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Dossier Conseils RH

Mercredi 15 mai 2013 3 15 /05 /Mai /2013 19:40

En France, la perte d'emploi comme le mal-être au travail peuvent conduire à un même désespoir. Si les immolations par le feu choquent particulièrement, les suicides de chômeurs et de salariés font désormais partie de notre quotidien.

 

Marie Pezé, psychanalyste, s'exprime sur la pression morale en sus de la taylorisation. 
 
A ce désespoir prend sa part un discours selon lequel les Français auraient un rapport malsain au travail. Peu enclins à travailler, ceux-ci auraient tendance à se laisser assister et, lorsqu'ils travaillent, ils seraient surtout occupés à défendre leurs acquis. Ce discours s'est imposé en 1984 autour d'une émission d'Antenne 2 intitulée "Vive la crise" avec Yves Montand et reprise dans un numéro spécial de Libération. Il s'est renforcé avec la mise en place des 35 heures. On a ainsi pu entendre le président Sarkozy exhorter les Français à réhabiliter la "valeur travail".  

 

Ce climat de discrédit jeté sur les salariés français est déconnecté de la réalité : on sait que de nombreuses catégories ne bénéficient pas des 35 heures, et surtout que la productivité horaire en France est une des plus élevées au monde. Mais il fait régner une suspicion généralisée. Ceux qui sont au chômage font-ils tout ce qui est possible pour retrouver du travail ? Ceux qui sont au travail font-ils ce qu'il faut pour être compétents et performants ?

 

La lettre envoyée récemment par Maurice Taylor, le PDG américain de Titan, au ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, dans laquelle il se moque des salariés français ("Ils ont une heure pour leurs pauses et leur déjeuner, discutent pendant trois heures et travaillent trois heures"), aurait-elle été imaginable hors d'un tel contexte ?

 

UN CHÔMAGE DEVENU MASSIF

 

On aurait tort de sous-estimer l'effet délétère de cette situation sur ceux qui perdent pied dans le marché du travail ou dans les entreprises. Loin de se déculpabiliser d'un chômage devenu massif, de pressions souvent démesurées au travail, ils se sentent stigmatisés. Ils ne trouvent aucune compréhension et encore moins de compassion chez leurs concitoyens. Ils sont désespérément seuls dans l'épreuve qu'ils traversent, seuls et honteux.

 

Mais nombre de recherches mettent en évidence que cette suspicion, cette défiance (qui aggravent ainsi le désespoir des exclus de l'emploi et des naufragés du travail) sont le socle du modèle managérial français, celui qui le rend néfaste tant du point de vue des conditions de vie au travail que de l'efficacité globale des entreprises.

 

Les travailleurs sont ainsi doublement victimes tandis que le management qui les précarise objectivement et subjectivement est dédouané.

 

En effet, le management français, convaincu que les salariés dont il a "hérité" ne sont pas les "bons" et galvanisé par ce discours de discrédit ambiant, s'est lancé dans une bataille identitaire sans pitié pour les faire plier et les contraindre d'adhérer à son idéologie et sa rationalité.

 

Sur la base d'une politique systématique d'individualisation, la modernisation managériale s'affirme ainsi par une politique de précarisation des salariés, une précarisation objective comme subjective. Aux côtés d'offensives idéologiques et éthiques destinées à modeler les esprits, à séduire, à persuader, le management cherche à instaurer les conditions obligeant hic et nunc les salariés à devenir les alliés inconditionnels de leur entreprise, les relais dociles de ses choix et objectifs dans le cadre d'un capitalisme de plus en plus financier.

 

ASSEOIR UNE EMPRISE SANS FAILLE

 

 Pour remporter cette victoire, le management mise sur l'emploi précaire (CDD, intérim, travail à temps partiel et saisonnier) comme modalité disciplinaire, pour les jeunes surtout qui veulent trouver leur place sur le marché du travail. Et il s'évertue à précariser, subjectivement cette fois, les salariés bénéficiant d'un emploi stable, pour asseoir sur eux aussi une emprise sans faille.

 

A cette fin, il est parti en guerre contre les ressources dont disposent ces salariés stables, c'est-à-dire leur métier et leur expérience qui leur permettent de maîtriser leur fonction, d'alléger les difficultés et de se doter d'un point de vue argumenté sur leur travail opposable aux directives, aux critères et méthodologies de la hiérarchie.

