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Dossier Vie publique et économique

Vendredi 26 avril 2013 5 26 /04 /Avr /2013 15:14

Vers une nouvelle Démocratie contributive...

  
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Il est plus facile de s’entendre sur ce que la démocratie n’est pas, que de dire ce qu’elle est. Si la démocratie n’est pas l’addition du droit de vote et du libre marché, qu’est-elle ? Ceux qui veulent réduire la démocratie au suffrage universel oublie que l’histoire du suffrage universel n’est pas séparable de celle de l’école : la participation citoyenne est impossible sans le savoir-lire et le savoir-écrire ; ils ne veulent pas voir, en outre, que l’abstention avoisine partout cinquante pour cent des électeurs.
 
Si la démocratie est le pouvoir du peuple, le peuple n’existe qu’en tant qu’il ne cesse de s’instituer : c’est un idéal, une consistance – il consiste plutôt qu’il n’existe. « Le peuple » n’est ni « les pauvres » (ou la plèbe, ou les gueux) ni l’unité de la Nation qui est toujours multiple. Ce peuple qu’est le démos n’est pas un individu, mais un processus : c’est précisément un régime de ce que Simondon appelle l’individuation psychique et collective, tel qu’il est fondé par l’accès critique de tous aux principes constitutifs de la transindividuation qui relie le psychique au collectif, cet accès critique étant lui-même rendu possible par un type spécifique de rétention tertiaire que le citoyen doit adopter à travers une éducation politique qui commence avec le skholeion grec.
 
La démocratie est ce que ruine la télécratie (ou industrie des médias de masse, productrice d'une opinion malléable) en particulier depuis les deux dernières décennies. La télécratie a produit la pire des situations : une démocratie participative non-représentative1, soit une démocratie sans peuple parce que sans idéal du peuple.
 
En s’inspirant de Mc Crawford Brough Macpherson2, on peut distinguer quatre idées de la démocratie : la démocratie de protection (garantissant la sécurité et protection des biens) ; la démocratie d’épanouissement (garantissant l’aspiration à l’épanouissement personnel, trop vite réduit au « pouvoir d’achat ») ; la démocratie d’équilibre (garantissant la régulation de l’offre et de la demande en s’appuyant sur un système de parties politiques comparables à des entreprises concurrentes) ; la démocratie participative, dont nous posons cependant qu’elle est la seule forme véritable de démocratie.
 
Autant dire que ce que l’on a pu appeler la démocratie participative en l’opposant à la démocratie représentative est un leurre tout proche d’une conception populiste de la démocratie. Ou bien la démocratie est participative et représentative, ou bien ce n’est pas une démocratie. Peut-être vaudrait-il mieux alors parler de démocratie contributive3, pour ne pas opposer contribution et représentation mais au contraire repenser la représentation à partir de la contribution, ce qui nécessite la conception et la mise en œuvre d’une technologie politique spécifique.
 
Il n’y a pas d’espace public – ni a fortiori d’espace démocratique – en dehors de techniques ou de technologies de publication. De toute évidence, et comme la publication des télégrammes diplomatiques par WikiLeaks l’a fait apparaître au niveau planétaire, nous vivons une révolution des technologies de publication qui impose de repenser en totalité l’espace et le temps publics, c’est à dire la chose publique, tout aussi bien que le régime démocratique qui en fait en principe l’affaire de tous.
 
L’espace numérique et planétaire de publication requiert une nouvelle pensée de la constitution politique et démocratique.
 
Notes:
 
1 L’intervention formatée du peuple sur les plateaux de télévision est l’autre face d’une politique du sondage où on ne sait plus qui de la télévision ou du peuple commente ce que dit l’autre.
 
