui.

La responsabilité de l’Université prend, me semble-t-il deux figures principales :

  • la formation des futurs maîtres, de ceux qui modèleront une jeunesse. Il ne faut pas se poser la question de l’adaptation des jeunes à la société à venir, comme si l’histoire était écrite d’avance, mais plutôt de la capacité des jeunes à faire advenir les mutations nécessaires à appréhender des relations ;

  • l’implication dans les affaires de la cité : la capacité à nouer localement les liens qui permettront d’aborder ensemble et d’une nouvelle manière les défis de la cité. C’est là que le nouveau rôle de l’Université, médiatrice des connaissances construites en réseau peut s’avérer essentiel. En effet, la mondialisation, au lieu d’éloigner les acteurs du territoire local les y renvoie. Car le territoire, dans une économie du savoir et quand il s’agit d’apprendre à gérer les relations de différentes natures est appelé à être la brique de base de la gouvernance de demain. Le territoire est certainement l’acteur social dont le rôle va croître le plus dans les prochaines décennies, au détriment de l’entreprise.

Ainsi le contrat social entre l’Université et la société doit il avoir plusieurs dimensions et plusieurs échelles. D’un côté un contrat global, l’engagement de la responsabilité de la communauté universitaire dans son ensemble face aux grands défis du monde contemporain et face à la formation des jeunes ; de l’autre des contrats territorialisés explicitant localement les relations avec les autres acteurs de la société.

En assumant pleinement sa responsabilité face aux défis du monde contemporain l’Université devient pleinement citoyenne. Mais son plus grand défi est de former de futurs citoyens. Il ne s’agit pas bien entendu ici “d’instruction civique” mais de préparation à l’exercice par chacun de ses responsabilités.

Le premier point d’application est ce que j’appelle le devoir de génération. Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, le devoir des jeunes Français et des jeunes Allemands était de “faire l’Europe” pour éviter d’achever le suicide collectif si bien mis en chantier par les deux guerres mondiales. Le devoir de la génération qui vient est aussi évident. C’est cette fois de construire non plus l’Europe mais le monde et, pour la même raison, pour éviter le suicide collectif.


Le second point d’application c’est de préparer les étudiants à être au monde et à faire le monde. Autrefois, on parlait de “faire ses humanités” pour s’imprégner des grands penseurs du passé. Il s’agit aujourd’hui, ni plus ni moins, de faire Humanité. Pourquoi ne pas rêver par exemple, comme l’a avancé le philosophe Michel Serre, d’une première année d’Université commune à tous les pays et à toutes les disciplines et où l’on apprendrait, par exemple :

  • l’éthique du choix et la citoyenneté – du local au monde -  ;

  • l’interculturel ;

  • les défis communs ;

  • la mutualisation des connaissances et la construction des liens internationaux ?

Ne peut-on, par exemple, imaginer l’organisation par les universités de panels de citoyens interactifs avec l’Inde, la Chine, l’Afrique pour entrecroiser les questionnements des uns et des autres sur le monde et les confronter à différents experts ? Comment faire tout cela ? Par quelle stratégie de changement ? Et qui a les moyens de la conduire ? A ce stade il faut revenir à la troisième dimension de la responsabilité telle qu’énoncée tout à l’heure : le pouvoir n’est pas donné il se crée. Ou, pour citer Paul Ricoeur, « le pouvoir naît quand les hommes s’assemblent, il s’évanouit quand ils se dispersent » .

A la question “qui a le pouvoir de concevoir et de conduire les mutations nécessaires”, une seule réponse : les citoyens, les universitaires et les étudiants eux-mêmes.


 3. Une stratégie d’alliance pour réformer l’Université.


 3.1. Appliquer à l’Université les principes classiques de stratégie de changement des grandes organisations.


La responsabilité première de l’université est de conduire sa propre transformation.

Et elle n’en trouvera la force, elle n’en aura le pouvoir qu’en construisant des alliances. Qu’est-ce qu’une alliance ? Une manière nouvelle de s’organiser où l’on ne crée pas de nouvelles institutions (les universités n’en manquent pas ! ) mais où on se donne des objectifs communs, des règles éthiques communes et des dispositifs de travail concrets.