 

Les multiples restructurations, changements qui balaient les entreprises françaises de façon frénétique ont ainsi souvent pour objectif de fragiliser des salariés qui ont sans cesse tout à réapprendre pour conserver leur poste, et qui se sentent en permanence sur le fil du rasoir face à des objectifs démesurés et des évaluations indifférentes au travail réel.

 

Loin de miser sur l'intelligence collective pour innover et gagner des parts de marché, le management français a opté pour une attaque en règle de la professionnalité et de l'engagement de ses salariés, compromettant leur santé physique et psychique, tout autant que notre avenir.

 

-Danièle Linhart, sociologue du travail ; directrice de recherche émérite au CNRS-

Par Trommenschlager.f-psychanalyste.over-blog.com - Publié dans : Dossier Conseils RH - Communauté : Ressources Humaines
Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 14:51

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Quoi de plus pesant que de travailler au milieu de collègues qui font la tête ? Au bureau, le quotidien peut rapidement devenir lourd pour tout le monde, collaborateurs comme manager. C'est à ce dernier que revient, en partie, la responsabilité d'insuffler une bonne ambiance dans son groupe. Bien évidemment, la bonne humeur de ses troupes ne se décrète pas. Cependant, être responsable ne se réduit pas à exiger que le travail soit fait dans les temps. Le manager se doit de veiller à ce que règne une atmosphère détendue au sein de son équipe. Cela améliore la qualité du travail, limite l'absentéisme comme le turn over et permet de mieux supporter les inévitables périodes de stress. Pour y parvenir, pas de formule magique mais une série de comportements à adopter. Voici quelques conseils pour redonner le sourire à vos collaborateurs.

 

Susciter des temps de convivialité

 

Selon les métiers et les entreprises, partager des moments en équipe autres que des réunions se révèle plus ou moins courant. Or, il est relativement difficile de redonner le sourire à un salarié isolé devant ses dossiers ou son ordinateur. Pour insuffler un esprit positif à son équipe, le manager doit permettre, voire provoquer, des moments de convivialité pendant lesquels les collègues se découvrent sous un jour nouveau. Du déjeuner d'équipe aux séminaires de groupe en passant par des matches de foot ou une journée de solidarité, toutes les idées sont bonnes... si elles répondent aux demandes des collaborateurs et qu'elles n'apparaissent pas comme une corvée supplémentaire. Car l'un des risques de telles initiatives est de ne pas susciter l'adhésion. Le manager doit donc se montrer malin dans ses choix et subtil dans ses annonces. Il peut par exemple encourager les initiatives de son équipe ou déléguer l'organisation de ces événements pour que l'équipe se les approprie.

 

Avoir soi-même le sourire

 

Le rire est communicatif. Le sourire l'est tout autant. Il est impossible pour un manager de chercher à rendre son équipe plus joyeuse si lui-même fait la tête à longueur de journée. En revanche, s'il transpire la joie de vivre, ses collaborateurs en bénéficieront. Par sa fonction, le responsable imprime sa patte à son équipe : son rythme de travail, ses méthodes d'organisation... Cela fonctionne aussi avec son humeur. Bien évidemment, cette bonne humeur partagée ne fonctionne pas à tous les coups. D'abord, rares sont les personnes qui ont en permanence un sourire scotché au visage. Surtout, cette attitude ne doit pas sonner faux : un sourire de façade est insupportable. S'il est sincère, le comportement joyeux et décontracté d'un chef participe de manière importante à la bonne humeur générale de son équipe.

 

Adopter un discours positif

 

Joindre la parole au geste. A l'instar d'un manager qui, pour insuffler de la bonne humeur, doit adopter un comportement adéquat, quiconque partage de telles ambitions, doit aussi faire attention au discours qu'il adopte. Devant ses collaborateurs, les mots qu'il choisit doivent susciter la confiance, l'optimisme et l'encouragement plutôt que la crainte, le pessimisme et les remontrances. C'est un fait, la parole d'un chef bénéficie d'un statut particulier au sein d'une équipe. Elle permet de fixer un cap, d'expliquer la marche à suivre et de tirer des bilans. Surtout, elle impacte plus que toute autre le quotidien des collaborateurs. C'est donc un élément indispensable pour créer une ambiance plaisante. Dernière chose : idéalement, une petite dose d'humour savamment dosée se révèle être le meilleur moyen de faire rire et sourire.