2 Crawford Brough Macpherson, Principes et limites de la démocratie libérale, Paris, La Découverte, 1985.
 
3 Nous préférons parler de « contribution » plutôt que de « participation », car la participation évoque la partition, soit la particularité d’un vote. Si on peut toutefois parler de « participation » c’est au sens de Simondon : « La participation, pour l’individu, est le fait d’être élément dans une individuation plus vaste par l’intermédiaire de la charge de réalité préindividuelle que l’individu contient, c’est-à-dire grâce aux potentiels qu’il recèle » (Simondon, L’individuation psychique et collective, p. 18). La participation nomme alors la relation qui fait correspondre une réalité non individualisée en vous (préindividuelle) et une réalité non inter-individualisée hors de vous (transindividuelle). La participation en ce sens nomme la relation individuante avec un milieu associé, dans le cas contraire les milieux sont dits dissociés ou désindividuants : par exemple, lorsqu’on subit les effets d’une industrie de services, on voit son existence se transformer sans participer ou contribuer à cette transformation. Ce détour par Simondon nous aide à comprendre que l’individu n’est pas ce à partir de quoi il faut penser la démocratie, ou l’activité politique, car l’individu est tout au mieux le fruit provisoire d’une relation à un milieu transindividuel, et en aucun cas son point de départ.
 
La démocratie participative comme démocratie de « n’importe qui » (cf. Jacques Rancière, La haine de la démocratie, La Fabrique, 2005), n’est pas nécessairement une démocratie de n’importe quoi. Or, il n’est pas d’autres moyen d’agir sur le quoi, que d’agir sur les instruments que se donnent les qui pour accéder à leur quoi. Ce pourquoi la participation citoyenne est toujours subordonnée à l’intelligence des milieux contributifs.
Par Trommenschlager.f-psychanalyste.over-blog.com - Publié dans : Dossier Vie publique et économique - Communauté : Blogs sans pub
Mardi 19 mars 2013 2 19 /03 /Mars /2013 09:13

En Chine, au Pakistan, en Inde, en Russie, les catastrophes naturelles de ces dix dernières années ont été d’une violence inouïe, tuant des milliers de personnes et en déplaçant d’autres millions !

 

  • Si l’évolution naturelle du climat permet d’expliquer ce déchaînement de la nature, elle n’en minimise pas moins la responsabilité majeure et non opposable de l’Homme. Son appétit féroce d’empiéter sur sa Terre et sa soif de conquête seront-ils un jour rassasiés ?

 

La canicule sans précédent et les incendies dévastateurs en Russie, les pluies torrentielles au Pakistan, les coulées de boue en Inde et en Chine n’en finissent pas d’alourdir le bilan humain. Des milliers de morts, des millions de déplacés. Et une plaie environnementale béante.

 

Depuis août 2010 en Chine, de nombreuses coulées de boue ont causé la mort de plus de 2 000 personnes et en ont déplacé plus de 12 millions. Le mercredi 18 août, une nouvelle coulée de boue de 300 mètres de large a tout emporté sur son passage, dans la province du Yunnan. 60 personnes sont portées disparues. La veille, 15 personnes ont trouvé la mort dans le Sichuan des suites d’un glissement de terrain. Le pays a connu les pires inondations de la dernière décennie... et ne parlons pas de son voisin le Japon, et des dégradations causées par l'explosion de la centrale de Fukushima (entre autres).
 

  • La Terre : un dépotoir pour l’homme sans foi ni loi !

 
Toutes ces démonstrations de la furie de la planète, si elles font bien partie d’un processus d’évolution logique, ne sont en réalité que renforcées par la main de l’animal qui l’habite : l’homme. Sa soif de conquête, de repousser toujours plus loin les limites de son royaume ont fragilisé l’équilibre intrinsèque de la nature et ont grippé les rouages du système. Urbanisation galopante, déforestation scandaleuse, transformation des zones humides en terres à cultiver, dépôt d’ordures dans des cours d’eau… autant de méfaits infligés à la nature, bafouant l’ordre établi depuis des millénaires et augmentant sensiblement la fréquence de ces catastrophes naturelles meurtrières.

