3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 09:36
Dans leur quête de sensations toujours plus fortes, les adeptes du ski, du surf ou du skate atteignent parfois un état proche du sublime, où le temps lui-même semble altéré. Enquête sur la jouissance de ces sportifs qui goûtent l’éternité.
    
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“C’était l’après-midi. Seul sur la piste, je descendais sans effort, mes virages étaient longs et souples. En parfaite harmonie avec le mouvement, je goûtais le soleil et le vent et je devinais chaque flocon de neige sous mes skis. » Rick Phipps se sent « mystérieusement, merveilleusement vivant, en connexion avec tout l’environnement », dans un « moment de clarté, obsédant, presque radioactif ». De retour chez lui, cet Américain reste muet, incapable de raconter ce qu’il a vécu.

 

La première fois, Patrick « Thias » Balmain en a été effrayé. Ce skieur chevronné qui, depuis trente ans, entraîne des champions de ski en Tarentaise, a brutalement senti qu’il « larguait les amarres » et naviguait « sur la mer démontée de (s)es émotions ». Il ne lui restait que son corps comme point d’ancrage. Par le seul fait de la glisse qui joue avec la gravité, à travers leur quête de sensations toujours plus fortes, ces deux-là sont parvenus, par hasard insistent-ils, à un état inconnu, lumineux, un état d’omniscience et de grande paix intérieure, où le temps lui-même semblait altéré. Ils ont atteint une forme d’extase que connaissent les sportifs pratiquant le ski, le surf, le snowboard ou le skate.

 

Sur une planche, le corps se déplace avec fluidité, dans une liberté totale. Le glisseur ne produit pas d’énergie, il profite de celle que lui offre la pente enneigée, la vague ou la rue. Il ne fonctionne pas de manière mécanique, il est sujet à des émotions, des peurs, des croyances qui influent sur son comportement. La performance ne consiste pas à aller plus vite, mais à se transcender : le glisseur « croit voler », écrivent Hugo Verlomme et Alexandre Hurel dans « Fous de glisse » (Albin Michel, 1990).

 

Or dans l’enseignement traditionnel des sports, très directif, ce qui compte, c’est la performance mesurée par le chronomètre. Thias Balmain a fini par s’en détourner. Il a aussi abandonné les manuels, qu’il qualifie de « répertoires de gestes codifiés » parce qu’ils négligent trop l’écoute du corps. Il s’est intéressé à l’utilisation, consciente ou inconsciente, des phénomènes physiques par les athlètes. A l’aide du taï-chi-chuan, il a cherché à comprendre ce qui unit le glisseur à son environnement, pour mieux parvenir à l’harmonie et à l’équilibre dans le mouvement. Inspiré par les arts martiaux japonais, il a créé les « katas » de la glisse, des enchaînements de mouvements qui visent à « placer le glisseur en relation consciente avec son corps et le milieu qui l’entoure » et à accroître sa concentration.

 

Car l’état de grande concentration, de pleine conscience, facilite l’accès à l’extase – à condition que la conscience soit détendue, et non crispée : « Glisser, ce n’est pas se cramponner », écrit Thias Balmain dans « La Glisse intérieure » (Le Souffle d’or, 2005). Le glisseur s’approche alors d’un état idéal, comme une expérience spirituelle. Au cours d’une « descente révélatrice », celle qui génère la jouissance, Tim Gall-wey, auteur de « Inner Skiing » (Random House, 1997), best-seller de l’apprentissage du ski, a remarqué que l’esprit n’analyse pas, il est simplement focalisé sur l’instant présent.

 

Rick Phipps, lui, a découvert les bénéfices de la concentration au Japon, dans la méticulosité de ses arts : poterie, calligraphie, cérémonie du thé, art floral, poésie, arts martiaux… Dans « Skiing Zen. Searching for the Spirituality of Sport » (Iceni Books, 2006), il raconte comment le bouddhisme zen lui a permis de perfectionner ses techniques sportives, après une saison passée auprès du skieur de l’extrême Yuichiro Miura, le premier à avoir descendu l’Everest en ski, en 1970. Au sein de son équipe, il a appris à se mouvoir avec souplesse, à apprivoiser la gravité. Surtout il a remarqué que les skieurs japonais débutants ne reçoivent pas d’instructions précises car elles les perturbent quand il s’agit de les appliquer. Au contraire, l’apprentissage se fait en observant les champions, pour copier leurs gestes : ainsi, le mouvement va directement des yeux au corps, sans être interprété rationnellement par le cerveau.

 

C’est dans cet esprit que Tim Gallwey a élaboré sa propre pédagogie de la glisse, appelée « inner game » (« jeu intérieur »). En chaque individu, dit-il, deux personnalités coexistent. L’une juge, s’inquiète et doute, c’est l’esprit égotique qu’il faut maîtriser. L’autre ouvre, élève, émerveille, c’est le potentiel qui existe à l’intérieur de chacun. L’une analyse beaucoup et fait perdre le contact avec le présent. L’autre est l’intelligence du corps, ce qui « voit et fait ce qui est nécessaire sans aide de la pensée », selon la définition du philosophe indien Sri Aurobindo.

 

A ses étudiants, Tim Gallwey répète qu’ils doivent apprivoiser la première personnalité et faire confiance à la seconde pour laisser le corps agir comme il le sent. Lors d’une descente révélatrice, le glisseur se rend vite compte que ses performances sont meilleures s’il pense moins. Pour mieux l’expliquer, le coach décompose un virage à ski : il faut transférer le poids sur la jambe extérieure, plier en avant le genou et la cheville pour contrôler le bord du ski, déplacer l’épaule, le bras et la main pour planter le bâton… Comment exécuter simultanément autant de gestes ?

 

La compréhension globale d’un tel mouvement est trop compliquée, implique trop de simultanéité pour l’esprit conscient. Il préfère donc donner des conseils plus généraux, qui élargissent l’intention plutôt que de la rétrécir. Par exemple, « maintiens ton équilibre ». Le cerveau finit par ne plus commander au corps. Il laisse aller les membres, qui ont une connaissance intuitive des meilleurs gestes…

 

Tim Gallwey a appliqué sa méthode au tennis et au golf, et l’a adaptée en conseils pour les professionnels. Car au-delà du sport, la glisse est « une belle école de la vie », selon les mots de Thias Balmain. Porteuse de sens et d’harmonie, elle imprègne les paroles, les gestes, les attitudes de ceux qui la pratiquent, comme un véritable art de vivre. 

 

par Pascal de Rauglaudre. www.cles.com

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 17:00

On les coupe, on les colore, on les coiffe différemment au fil des étapes de notre vie. Teints en rouge, rasés à la Barthez ou sagement nattés, nos cheveux dévoilent notre personnalité. Jusque dans nos désirs inconscients.

 

chevelure

Jeune fille peignant sa chevelure, Renoir 1894.


La première fois qu’on a coupé les cheveux de ma fille, je me suis sentie toute drôle. Elle avait perdu pour toujours ses mèches frisées. A 18 mois, elle n’était plus un bébé. Jusque-là, on n’avait jamais touché à son intégrité physique », se souvient Martine, 46 ans. De nombreux peuples perçoivent ainsi les premiers assauts des ciseaux comme un sevrage. En Arizona, les Indiens hopis éloignent les esprits maléfiques, car le jeune enfant perd alors une force vitale.

 

Ces poils caractéristiques de l’espèce humaine s’enracinent au plus profond du crâne pour surgir à l’air libre, tels des liens entre l’intérieur et l’extérieur de nous-même. A la fois couverture de l’invisible et parure offerte aux regards, ils sont 100 000 à 150 000, soit 200 à 300 par centimètre carré à être ainsi l’objet de nos soins.


On n’en fait qu’à sa tête


Ne parlez pas de cheveux courts à Martine : elle en a souffert toute son enfance à cause de ses piqûres de pénicilline contre la colibacillose, qui les abîmaient. « J’admirais les tresses de ma tante et j’ai dû attendre 15 ans pour les avoir longs et épais. Aujourd’hui, j’ai peur d’aller chez le coiffeur et je n’irai jamais au-delà du carré classique. » Une farouche obstination en dépit des conseils de son entourage. « Changer de tête permet de restaurer l’image de soi si elle a été bousculée, explique le docteur Sylvie Consoli, dermatologue et psychanalyste. On le constate dans les salons de coiffure des hôpitaux, chez les femmes suivies pour une dépression. Et c’est banal après un échec sentimental ou professionnel. A l’opposé, conserver à jamais la même coupe de cheveux témoigne que l’on est en accord avec soi-même. On s’est trouvé, on sait qui l’on est. A moins que cette attitude ne cache une crainte de la nouveauté ou une forme de rigidité. On instaure sa coiffure et on ne change pas non plus d’opinions ni d’habitudes. »

 

Tout le contraire de l’adolescent ! Ce n’est pas un hasard si, à cette période où l’on se cherche, chacun joue des variations capillaires. « Les enfants se réapproprient leur corps et signifient ainsi leur autonomie par rapport aux parents », souligne encore la psychanalyste. « C’est le petit diablotin qui apparaît en moi ! » lui a dit gaiement l’une de ses jeunes patientes en débarquant en fin de thérapie avec des mèches rouges.