Les grandes institutions, et c’est toute la difficulté de la réforme des Etats, ne se transforment que s’il y a, conjonction : au sommet, d’une volonté, d’une vision claire et d’une stratégie conduite sur la longue durée ; à la base, d’une profonde aspiration au changement, une recherche individuelle et collective de sens, une capacité d’innovation et une prise de risque. Dans le livre « l’Etat au cœur » j’ai montré comment, par exemple, les réformes de l’Etat en France ont toutes avorté car il manquait au sommet une vision et une constance dans l’effort, comme s’il suffisait de changer d’organigramme pour changer de fonctionnement, comme s’il suffisait de changer d’habit pour changer la personne. Mais elles ont échoué plus sûrement encore parce que, au lieu que les fonctionnaires soient considérés, au lieu que leurs idées, leur expérience et leur recherche personnelle de sens de l’action publique soient considérées comme le moteur du changement, les fonctionnaires ont été présentés uniquement comme des freins au changement, des forces de résistance rétives aux impulsions du pouvoir politique.


La dernière erreur en date a été celle de Claude Allègre quand il était Ministre de l’Education. Il a inauguré sa stratégie de réforme en annonçant qu’il allait «dégraisser le mammouth » . Par cette simple phrase, il s’est privé du soutien de ceux-là mêmes qui, au sein de l’éducation nationale, auraient pu être acquis à ses idées !

La question des stratégies de changement est bien connue des grandes entreprises. En effet un Etat incapable de se réformer ne disparaît pas. Il dépérit petit à petit, perdant sa légitimité aux yeux des autres acteurs, et se vidant de son sens de l’intérieur. Une entreprise, elle, qui ne saurait pas se réformer peut s’effondrer quelle qu’ait été sa puissance !

De l’expérience des entreprises on peut retenir quatre règles, quatre conditions pour la réussite d’une stratégie de changement :

  • la conscience collective d’une crise, nécessaire pour justifier les efforts douloureux, les remises en cause, la contestation des situations acquises qu’impliquent toute réforme ;

  • une vision claire et partagée des objectifs poursuivis ;

  • la continuité de l’action de réforme sur le long terme et selon des étapes précises ;

  • enfin et surtout, au sein de l’organisation, la constitution des « alliés de la réforme » , alliance faite de tous ceux qui, plus responsables, plus conscients ou plus innovateurs que les autres, sont prêts à aller au-delà du maintien des positions et droits acquis, au delà des habitudes, prêts à se projeter dans l’avenir, prêts à être les moteurs collectifs de l’aventure.

 3.2. Identifier ou construire à différents niveaux des alliances pour la réforme


Ce n’est donc pas à partir d’institutions représentatives que l’on construit le changement mais à partir d’alliances d’organisations et de personnes – des universités et des universitaires- qui partagent le même sens des responsabilités à l’égard de la société, à l’égard de l’avenir. Les « institutions représentatives » , nous le savons bien, ont pour vocation de représenter une communauté, d’en assurer la continuité et donc d’incarner, peu ou prou, un « ordre éternel » . Elles ne sont pas pour autant nécessairement des freins au changement. Elles gardent une importante fonction de légitimation et elles peuvent de ce fait grandement faciliter une stratégie de réforme en prenant la parole en faveur d’un nouveau contrat social, en endossant, par exemple, une nouvelle Charte de la responsabilité des universités. Mais elles ne peuvent être elles-mêmes le moteur, il faut construire des alliances ; Une institution, c’est sa vocation, est du côté de la permanence ; une alliance, et c’est pourquoi il ne faut pas l’institutionnaliser, est du côté du mouvement.

Comme le contrat social lui-même, l’alliance pour une Université du 21ème siècle, doit s’organiser à différents niveaux :

  • à l’échelle mondiale, puisque l’université doit être à l’échelle mondiale l’incarnation même de la communauté et de l’universel ;

  • à l’échelle nationale où, dans l’état actuel des choses, il reste le plus facile de faire se rencontrer une aspiration politique de réforme, incarnant l’aspiration d’ensemble de la société, et une aspiration au changement venant du sein de l’université elle-même ;

  • à l’échelle de chaque université car c’est à ce niveau que des tentatives multiples d’innovation peuvent cristalliser en une transformation d’ensemble ; à ce niveau aussi que peuvent se nouer les contrats sociaux territoriaux entre les différents acteurs de la société.