 

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Et preuve de la culpabilité de l’homme dans ces dérèglements climatiques, même les Chinois commencent à se faire à l’idée ! Les médias chinois, en fait ! Les autorités, elles, continuent d’imputer la faute aux inondations. Tout en feignant ne pas comprendre qu’elles sont le résultat d’un développement économique effréné qui a induit la construction de routes et de barrages hydro-électriques à tout-va. « Les autorités locales sont sous pression pour éliminer la pauvreté et développer l’économie, un processus au cours duquel l’environnement se dégrade », a confirmé à l’AFP, Li Yan, le chargé de campagne changement climatique de Greenpeace Chine.
 

  • Urbanisation galopante, catastrophes conséquentes...

 
La deuxième puissance économique mondiale doit son statut en grande partie à la destruction de l’environnement et notamment à son urbanisation galopante. En 2009, elle comptait 620 millions de citadins et son taux d’urbanisation, de 46,6 %, devenait le plus élevé au monde. Sans compter que la Chine abrite de nombreuses villes et cours d’eau parmi les plus pollués au monde. Quant à la déforestation, il est prouvé qu’une baisse de 10 % de la surface des forêts entraîne une hausse de la fréquence des inondations comprise entre 4 et 28 % !

Rétablir la primauté de la nature, rendre ses lettres de noblesse à l’environnement, stopper l’urbanisation galopante, ne pas prendre pour acquis qu’une croissance économique effrénée est systématiquement synonyme de réussite, ne pas empiéter sur les sites remarquables, réinvestir dans le vivant… une leçon de vie, une leçon d’humanité, une leçon de vérité… pour qu’un jour les hommes ne meurent plus de leur incompétence écologique.

Par Trommenschlager.f-psychanalyste.over-blog.com - Publié dans : Dossier Vie publique et économique - Communauté : Sur les sciences humaines
Samedi 2 mars 2013 6 02 /03 /Mars /2013 13:57

INTERVIEW: Pourquoi l'Occident court à la catastrophe ? Explication, graphique à l'appui, du consultant britannique Jon Moynihan.

 

Croissance zéro, surendettement, chômage endémique et souffrance sociale. Et si le grand malaise des économies développées signifiait la fin de leur suprématie ? Et si les jobs perdus au profit des pays émergents ne revenaient pas ? C'est la thèse provocatrice du consultant britannique Jon Moynihan.

 

Pourquoi pensez-vous que l'Occident court à la catastrophe ?

- La principale explication tient en deux chiffres : 135 dollars, c'est le salaire journalier moyen d'un travailleur dans la zone OCDE ; 12 dollars, c'est celui d'un travailleur des zones urbanisées de Chine ou d'Inde.

 

 

Cette énorme disparité de revenus est la clef du péril qui nous guette. Dans une économie mondialisée, il est impossible de préserver des jobs bien payés pour les travailleurs occidentaux. Ce facteur sonnera le glas de l'occident. Au nom de quoi pourrait-on continuer à payer les 500 millions de salariés du monde développé dix fois plus cher que les 1,1 milliard de citoyens des zones urbanisées du monde en développement, qui étudient et travaillent souvent plus dur ?

 

Mais un rattrapage salarial ne s'opère-t-il pas entre Nord et Sud ?

- Certes les salaires augmentent dans les régions les plus industrialisées des pays émergents. Mais eux-mêmes commencent à délocaliser leurs usines vers leurs zones rurales ou des pays à plus bas coût, comme le Vietnam. N'oubliez pas qu'il existe, dans leurs campagnes, un autre réservoir de 1,3 milliard d'adultes, vivant avec moins de 2 dollars par jour... La baisse des salaires de nos travailleurs non qualifiés est inéluctable.

 

 

Déjà, un Américain qui n'a pas le bac gagne moins, en termes réels, que son grand-père... En 2025, le salaire occidental moyen aura peut-être été divisé par deux, à 60 dollars. Notamment à travers l'inflation et la dépréciation monétaire. En tout cas, le paradigme du XXe siècle, qui nous assurait une croissance annuelle moyenne de 2% du nombre d'emplois et de 3% du salaire réel, est bien mort ! Depuis l'an 2000, ces deux indicateurs sont négatifs.

 

Les jobs détruits par la crise ne reviendront pas ?