Ivresse de la métamorphose


La séance chez le coiffeur satisfait plus de huit femmes sur dix. Elle doit les mettre en valeur pour 89 %, et 84 % en sortent avec un moral à la hausse, d’après une étude récente menée par L’Oréal. « Je vais chez le coiffeur environ tous les quarante-cinq jours. C’est un moment ludique, confirme Nancy. Une fois élagués mes cheveux épais, je me sens plus légère. Je me maquille peu, ma coiffure est l’élément qui change mon apparence. »


La coloration au plus près de la teinte naturelle fixe la jeunesse. Mais aujourd’hui, la femme active ne se contente plus de couvrir ses cheveux blancs, ton sur ton. Ces premiers signes du vieillissement lui fournissent l’occasion d’oser les balayages ostensibles, les effets cuivrés ou ambrés. Elle donne de la lumière à sa chevelure… et à sa vie. D’ailleurs, de multiples transformations ne traduisent pas obligatoirement un tempérament instable, souligne le docteur Sylvie Consoli : « C’est important de savoir jouer avec son image. Le jeu prouve une capacité de prendre du recul avec soi-même, une certaine souplesse de fonctionnement psychique, une vie imaginaire riche. Comme lorsque l’on se déguise ou que l’on met de l’originalité dans sa tenue vestimentaire. »


Certaines fantaisies atteignent leurs limites avec l’entrée dans le monde du travail. Nancy est passée d’une belle crinière sous la taille à la coupe militaire, avant d’arborer une crête verte et orange à 24 ans. « J’ai voulu profiter de la liberté que m’offraient mes dernières années d’étude. Maintenant, j’adopte des coiffures qui tiennent en sortant de la douche, ni trop originales ni trop classiques, pour coller à ma personnalité. » Autre passerelle rituelle, le service sous les drapeaux a rangé de nombreux hommes du côté « court » après les années cool. Pour eux, il est temps d’être présentables, d’avoir la tête de l’emploi pour être acceptés parmi les membres de leur sphère sociale. Et même si on évolue dans un milieu où la mode autorise les audaces, on se démarque pour trouver dans le regard des autres, fussent-ils un petit nombre, une approbation qui renforce la confiance et l’estime de soi.

 

Ondes féminines ou viriles ?

 

"La chevelure", de Guy de Maupassant:

Vraiment, pendant huit jours, j'adorai ce meuble. J'ouvrai à chaque instant ses portes, ses tiroirs; je le maniais avec ravissement, goûtant toutes les joies intimes de la possession.
Or, un soir, je m'aperçus, en tâtant l'épaisseur d'un panneau, qu'il devait y avoir là une cachette. Mon coeur se mit à battre, et je passai la nuit à chercher le secret sans le pouvoir découvrir.
J'y parvins le lendemain en enfonçant une lame dans une fente de la boiserie. Une planche glissa et j'aperçus, étalée sur un fond de velours noir, une merveilleuse chevelure de femme !
Oui, une chevelure, une énorme natte de cheveux blonds, presque roux, qui avaient dû être coupés contre la peau, et liés par une corde d'or.
Je demeurai stupéfait, tremblant, troublé ! Un parfum presque insensible, si vieux qu'il semblait l'âme d'une odeur, s'envolait de ce tiroir mystérieux et de cette surprenante relique.
Je la pris, doucement, presque religieusement, et je la tirai de sa cachette. Aussitôt elle se déroula, répandant son flot doré qui tomba jusqu'à terre, épais et léger, souple et brillant comme la queue en feu d'une comète.
Une émotion étrange me saisit. Qu'était-ce que cela ? Quand ? comment ? pourquoi ces cheveux avaient-ils été enfermés dans ce meuble ? Quelle aventure, quel drame cachait ce souvenir ? Qui les avait coupés ? un amant, un jour d'adieu ? un mari, un jour de vengeance ? ou bien celle qui les avait portés sur son front, un jour de désespoir ?
Etait-ce à l'heure d'entrer au cloître qu'on avait jeté là cette fortune d'amour, comme un gage laissé au monde des vivants ? Etait-ce à l'heure de la clouer dans la tombe, la jeune et belle morte, que celui qui l'adorait avait gardé la parure de sa tête, la seule chose qu'il pût conserver d'elle, la seule partie vivante de sa chair qui ne dût point pourrir, la seule qu'il pouvait aimer encore et caresser, et baiser dans ses rages de douleur ?
N'était-ce point étrange que cette chevelure fût demeurée ainsi, alors qu'il ne restait plus une parcelle du corps dont elle était née ?
Elle me coulait sur les doigts, me chatouillait la peau d'une caresse singulière, d'une caresse de morte. Je me sentais attendri comme si j'allais pleurer.
Je la gardai longtemps, longtemps en mes mains, puis il me sembla qu'elle m'agitait, comme si quelque chose de l'âme fût resté caché dedans. Et je la remis sur le velours terni par le temps, et je repoussai le tiroir, et je refermai le meuble, et je m'en allai par les rues pour rêver...

 

Car ne nous leurrons pas : ces cheveux ancrés à quatre millimètres dans le cuir chevelu ramifient leurs racines dans notre inconscient ! Certaines maladies, comme la pelade (qui entraîne la perte des cheveux par plaques), impliquent des facteurs psychologiques tels qu’une séparation mal vécue. De même, rappelle Sylvie Consoli, on relève souvent chez les femmes qui s’arrachent les cheveux lors de crises de trichotillomanie (tic consistant à s’arracher les cheveux ou les cils), une grande opposition à la mère et un père plutôt absent. « Par ce geste, elles s’attaquent à leur féminité », explique-t-elle.

 

Pour ceux qui interprètent les rêves, la chevelure « moutonnant jusque dans l’encolure », si chère à Baudelaire, exprime une quête d’équilibre entre les forces viriles et féminines qui nous habitent. « Les cheveux longs incarnent la féminité qui va de pair avec la protection. C’est l’eau qui réceptionne les éléments extérieurs, reste attentive. Elle est aussi puissante que le feu (la masculinité) qui va les affronter directement », renchérit Marc Dugast (1), créateur de la « morphocoiffure », une méthode fondée sur des archétypes suivant la personnalité révélée par la forme du visage. Selon lui, adopter une coupe garçonne dénote de l’aisance et une indépendance d’action. A l’inverse, les femmes enceintes laissant pousser leurs cheveux manifestent l’acceptation d’un retour à la féminité.

 

"Un Hémisphère dans une chevelure" , de Charles Baudelaire:

Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l'air. Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que je sens! tout ce que j'entends dans tes cheveux ! Mon âme voyage sur le parfum comme l'âme des autres hommes sur la musique. Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l'espace est plus bleu et plus profond, où l'atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine. Dans l'océan de ta chevelure, j'entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques, d'hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et compliquées sur un ciel immense où se prélasse l'éternelle chaleur. Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d'un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes. Dans l'ardent foyer de ta chevelure, je respire l'odeur du tabac mêlé à l'opium et au sucre; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l'infini de l'azur tropical; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m'enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l'huile de coco. Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs. 

  

Sagesse monacale

 

Et en ce qui concerne les hommes ? Le mythe de Samson et Dalila règne-t-il encore dans les têtes ? « Buñuel ou Kojac ne sont pas vraiment des symboles de “mauviettes” ! » défend Patrick, la cinquantaine, journaliste. La coupe à la Barthez remet au goût du jour les crânes d’œuf. Et la séduction opère… soutenue par le fantasme phallique de cette tête lisse. Pourtant, l’anxiété domine à la vue de ces poignées de cheveux qui restent dans la main lors d’un shampooing. Contrairement aux adeptes de la mode (minoritaires !) qui peuvent s’attendre à une repousse, on se sent immédiatement dépossédé, dévalorisé. « Chez l’homme, la perte de cheveux symbolise la castration », affirme Sylvie Consoli.

 

Hériter de la calvitie de son père à 20 ans peut amortir le choc. Un homme averti guette l’inéluctable. Premier réflexe : se jeter sur un traitement antichute. Puis comme Thierry, ingénieur de 34 ans, on se résigne. « J’ai même découvert un avantage. Comme on me croit plus âgé, j’ai l’impression qu’on m’accorde un capital-confiance dans ma carrière. » Un air bouddhiste induit la sagesse. « Plus la partie cérébrale est dégagée, plus la dimension spirituelle est valorisée. Mais à 18 ans, on a besoin de se construire un avenir : on s’attache plus à des considérations matérielles ! » reprend Marc Dugast.


Le cheveu ras stigmatise aussi la soumission et la contrainte, à travers le militaire ou le bagnard. S’y opposent les crinières, symbole de sauvagerie innée et de liberté. Ainsi Hervé, illustrateur, a délaissé la tondeuse : « A 43 ans, je me sens plus libre dans ma tête. Je lâche davantage de choses jusqu’ici intériorisées, y compris d’un point de vue pictural. Mon geste est plus “jeté”. »

 

Messages codés

 

Les humeurs se dégagent également du coup de peigne. Chignon strict ou pelotte dont la pince néglige quelques boucles folles… Simple question pratique ? Marc Dugast va plus loin : « Attacher les cheveux avec l’envie d’être net, c’est marquer sa volonté d’avancer, d’être tonique. Les laisser encadrer le visage peut dénoter au contraire un besoin de repli ou un coup de déprime. » A moins que le chouchou ne soit lâché le soir pour mieux passer de l’employée sérieuse à la séductrice tentatrice… »


Se faire des cheveux blancs...