Permettez-moi de rêver que l’assistance de ce matin, qui réunit des innovateurs venus du monde entier, qui est réunie à l’appel du Ministre brésilien incarnant une volonté politique nationale de réforme, qui réunit enfin des recteurs et des enseignants venus par leur volonté de participer à cet événement, soit le temps fondateur de ces différents niveaux d’alliances. Si c’était le cas cet événement pourrait être qualifié d’historique.


 3.3. Mettre en place les outils, les acteurs et les étapes de la stratégie de changement


Une alliance se définit par des dispositifs concrets de travail qui visent tous à relier et à construire :

  • il faut des outils d’intelligence collective pour transformer l’expérience concrète de chacun en une stratégie d’ensemble, et pour que cette stratégie reste en permanence enracinée, irriguée, vitalisée, inspirée par la réalité concrète. On ne suscite pas, on ne suscite plus l’adhésion par des mots d’ordre venus d’en haut, aussi justes soient-ils. Si l’on veut que s’allient les porteurs de sens, les méthodes doivent être cohérentes avec les objectifs poursuivis et chaque allié individuel doit se sentir en permanence co-auteur et co-acteur de la stratégie commune.

  • il faut des moyens de liaison entre les alliés, des espaces de débat collectif, un point de ralliement où s’incarne la communauté des alliés. Internet et le web ont radicalement modifié les conditions de construction des alliances, notamment dans le milieu universitaire, le plus « branché » qui soit.

  • Il faut des actes instituants : dans le cas de l’université c’est autour des Chartes des responsabilités de différents niveaux que peuvent se poser les actes instituants des alliances. C’est autour d’espaces communs d’échanges d’expériences et de débats que peut se forger une identité ;

  • il faut enfin, dans une alliance visant des transformations à long terme, des outils d’évaluation communs, des moments rituels où mesurer le chemin parcouru. Des étapes concrètes, faute de quoi la stratégie la mieux intentionnée se perd dans les sables et les innovateurs les plus enthousiastes cèdent au découragement. Le sociologue français Michel Crozier disait, en réponse à notre penchant national à prendre les mots pour les choses et le discours sur le changement pour le changement lui-même : « on ne change pas la société par décret » . Le changement n’est pas un acte c’est un processus collectif .

Mais une telle alliance serait incomplète si elle n’associait pas pleinement ce qui est peut être l’acteur essentiel : les étudiants eux-mêmes. Ils ont, en réalité, pour devenir les porteurs de la société de demain, pour être les ferments et les accoucheurs de cette communauté mondiale en gestation, besoin eux-mêmes de construire leur alliance pour redonner sens à ce qu’était l’Universitas du moyen-âge, la communauté des étudiants. La jeune génération, je le vois dans le monde entier, est à la recherche de sens et de repères. Les enseignants n’ont pas à créer cette alliance à leur place mais il est évident que l’orientation des cours, l’organisation des échanges internationaux, la mise à disposition des moyens logistiques peuvent puissamment y aider.


Pour conclure, je dirai enfin dans une stratégie de réforme, on ne part pas, on ne part jamais de zéro. Les germes sont déjà là. Ils sont peut être épars ; chacun d’eux est marginalisé dans son institution ; manque d’une perspective cohérente qui les fédère. Mais ils sont les levains de la pâte. Ces germes sont présents en grand nombre au sein de l’université. Il est donc essentiel, dès le départ, dès le moment où une volonté nationale ou internationale de réforme s’exprime, d’aller à leur rencontre, de les recenser, de les valoriser, de les mettre en réseau.

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 10:06

Reportage Arte - Peut-on encore arrêter la finance folle ?
Une enquête magistrale au cœur d'un capitalisme financier que plus personne ne maîtrise, et qui a plongé le monde dans de graves turbulences !

 

   
1ère Partie: Dans ce premier volet, les auteurs remontent au fameux jeudi noir d'octobre 1929 à Wall Street, pour montrer comment une crise boursière se transforme en crise bancaire, qui elle-même se développe en crise économique mondiale. Des "barons voleurs" d'hier aux golden boys des années Tapie, des accords de Bretton Woods à la création de l'euro, il retrace ensuite les différentes étapes qui ont conduit à la libéralisation des flux financiers. Assurances, produits dérivés, fonds spéculatifs (hedge funds)... : les dispositifs techniques se succèdent pour accroître les profits, augmentant toujours plus le risque et la fraude systémiques.
  