- Les emplois déplaçables vont tous migrer. On a déjà vu basculer des industries entières : la sidérurgie, l'électronique grand public. Aujourd'hui, c'est le tour de l'automobile ; demain de l'aéronautique. Regardez l'économie américaine, pourtant très flexible : lors des précédentes récessions, elle avait retrouvé le même niveau d'emploi au bout de quatre ans. Aujourd'hui, il lui manque encore 6 millions de jobs pour rattraper l'étiage de 2007...

  

 

C'est simple : en 1955, la plus grosse capitalisation de Wall Street, General Motors, employait 500.000 salariés aux Etats-Unis et 80.000 à l'étranger. Aujourd'hui, le champion c'est Apple. Mais il fait travailler 4.000 personnes aux Etats-Unis... et 700.000 chez ses fournisseurs asiatiques !


 

 

Justement, la solution n'est-elle pas de miser sur la matière grise, d'innover ?

- Certes. Mais les émergents ne se contentent plus, comme hier, de jouer les ateliers du monde en fabriquant des gadgets à bas coût. Ils remontent la chaîne de valeur, en investissant leurs excédents commerciaux dans l'éducation, la recherche-développement, les hautes technologies. La Chine, par exemple, investit maintenant presque la moitié de son PIB, les pays occidentaux à peine un cinquième.



Les pays émergents ne font pas que rattraper leur retard ; ils innovent. La part des brevets octroyés à la Chine est passée de presque rien en 1995... à près de 10% du total aujourd'hui.


 

 

Le classement de Shanghai consacre pourtant la suprématie des universités occidentales...

- C'est encore vrai, mais pour combien de temps ? Et d'ailleurs, les pays émergents en profitent eux aussi en envoyant leurs futures élites dans nos meilleures facs : en Grande-Bretagne, les diplômés du supérieur en sciences, technologie, ingénierie et sont à 60% étrangers. Le problème est que la qualité de notre enseignement se dégrade : en Europe, en moyenne, plus de 20% des élèves quittent l'école sans avoir acquis le niveau de lecture qui leur permettrait de contribuer positivement à la société, contre 4% seulement à Shanghai.

 

 

  

Vous critiquez la manière dont nos gouvernements ont réagi à la crise. Ils ont pourtant évité l'implosion du système.

- Au lieu d'analyser les véritables causes de nos problèmes, nos dirigeants se sont demandé comment stimuler l'activité pour retrouver la croissance d'avant. Comme si c'était forcément dans l'ordre des choses... Et leur réponse, initiée par Alan Greenspan en 1987 à la Federal Reserve américaine, a été d'inonder la planète de liquidités. Cette politique de l'argent bon marché - avec des taux d'intérêts nuls ou négatifs - a permis aux gouvernements, aux entreprises et aux ménages de s'endetter massivement pour maintenir leur niveau de vie. Mais cette dépendance à une surconsommation factice nous mène à la catastrophe !

 

Pourquoi ?

- Parce qu'au lieu, comme le préconisait Keynes, de relancer l'activité par la dépense publique en période de ralentissement et de générer des surplus en période de reprise, ces « néokeynésiens » ont fait de la dépense perpétuelle une quasi-religion. La crise des subprimes a encore aggravé les déficits, financés à crédit. Quand on cumule l'endettement des ménages, des entreprises et des Etats, on se situe entre plus de 650% du PIB pour l'Irlande et un peu moins de 300% pour l'Allemagne. C'est un vrai cercle vicieux. Car non seulement, comme les économistes Reinhart et Rogof l'ont montré, au-delà du seuil de 90% du PIB, l'endettement public freine la croissance. Mais surtout, quand la planche à billets aura fini par générer de l'inflation, il faudra bien remonter les taux d'intérêt, et ces dettes deviendront insupportables. Comme déjà en Grèce, en Espagne et en Italie...


Vous dénoncez également la responsabilité des financiers et des patrons surpayés...