 

Se montrer à l'écoute... attentivement

 

La vie de groupe suscite invariablement tensions et incompréhensions. C'est l'un des rôles du manager de désamorcer les conflits et d'aplanir les relations au sein de son équipe. Encore faut-il avoir conscience des difficultés –mais aussi des envies– des uns et des autres ! Pour cela, pas le choix, il faut se montrer ouvert et disponible. Un manager à l'oreille attentive parviendra à comprendre ce qui mine le moral de ses troupes, ce qui les motive et ce qui leur fait plaisir. Il doit donc encourager ses collaborateurs à venir le voir dès qu'ils le souhaitent. Sa porte toujours ouverte, il prend note des récriminations comme des aspirations. Surtout, il les prend en compte. De sa capacité à régler les soucis et à répondre aux ambitions de chacun, dépendra l'humeur qui règne dans son groupe.

 

Faire taire les rabat-joie

 

Contribuer au bonheur général d'une équipe consiste aussi à limiter les perturbations... et leurs auteurs. Au sein d'une équipe, il arrive qu'une ou plusieurs personnes distillent, jour après jour, leurs mauvaises ondes. Humeur massacrante, volonté défaillante ou réactions déconcertantes, leur attitude est susceptible d'agacer leurs collègues, en leur retirant toute envie de sourire. Devant de telles situations –pas si rares, il revient au manager d'épargner au groupe l'esprit ronchon de quelques-uns, au risque de ne pas pouvoir éviter la contagion générale. Sa responsabilité implique donc de refuser certains comportements néfastes, quitte à taper du poing sur la table ou à heurter certains egos. Paradoxalement, il faut parfois savoir se fâcher pour retrouver le sourire.

  

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Lâcher la bride de temps en temps

 

Et si l'un des freins à la bonne humeur de vos collaborateurs était tout simplement... votre propre comportement ? Le rôle d'un manager ne se confond évidemment pas avec celui d'un GO. Les efforts supplémentaires qu'il demande parfois  contribuent généralement à faire disparaitre la bonne humeur de son équipe, plus encline à tirer la langue qu'à sourire dans ces périodes. Un responsable, s'il souhaite détendre l'atmosphère au sein de son équipe, doit donc interroger ses propres méthodes de management. Il ne doit pas hésiter à faire redescendre la pression au sortir d'une période de rush et laisser des moments de décontraction et de respiration à son équipe. Il doit aussi se garder d'imposer un stress insupportable pour ne pas pousser ses collaborateurs à la crise de nerfs, auquel cas, il lui sera beaucoup plus difficile de leur faire décrocher un sourire par la suite...

 

Savoir être reconnaissant

 

Quoiqu'on en dise, on travaille rarement pour le seul plaisir. On le fait aussi pour gagner sa vie, pour passer de bons moments et pour obtenir de la reconnaissance. Sans ce dernier élément, la vie professionnelle se transforme vite en chemin de croix. A l'inverse, un collaborateur apprécie lorsque sa hiérarchie –mais aussi ses pairs lui indique qu'elle a bien conscience du travail fourni. Un manager doit donc veiller à féliciter ses collaborateurs quand ils le méritent et les remercier quand ils font un effort particulier. Mais la manière la plus efficace de montrer sa reconnaissance se traduit évidemment en monnaie sonnante et trébuchante. Une augmentation ou une prime constitue à n'en pas douter l'un des moyens les plus sûrs pour redonner le sourire à vos collaborateurs.

 

Faciliter leur vie personnelle

 

Pour être heureux au travail, il ne suffit pas d'avoir un boulot intéressant et une bonne ambiance dans son équipe. La vie privée influe bien évidemment sur notre humeur, même lorsque l'on est au bureau. Un parent qui s'inquiète pour la garde de ses enfants sera certainement peu détendu au travail. Bien sûr, le manager n'a pas beaucoup de prise sur ce qui se passe en-dehors du lieu de travail. Mais il peut s'efforcer de simplifier l'articulation entre la vie perso et la vie pro de ses collaborateurs. Selon les possibilités de chaque entreprise, cela se traduit, par exemple, par une relative souplesse sur les horaires ou une dose de télétravail. En facilitant l'organisation quotidienne de vos collaborateurs, vous augmentez les chances qu'ils soient de bonne humeur pendant leurs heures de travail.

