31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 10:37

Le système pyramidal et magistral hérité des monarchies est-il en voie d'extinction ? Comment revoir le rapport à la hiérarchie dans l'éducation comme dans les postes-clés, pour relancer l'innovation et le désir d'apprendre en Europe. Un chronique de Brice Couturier.

 

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-La "prestigieuse" Ecole polytechnique-

 

Par quel mystère - digne de celui de la Sainte Trinité-, un exécutif hyper-puissant s’incarne-t-il, chez nous, en deux personnes distinctes, dont l’une, le président de la République, est le successeur de nos anciens rois et, l’autre, le premier ministre, dirige le gouvernement dans la tradition républicaine ? 

 

Les Allemands s’inquiètent de leur Sonderweg, cet écart d’avec la norme européenne qui les a mis entre les mains d’Hitler. Les Français, eux, sont fiers de leur exceptionnalité. Pourtant, à vous lire, Peter Gumbel, il n’y a vraiment pas de quoi...

 

Selon vous : << Notre système est étatiste, il est élitiste, et c’est pourquoi il se trouve en porte-à-faux avec le reste du monde en ce début du XXI° siècle.>>

 

Etatisme : la France est l’un des rares pays au monde où la nation a été constituée par l’Etat et non l’inverse. Notre Etat est tout-puissant parce que la plupart des ménages et des entreprises en dépendent directement ou indirectement. Il l’est surtout parce que la caste minuscule de ses grands commis a pris le contrôle de tous les postes de pouvoir de la société. Quand 3 500 étudiants sortent, chaque année d’Oxbridge, et 24 000 intègrent les universités américaines de l’Ivy League, l’ENA distille une « super-élite » de 80 personnes et l’X ne produit que 400 ingénieurs, parmi lesquelles 15 énarques et 60 polytechniciens accèderont à la véritable aristocratie d’Etat – les grands corps. Mais on les retrouve partout : ils dirigent les banques, les grandes entreprises, les partis politiques, les administrations, les cabinets ministériels…

 

Quand l’économie moderne, fondée sur la connaissance et l’innovation, réclame d’énormes masses de diplômés, notre système scolaire et universitaire, à nous, est entièrement tourné vers la sélection d’une micro-élite, qui refuse toute évaluation des conséquences de ses décisions et ne paie jamais pour ses erreurs. Ezra Suleiman l’avait dit : « La France reste une des rares sociétés où l’appartenance à l’élite, une fois acquise, devient permanente. Cela garantit d’en être membre à vie et s’accompagne de nombreux avantages (réseaux de pouvoir, accès à des emplois réservés, merveilleuses sinécures, risque de chômage inexistant » (Schizophrénies françaises, p. 109)

 

Le système éducatif, pure machine à sélectionner, est d’une folle précocité : elle commence à trier dès la fin du collège. Et elle n’accorde pas de deuxième chance aux maturités tardives. Elle façonne, pour la vie, des personnalités stressées, entretenant un rapport trouble avec l’autorité – à la fois haïe, redoutée, jalousée et admirée, en tous cas jamais remise en cause ; elle contribue à bloquer l’innovation, dans un pays où toute initiative partant de la base est considérée comme une remise en cause de l’autorité des chefs et où le secret d’une belle carrière, c’est de ne pas faire de vagues.

 

Etonnez-vous que les créateurs de start-ups, qui auraient pu être les Google et les Amazon européens, évitent soigneusement une France où des fonctionnaires, bien protégés contre le chômage, s’acharnent à dissuader des chômeurs de se lancer dans l’auto-entrepreneuriat.

 

Le problème est que ce système que vous décrivez fort bien, dans la mesure où vous y avez travaillé, tout en gardant le point de vue comparatiste et critique de l’étranger, ce système a admirablement fonctionné durant les trente glorieuses. La société française d’alors ressemblait à une pyramide. Elle était dotée d’une élite minuscule, mais compétente et intègre, dont les décisions étaient mises en application, de manière hiérarchique, par une armature de hauts fonctionnaires, cadres, contremaîtres et petits chefs. Tout marchait d’un même pas. La base ne prenait pas d’initiatives et obéissait dans le cadre de l’organisation scientifique du travail.