- Des groupes disparates d'« ayants droit », à commencer par les banquiers, exercent des prélèvements indus sur nos économies. Les profits excessifs du secteur ont de nombreuses causes : capitaux bon marché, formation d'oligopoles, leviers financiers excessifs, délits d'initiés, développement d'une culture du pari... Résultat : la finance a pris un poids disproportionné, avec des profits et salaires passant de 3,8% du PIB au début des années 1980... à 7,6% en 2010.


On a aussi vu la rémunération des patrons de multinationales s'envoler...

- Attention, je n'ai rien contre le fait de bien gagner sa vie. Le désir de s'enrichir est un bon moteur économique. Mais certains PDG ont dépassé les bornes ! En Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, le ratio entre la rémunération annuelle moyenne des grands patrons et le salaire moyen d'un employé a explosé sans justification légitime au début des années 1990... pour atteindre 1 à 243 aujourd'hui. Et cela mine la cohésion sociale.


Quel rapport avec le déclin de l'Occident ?

- Les économistes Daron Acemoglu et James Robinson ont montré dans "Pourquoi les nations échouent" comment, au fil de l'histoire, ce qu'ils appellent des "groupes extractifs" - qui accaparent plus de richesses que ce qu'ils contribuent à créer - peuvent influer sur les politiques et causer le déclin des civilisations.


Mais pour vous les fonctionnaires et les bénéficiaires de prestations sociales font aussi partie de ces "ayants droit " abusifs ?

- Oui. Aux Etats-Unis et en Angleterre, les agents du secteur public - à l'exception des plus qualifiés - sont significativement mieux payés que leurs homologues du privé. Et ce, alors même que leur productivité décline, pendant que celle du privé augmente. En outre, une grande partie des prestations sociales est attribuée à des gens qui n'en ont pas besoin. L'Etat ne peut plus se permettre de subventionner les classes moyennes.

 

Comment enrayer ce déclin ? Un virage vers la rigueur, en pleine crise, ne peut qu'aggraver la récession.

- Bien sûr, il faut que nos gouvernements continuent à investir... Mais pas en aggravant les déséquilibres. La priorité absolue, c'est de réorienter nos dépenses publiques vers les deux types d'investissement les plus porteurs de croissance : l'éducation et les infrastructures.


 

  On a, à tort, laissé se dévaloriser la fonction d'enseignant. En 1930, aux Etats-Unis, 90% des étudiants qui choisissaient d'enseigner faisaient partie du premier tiers de leur promotion ; aujourd'hui, c'est à peine plus de 20%. De même, selon l'OCDE, les pays qui ont les meilleurs taux de réussite en lecture sont ceux où les enseignants sont les mieux rémunérés...

   

 

Quant aux infrastructures, je ne vais pas expliquer aux Français l'intérêt du TGV ou de réseaux télécoms à haut débit. En Grande-Bretagne, on se demande encore s'il faut un TGV entre Londres et Birmingham !

 

Vous préconisez aussi de réformer les banques, de réorienter notre fiscalité et de mettre le paquet sur les nouvelles technologies...

- Oui, il faut avoir le courage politique de rogner les profits de la finance. Il faut aussi, pour favoriser la croissance, faire peser les taxes davantage sur la consommation et l'immobilier et moins sur les ménages et les entreprises. Il faut surtout miser massivement sur les technologies de demain biotech, nanotech, infotech, sciences cognitives et énergies propres - en stimulant le capital-risque. Il faut intégrer nos usines dans des écosystèmes industriels. Ne laissons pas tomber la fabrication proprement dite, qui génère des jobs pour nos classes moyennes avec de nombreux emplois induits (graphique 10).


 

  

Mais vous dites que, pour éviter les délocalisations, il faut commencer par diminuer notre train de vie de 10 à 15%...

- Il faut en effet réformer notre modèle social, avec des sacrifices répartis de la manière la plus équitable possible. Il faudra reculer l'âge de la retraite, diminuer les prestations et rogner sur les salaires. Il y a même urgence. Car si on ne le fait pas aujourd'hui de manière ordonnée, cela nous sera imposé d'ici quelques années par l'accélération de notre déclin. Plus on attend, plus la facture sociale, économique et politique sera douloureuse !