 

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Se montrer transparent

 

Quiconque voudrait instaurer une mauvaise ambiance au sein de son équipe ne saurait mieux s'y prendre qu'en restant muet comme une carpe. En ne parlant pas, le responsable laisse toute liberté au développement des rumeurs et autres ragots. Les salariés, sur bon nombre de sujets importants, ont besoin d'obtenir de réponses à leurs interrogations. Les discussions informelles, où personne ne sait rien mais où tout le monde s'inquiète, minent à coup sûr la bonne humeur d'une équipe. Pour contrer cela, il n'y pas beaucoup de remède : le responsable doit faire preuve de transparence sur ses objectifs, ses attentes mais aussi, éventuellement, sur les difficultés actuelles. Ce n'est qu'en étant honnête et en affichant la confiance qu'il porte à son équipe qu'il pourra désamorcer des angoisses qui n'ont pas nécessairement lieu d'être.

 

Veiller aux bonnes conditions de travail

 

Les crispations au travail proviennent aussi d'une multitude de petites nuisances qui peuvent rapidement taper sur les nerfs des collaborateurs. Un open space bruyant, des procédures trop lourdes ou encore des responsabilités insuffisantes sont susceptibles de provoquer frustrations et énervement au bureau. Un manager qui joue son rôle a à cœur de faciliter la vie quotidienne de ses collaborateurs. Il doit donc tout faire pour que ceux-ci disposent des meilleures conditions de travail possibles ainsi que d'une organisation adaptée à leurs tâches. Ce n'est qu'à ce prix qu'ils pourront réellement s'épanouir, sans se disperser, et retrouver la sérénité nécessaire au règne de la bonne humeur. Même s'il n'a pas de baguette magique qui lui permettent de tout arranger d'un seul geste, le manager conciliant pourra compter sur le soutien de collaborateurs reconnaissants des efforts qu'il fournit.

 

www.journaldunet.fr

Par Trommenschlager.f-psychanalyste.over-blog.com - Publié dans : Dossier Conseils RH - Communauté : partage
Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 14:53

Par Marc Traverson, consultant en management, auteur et conférencier.


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Ah, s'il suffisait de penser comme il faut pour remettre sa vie à l'endroit ! Si, contre la déprime, quelques jolies "images mentales" permettaient de dissiper les pensées moroses et de faire s'épanouir le sentiment du bonheur !

L'excès en toute chose nuit, dit-on. Peut-être touchons-nous effectivement à l'abus, concernant la mode actuelle du positive thinking - ou pensée positive. Il suffit de jeter un œil sur les tables des librairies, inondées d'ouvrages aux titres en forme d'injonctions paradoxales (soyez heureux, soyez vrai, soyez spontané, soyez zen, soyez vous-mêmes, etc.). Le principe général de la pensée positive est simple, même si les modalités d'applications en sont multiples : en évoquant des images, des événements et des perspectives heureuses, nous stimulons en nous le muscle de la réussite et du plaisir. Ce qui est incontestable, au moins à un certain degré. C'est ce que l'on appelle le principe de la prophétie auto-réalisatrice. En gros : si, devant une situation, je m'imagine que je ne suis pas en mesure de la surmonter, je travaille contre ma propre réussite, je "m'empêche". Que je m'efforce au contraire de me projeter dans le succès et l'atteinte de mes objectifs, et je me conditionnerai dans le bon sens, me donnant ainsi les meilleures chances d'exploiter mes talents et mes ressources personnelles pour atteindre l'issue favorable.

Dans son avatar actuel, la pensée positive nous vient d'outre-Atlantique, portée par le courant des happiness studies (études et recherche sur le bonheur). Eloge du volontarisme et de l'optimisme, croyance dans l'idéal du self made man et du tout-est-possible… traits distinctifs et souvent sympathiques de l'Amérique (quand ils ne se retournent pas en leur envers déplaisant : intolérance à la critique, paranoïa, messianisme). Cela, pour les valeurs. Pour ce qui a trait aux techniques de mise en œuvre, elles empruntent au riche arsenal des pratiques de suggestion et d'auto-suggestion, aussi vieilles que l'homme. Ne dites pas aux adeptes de la pensée positive qu'ils appliquent parfois, sans le savoir, la célèbre méthode du docteur Coué. (Un homme qui, soit dit en passant, mérite mieux que sa réputation, alors qu'il est l'auteur d'une méthode d'auto-suggestion tout à fait valable.) Lorsque l'on se répète encore et encore des choses valorisantes, que l'on se persuade d'être capable et valable, on se fait plutôt du bien. C'est mécanique. Mais ça a ses limites. La première sans doute, c'est l'ennui que pourra provoquer ce bain lénifiant. La seconde, plus insidieuse, ce serait de disqualifier a priori toute "pensée mécontente", de recadrer comme inutile et nuisible toute expression d'insatisfaction, de colère ou de révolte – au risque d'installer rien moins qu'un refoulement. Les sentiments déplaisants, les pensées "incorrectes", font partie de notre écologie. Ils portent – eux aussi ! – une énergie de transformation et de changement.