Blanchir en une seule nuit ? On les dit « fatigués », « taciturnes », « déprimés». Est-ce seulement de nos cheveux dont nous parlons ? Leur cycle de croissance et de chute dépend de notre système hormonal. Leur structure chimique, qui renferme notre code-barre (l’ADN), leur permet de capter tout ce que nous avalons (aliments, médicaments, drogues, etc.). Sachant qu’ils poussent de 1 à 1,5 centimètre par mois, 6 centimètres de longueur offrent un livre de bord de notre état de santé sur six à neuf mois.

 

Sous l’effet d’un choc émotionnel, par exemple, le cheveu peut changer de texture suivant sa qualité naturelle et la capacité de l’individu à surmonter sa fatigue nerveuse. De là à se faire des cheveux blancs en une nuit comme Marie-Antoinette avant son exécution… Impossible, selon les scientifiques. Il s’agirait plutôt d’une alopécie brutale épargnant les cheveux blancs rendus ainsi majoritaires, donc plus visibles.

 

Un peu d'ordre !

 

“Ordonner ses cheveux, c’est ordonner sa personnalité”

 
« Pour celui qui sait les lire, il est possible de découvrir peurs,
angoisses, blocages suivant la façon dont les cheveux sont ordonnés autour du visage », assurent Michel Oudoul, spécialiste des énergies, et Rémy Portrait, dirigeant d’un salon de coiffure à Paris. Dans “Cheveu, parle-moi de moi” (Dervy, 1997), ils proposent quelques lectures de coupes :

- Le front découvert, avec les cheveux coiffés vers l’arrière, marquerait la volonté d’aller de l’avant. Il s’agirait souvent de personnes qui n’ont pas peur d’affronter la vie ni le regard des autres.
- La raie au milieu serait le signe d’une volonté d’équilibre intérieur entre le yin et le yang, l’anima et l’animus, le féminin et le masculin. La raie à gauche ? Tentative de couvrir le féminin en soi. A droite ? Difficulté à accepter le masculin en soi.
- La frange : la peur de se dévoiler ou une certaine timidité amènerait cette couverture du front. Longue, épaisse, courte ou effilée, chaque type de frange évoque le niveau de protection dont la personne a besoin.

 

Agnès Rogelet pour psychologie.com

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 09:31

"Psychologie et mythologie de la Grèce antique"

 

france inter

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Jacques-Antoine Malarewicz est psychiatre. Il vient d'écrire "La Fin de la Psychothérapie" chez Odile Jacob, ouvrage dans lequel il s'interroge sur l'avenir de la psychothérapie en ces temps de consumérisme effréné et de bêtise systémique.

 

Devant la statue du Titan Prométhée, le voleur de feu qui par sa désobéissance à Zeus s’est retrouvé sur le sommet du Caucase à vivre éternellement le même supplice, celui de se faire dévorer le foie au crépuscule et de le voir renaître dès l’aube… Cette statue de Prométhée se trouve au beau milieu du mythique quartier de Saint-Germain des Près, devenu un étonnant centre commercial de luxe à ciel ouvert.
  
Curieux contraste de voir d’un côté, cet hommage du sculpteur Zadkine à  Prométhée et l’indifférence avec laquelle les passants le boudent et lui préfèrent les  bijouteries et les  magasins de vêtements… C’est un peu à l’image de la place qu’occupent les mythes dans notre société.

 

Jacques-Antoine Malarewicz tire la sonnette d’alarme. Il nous explique en quoi l’abandon de nos mythes dans nos vies et en thérapie "est une part d’humanité qui nous quitte…"

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 10:09

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Comment faut-il la considérer ?

 

Malgré son caractère, à première vue, « merveilleux », l’hypnose doit être considérée aussi froidement que d’autres thérapeutiques. En science : « il n’y a jamais de miracles, ni de remèdes absolus ». Malheureusement, il est certain que la croyance populaire actuelle demeure celle de 1870 !

 

L’hypnotiseur semble un mage, doué de pouvoirs, et qui tient entre ses mains la destinée entière de son sujet… La réalité est tout de même un peu moins fantasque et se base uniquement sur le fonctionnement du système nerveux.

 

L’hypnose peut-être un agent anesthésique temporaire. Et si de grandes opérations furent réalisées sous sommeil hypnotique, n’oublions jamais qu’elles l’étaient déjà au 19e Siècle, et rendons hommage à ces précurseurs !

 

Un grand pouvoir de l’hypnose est donc de remplacer l’anesthésie chimique. Mais on constate que dix pour cent d’individus seulement peuvent être placés dans cette manifestation « totale » hypnotique, ce qui réduit déjà singulièrement les possibilités pratiques. Autre capacité capitale : la suggestion hypnotique peut éviter les douleurs post-opératoires.

 

Faisons le point sur les capacités réelles de l’hypnose :

 

« Au-delà du tapage médiatique qui permet, soit dit en passant, de vendre en quantité non négligeable, on constate que l’hypnose se heurte à ses propres limites ».

 

  • Dans les maladies mentales, il semble qu’aucun résultat positif n’ait été obtenu. Beaucoup d’aliénés sont rebelles à l’hypnose ; celle-ci produit souvent chez eux des réactions délirantes.

 

  • En psychologie, de spectaculaires « Faux Succès » peuvent être obtenus. Il semblait très logique de pouvoir, par hypnose, délivrer des idées fixes, des phobies, du bégaiement, des obsessions…Et l’on constate souvent, en effet, que certains troubles disparaissent rapidement. « Mais seul les symptômes s’en vont, et les résultats ne sont nullement permanents ».

 

Pourquoi ?

 

Parce que la tendance profonde demeure… Tel une charge condensée que l’hypnose seule ne peut déverrouillée. L’exemple de la cocotte minute me semble la plus appropriée : Vous bouchez une fuite de vapeur… et une autre apparaît ! De même, vous ôtez un symptôme… pour qu’un autre se manifeste. Une partie locale du système nerveux est donc soignée sans que pour autant la source (cérébrale) ne soit guérie, « c’est élémentaire ».

 

Si un symptôme disparaît, il y a donc beaucoup de chances pour qu’un autre prenne sa place ! Faites disparaître ce deuxième symptôme, et un troisième apparaîtra… Ce qui montre que la tendance maladive n’est nullement éliminé par l’hypnotisme.

 

Une preuve concrète :

   

Voici un perfectionniste (voir l'article sur le perfectionnisme). Supposons que ce perfectionniste souffre de sa solitude, de son abandon, de son émotivité, de sa timidité... Il désirera donc guérir de cette émotivité, de cette timidité, de cet isolement, qui sont des symptômes !. Mais désirera t-il guérir de sa "névrose profonde", soit son perfectionnisme ? Non... Puisque ce perfectionnisme est pour lui "une sécurité".

 

On voit donc que dans un cas de ce genre, l'hypnotisme est parfaitement inopérant ! La volonté de l'hypnotiseur entrerait en conflit avec la volonté profonde de l'hypnotisé, et aucun résultat ne sera atteint. Les multiples expériences connues depuis Mesmer attestent cet exemple, on ne peut aller au-delà d'un certain seuil d'acceptation sous hypnose, sans heurter la volonté intime du patient.

 

En conclusion...

    

Il s’agit donc, en toute logique, de procéder avec une méthodologie propre à chaque individu. La psyché humaine n’est jamais « chose toute faite ». Prétendre donc que l’hypnose peut, à elle seule, occulter toutes les formes de psychothérapies est une chimère !!  Certains contredirons avec véhémence ces propos, probablement parce que leurs techniques thérapeutiques sont uniquement fondées sur ce processus.


Par contre, utiliser l’hypnose avec justesse et objectivité, en complément des différentes méthodes d'analyse, peut apporter indubitablement de bons résultats.

  

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 08:53

Petits, les enfants ont peur du loup, du noir, de l’ogre et du trou de la cuvette des WC ! Les peurs des enfants font toujours rire les adultes…

 

Pourtant ils ne sont pas en restent les adultes avec leurs peurs : chômage, grippe A, déclassement, nucléaire, réchauffement climatique, avions, ou plus récemment chauffards et ce dernier mot qui fait encore plus peur que tous les autres : crise…


À chaque époque sa peur, on est passé en quelques siècles du ciel qui devait nous tomber sur la tête ; désormais c’est parce que la terre se réchauffe que notre monde est fini…


"On vit avec cette constance généralisée, que le monde court à sa perte. C’est indéniable, mais ce serait être bien prétentieux de pouvoir affirmer qu’il nous reste 50 ans pour plusieurs millions d’années à vivre."

  

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 15:22

Le voyageur n’est pas cet individu un peu rustre et moutonnier que l’on dépeint si souvent. C’est un visiteur complexe qui transporte avec lui ses désirs et ses rêves. Ses façons de voyager en disent long sur notre société et notre époque.