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/

Par Trommenschlager.f-psychanalyste.over-blog.com - Publié dans : Dossier Vie publique et économique - Communauté : Ressources Humaines
Mercredi 16 janvier 2013 3 16 /01 /Jan /2013 10:13

"La recherche de dividendes et de profits n'est pas la seule motivation des dirigeants. Du respect de l'humain à l'harmonie avec l'écosystème, les entreprises de demain portent de grands principe qui redonnent du sens au travail."

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Pour des patrons, anticiper l'avenir passe par d'autres critères que la seule recherche du profit: impact environnemental, préoccupation pour la responsabilité sociale, capacité à tisser de nouvelles alliances en sont quelques unes.

  
Anticiper l'avenir passe par d'autres critères que la seule recherche de dividendes et de profits. Parmi les grands principes qui portent les entreprises de demain, certains cultivent une vision de long terme, la coopération avec les parties prenantes et un management où les salariés travaillent en liberté. 

  • 1/ L'harmonie avec l'écosystème
L'entreprise qui rêve de changer le monde intègre une profonde conscience de ses impacts sociaux et environnementaux. Interface, géant mondial de la dalle textile (1057 millions de dollars de chiffre d'affaires), est un exemple-phare de ce comportement vertueux. "En 1994, quand notre PDG, Ray Anderson, comprit les enjeux du développement durable, tout le monde fut surpris, raconte Denys Mettais Cartier, directeur général d'Interface France. Il nous disait sous forme de boutade: "Si nous continuons à gérer nos entreprises ainsi, dans dix ans nous serons tous en prison.""  Dès 1995, ce dirigeant clairvoyant lance un programme d'élimination des déchets. Depuis, les rejets en décharge ont été réduits de 88%, l'eau utilisée de 84%, l'énergie de 47% et les émissions de gaz à effet de serre de 32%. Au total, environ 400 millions de dollars d'économies sont générés, de quoi financer en interne la transformation des processus industriels et anticiper l'avenir: d'ici à 2020, Interface ne devrait plus avoir d'impact négatif sur l'environnement.  

  • 2/ La vision de long terme
Pour changer sans mettre en péril l'entreprise, une vision de long terme est indispensable. Depuis 2008, Pur Projet (2 millions d'euros de chiffre d'affaires, 35 salariés) vend des programmes de compensation carbone, via l'agroforesterie. Les économies réalisées par la réduction de certains coûts permettent d'intégrer des innovations socio-environnementales dans le coeur de métier des entreprises.  
Un arbre est planté toutes les cinq serviettes...
Ainsi, le groupe hôtelier Accor a souscrit à un programme de plantation, financé par la réduction du coût de lavage des serviettes et draps. "50% des économies réalisées sont réinvesties dans l'hôtel et 50% sont investies dans les arbres, si bien que un arbre est planté toutes les cinq serviettes, ce qui représente déjà 1 million d'arbres", explique le fondateur de Pur Projet, Tristan Lecomte, qui dénombre une centaine de clients de la multinationale à l'association. Avec des projets forestiers conçus sur quarante ans, on est loin des règles dictées par le court-termisme financier.  

  • 3/ La réunion du profit et de la responsabilité sociale
Sur le tableau de bord des dirigeants visionnaires, indicateurs économiques, sociaux et environnementaux sont traités de la même manière. "Un entrepreneur social qui n'a pas d'impact économique n'est plus un entrepreneur", souligne Nicolas Hazard, président du Comptoir de l'innovation (Groupe SOS).  En témoigne le succès de Siel Bleu, intégrer la défense du bien commun au coeur de l'entreprise peut aller de pair avec la création de richesses. Fondé en 1997 par Jean-Michel Ricard et Jean-Daniel Muller, ce groupe associatif aide 70.000 personnes fragilisées (âgées, handicapées ou malades chroniques) à cultiver forme et santé. Plus de 320 salariés interviennent via 3 500 structures en France et 500 à l'étranger (Belgique, Irlande et Espagne). D'après une étude réalisée fin 2011 par McKinsey, les cas de diabète et de fractures évités avec la prévention proposée par Siel Bleu permettraient à la France d'économiser 59 milliards d'euros d'ici 2020 !  