En particulier lorsqu'il est question de psychologie, l'unanimité n'est guère bénéfique. C'est comme la monoculture du tournesol. Cela fait des étendues couleur jaune d'or, très agréables à l'œil, qui n'en sont pas moins des déserts biologiques. Moins de diversité, c'est moins de vie. Faire de la "pensée heureuse" l'alpha et l'oméga de toute psychologie, ce serait à coup sûr appauvrir notre manière de penser le sujet et ses humeurs. Prenons garde, sous prétexte de positiver à tout crin, de ne pas jeter avec l'eau du bain psychique le bébé de la pensée critique.

Que l'on me comprenne. Il est important, indispensable même, d'être en mesure de se projeter positivement dans l'avenir, avec pragmatisme, dans une recherche d'efficacité de nos actions. La recherche d'un point de vue optimiste (quoique je préférerais, dans l'absolu, un point de vue qui ouvre) est un moyen de valoriser la volonté et l'imagination comme moteurs de la construction de son destin. C'est l'excès auquel il importe de prendre garde : l'application des recettes, la répétition de schémas artificiels, le bêlement de banalités en vigueur sur le bonheur obligé. On risquerait le naufrage dans la niaiserie, ou la pensée magique. Le monde mérite d'être vu sans oeillères, seraient-elles pailletées. L'esprit critique (cette vieille valeur voltairienne qui fit un jour partie de cette fameuse "identité nationale"), la lucidité, l'analyse - y compris, et peut-être surtout - appliqués à soi-même, ne sont pas des attitudes dépassées, ou facultatives. Le pessimiste actif porte un regard dont nous avons besoin.

Il n'est pas impossible que la mode de la pensée positive soit, à un gros siècle de distance, une manière de réaction à la pensée freudienne, et à son modèle d'inconscient "tragique" – continent noir et inconnaissable – tel que le popularisa un savant viennois confronté, "on l'oublie trop souvent", à la montée des périls dans la Mitteleuropa. Mais progresser, c'est hybrider. Inutile de prétendre noyer la complexité de l'être et de l'âme sous les flots d'une gentillette musique d'ascenseur. Penser positif, oui, mais pas trop.

 

http://www.troisiemevoie.com/troisiemevoie/

Par Trommenschlager.f-psychanalyste.over-blog.com - Publié dans : Dossier Conseils RH - Communauté : Ressources Humaines
Lundi 21 février 2011 1 21 /02 /Fév /2011 16:34

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Capter l'attention dès les premières secondes

 

"Tout se joue dans les 30 premières secondes, estime Anne-Marie de Couvreur. A ce moment-là, on risque de voir chuter directement l'attention de l'auditoire." Lorsque vous prenez la parole, vous devez donc avoir peaufiné l'introduction de votre propos. L'idéal étant, au préalable, d'avoir obtenu le silence pour débuter avec tout l'impact nécessaire.

"Pour attirer l'attention, vous devez apporter quelque chose qui sort de l'ordinaire, mais pas à n'importe quel prix", prévient Sandrine Meyfret, consultante, cofondatrice d'Alomey Conseil. "Ce que je suis, ce que je présente... Tout ce que je montre dès la première seconde doit être en cohérence avec ce que je dis." Si commencer par une pointe d'humour permet de détendre rapidement l'atmosphère, l'effet provoqué peut être inverse à celui recherché lorsque le propos qui suit s'annonce grave ou si le public est réputé austère. Votre prise de parole permet certes de capter l'attention mais elle introduit aussi votre propos et votre relation avec l'auditoire.

 

Donner du ton à sa voix

 

C'est bien connu, la voix est l'un des outils les plus efficaces pour véhiculer son charisme. Certains timbres imposent directement leur autorité. Cependant, chacun dispose de sa propre voix, difficile à faire évoluer, même si elle ne lui convient pas. Il reste malgré tout possible de la travailler.

"On peut être charismatique simplement par la voix", affirme Anne-Marie de Couvreur, cofondatrice de Mediameeting, un opérateur de radios d'entreprise. "Il faut jouer avec les intonations, savoir donner du rythme et surtout ne pas être monocorde." La maîtrise des techniques oratoires joue énormément dans le développement du charisme. Il vous faudra donc apprendre à moduler votre voix en fonction du contenu de votre message : mettre de l'intensité quand c'est nécessaire, ralentir le rythme pour reprendre son souffle et accélérer quand cela s'impose.