 

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L’analyse des pratiques touristiques s’expose souvent à une première erreur, qui consiste à amalgamer le sujet et le phénomène. À confondre ou refuser de distinguer le touriste du tourisme. Ainsi l’observation du voyageur comme personne – avec ses désirs, ses valeurs et ses rêves – disparaît-elle au profit de l’étude du fait de masse : sa quantité, son nombre, ses espaces, ses flux. Au nom de la distance sociologique, de la neutralité statistique ou encore du réalisme marchand, on en vient ainsi à une approche purement comptable des pratiques touristiques : périodes, durées, pourcentages, fréquences, destinations, transports, saisons, hébergements, fréquentations…

 


Ces approches ont bien sûr leurs utilités. Mais elles ignorent toutes les facettes psychologiques du voyage. Le tourisme ne peut se réduire aux vitrines des voyagistes ni se résumer à l’opinion des guides, hôteliers et autres professionnels du tourisme. Contre cette erreur, il s’agit d’aller ici à la rencontre d’un sujet sans lequel le phénomène touristique ne serait pas. D’explorer la jungle des mythes et imaginaires, représentations et projets qui en découlent. La « carte du tendre » des voyages possibles, leurs tendances, ou la géographie complexe des désirs vacanciers… Pas de tourisme sans touriste. Lapalissade ? Sans doute. Mais il semble néanmoins utile de rappeler encore et toujours ce fait malgré tout : « Le voyageur est encore ce qui importe le plus dans le voyage  ! »

 

L’idiot du voyage


 

Le piège de cette confusion est qu’elle conduit à prêter au touriste les vices du tourisme : les méfaits environnementaux (aménagements et pollutions), les dévoiements culturels (réduction pittoresque et folklorisation), les impacts économiques nocifs (inflation et spéculation), les effets sociaux déstructurants (urbanisation et migration), souvent redoublés au surplus par le développement de trafics suscités par le goût du lucre, du luxe et de la luxure (sexe, drogue et casino)… Sur cette base, le voyageur se voit imputé des perversités en réalité issues de la manipulation et de l’exacerbation mercantiles de ses désirs et de ses rêves…


 

Cette posture antitouristique, si injuste soit-elle, est fort commode. L’immolation de l’idiot du voyage sur l’autel du vrai voyage est de longue date un sacrifice moralement satisfaisant pour les élites . En les décrétant responsables des effets pernicieux de l’industrie des voyages d’agrément, il s’agit de juger ces touristes coupables des ravages du tourisme et de les persécuter en conséquence. La ruse est grossière mais convaincante ! Et l’on saisit mieux alors le rapprochement si souvent fait entre le touriste et le mouton. Suiviste et maudit, il n’est pas seulement celui de Panurge mais aussi de la Bible…


  

La seconde erreur, tout aussi répandue, et largement déterminée par la première, est de sous-estimer le touriste dans sa complexité. Qu’il soit jugé innocent ou coupable : complice passif ou actif de la forfaiture touristique, naïf ou cynique, maladroit ou opportuniste, il est dans tous les cas trompé. Le mouton devient ici volatile. Il se fait pigeon. Pigeon voyageur, il va de soi. Ou voyageur manipulé. C’est une certitude. Le touriste est, on le sait, un être rudimentaire, inculte, grossier, superficiel, égoïste, pressé, paresseux, stupide, etc. La langue a d’ailleurs pris acte de ce postulat. Ne dit-on pas « être là en simple touriste » pour stigmatiser, inutile, l’intrus inconscient ou irresponsable ? Moyennant quoi, voyageur dévalorisé, éternel sous-estimé, à l’instar de la « classe touriste » – rebaptisée « classe économique » pour voyageurs à bas coût –, le sens de ses voyages, leurs fonctions et leurs enjeux symboliques le sont aussi. Aujourd’hui, tant en sciences sociales que chez les professionnels (bien qu’ils s’en défendent), ne pas accorder à ce sujet la dignité d’objet d’étude complexe est une attitude très ordinaire encore…


  

Pourtant, cette utilisation hédoniste qu’est la mobilité de loisir repose sans cesse une question fondamentale : pourquoi voyageons-nous ? Pourquoi le faisons-nous encore ? Pourquoi persistons-nous dans cette mobilité, et même récidivons-nous quand nous n’avons plus de terres promises à découvrir ou de pays à conquérir ? Que nous n’avons plus de périls à fuir ou de ressources élémentaires, travail ou nourriture, climats ou lieux sûrs, à trouver ? Alors que nous ne sommes plus ni des nomades, ni des migrants, ni des forains, ni des trimardeurs ou autres itinérants vitalement dépendants, que nous ne sommes plus de ceux que la nécessité ou la tradition poussent au déplacement, pourquoi nous obstinons-nous malgré tout à voyager encore ? C’est bien ici que ce sujet prouve son importance et son intérêt. Le touriste est entier dans son obstination et sa persévérance. Il voyage en dépit des critiques, des crises, des mépris et des dangers, alors que rien d’impérieux ne l’y pousse, a priori du moins. Il veut continuer à voyager. Pourquoi ? C’est là sa valeur anthropologique majeure.


 

Le touriste est un symptôme de société. Loin de sa réduction à une pratique sociale de classe ou au statut de matière première d’un marché juteux capté par des vendeurs de paradis, il reste que le tourisme nous parle de la société. Il nous parle de nos désirs, de nos rêves, de nos peurs et de nos répulsions. L’envie de voyager, l’envie du monde, recèle nos préférences et nos tendances. Elle parle de nous. Elle nous révèle.


 

Chacun sa vision du monde


 

Anthelme Brillat-Savarin disait au mangeur : « Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es. » L’anthropologue peut dire au touriste : « Dis-moi comment tu voyages, je te dirai dans quelle société tu vis et comment tu conçois ton existence. » Nos vacances, par voyages, tourismes et séjours interposés, expriment des tendances lourdes : orientations fortes des mentalités, mutations des sensibilités, évolutions des idéologies et représentations.


 

Il fut ainsi un temps, de Montaigne aux curistes du XIXe siècle, où la visée du voyage était d’abord hygiéniste : on voyageait pour sa santé. Et l’on en est maintenant à voyager en craignant de la perdre, prenant parfois d’excessives précautions afin de prévenir les risques de maladie ! De même, côté découverte, est-on passé du plaisir à la peur. Si l’on partait jadis à l’aventure, avec un certain goût de l’imprévu, l’on s’en va aujourd’hui bardé d’informations, de prévisions, de réservations et d’assurances en tous genres. Rien n’est plus désagréable pour cet « aventurier » contemporain, toujours en lien sur le Net, avant, pendant, après, plus jamais détaché, déconnecté, donc réellement éloigné quand il voyage, qu’un imprévu ! C’est qu’un tel incident, échappant à sa prospective, pourrait lui faire perdre son argent, ses liens, son réseau, ou pire : son temps ! Ainsi en va-t-il donc désormais dans une « société malade du temps » (Nicole Aubert, Le Culte de l’urgence. La société malade du temps, Flammarion, 2003) dont même le voyageur de loisir, pressé, stressé, n’a de cesse de retisser une « toile » dont il ne veut plus sortir… 


 

Miroir d’une époque


 

L’anthropologie du tourisme relève donc en partie de ce que l’on appelait autrefois, au temps d’Herbert Spencer, de Gustave Le Bon et de Ferdinand de Saussure, la « psychologie générale ». Sa mission consiste à « identifier les modèles de représentation et les structures de l’imaginaire qui, selon les mentalités et les sensibilités d’époque, informent et guident les pratiques . » Il s’agit de dégager ces modèles et ces imaginaires. Ce sont eux qui sont à l’origine d’un phénomène de mobilité considérable. Ils le génèrent, l’orientent et le redéfinissent sans cesse, en fonction des contextes historiques, des inflexions ou des transformations de notre vision du monde, et de l’influence de ces variables sur la psychologie collective.


Il va de soi qu’un touriste aujourd’hui ne peut être comparé à celui d’hier ou d’avant-hier. Aristocrate d’autrefois, petit bourgeois émancipé de jadis adhérent du Touring Club de France , citadin en mal de grand air, employé et ouvrier récompensés, congés payés des trente glorieuses au cœur des années 1960, routard rebelle des années 1970, chaque génération, chaque classe d’âge ou chaque classe sociale apporte sa vision du monde, son lot de désirs, ses modèles de comportement et l’imaginaire de son époque. Ceux-là sont fluctuants, variables, mais toujours significatifs. Le voyage d’agrément nous raconte parce qu’il est un lieu de délivrance, de désinhibition, d’expression libre, de défoulement et de réappropriation de soi. Comme l’écrivit justement Jean Viard, les congés payés sont comme « les permissions qui limitent les désertions et les maladies imaginaires des soldats», et cela si bien que les voyages de vacances sont des moments privilégiés pour dire les manques et saisir les attentes de tout un chacun. Ils sont à cet égard un puits sans fond pour observer à loisir (c’est le cas de le dire) les envies des hommes, leurs quêtes, leurs fuites.

  

Au regard de cette question clé – pourquoi voyage-t-on ? –, ajoutons que ledit « touriste », sujet complexe, est un homme qui, bien qu’à l’abri des nécessités, non seulement continue de voyager mais qui de surcroît recommence sans cesse. Répétant, réitérant l’expérience du voyage, il récidive ! Voici donc un pourquoi dans un autre. Pourquoi voyage-t-on est une chose. Pourquoi « revoyage »-t-on en est une autre ! Pourquoi sommes-nous en matière de voyages d’agrément des récidivistes avérés ? Pourquoi cette obstination étonnante, comme mise en abyme d’un voyage à l’autre, et sans laquelle, là encore, les marchés des vacances et du tourisme ne seraient pas ?