  • 4/ La capacité à tisser de nouvelles alliances
Certaines entreprises pratiquent l'innovation sociale en élaborant de "nouvelles alliances" avec l'ensemble de leurs parties prenantes pour améliorer leur compréhension du marché et affiner la mise au point de solutions innovantes. "C'est une posture qui est encore rare, analyse Olivia Verger-Lisicki, d'IMS-Entreprendre pour la Cité. Or ce qui manque aujourd'hui, c'est vraiment de penser ensemble, avant de faire."  Depuis 2007, Ashoka expérimente une approche de ce type grandeur nature, avec le projet Housing for All (Un logement pour tout le monde), destiné à offrir un toit aux populations des bidonvilles. Pour cela, l'ONG a rassemblé entrepreneurs sociaux connaissant parfaitement le terrain, associations locales en lien avec les habitants, promoteurs immobiliers, institutions financières classiques, et capitaux-risqueurs spécialisés dans l'entrepreneuriat social et les collectivités locales. D'ici à la fin 2012, 5 500 logements auront été construits, facilitant la vie de 27.500 personnes. 

  • 5/ La réinvention des logiques de consommation
Depuis 2010, La Ruche qui dit Oui! renouvelle le principe des coopératives de consommation en proposant des produits alimentaires de qualité à un meilleur prix pour tous. En alliant approvisionnement local et commande groupée, les 146 ruches réparties dans l'Hexagone créent un réseau autonome qui rencontre un succès inespéré: 30.000 commandes et 1 600 distributions ont généré en deux ans un volume de transactions de 1,3 million d'euros. Les 55.500 consommateurs du réseau associent plaisir de participer à un collectif au confort d'accès à un panier composé à la carte. Les 2 250 producteurs apprécient le principe de vente directe: les marges sont plus avantageuses qu'auprès des centrales d'achat.  Rodolphe Vidal, chercheur à l'Institut de l'innovation et de l'entrepreneuriat social de l'Essec, estime que: "C'est à cette échelle des systèmes de consommation que les impacts seront les plus forts, dans la convergence entre enjeux collectifs, liens sociaux, intérêts économiques et commerciaux."  

  • 6/ Le respect de l'humain

Les patrons doivent "libérer" leurs salariés 

Autre qualité indispensable: un management plus altruiste. Isaac Getz, co-auteur de Liberté & Cie (Fayard, 2012), estime que les patrons doivent "libérer" leurs salariés: il ne s'agit plus de contrôler leur travail, mais de les responsabiliser en créant un univers de respect, de considération et de bienveillance. Une acculturation qui prend entre trois et dix ans: Gore, aux Etats-Unis, a intégré cette logique dès 1958 et géré la croissance de son activité en maintenant des unités de travail à taille humaine, adaptées aux cultures locales. En France, le fabricant de pièces en alliages cuivreux Favi a maintenu la qualité de sa fabrication et intégré les enjeux sociétaux sous l'impulsion de son PDG, Jean-François Zobrist. En supprimant la pointeuse, en passant du temps dans les ateliers avec les opérateurs, en cessant de les surveiller pour leur offrir la possibilité d'être leurs propres chefs, ce dernier a instauré un climat de confiance moins coûteux et plus efficace que les logiques de contrôle préexistantes.  

  • 7/ La gestion démocratique
Dans une coopérative, le principe est un homme est égal à une voix. 
Certains vont jusqu'à adopter un statut d'entreprise conforme à leurs valeurs. Il en va ainsi des coopératives, comme l'explique Philippe Durance. Ce professeur au Cnam (Conservatoire national des arts et métiers) a étudié de près la coopérative basque Mondragón (85.000 salariés): "Ceux qui recherchent le modèle coopératif aujourd'hui sont en quête d'un nouveau type de partage de la valeur. Dans une coopérative, la décision collégiale est inscrite dans les statuts sur le principe de un homme, une voix." Pour Baptiste Rabourdin, l'un des trois associés-fondateurs de la Scop Eco-Sapiens, un comparateur de prix dédié à l'écoconsommation (60.000 produits référencés depuis novembre 2007), "le statut n'est pas une finalité, mais un garde-fou contre l'excès de rémunération des actionnaires". Ça tombe bien: 2012 était l'année internationale des coopératives. 
  