 

Poser le regard sur le public

 

Emotion, colère, sourire... Beaucoup de choses passent au travers de vos yeux. La force du regard fait partie de ces attributs que tout leader charismatique doit posséder. Pour en prendre de la graine, il vous faudra peut-être perdre de mauvaises habitudes.

"Balayer l'auditoire du regard, c'est catastrophique : personne ne se sent concerné, estime Sandrine Meyfret. Pour être charismatique, il faut prendre les autres en considération en les regardant en face." Le charisme n'existe que par le regard des autres. Si vous ne donnez par à votre entourage l'impression d'être regardé, votre prestige s'en trouve affecté. Bannissez donc les regards circulaires qui embrassent la pièce entière sans voir personne ou les regards lointains qui vont se perdre au-dessus de la tête de l'auditoire, n'hésitez pas à vous focaliser sur certaines personnes en particulier.

 

Se tenir droit sans être guidé

 

Avoir de la prestance influe sur le regard des autres. Malgré tous ses efforts, une personne avachie aura beaucoup de mal à dégager du charisme. Dans son livre, "Cultivez votre charisme", aux éditions d'Organisation, Chilina Hills décrit la posture qui assure la crédibilité. "Il suffit de se tenir droit et symétrique, les deux pieds légèrement écartés et bien ancrés dans le sol, les épaules ouvertes et la tête droite." Un conseil qui vaut aussi valables lorsque vous êtes assis Cette posture met en confiance les personnes qui vous font face car vous leur apparaissez comme une personne sûre d'elle même.

Evidemment, ce n'est pas pour autant que l'on vous demande de vous transformer en piquet. "S'il faut à tout moment faire preuve de respect, il ne s'agit pas d'être guindé, précise Anne-Marie de Couvreur. On peut avoir du charisme en étant assis sur un coin de table !"

 

Rester humble

 

"Les personnes charismatiques peuvent rencontrer des difficultés à ne pas irriter, explique Anne-Marie de Couvreur. Etre brillant impose de savoir faire preuve d'empathie. C'est souvent ce qui manque aux personnalités politiques." Une personne qui impressionne peut rapidement agacer. Il faut donc prendre des mesures pour éviter d'en souffrir.

Cela peut passer par quelques phrases, des gestes et des attitudes qui indiquent que vous prenez en compte les personnes qui vous font face. Rappeler que vous êtes heureux d'être là est un minimum. Faire preuve d'écoute est indispensable. Enfin, il est primordial dans ces cas-là de faire preuve de sincérité, sous peine d'être immanquablement démasqué. Sans bienveillance ni humilité, le leader risque vite d'énerver.

 

Adopter une gestuelle d'ouverture

 

Chacun le sait, il n'est pas évident d'être avenant les mains dans les poches ou les bras croisés. Les gestes ont une importance considérable sur l'image que l'on donne et, plus encore, sur le message que l'on transmet. "Le corps parle pour nous, confirme Sandrine Meyfret. Il faut rechercher une cohérence entre son corps et son intention." Le tout, sans sur-jouer.

Logiquement, il n'existe pas de gestuelle idéale valable en tout temps et en tout lieu. C'est le contenu de votre propos qui détermine les gestes qui s'y rapportent. Cependant, de manière générale, préférez les gestes amples aux gestes étriqués, les gestes ouverts aux gestes fermés et les gestes variés aux gestes répétitifs. Car quelque soit l'idée à transmettre, votre charisme repose sur votre envergure, votre ouverture aux autres ainsi que sur le dynamisme de votre message.

 

Utiliser les silences

 

Savoir bien parler est un atout indéniable. Mais pour faire preuve de charisme, encore faut-il réussir à mettre en valeur le contenu du discours. Cela passe par une diction claire et un propose limpide mais aussi par une bonne utilisation des pauses.

"Ménager des instants de silence présente une double vertu : mettre en valeur le message précédent et préparer le public à celui qui vient, explique Anne-Marie de Couvreur. Il faut organiser son discours pour y insérer des périodes de respiration." Ni trop longues, ni trop courtes, ces périodes de calme vous permettent aussi de reposer vos yeux sur vos notes et de repartir sereinement. Idéalement, prenez le temps de capter à nouveau l'attention de l'auditoire grâce à au regard. Avant de reprendre le cours de votre propos.