 

Partir et repartir encore... 


 

À l’origine de cette pratique récurrente – qui est même prête aujourd’hui, pour se perpétuer en dépit de la crise, à user de la débrouille, de réseaux d’hospitalité parallèles et du troc en marge des services officiels institutionnels et du marché légal –, nombre de motifs, de diverses natures, ont été avancés. L’un des premiers évoqués, à juste titre, est le désir de distinction. Ainsi use-t-on du départ en vacances et du loisir des voyages comme moyens de reconnaissance sociale et d’ostentation, d’intégration mais aussi de domination. Il faut également citer les profits culturels et sanitaires du voyage, qui à tous égards forme, soigne, éduque la jeunesse et les moins jeunes aussi, ce que l’on sait au moins depuis la Renaissance. Quant à son développement, on peut enfin noter le rapport quasi mécanique de cette pratique cyclique de la mobilité d’agrément avec l’urbanisation, un état de civilisation qui voit les sociétés, au prorata de la taille de leurs agglomérations, émettre en réaction d’autant plus de départs en vacances que les villes sont grandes.


Mais par-delà ces déterminations psychosociales, fonctionnelles ou de civilisation à l’origine du phénomène, il y a, ne l’oublions pas à nouveau, le sujet, non réductible à ces rôles et ces causes, si efficientes soient-elles.


Le sujet avec ses rêves, ses raisons, ses déraisons aussi, ses désirs cardinaux, cette obstination à renouveler l’expérience, sa liberté. Ce n’est pas seulement un consommateur de voyages. C’est aussi un inventeur, un interprète, un herméneute.


  

Aussi, pour finir, faut-il bien se garder de confondre le support et la fonction, notamment en croyant que tel lieu manifeste invariablement tel désir parce qu’il en prescrirait la fonction ou l’usage à son visiteur. Par exemple, que l’appel du désert et l’envie de solitude ne peuvent trouver réponse qu’au Sahara ou au Groenland. Une cabane en forêt ou un fond de jardin peut suffire, tout comme la rencontre de l’autre ne requiert pas à tout coup un pays lointain pour faire écho au songe altruiste. Ainsi Claire Bretécher, moquant ses célèbres Frustrés en vacances, fit dire à l’un deux : « Cette idée d’aller dans le tiers-monde alors que le quart-monde est à sept stations de métro ! » En revanche, et en dépit des apparences géographiques, une randonnée à dix ou quinze dans le Kalahari, le Queyras ou le Taklamakân relèvera bien du cénobitisme tandis que la tentation sociétale et le désir de foule peuvent aussi bien se satisfaire dans un festival, à la plage, en camping ou, évidemment, en ville. Évidemment ? « Si j’avais à imaginer un nouveau Robinson, déclara Roland Barthes, je ne le placerai pas dans une île déserte mais dans une ville de douze millions d’habitants, dont il ne saurait déchiffrer ni la parole ni l’écriture : ce serait là, je crois, la forme moderne du mythe. »

 

Rêves et raisons


  

C’est l’imaginaire du voyageur, modelé par ces désirs, qui détermine sa vision du monde (des lieux et des milieux) comme de l’expérience du voyage (parcours ou séjour), d’autrui et de lui-même. Sans cet imaginaire, ce monde ne serait rien d’autre qu’espaces vides et ces voyages de vaines mobilités – ce que si souvent l’on reproche à cet antihéros accusé de périples inutiles : le touriste… Outre leur sens, leur usage et, bien sûr, leur image, c’est cet imaginaire qui fait du monde une attraction – un objet d’attirance et d’envie – et du voyage une tentation et une invitation sans lesquelles le désir de partir ne serait pas, et donc les raisons de récidiver forcément encore moins ! 


  

L’écrivain André Suarès écrivait à propos du voyageur : « Les pays ne sont que ce qu’il est. Ils varient avec ceux qui les parcourent. » Et ceux-là les parcourent tout d’abord avec leurs rêves et leurs raisons. Ce sont leurs premiers bagages. Que des marchands et des industriels viennent ensuite faire de leurs transports un commerce est bien une autre affaire, de l’ordre du phénomène, de son exploitation, de sa récupération commerciale. Cessons de confondre. Et partons à la recherche de cet homme oublié, symptôme de société…

 

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 12:22

Ils ont entrevu l’au-delà... Et racontent leur voyage dans des termes étonnants de similitude. Quatre témoins, de Philippe Labro à Dominique Bromberger, étayent la thèse de la “near death experience”, étudiée depuis les années 1970 par des scientifiques américains. Une enquête troublante de Patrice Van Eersel accompagné du documentaire "Le grand retour". Un brin d'espoir dans un monde plus que désenchanté !

 

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C’est une expérience que vous trouvez relatée dans les plus anciens récits du monde. Parlant d’Er le Pamphylien, apparemment ressuscité après une bataille, Platon l’a nommée deuteropotmos. Er s’est "évanoui et réveillé deux fois". Guru Nanak aussi l’a vécue. Le fondateur de la religion sikh – qui introduisit des valeurs d’une modernité inouïe dans le nord de l’Inde – se noya dans un lac et en ressortit au bout de trois jours, en s’écriant : « J’ai vu la lumière du saint nectar ! »

 

Un observateur attentif retrouve partout l’expérience de mort imminente, ce que les Anglo-Saxons nomment une near death experience (NDE). Perceval, chevalier de la Table ronde, est pendu par des brigands et s’en sort de justesse. A la seconde où il croit mourir, le temps s’arrête et il pénètre une dimension extraordinaire, où brille la lumière ineffable du Graal, « faite d’amour et de connaissance absolus ».

 

 

Mythologie à l’hôpital


En créant une sorte de zone intermédiaire entre la vie et la mort, les progrès fulgurants de la médecine moderne vont propulser cette expérience rarissime et apparemment mythique dans le champ de notre réel. Parmi les millions de personnes dont le cœur s’est arrêté ou qui se sont retrouvées dans le coma – et que nos techniques de réanimation ont réussi à faire revenir, chose impensable pour nos ancêtres –, il s’en trouve un certain nombre qui relatent une traversée ayant changé leur vie.

 

Humour objectif d’une situation que nul ne pouvait prévoir : le lieu le plus technique et le plus "désenchanté" du monde médical contemporain, l’unité de soins intensifs, connaît depuis le milieu du XXe siècle l’irruption d’une mythologie "sauvage". Aux Pays-Bas, une enquête, menée avec la plus grande rigueur scientifique dans les services de cardiologie de dix grands hôpitaux, a ainsi montré que 18 % des patients réanimés in extremis ont connu une near death experience.

 

L’étude moderne de la NDE commence dans les années 1970, aux Etats-Unis. Des chercheurs – les psychiatres Raymond Moody et Bruce Greyson, le psychosociologue Kenneth Ring, les cardiologues Michael Sabom et Fred Schoonmaker – réalisent que des millions de personnes ont vécu cette expérience limite, qu’elle a visiblement bouleversé leur existence, mais qu’il n’en est question nulle part, ni en médecine ni en sciences humaines.

 

Dire l’indicible

  

Difficulté majeure : le statut des mots. D’un côté, les rescapés ayant vécu une NDE (experiencers, en anglais) commencent généralement par proclamer qu’il n’existe aucun mot pour décrire ce qu’ils ont vécu. Ils devraient donc se taire. Mais leur besoin de témoigner les en empêche et ils parlent, ô combien ! Mais comment dire l’indicible ? « Je suis entrée dans une lumière plus puissante qu’un million de soleils, mais qui ne brûlait pas » ; « J’ai connu un orgasme un million de fois plus érotique que ce que j’avais connu auparavant, mais qui n’était pas sexuel » ; « Je me trouvais après ma mort, mais ça n’était pas après car j’étais hors du temps. »

 

De rares témoins, difficiles à dénombrer car ils souhaitent oublier, rapportent une expérience négative : ils étaient généralement prisonniers de figures géométriques (un « 8 » couché désignant l’infini, le signe yin/yang, etc.), et affrontaient des sarcasmes indescriptibles contre lesquels ils luttaient farouchement pour ne pas être anéantis.

  

Des mots décrivant une expérience ineffable, cela porte un nom : ce sont des symboles. Mais notre monde a oublié le sens premier du symbole, que nous confondons avec la métaphore, le sigle, voire la marque ! Des millénaires de culture, en Orient comme en Occident, ont pourtant exploré la nature de ces passerelles entre dicible et indicible, visible et invisible, concevable et inconcevable. Si la modernité, dans sa phase actuelle, a perdu ce sens fondateur de culture, c’est qu’elle a érigé l’autosuffisance en principe fondamental : nous pensons que le monde s’auto-organise jusque dans l’absolu et que nous n’avons pas besoin de passerelle symbolique pour rejoindre un invisible/inconcevable/transcendant censé ne plus exister.