Pourquoi faut-il donner de l'argent public aux banques privées en faillite ? C'est par cette question sans ambiguïté que s'ouvre ce passionnant documentaire qui, pendant plus de deux heures, nous entraîne dans les arcanes d'un système financier devenu incontrôlable. Y répondre n'était pas gagné d'avance, tant est opaque l'univers de la finance. Mais Jean-Michel Meurice et Fabrizio Calvi (déjà coauteurs pour ARTE de Série noire au Crédit Lyonnais et de ELF : les chasses au trésor) nous ont habitués depuis longtemps à traiter sous une forme accessible des dossiers complexes. Noire finance s'inscrit dans cette veine : un montage très éclairant de propos de spécialistes, émaillé de scènes d'animation, retrace l'histoire politique des déréglementations qui ont abouti à la financiarisation de l'économie mondiale, au profit d'une spéculation criminelle.
      

 

2ème partie: Au cours des années 1980 et suivantes, l'essoufflement des moteurs de croissance a suscité le développement d'une économie du crédit. Lorsque le monde de la finance a ouvert les yeux sur l'irréalité des subprimes, en 2008, le système a commencé à s'effondrer sur lui-même. A la garantie interbancaire a dû se substituer la garantie des Etats, dont la dette, devenue abyssale, a miné la crédibilité, poussant certains d'entre eux au bord de la rupture. Comment banquiers et hommes d'Etat ont-ils réagi à la succession d'ébranlements survenus depuis 2008, dont l'économie mondiale ne se remet pas ?

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 16:54

La notion de transfert existe aussi dans l'architecture d'Internet. Opposée à celle de transport (de données brutes). L'ingénieur Christian Fauré, élève de Bernard Stiegler, travaille sur la portée théorique de cette distinction, qui caractérise l'intelligence des réseaux.

 

réseau

Ensemble, nous sommes une force !

 

L’ingénieur Christian Fauré analyse la portée de la distinction entre les notions de transport et de transfert sur Internet. Dans son propos, le transport fait référence aux moyens matériels de mise en relation, au cuivre ou la fibre qui achemine vos données. Le transfert fait référence lui aux représentations que nous échangeons, par le biais du peer-to-peer ou par le protocole SMTP utilisé pour nos emails chargés de sens.

 

Parler d’infrastructure du numérique c’est toujours prendre le risque d’ennuyer son auditoire et de faire peur :

On va encore nous parler des autoroutes de l’information, d’accès internet à très haut débit, de la taille des tuyaux, etc. Or je ne parlerai pas de tuyaux, ni d’accès internet à très haut débit, ni de fibre optique ou de Wimax. Non pas que ces questions soient secondaires — elles sont même nécessaires — mais ce ne sont pas les questions qui sont premières selon l’ordre des questions qui sont les miennes.

Mais alors, que reste-t-il de l’infrastructure du numérique si on fait abstraction des réseaux de transport ? Eh bien, ce qui reste — le reste qui m’intéresse —  ce sont les réseaux de transferts. Il s’agira donc ici d’infrastructures de transferts plus que d’infrastructures de transports.

Quelle distinction fais-je entre transport et transfert (Cf Transfert ou Transport en 2009)?

  

Tout d’abord, et l’on me pardonnera d’évacuer si grossièrement la question, si les deux relèvent de la mobilité et du déplacement, on peut dire que les réseaux de transports déplacent des objets et plus généralement de la matière, là où les réseaux de transferts déplacent des représentations, des symboles et, d’une manière générale du signifiant.

  

N’allez pas croire pour autant que j’oppose les réseaux de transferts aux réseaux de transports. Les distinguer n’est pas les opposer, et cela d’autant plus que, à ma connaissance, aucun réseau de transfert n’existe s’il ne s’appuie pas lui-même sur un réseaux de transport.