 

Etre concis et percutant

 

Cela peut paraître évident, mais pour être charismatique, mieux vaut se faire comprendre. Or, trop souvent les managers négligent cette qualité et produisent des discours trop alambiqués, trop techniques ou trop complexes. Impossible, dans ce cas, d'exercer un véritable pouvoir d'influence sur les autres. "Il faut s'efforcer de dépouiller son message et de se contenter de phrases composées d'un sujet, d'un verbe et de compléments, indique Anne-Marie de Couvreur. Il faut être court et impactant."

A l'oral, il est indispensable de rester raisonnable dans ses ambitions. Inutile d'escompter transmettre mille idées à la minute : aucune ne sera retenue par l'auditoire. "En une heure, si vous réussissez à faire passer trois idées fortes, c'est déjà une victoire", estime la présidente de Mediameeting.

 

Donner envie d'agir

 

Si tout bon orateur doit savoir argumenter, il doit aussi savoir séduire. Son entourage doit non seulement trouver des raisons de le suivre dans ses projets, mais aussi une véritable envie d'agir.

Même si cette aptitude dépasse la seule dimension rationnelle, elle nécessite des efforts trop souvent négligés dans le monde professionnel. "Pour provoquer le désir, il faut s'adresser et se comporter face à son entourage en faisant preuve de reconnaissance, évoquer l'accomplissement personnel et susciter le plaisir dans leur travail, estime Sandrine Meyfret. Toutes ces bonnes raisons d'agir distinguent le charisme de la manipulation." Le leader charismatique fournit des éléments de motivation à ses troupes. Loin de sa tour d'ivoire, il fait vibrer avec sincérité leur corde sensible, ce qui implique une véritable capacité d'empathie à leur égard.

 

Ne pas négliger votre chute

 

Lors d'une prise de parole, on insiste souvent sur l'ouverture. Elle est certes indispensable mais ce n'est pas pour autant qu'il faut négliger la fin de l'intervention. En dépit de tous vos efforts, votre auditoire aura peut-être tendance à relâcher son attention lors de votre développement. Mais il se souviendra certainement de la manière dont vous avez conclu.

"A la fin, on doit réussir à poser tranquillement l'énergie de son discours, estime Anne-Marie de Couvreur. Cela se traduit en général par un sourire mais surtout par une preuve empathie tournée vers l'autre." En clair, n'hésitez pas à remercier votre public et à lui rappeler que c'est bien à lui que vous vous adressez. Restez percutant et vif. Profitez de ces dernières secondes pour leur donner l'envie d'agir.

   

Source: Le Journal Du Net


Par Trommenschlager.f-psychanalyste.over-blog.com - Publié dans : Dossier Conseils RH - Communauté : "Psychologie interdite"
Jeudi 10 février 2011 4 10 /02 /Fév /2011 15:35

Notre corps parle à notre insu. Le langage non verbal représente plus de 90 % de notre communication avec les autres. Décrypter les messages qu'envoie le corps se révèle être un atout indéniable aussi bien dans la vie personnelle que dans la vie professionnelle.

 

En comprenant les pensées de votre interlocuteur au-delà de ses seuls paroles, vous serez plus à même de satisfaire ses besoins et de répondre à ses préoccupations. Le tout sans le brusquer et en évitant tout impair.


-Découvrez ce que les gestes de votre interlocuteur racontent:

 

Les mains jointes:

 

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La personne qui pense avoir des compétences que les autres n'ont pas va placer les mains l'une contre l'autre et montrer le ciel avec ses doigts", déclare Philippe Turchet.

Cette position, très docte, place l'interlocuteur au dessus de la mêlée. Philippe Turchet a d'ailleurs constaté que "c'est toujours le dominant de la relation qui l'adopte, jamais le dominé". Il manifeste ainsi toute la confiance qu'il a en lui et répond aux questions qu'on lui pose sans rien attendre en retour, à la différence de celui qui placerait ses mains à l'horizontale. Ce dernier geste témoigne plutôt d'une recherche de partage. Les compétences sont mises en communs pour aboutir à la réalisation du projet. Un tel geste émis par un partenaire potentiel doit être interprété de manière positive et encourageante.

 

Les bras croisés:

 

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On entend souvent que le croisement de bras est un signe de fermeture, voire d'opposition. Une affirmation que remet en cause Philippe Turchet, auteur du livre  "Le Langage universel du corps" aux Editions de l'Homme : "Le croisement de bras exprime de la réserve. Il peut tout à fait être un signe de politesse qui indique que l'autre vous écoute, qu'il sait que ce n'est pas à lui de parler." Inutile de vous agacer si votre interlocuteur vous semble hermétique à vos propos car il a les bras croisés, il est peut être simplement réservé mais attentif à ce que vous dites.