 
Les NDE posent donc une question embarrassante : quels seraient ces délires mystiques qui, des années après avoir été traversés, continueraient de guider leurs « malades » dans une révision de vie comparable à une guérison de leurs névroses ?

 

La première réaction d’un scientifique analysant un phénomène tel que la NDE est de chercher des corrélations. L’expérience a-t-elle plus de chances d’être vécue par un homme ou par une femme ? par un enfant ou par un vieillard ? un accidenté ou un grand malade ? Les hypothèses vont se multiplier, mais, en trente ans, aucune corrélation solide ne tiendra. La NDE semble aléatoirement répartie. Ce qui poussera les chercheurs à se focaliser beaucoup moins sur le fait d’objectiver cette expérience insaisissable que sur ses effets comportementaux dûment constatables.

 

Constatation de base : les experiencers ne craignent plus de mourir – racine première de toutes nos peurs. Ils gardent une puissante nostalgie de l’état qu’ils ont connu, mais l’idée du suicide ne les effleure pas. Ils ont souvent l’impression d’être revenus dans leur corps dans le but d’« accomplir une mission ». Pour eux, désormais, peur de mourir égale peur de vivre. Ils manifestent l’intention de vivre pleinement. En revanche, leur peur a pu se déplacer de la mort vers la société humaine, qui considère leurs récits comme des délires psychiatriques.

 

Au-delà du jugement

  

Médecins et familles ont du mal à comprendre les changements profonds qui les touchent, dont deux sont frappants.

 

Les experiencers ont l’impression d’avoir vécu jusque-là dans l’illusion des rôles sociaux et du paraître. Les épisodes qu’ils considéraient comme de grandes fiertés ou de grandes hontes ont perdu de leur importance. Pour eux, les chemins de la liberté passent désormais par les détails de chaque instant, qu’ils découvrent avoir tragiquement négligés.

 

Ceux qui relatent une « revue de vie », phase de la NDE où l’intégralité de l’existence revient en mémoire, en tirent une morale « au-delà du bien et du mal ». Ils disent avoir connu une sorte d’autojugement, où ils ont revécu toute leur vie, mais aussi les conséquences de leurs actes et de leurs pensées sur autrui.

 

En somme, la société moderne, confrontée au plus universel : notre mortalité, semble retrouver expériences et états de conscience que les grandes traditions spirituelles ont explorés. Cela se produit pour nous spontanément, à une échelle massive. Pourquoi ? Comment ? Réponse de la célèbre revue médicale britannique The Lancet : « Il faut poursuivre les recherches. » En attendant, que ceux qui ont vécu une NDE en reviennent débarrassés de la peur de mourir et emplis du désir de vivre nous remplit d’un espoir inouï.

 

Philippe Labro

   

Une pneumopathie foudroyante, dix jours de souffrance entrecoupée de comas cauchemardesques. A la troisième anesthésie, le journaliste, écrivain, cinéaste et homme de radio décolle...

  

« Je me suis senti sortir de mon corps, devenir une caméra qui me regardait en plongée, allongé sur mon lit, entouré de l’équipe médicale. Puis j’ai eu la sensation d’être aspiré tout entier vers le haut dans un ailleurs cotonneux, blanc transparent, euphorisant, plein de présences sans visage – je n’ai pas vu les anges ! Ces présences diffusaient en moi un bien-être, une sorte de bonheur, de sérénité, de délice, de béatitude, presque une extase, incommunicable par des mots. J’étais bien, dans un flou abstrait, pacifiant, bienfaisant, où tout souvenir de douleur avait disparu. Mais ça n’a pas duré…

 

Je peux attribuer cette expérience aux produits pris pendant dix jours, aux circonstances, à mes sentiments : souffrance, angoisse, incertitude appelant une fuite libératrice. Ou à l’environnement médical avec ses infirmières – car cet ailleurs n’est pas viril, il a une essence particulière de féminité. Mais je laisse leur part à l’inexplicable, au mystère, à l’inconnu et, pour tout dire, à d’autres dimensions…

 

Euphorie au retour. Amour, désir de vivre mais sans doute aussi grande fragilité, et volonté de trop faire, voire manque d’humilité. Résultat, dix ans plus tard, une dépression, burn out d’homme trop affairé ! S’approcher de la mort ne guérit pas de tout. »

 

Diane Chauvelot

  

En 1989, elle passe quarante-sept jours dans le coma, à la suite d’une maladie rare provoquant de graves hémorragies internes. Psychanalyste lacanienne, elle a décodé les messages de son inconscient.

 

« NDE ou coma, dans les deux cas, la mort est là. Dans le coma, on a le temps de s’y habituer. Mais la structure est la même : un sujet… et l’occasion unique de rencontrer son inconscient ! On est sourd, aveugle, insensible et, néanmoins, on perçoit tout ce qui se passe. Car l’inconscient, lui, sait tout. Mais la transmission se fait avec cette transposition dont Lacan a parlé : remplacement, déplacement, métaphore, métonymie.

 

Ainsi, je me suis “retrouvée” tantôt dans un goulag vert (la couleur des uniformes en réanimation), tantôt dirigeant une entreprise d’inhalateurs (j’étais sous assistance respiratoire) avec deux employés africains (mes infirmiers, reconnus à mon réveil et dont j’avais “capté” la personnalité).

 

Psychanalyste, j’étais mieux armée pour décoder ensuite les messages que mon inconscient s’était amusé à m’envoyer, telle une phobie du fauteuil par peur de la paralysie. Il n’y avait là rien de para-normal ou de mystique. Il est vrai qu’en sortant on n’a plus peur de la mort, c’est un acquis, dû à un savoir que l’on n’a pas cherché, qui vous est “tombé dessus”. On se dit alors que l’on ne sera plus jamais la même… mais c’est une autre affaire ! »

 

Robert Laffont

  

En 1991, âgé de 75 ans, il subit deux opérations du cœur. Au deuxième jour postopératoire, il connaît une expérience dont il se souvient avec une étonnante clarté, treize ans plus tard.

 

« J’étais dans mon lit, quand je me suis retrouvé dans un paysage admirable que traversait un arc-en-ciel. Celui-ci s’est lentement rétréci, jusqu’à devenir un pont, enjambant un fleuve énorme qui s’est mis à rouler vers moi. Mais je n’éprouvais aucune peur. Puis je me suis aperçu que ce fleuve était constitué d’humains marchant côte à côte. Quand ils m’ont atteint, j’ai été submergé et je me suis laissé faire. Et presque tout de suite, je me suis mis à sangloter. De joie !

 

Un amour inconcevable se dégageait de ces gens. Ça venait de partout et m’atteignait de la tête aux pieds, jusqu’au tréfonds de l’âme. Comme une irradiation qui sortait d’eux, mais aussi de moi ! Je n’aurais jamais cru qu’une telle compassion fût possible. Je me souviens de quelques silhouettes très tristes, seules, sur les rives. En même temps m’étaient offerts des sortes de petits sketchs, destinés à démontrer la puissance de l’amour. On voyait une femme désespérée, puis un homme apparaissait, lui tapotait l’épaule, et la femme se mettait à rayonner…

 

Quand tout s’est arrêté et que j’ai rouvert les yeux, dans mon lit d’hôpital, j’ai encore pleuré pendant des heures. Je n’ai jamais rien vécu d’aussi puissant ni d’aussi clair en quatre-vingt-huit ans de vie. »

 

Dominique Bromberger

  

Un aller-retour : c’est le titre de son livre, et c’est ainsi que Dominique Bromberger, chroniqueur à France Inter, définit ses trois semaines de coma, après un accident de scooter, en mars 2001.

  

« A aucun moment je n’ai eu conscience d’être proche de la mort. C’est plus tard que m’est apparu le sens de certaines – seulement – de mes visions ou hallucinations. Dans l’une, notamment, une reine d’Espagne vêtue de blanc m’annonçait que je quitterai son pays sans encombre. C’est le moment décisif de mon coma, mais je l’ai vécu comme un rêve, sans interpréter ni comprendre. Chacun apporte une part de soi-même dans ce genre de visions. Peut-être était-ce la Vierge, peut-être ai-je plus la foi que je ne l’imagine ?

 

Je ne prétendrais pas en être sorti transformé, mais cet accident fut également une chance. Je suis devenu plus émotif, plus sensible aux autres. J’ai appris à mieux aimer ma fille, à admirer ma femme plus encore, à me faire plaisir sans culpabilité ni anxiété.

 

Deux choses, surtout, dont il faut avoir conscience : l’approche de la mort est douce, sans peur ; et il est essentiel que ceux qui aiment une personne dans le coma viennent la voir, lui parlent, la touchent. C’est ainsi que l’on m’en a tiré. »

 

Interview

  

De Pim Van Lommel, cardiologue

Cardiologue à l’hôpital Rijnstate, à Arnhem, aux Pays-Bas, Pim Van Lommel a coordonné l’enquête menée de 1988 à 1996 auprès des services de réanimation de dix hôpitaux néerlandais. La publication des résultats dans la revue médicale The Lancet, en décembre 2001, a fait grand bruit... Entretien:

 

Qui est susceptible de vivre une NDE ?
Pim van Lommel : N’importe qui. Mais elles semblent plus fréquentes avant 60 ans, plus profondes chez les femmes, et s’accompagnent d’une plus forte probabilité de décès dans les trente jours suivant l’arrêt cardiaque. En revanche, nous n’avons trouvé aucun facteur médicamenteux, physiologique, neurologique, socioculturel ou psychologique, excepté une meilleure mémoire à court terme.