  

En informatique, cette articulation entre les différents protocoles de réseaux est illustrée par le modèle en couche OSI. Modèle dans lequel on voit bien que l’ensemble des protocoles qui « changent la donne » sont les protocoles de transferts : SMTP, FTP et, bien sûr, HTTP qui sont les protocoles applicatifs qui s’occupent des data. C’est en ce sens que je parle de Dataware et de Metadataware à propos des technologies de transferts.

  

   

Dans l’ouvrage collectif « Pour en finir avec la mécroissance » j’ai présenté cette dimension industrielle de l’infrastructure des réseaux de transferts du numérique qui n’est pas l’infrastructure de transport ; il s’agissait de lutter contre l’incurie d’une idée qui s’était propagée dans l’intelligentsia française, dans la classe politique et dans les discours des média analogiques. Une idée qui présentait le numérique comme l’équivalent du virtuel ; un lieu en dehors des questions d’économies et de politiques industrielles ; ce que l’on nomme à présent la fable de l’immatériel.

  

Ce qui a été qualifié de virtuel, et qui donc a été manqué, c’est précisément les infrastructures de transferts, celles dont l’usine moderne est le data center (déviance centripète des réseaux distribués). En matière de réseaux de transports du numérique, la France est plutôt bonne. Il est souvent souligné que la qualité du réseau français est bien meilleure que celle du réseau américain. Mais là où çà pèche, si je puis dire, c’est dans les réseaux de transferts qui sont, aujourd’hui encore, en attente d’une politique industrielle.

  
Ne pas faire la distinction entre les infrastructures de transport et les infrastructures de transferts c’est ne pas comprendre la guerre de tranchée que les industries du transport et celles du transfert mènent depuis plusieurs années. Cela se manifeste par exemple lorsque les opérateurs telecom refusent d’investir seuls dans les nouvelles infrastructures de transports sous prétexte que ceux qui vont se connecter à ce réseau de transport vont ensuite être captés par les serveurs de transferts des nouveaux industriels du web, c’est à dire les industriels des technologies de transfert. [Cf les citations des patrons de telecom] De la même manière, les débats sur la « neutralité du net » relèvent pleinement la distinction entre Transport et Transfert.

 

Le propre du Transfert

   

Par ailleurs, puisque nous nous intéressons aux réseaux de transferts, le Littré nous rappelle que « transfert » est un terme d’origine financière et juridique ; on transfère des droits, des actions, des biens et donc des propriétés. Ce qui veut dire que le transfert est le domaine du propre. Je pense qu’il est inutile de rappeler à quel point les questions juridiques sont en première ligne de la mutation induite par l’émergence des industries de transferts numériques puisque la principale réponse du gouvernement Français aux enjeux des réseaux numériques de transferts a été de criminaliser les pratiques de transferts.

 

Puisqu’il est question de propre et de propriété, il faut à ce sujet rappeler que la première des propriétés qui est la notre, dans ces réseaux numériques, c’est les données que nous produisons puisque, avec l’architecture associé du numérique — associé au sens ou l’on est à la fois récepteur et émetteur —  chacun peut produire et publier (et même publier à ses dépends).

 

Or, que font les industries du transfert numérique ? Elles ont tendance à fonctionner précisément sur la base du transfert nos propres données, de notre propre numérique, de nos traces numériques. Ainsi,  la première chose que nous acceptons en rejoignant un service de réseau social privé, ce sont les « Conditions Générales d’Utilisation » en vertu desquelles nous transférons des droits d’usages sur notre propriété numérique.

 

Malheureusement, dans l’économie que nous propose les industriels des réseaux numériques de transferts, il y a toujours le risque qu’en s’appropriant les données des utilisateurs, leur propriété numérique, ces derniers ne deviennent purement et simplement des « propres à rien » dans cette logique d’exploitation des données qui vire à la dépossession.

  

S’approprier les réseaux numériques de transferts n’est pas la même chose que s’adapter aux réseaux numériques (on reconnaît là le discours latent des propos qui se focalisent sur l’accès internet à haut débit). L’alternative entre adoption du numérique (prendre en soi) et adaptation au numérique (prendre sur soi, comme un fardeau) est celle que Bernard Stiegler présente sous la forme suivante :

 

« servitude volontaire automatisée versus économie de la contribution ».