 Anne-Sophie Novel pour www.lexpress-emploi
Par Trommenschlager.f-psychanalyste.over-blog.com - Publié dans : Dossier Vie publique et économique - Communauté : Ressources Humaines
Mardi 15 janvier 2013 2 15 /01 /Jan /2013 11:59

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Voici le cours de psychosociologie du mardi 15 janvier 2013 à 19h30. Conférence en deux parties de longue durée, mais néanmoins pourvue d'un intérêt croissant :

   

       
 

  -Vidéos filmées sur demande pour cause d'intempéries-

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L’économie sociale et solidaire (ESS) et l'économie contributive rassemble les structures et entreprises qui concilient utilité sociale, activité économique et/ou gouvernance démocratique. Donnant la primauté aux personnes sur la recherche de profits, elles sont organisées autour :

  • d’une solidarité collective ;
  • d’un partage démocratique du pouvoir dans l’entreprise ;
  • et réinvestissent leur résultat dans leurss projets et au service des personnes.

SCOP, coopératives, mutuelles, associations, fondations et entreprises sociales oeuvrent pour remettre l’humain au cœur de l’économie.

    

  Un moteur pour l’emploi

 

Les entreprises de l’ESS sont un acteur économique de premier plan en France. Elles emploient plus de 2,35 millions de salariés et distribuent chaque année plus de 50,5 milliards d’euros de masse salariale, soit environ 10 % de l'emploi salarié et de la masse salariale versée chaque année par les entreprises privées. A titre de comparaison, c’est 2,5 fois le poids de la masse salariale du secteur de l’hébergement et de la restauration et 1,5 fois plus d'emplois que le secteur de la construction.

Sur les dix dernières années, l’ESS a créé 440 000 emplois nouveaux, en croissance de 23 %. Dans le même temps, l’ensemble de l’emploi privé n’augmentait que de 7 %.

Avec près de 600 000 emplois à renouveler d’ici 2020 en raison des départs en retraite, c'est un vivier d’emplois pour les 10 prochaines années.

    

Offrir des biens et services pour le plus grand nombre

 

Les entreprises de l’ESS offrent des biens et services pour le plus grand nombre sans chercher à exclure les personnes les moins solvables. Loin d’être une économie de la marge, l’économie sociale occupe les premières places dans des secteurs essentiels :

  • 9 personnes handicapées sur 10 sont prises en charge par des établissements de l’économie sociale ;
  • 68 % des services d’aide au domicile aux personnes dépendantes sont portés par des entreprises de l’économie sociale ;
  • 30 % des hôpitaux sont gérés par l’économie sociale ;
  • 60 % des dépôts bancaires se font dans les banques de l’économie sociale et solidaire ;
  • 38 millions de Français sont protégés par les mutuelles de santé ;
  • 1 voiture sur 2 est assurée par une mutuelle d’assurance de l'ESS.
   

Les acteurs de l’ESS innovent économiquement et socialement:

  

Parmi quelques exemples d’innovations utiles socialement développées par les entreprises de l’ESS et du contributif: l’aide à domicile des personnes fragiles, l'aide aux personnes âgées dépendantes, l'accueil de jour des personnes handicapées, la création de monnaies locales complémentaires, le partage des brevets d'exploitation, les services d'échange libre ou le "crowdfunding" (type de mécénat par réseaux de contacts).

Par Trommenschlager.f-psychanalyste.over-blog.com - Publié dans : Dossier Vie publique et économique - Communauté : "Psychologie interdite"

Soins conventionnels:

- Etat dépréssif.

- Situation de crise. 

- Fibromyalgie.

- Gestion du stress.

Soins spécifiques:

- Addictions.

- Hypnothérapie.

- Thérapie familiale.

- Troubles du comportement alimentaire.

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