 

Comment s’explique-t-elle ?
Comment l’expliquer ? Des perceptions extérieures au corps, parfois vérifiées ultérieurement, une intense expérience cognitive, émotive et mémorielle, alors même que toute activité cérébrale a cessé : voilà qui remet en question la conception scientifique actuelle selon laquelle la conscience contenue dans le cerveau en serait le « produit ».

  

Notre conscience ne serait pas « en nous » ?
Si, mais seulement en partie. Plutôt qu’un organe secrétant de la conscience, le cerveau est peut-être comme un ordinateur connecté à une conscience bien plus vaste, à laquelle il permet de prendre forme mais qu’il ne contient pas, comme une radio ne contient pas ce qu’elle transmet. A mon avis, l’explication viendra d’un lien entre la biologie et la mécanique quantique.

 

Les 5 étapes

  

Kenneth Ring (auteur de En route vers Omega - Robert Laffont, 1991), professeur de psychologie à l’université du Connecticut, aux Etats-Unis, et fondateur de l’International Association for Near Death Studies (IANDS), a défini les stades d’une NDE.

 

1. La douleur disparaît soudainement, le sujet trouve une paix jamais connue auparavant (100 % des cas).

 

2. Il a la sensation de sortir de son corps, de se voir lui-même – généralement d’en haut –, de pouvoir « lire » les pensées d’autrui ou de traverser les murs (60 % des cas).

 
3. Il est aspiré dans un vide, un tunnel, avec l’impression d’avancer à grande vitesse tout en restant immobile, de n’avoir plus de corps tout en conservant ses sens (23 % des cas).

 
4. Il voit apparaître des parents, sa vie entière défile en accéléré devant lui, il avance vers une lumière qui devient de plus en plus brillante sans pourtant l’éblouir (16 % des cas).

 
5. Pénétrer dans cette lumière conduit à l’indescriptible : beauté, amour, connaissance, rencontre d’entités spirituelles, retour à une matrice originelle, orgasme non sexuel, fusion (10 % des cas).

 

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 12:45

La beauté est parfois injuste. Elle crée des inégalités entre individus qui, bien que non dites, ont de très fortes implications sur le marché de l’amour ou sur celui du travail ! Un article de Jean-François Dortier.


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On peut débattre sans fin de la beauté. La laideur, elle, est indiscutable. Dans Les Mots (1964), Jean-Paul Sartre se rappelle comme d’un véritable traumatisme le jour où, à l’âge de 7 ans, on lui a coupé les cheveux. Jusque-là, il portait une longue chevelure blonde et bouclée qui cachait un visage enfantin. Mais d’un seul coup sa nouvelle coiffure va révéler à la famille ce qu’elle n’avait pas voulu reconnaître : l’enfant est très laid et il louche. C’est l’effroi quand il rentre à la maison, tondu. Sa mère s’enferme dans sa chambre pour pleurer. Son grand-père est atterré. Il « avait confié au coiffeur une petite merveille, on lui avait rendu un crapaud : c’était saper à la base ses futurs émerveillements. » Plus tard, grâce à son génie, Sartre saura compenser sa laideur – sa taille de nabot, son regard de travers, sa voix nasillarde – et deviendra un vrai séducteur.

 

Mais tous les laiderons n’ont pas du génie, et sur eux pèse une malédiction. Car la laideur physique est un lourd handicap, sur le marché de l’amour comme sur le marché du travail. Dans L’Histoire de la laideur, Umberto Eco rapporte le destin peu enviable de ceux que la nature a défavorisés. L’histoire réserve un sort piteux à ceux qui ont eu le malheur de naître difformes, hideux, sans grâce. Dans la peinture occidentale, la laideur est associée à la souffrance, l’enfer, les monstres, l’obscène, le diable, la sorcellerie, le satanisme. Car la laideur suscite le dégoût, mais aussi la peur, la dérision, au mieux la compassion. Dans l’imaginaire populaire, la laideur a toujours été associée à la méchanceté, à la folie, à la bêtise. Jérôme Bosch peint des êtres difformes qui peuplent l’enfer. Dans les contes populaires, la sorcière a toujours été dépeinte comme une femme vieille, méchante et « laide » : nez crochu, sourire satanique, dos courbé, menton en galoche. La laideur a souvent été assimilée à ce qui est tordu, courbé, fripé, ridé, balafré, difforme, petit, gros, gras et vieux.

 

La beauté est-elle universelle ?

  

Les traits associés à la laideur dessinent en creux les critères de la beauté que l’on assimile souvent à un corps jeune, symétrique, lisse, droit, mince, grand. Reste à savoir si ces canons sont universels. La question oppose deux camps. Pour les historiens comme Georges Vigarello, « rien de plus culturel que la beauté physique». La peinture fournit des preuves évidentes de la relativité des canons de beauté selon les époques. Il suffit de voir comment l’on a peint les Trois Grâces au fil du temps (encadré p. 40) . La littérature fournit aussi un précieux témoignage : Ronsart vante la « divine corpulence » de sa belle ; Alexandre Dumas s’extasie sur les charmes d’une amoureuse « hardie de poitrine et cambrée de hanches » .

 

Les anthropologues ont de nombreux arguments montrant la relativité des critères selon les sociétés. Les femmes mursi appelées « négresses à plateau » n’ont rien pour charmer le regard des Occidentaux ; les pieds de certaines Chinoises, atrophiés par des bandages, avaient, paraît-il, leur charme au regard des hommes ; les vénus hottentotes arborent des fessiers hypertrophiés très prisés des Bushmen, etc.

 

Mais au-delà des variations historiques et sociales, n’existerait-il pas tout de même des critères de beauté universels ? C’est ce que pensent beaucoup de psychologues adeptes de l’approche évolutionniste. Leurs arguments ? Depuis une vingtaine d’années, de très nombreuses expériences ont été menées sur les critères de physical attractiveness. La méthode la plus courante consiste à proposer à des personnes de comparer deux portraits pour choisir le plus attirant. Il est même possible de modifier les paramètres d’un visage par ordinateur pour voir comment telle ou telle modification opère. Plus ou moins rond, plus ou moins jeune…, à ce jeu, des constantes se dégagent nettement.

 

Tout d’abord, il apparaît que les traits « néoténiques » d’un visage (petit nez et grand yeux) sont plus attractifs que d’autres, ce qui disqualifie les visages âgés aux traits complexes. On préférera les traits « enfantins ». Les traits de la vieillesse : rides, teint de la peau, tâches sont discrédités. Inversement, la maturité de certains traits peut s’avérer plus attrayante. On préfère en général les visages sans bajoues et aux pommettes saillantes. Une autre caractéristique est la symétrie. Un visage globalement symétrique est jugé plus beau. Enfin, la forme moyenne de l’ovale fait référence en matière de beauté. Un visage « normal » n’est ni rond ni carré.

 

Tout bien considéré, l’opposition entre universalité et relativité de la beauté n’a rien d’irréductible. Regardons les nus féminins que nous offrent la peinture, la photographie, la mode. Ils peuvent présenter des femmes plus ou moins rondes, celles-ci sont jeunes. De même les hommes, de l’éphèbe grec à l’homme mûr de la Renaissance. Leurs proportions harmonieuses affichent bonne santé et vigueur. Ni les freluquets, ni les obèses ne sont jamais pris comme étalons de beauté. Voilà pourquoi les garçons savent d’instinct qu’en rentrant le ventre et gonflant les pectoraux, ils auront plus de chance de plaire.

 

L’appréciation de la beauté varie bien selon les époques et les cultures. Mais cette variation se fait autour de quelques attracteurs esthétiques. Jamais l’on ne verra des dents mal plantées, des boutons sur le visage, une grimace, des rides, des tâches comme canons de beauté. Il y a peu de chance pour que quelque part dans le monde les gens préfèrent le portrait de l’auteur de ces lignes à celui de George Clooney (si c’est le cas, merci de me communiquer les coordonnées de ce peuple étrange).

 

Ce qui est beau est bien

  

La beauté est injuste car très inégalitaire. Mais ce n’est pas tout. S’y ajoute un constat plus cruel encore : le beau possède le privilège supplémentaire d’être associé à ce qui est bon et bien. Le lien entre « beau » et « bien » s’ancre dans le langage, même là où les deux mots sont parfois synonymes. On dit une « belle personne » en parlant de ses qualités morales et « vilain » est synonyme de « méchant », comme s’il suffisait d’être beau pour être paré de toutes les autres qualités. Les enquêtes de psychologie sociale le confirment : la beauté est spontanément liée à l’intelligence, la gentillesse, la santé, la sympathie, etc. En somme, « ce qui est beau est bien » comme le résument Jean-Yves Baudouin et Guy Tiberghien, auteurs d’une étude sur les représentations sociales de la beauté et de ses stéréotypes associés.