 


Article initialement publié sur le blog de Christian Fauré, sous le titre “Le propre du transfert et le transfert du propre (infrastructure studies)”.

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 18:10

La solution du capitalisme, à bout de souffle depuis 2008, pourrait bien être à chercher du côté des logiciels libres. Bernard Stiegler, grand philosophe, appelle à passer "du consumérisme toxique à une économie de la contribution", en utilisant les concepts Freudiens pour asseoir son étude.

      


 
Un manifeste dérangeant et toujours d'actualité 
   
"Ce n’est plus un secret pour personne depuis quelques années : le capitalisme est en train d’être dévoré par ses propres effets toxiques". En 2005, parmi d’autres voix peu écoutées alors, une association française, Ars Industrialis, lancée par quatre philosophes et une juriste, avait sonné le tocsin. A l’époque, leur manifeste décrivait les dangers d’un capitalisme “autodestructeur” et la soumission totale aux “impératifs de l’économie de marché et des retours sur investissements les plus rapides possibles des entreprises” et notamment celles actives dans les médias, la culture ou les télécommunications.

   

Aujourd’hui, l’association comporte plus de 500 membres, économistes, philosophes, informaticiens et toxicologues (car le capitalisme est devenu “addictif” et “pulsionnel”) confondus et ne semble pas s’être trompée de sonnette d’alarme. “Nous faisons partie des gens qui ont soulevé, dès 2006, l’insolvabilité chronique du système financier américain. On nous riait au nez, à l’époque”, explique le philosophe Bernard Stiegler, fondateur d’Ars Industrialis et directeur de l’Institut de recherche et d’innovation du Centre Pompidou.

 

  

 

Le malaise du consumérisme

 

L’homme habite un petit moulin industriel reconverti en maison à Epineuil-le-Fleuriel, au beau milieu de la France paysanne. Entre quelques cris de paons, il vient de nous détailler le malaise qui s’empare de tous les échelons de la société.

  

Au 20ème siècle, un nouveau modèle s’est substitué au capitalisme industriel et productiviste du 19ème : le consumérisme, qu’on assimile au Fordisme et qui a cimenté l’opposition producteur/consommateur. Le capitalisme productiviste supposait la prolétarisation des ouvriers. Ceux-ci perdaient tout leur savoir-faire qui était transféré aux machines. Avec le consumérisme, ce sont les consommateurs qui perdent leur savoir-vivre, ce qui constitue la deuxième phase de la prolétarisation.

 

Chez Stiegler, le savoir-vivre, c’est ce qui permet à un homme de pouvoir développer ses propres pratiques sociales, d’avoir un style de vie particulier, une existence qui n’est pas identique à celle de son voisin.

  

Le problème du capitalisme, c’est qu’il détruit nos existences. Le marketing nous impose nos modes de vie et de pensée. Et cette perte de savoir-faire et de savoir-vivre devient généralisée. Beaucoup d’ingénieurs n’ont plus que des compétences et de moins en moins de connaissances. On peut donc leur faire faire n’importe quoi, c’est très pratique, mais ça peut aussi produire Fukushima. L’exemple ultime de cette prolétarisation totale, c’est Alan Greenspan, l’ancien patron de la Banque fédérale américaine, qui a dit, devant le Congrès américain qu’il ne pouvait pas anticiper la crise financière parce que le système lui avait totalement échappé.

 

Que la justification de Greenspan soit sincère ou non, il n’en ressort pas moins que le système ultra-libéral qu’il a sans cesse promu a engendré la domination de la spéculation à rendement immédiat sur l’investissement à long terme. Nous assistons, déplore Stiegler, au règne d’une “économie de l’incurie” dont les acteurs sont frappés d’un syndrome de “déresponsabilisation” couplé à une démotivation rampante.

 

Où se situe la solution ? Pour Stiegler, l’heure est venue de passer du capitalisme consumériste à un nouveau modèle industriel : l’économie de la contribution. En 1987, le philosophe organise une exposition au Centre Pompidou : “Les mémoires du futur” où il montra que “le 21ème siècle serait une bibliothèque où les individus seraient mis en réseaux, avec de nouvelles compétences données par des appareils alors inaccessibles.”