Pour distinguer la réserve de l'indifférence chez votre interlocuteur, observez ses paupières. "S'il vous écoute, même bras croisés, il cligne des yeux. Chaque clignement indique qu'il enregistre ce que vous venez de dire. S'il pense à autre chose, il a plutôt tendance à hocher la tête", analyse Philippe Turchet.

 

Les jambes croisées:

 

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Contrairement aux bras, les jambes peuvent être croisées de différentes façons. Elles peuvent donc plus facilement livrer des informations sur l'état d'esprit de votre interlocuteur.

"Pour se faire une véritable idée de la signification d'un croisement de jambes, il faut tenir compte de sa direction", note Philippe Turchet. Un buste tourné face à l'interlocuteur, même si la jambe croisée pointe vers l'extérieur, dénote de l'ouverture. Une personne peut ainsi créer une "bulle" favorable à la discussion. Elle est alors en position de communication, d'ouverture. En revanche, si le buste est dirigé vers l'extérieur, prêt à fuir, alors le croisement de jambes entrave l'échange et constitue un rempart à la communication.

 

Le menton:

 

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Les mains, mues par léger énervement, se posent sur le menton. Lorsqu'un niveau de contrariété supplémentaire est atteint, elles se déplacent vers les mâchoires. "L'agressivité s'exprime sans retenue au niveau de la dentition alors que dans la zone du menton elle laisse place au doute et à la circonspection", confirme Philippe Turchet. Il compare le bruit provoqué par le grattage de la barbe à celui émis par un collaborateur rassemblant ses feuilles à la fin d'une réunion afin d'en réclamer ostensiblement la fin.

Si vous voyez donc votre interlocuteur poser ses doigt sur la bas de son visage, cela traduit au mieux son doute, au pire son agacement. Dans tous les cas, vous devez en prendre compte pour  agir en conséquence.

 

La bouche:

 

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La main sur le visage permet de protéger physiquement la personne qui se retranche derrière. "Portée à la bouche, elle manifeste plus spécifiquement le besoin de se couper de son interlocuteur pour ne pas avoir à lui parler", confirme Philippe Turchet.

C'est un véritable retour en soi qui s'opère à travers ce geste. Un retour en soi qui n'a pas les mêmes explications selon les postures. "Si la personne est en arrière, elle veut clairement se couper de l'autre. En revanche, si l'index se dresse, cela signifie que la personne n'est pas d'accord et qu'elle s'apprête à le dire dès qu'on lui laissera la parole", ajoute-t-il. Volonté de se placer en retrait ou de marquer son opposition, vous aurez de toute façon intérêt à donner la parole à votre interlocuteur pour l'impliquer dans la discussion ou écouter ses réserves.

 

La poignée de mains:

 

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La qualité d'un contact repose largement sur la poignée de main. C'est donc un élément auquel vous devez être particulièrement attentif. "Plus je serre haut la main de l'autre, plus je l'apprécie, énonce Philippe Turchet. C'est une règle qui vaut aussi lorsqu'on trinque."

Il est intéressant d'observer qui avance avec la main au-dessus de l'autre dans une poignée de mains. Il s'estime être l'interlocuteur dominant. Si vous trouvez avec difficulté la main de votre partenaire, il est possible que chacun des deux se considère comme le plus important. Quant à la poignée de main molle, elle sera bien souvent synonyme d'un refus de s'engager. A l'inverse une poignée de main ferme et franche laissera présager une relation honnête et de qualité.

 

Pointer l'index:

 

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L'index est le doigt de l'affirmation, celui avec lequel quelqu'un qui veut prendre la parole se met en avant", constate Philippe Turchet. Si votre interlocuteur lève son index, qu'il le pointe ou non vers vous, c'est qu'il a quelque chose à dire et veux absolument intervenir. Gestuelle omniprésente durant les débats, ce mouvement place celui qui l'exécute au cœur de l'action. "L'ego est mis ici en avant, on signifie à l'autre d'écouter ce qu'on lui dit."

Par analogie, l'index qui va se réfugier dans le creux de la main manifeste une volonté de ne pas participer au débat, de rester en retrait.

 

En savoir plus: Le Journal du Net.com

 

Par Trommenschlager.f-psychanalyste.over-blog.com - Publié dans : Dossier Conseils RH - Communauté : Ressources Humaines

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