 

L’histoire des représentations de la beauté et de la laideur confirme le fait. De tout temps, l’imaginaire de la laideur fut associé au mal, en correspondance avec les monstres, le diable, le pervers, le malade ; elle est maléfique et entraîne répulsion et crainte. On peut alors se demander quel impact la beauté a dans la vie quotidienne. Fondamental ! Ses facteurs pourraient jouer, de façon plus ou moins consciente, non seulement en amour, mais aussi à l’école, sur le marché du travail ou dans la justice.

 

La sélection beau/laid opère dès l’école. Elle s’initie dès la cour de récréation où les attaques contre les « moches » se révèlent impitoyables. De nombreux enfants souffrent en silence des persécutions faites à ceux qui ont le malheur d’être trop gros, trop petits, de loucher ou d’avoir les dents mal plantées.

 

Il se peut que les enseignants – à leur corps défendant bien sûr – puissent avoir aussi une préférence pour les beaux. Prenez une pile de copies et faites la corriger par un groupe de professeurs. Relevez les notes puis proposez les mêmes copies à un autre groupe d’enseignants en y adjoignant la photographie des étudiant(e)s. Résultat : les physiques avenants améliorent leur note, les physiques ingrats perdent des points. À l’oral, le phénomène est évidemment encore plus marqué. L’apparence joue en faveur des plus beaux sans que les enseignants en aient conscience, bien sûr.

 

De l’école au travail, la sélection par le beau

  

Le même protocole peut être appliqué aux entretiens d’embauche. Le sociologue Jean François Amadieu, professeur à l’université de Paris-I, a réalisé des expériences au constat sans appel. Un visage disgracieux sur une photo de candidature est un handicap certain. De même, un CV avec un visage d’obèse a moins de probabilités de décrocher un entretien d’embauche qu’un autre. Les Anglo-Saxons ont accumulé bien d’autres travaux sur les discriminations, qu’elles soient liées à la petite taille, l’obésité ou la laideur physique et à leurs impacts sur le déroulement de carrière. Au travail, être grand et beau est un avantage, y compris en matière de salaire.

 

La beauté joue donc dans la sélection. Ce fait est encore renforcé dans nos sociétés de services où les relations publiques sont plus importantes que dans les sociétés industrielles. Certaines entreprises recrutent en tenant compte explicitement de l’esthétique. C’est le cas pour certaines tâches de représentation : hôtesse d’accueil, de l’air, steward, présentateur de télévision, etc. Mais dans de nombreux autres cas, le critère esthétique opère sans être explicite : un manager qui recrute sa secrétaire, un chef qui recrute dans son service, un salon de coiffure ou un magasin de vêtements – il est toujours mieux pour l’image de marque d’une entreprise que les salariés qui la représentent soient beaux. Même à l’intérieur des équipes, bien qu’il n’y ait pas d’enjeu de représentation, le phénomène joue a priori . Dans les relations sociales ordinaires entre collègues, il a été démontré par des sociologues que les personnes les plus belles attirent plus de sympathie de la part de leurs collègues. On recherche plus volontiers leur compagnie. Inversement, il y a une mise à l’écart des obèses, des laids ou des handicapés. La discrimination par la beauté qui existait déjà à l’école se poursuit au travail.

 

Elle se retrouve aussi dans la justice. Face aux juges, le « délit de sale gueule » joue un rôle et une mine patibulaire appelle plus de suspicion qu’un visage d’ange. C’est incontestablement sur le marché de l’amour que la loi de la beauté est la plus implacable. Et la plus cruelle. En dépit de « l’amoureusement correct » qui voudrait que l’on aime une personne d’abord pour sa personnalité, sa générosité, son intelligence, son humour…, la beauté reste le facteur prédominant dans l’attraction entre les êtres.

 

Les beaux vers les beaux, les laids vers les laids

 

Une belle gueule a évidemment infiniment plus de chance de pouvoir séduire la femme de ses rêves qu’un laideron. Et tout le monde n’a pas le bagout et l’intelligence de Sartre pour compenser un physique ingrat. De ce point de vue, la sélection par le beau est assez intraitable. Seuls quelques romanciers ont osé aborder sans fard ce tabou. La laideur contraint souvent à ne séduire que les personnes qui sont à sa portée, c’est-à-dire ceux qui vous ressemblent. Dans Le Goût des femmes laides (Gallimard, 2005), l’écrivain Roger Millet met en scène un personnage très laid qui, poussé par le goût de la conquête et du sexe, doit se contenter de ne séduire que des femmes laides. Il devient une sorte de Don Juan des réprouvées. Dans Extension du domaine de la lutte (Nadeau, 1994), Michel Houellebecq relate la misère sexuelle et la frustration d’un homme sans charme.

 

Sur ce point, le constat des sociologues rejoint celui de la psychologie évolutionniste et le constat courant que chacun peut faire. Les femmes accordent, il est vrai, un peu moins d’importance au physique dans leurs relations amoureuses. Mais, en général, une femme ne tombe amoureuse d’un homme plus laid et vieux que s’il a un statut social supérieur et une position prestigieuse. Il arrive certes parfois que la plus belle et charmante fille du lycée, du quartier, de la fac, s’entiche d’un sale type : laid, stupide et sans attraits apparents. Mais ces exceptions sont rares. Elles sont remarquables justement parce qu’exceptionnelles. De même, certains hommes préfèrent les femmes plus âgées, ou grosses, alors que l’âge et le poids constituent en général un handicap dans la séduction. Le marché de l’amour a ses lois. La beauté offre un précieux « capital de séduction » plus ou moins élevé. Ce capital est un facteur d’inégalités très fortes dans les relations humaines en général et les relations amoureuses en particulier. Injustice supplémentaire : ce capital est en partie héréditaire.

 

Bref, c’est triste à constater, à l’école, au travail, en amour, en amitié et dans les relations humaines en général, il vaut mieux être beau. Cela compte de façon significative dans le jugement porté sur nous. On comprend dans ces conditions que le maquillage, la musculation, les régimes amaigrissants, les produits « anti-âge », antirides, la chirurgie esthétique, le Botox, bref tout ce que l’industrie de la beauté peut proposer, se portent bien... "L’importance excessive" que l’on accorde aux apparences est d'une futilité éloquente, mais la beauté reste un atout considérable dans les relations humaines.

 

www.scienceshumaines.com

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 15:05

"Un menteur, contrairement à une idée reçue, a tendance à davantage regarder son interlocuteur qu’une personne disant la vérité."


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La croyance populaire veut qu’un menteur détourne le regard, de peur d’être démasqué. Pour déceler le mensonge chez un interlocuteur, il suffirait de lui demander de répéter sa phrase, les yeux dans les yeux. Mais le sens commun est-il toujours un reflet de la vérité ? Pour le savoir, les psychologues Samantha Mann, Albert Vrij et leurs collègues de l’Université de Portsmouth ont réalisé un bilan de nombreuses études sur ce sujet. Ils ont constaté que certains signes trahissent effectivement le mensonge : un menteur a tendance à marquer des pauses dans son discours, des hésitations, à illustrer moins abondamment ses propos par des mouvements des mains. Concernant le regard, toutefois, il semblerait que les menteurs ne détournent pas les yeux. Bien au contraire !

  

Les psychologues ont réalisé une expérience dans un aéroport en demandant à des passagers de dire la vérité à propos de leur destination, ou de mentir. Les personnes qui les observaient devaient noter précisément le nombre de fois qu’ils détournaient le regard, ou au contraire qu’ils cherchaient le contact des yeux de leur interlocuteur. Quelque 338 passagers ont ainsi été interrogés, révélant que les menteurs cherchent plus fréquemment le contact visuel avec leur interlocuteur, que les personnes disant la vérité. Comment expliquer cet effet ? Un menteur, souligne S. Mann, a tendance à douter de sa crédibilité. Pour cette raison, il a un désir plus grand de se montrer convainquant et est à l’affût des signes traduisant cette adhésion chez son interlocuteur. Pour savoir si on le croit, il cherche des indices dans le regard de son vis-à-vis, dans ses mimiques, et l’observe attentivement. Une personne qui dit la vérité, en revanche, a moins de raisons de douter qu’elle est crue et peut se permettre de regarder ailleurs. Les apparences, tout comme les personnes, peuvent mentir !

  

Sébastien Bohler de www.pourlasciences.fr

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 11:30

Le reportage de Raphaëlle Mantoux sur cette pathologie, et le livre de Serge Hefez, psychanalyste - Amours : Histoires des relations entre les hommes et les femmes, Fayard, 2007.

   

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La jalousie est une émotion secondaire et représente des pensées et sentiments négatifs d'insécurité, de peur et d'anxiété concernant une perte anticipée de valeurs personnelles qu'un individu perçoit. La jalousie est un mélange d'émotions comme la colère, la tristesse, la frustration et le dégoût. La jalousie ne doit pas être confondue avec l'envie... La jalousie amoureuse est une émotion empreinte d'agressivité qui est la conséquence de la peur de perdre l'être aimé ou l'exclusivité de son amour, au profit d'une autre personne – sentiment qui peut être fondé sur l'imagination et non sur des faits. Quand elle est permanente ou excessive, la jalousie est une forme de paranoïa et est attachée à une relation « amoureuse » sur un mode possessif voire exclusif. Dans Othello ou le Maure de Venise, William Shakespeare fait décrire à Iago la jalousie comme un « monstre aux yeux verts qui produit l’aliment dont il se nourrit !». 

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