 

Depuis, Stiegler a chapeauté la réalisation de logiciels et réfléchit le numérique, convaincu qu’il est, en tant que nouvelle forme d’écriture, un vecteur essentiel de la pensée et de la connaissance. Il a observé de près le mouvement du logiciel libre1. C’est de là qu’aurait en partie germé l’idée d’une économie de la contribution. Car dans le “libre”, l’argent n’est plus le moteur principal. Il cède la place à la motivation et la passion, deux valeurs en chute libre dans le modèle consumériste. La question du sens donné aux projets par leurs participants y occupe une place centrale.

  

Le logiciel libre est en train de gagner la guerre du logiciel, affirme la Commission européenne. Mais pourquoi ça marche ? Parce que c’est un modèle industriel – écrire du code, c’est éminemment industriel – déprolétarisant. Les processus de travail à l’intérieur du libre permettent de reconstituer ce que j’appelle de l’individuation, c’est-à-dire la capacité à se transformer par soi-même, à se remettre en question, à être responsable de ce que l’on fait et à échanger avec les autres. Cela fait longtemps, par exemple, que les hackers2 s’approprient les objets techniques selon des normes qui ne sont pas celles prescrites par le marketing.

   

De la même manière, une “infrastructure contributive” se développe, depuis deux décennies, sur un Internet qui “repose entièrement sur la participation de ses utilisateurs”. Elle a permis, entre autres, d’accoucher de Wikipédia et de substituer à la dualité consommateur/producteur un ensemble de contributeurs actifs. Ceux-ci créent et échangent leurs savoirs sur le réseau, développant ainsi des “milieux associés” où ils peuvent façonner leurs propres jugements. Pour Stiegler, cette capacité à penser par soi-même propre au modèle contributif, est constitutive d’un meilleur fonctionnement démocratique.

 

Poison et remède

 

Pas question, toutefois, de tomber dans un angélisme pontifiant. Dans ses textes, il décrit le numérique comme un “pharmakon”, terme grec qui désigne à la fois un poison et un remède, “dont il faut prendre soin”. Objectif : “lutter contre un usage de ces réseaux au service d’un hyperconsumérisme plus toxique que jamais”, peut-on lire dans le Manifeste d’Ars Industrialis. Stiegler complète, en face-à-face : “Le numérique peut également aboutir à une société policière. Soit on va vers un développement pareil, soit vers l’économie de la contribution.”

 

D’ores et déjà, des embryons de ce modèle naissent dans d’autres domaines. “Une agriculture contributive existe déjà. L’agriculteur et ses consommateurs deviennent des partenaires, en s’appuyant notamment sur le web.” En France, cela se fait au travers des AMAP, les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, où les différents acteurs se mettent d’accord sur la quantité et la diversités des denrées à produire. Stiegler poursuit :

  

Dans l’univers médical, les patients sont parfois intégrés à la recherche, comme ce qu’a fait le professeur Montagnier avec les malades du SIDA. Nous pensons également qu’il y a des domaines contributifs en énergie, où l’idée serait de produire autant que l’on reçoit, grâce aux réseaux de distribution intelligents, les smart grids. C’est bien sûr totalement contraire aux intérêts des grands groupes.

  

Ainsi, l’idée d’une économie de la contribution implique que des pans entiers de nos sociétés sont à réinventer. Stiegler énumère certains besoins : “une politique éducative en relation avec le numérique, un nouveau droit du travail, un système politique déprofessionnalisé, un monde de la recherche où professionnels et amateurs sont associés. Nous plaidons beaucoup pour cette figure de l’amateur, qui aime ce qu’il fait et s’y investit complètement.” Reste, finalement, la question de l’argent. La valeur produite par les contributeurs n’est pas toujours monétarisable, mais peut avoir un impact sur l’activité économique. Ainsi, les articles de Wikipédia permettent à Bernard Stiegler d’écrire beaucoup plus vite qu’avant. “La puissance publique doit être en charge d’assurer la solvabilité des contributeurs. Quelqu’un qui a un projet intéressant doit pouvoir recevoir de l’argent. Cela s’inscrit dans le sillage de thèses classiques comme le revenu minimum d’existence, à ceci près que nous pensons que ces budgets doivent être pensés comme des investissements.”

 

Reproduire de l’investissement, non seulement financier, mais surtout humain. Aux yeux de Stiegler, voilà l’enjeu d’une sortie de crise. Et voilà, aussi, pourquoi il appelle à la réunion des hackers, des universités, des chercheurs, des amateurs et des gens de bonne volonté (“il y en a partout”) face à un “néolibéralisme devenu l’organisation généralisée du désinvestissement”.

  

 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 12:38

- Deux reportages incontournables sur les injustices subies pendant ces trente dernières années -

 

DEXIA: Abus de faiblesse !

 

DEXIA a vendu des prêts toxiques aux collectivités Françaises en leur faisant croire à des taux fixes. Les villes sont ruinées et l'argent nécessaire à la collectivité sert uniquement à payer les intérêts. Tous les projets sont bloqués:

 

 

Fric, krach, et gueule de bois : le roman de la crise...

  

Cette émission spéciale nous plonge au coeur des enjeux des crises passées et sur le chemin des solutions pour l’avenir. Il était une fois la crise ... avec ses héros et ses traîtres, ses menteurs et ses clowns...

 

 

Mais comment en est-on arrivé là ?

Pourquoi, en quelques mois, le capitalisme a-t-il failli ?
Comment quelques banquiers ont-ils mis le monde sans dessus dessous ?

Pourrons-nous échapper à la prochaine crise ? Sommes-nous dans une impasse ?

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 16:42

LA CRISE ET NOUS…


UNE SÉRIE D’ENTRETIENS D’ANTOINE MERCIER 
DU 19 AU 30 DÉCEMBRE 2011.


-Avec notamment: Bernard Stiegler, philosophe. Christophe Dejours, psychiatre et psychanalyste et Sophie Wahnich, historienne... Cliquez sur le logo pour écouter le podcast-

 

France-Culture-copie-1

 

Présentation :

 

Depuis la grande crise financière de 2008, qui a donné lieu à de multiples analyses, la situation concrète des pays occidentaux s’est nettement dégradée. A la crise financière s’est ajoutée une crise économique qui prend maintenant un caractère social et politique. Tous les aspects de la vie collective semblent atteints, tour à tour, au point que l’on évoque une menace pour la civilisation occidentale qui a dominé le monde depuis la Renaissance.

   

Lors de précédents entretiens, nous avions cherché à discerner les contours de la crise. Par cette nouvelle série, on tentera, toujours en compagnie d’intellectuels, d’ausculter les symptômes de l’événement « crise » dans l’existence concrète des individus. Car plus la crise est globale, plus elle doit laisser de traces dans l’intimité de nos personnes.
L’absence de projet collectif désoriente chaque particulier.

 
Quelles conséquences la crise produit-elle sur notre façon de vivre, de travailler, d’aimer ou de penser ? Change-t-elle quelque chose à notre manière d’être au monde et d’envisager l’avenir ?

      

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 10:59

justice

 

Selon un récent sondage TSN-Sofres pour Canal Plus, 72 % des Français estiment que les élus et les dirigeants politiques sont "plutôt corrompus !"

Et seulement 19% les considèrent comme "plutôt honnêtes".


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Face à cette dégradation de l'opinion publique, le rôle des associations s'intensifie, grâce aussi à des relais régionaux. Internet devient le relais des campagnes et des pétitions. Par exemple, contre les paradis fiscaux.

 

  Et certains mouvements ont choisi les armes du droit pour lancer des actions en justice contre un Parquet qu'ils considèrent "aux ordres" du pouvoir.

Sherpa et Transparency International se battent sur l'attentat de Karachi et l'affaire des biens mal acquis de dirigeants africains.

 

Anticor est devenu unique porteur de l'accusation au procès des emplois fictifs de la ville de Paris (le procès de l'absent Chirac)...

 

Un reportage de Florence Sturm, réalisé par Annie Brault. Suivi d'un débat entre Jean-Louis Pérol, avocat général au Parquet général et Maud Perdriel-Vaissière, juriste et représentante de l'association Sherpa.

 

Cliquez sur le logo pour écouter l'émission:


France-Culture

Invité(s) :
Maud Perdriel Vaissière, juriste et représentante de l'association Sherpa
Jean-Louis Pérol, avocat général au Parquet général.

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Soins conventionnels :

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  Nouveau site internet :

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