 

Ce système avait déjà atteint ses limites en 1968. Aujourd’hui, il apparaît condamné. Mais personne ne sait trop bien par quoi le remplacer… le débat reste ouvert !

 

 

Le massacre des territoires : L'inconscience de l'exécutif !

 

- Bilan économique de l'ODAS, par Gregory Blachier -

 

PARIS (Reuters) - La réforme territoriale pourrait aggraver la situation des départements déjà confrontés à une hausse du coût des politiques sociales parce qu'elle va ébranler un réseau efficace, estime mardi l'Observatoire national de l'action sociale (Odas).

 

Selon l'Odas, organe indépendant financé par l'Etat, des associations et d'autres organismes, les départements doivent assumer de plus en plus seuls le coût des politiques sociales, notamment le Revenu de solidarité active (RSA).

 

Or, à l'heure où les compétences des départements sont amenées à être transférées aux régions ou aux agglomérations selon les voeux du gouvernement, l'Odas estime que la réforme territoriale fait peser un danger à la fois sur les finances et sur l'organisation de l'aide sociale.

 

"La suppression des départements a été avancée comme une hypothèse utile sans qu'on ait pris la précaution de s'interroger sur leur bilan et ce qu'ils faisaient réellement", estime Jean-Louis Sanchez, délégué général de l'Odas.

 

"Ils ont assumé ces trente dernières années avec une rare efficacité leurs responsabilités, ils maîtrisent ces activités de réinsertion, de protection de l'enfance", poursuit-il.

 

"S'ils sont en danger, ce n'est pas parce qu'ils sont irresponsables mais parce que l'Etat a décidé de leur faire financer en 2004 une allocation (le RSA-NDLR) qui n'est pas de leur compétence. C'est cette décision de l'Etat qui est en train de précipiter les départements vers la catastrophe."

 

Dans une étude sur le financement de l'action sociale en 2013 publiée mardi, l'Odas juge que la dépense nette d'action sociale des départements a "peu augmenté" sur les trois dernières années, à 3,5% en moyenne par an, compte tenu de besoins croissants.

 

Il impute cette hausse mesurée à "une maîtrise croissante de certaines dépenses". "En 2013, cet effort se vérifie à nouveau avec une dépense nette d'action sociale des départements qui n'augmentent que de 3,6%" par rapport à 2012, à 33,6 milliards d'euros, souligne le document.

 

CHARGE NETTE EN HAUSSE DE 55,2%

 

Surtout, il relève une augmentation plus forte de la charge supportée par les départements, en raison d'un financement moindre de l'Etat. Ainsi en 2013, cette charge a augmenté de 4,6%, soit un point de plus que la dépense totale.

 

L'exemple le plus fort est celui du Revenu de solidarité active (RSA), dont le coût total pour les départements a augmenté de 9,8% en 2013, mais dont la charge pour la seule collectivité s'est accrue de 55,2%.

 

Cela s'explique à la fois par l'augmentation du nombre de bénéficiaires (+7,2% en 2013 selon la Caisse nationale d'allocations familiales) et une baisse des dotations de l'Etat.

 

Une fois soustraite cette dotation, les départements ont dû apporter sur leurs propres fonds quelque 2,3 milliards d'euros contre 1,5 milliard en 2012.

 

"Depuis plusieurs années, le taux de compensation financière des départements au titre de cette prestation ne cesse de baisser", écrit l'Odas. Alors que l'Etat supportait 92,2% du coût du RSA en 2004, il en finance 71,3% aujourd'hui.

 

Jean-Louis Sanchez rappelle que "la plupart des postes de dépense ne progressent pas, ce qui veut dire qu'il y a une bonne maîtrise. La seule chose qui progresse, c'est le RSA".

 

PERTE DE 30 ANNÉES DE TRAVAIL

 

A la précarité des finances départementales s'ajoute, selon le délégué général de l'Odas, le risque de faire éclater par la réforme un tissu social et administratif de proximité, donc d'ajouter un problème opérationnel à celui des comptes.

 

"Le bilan de l'année 2013 permet de bien voir aujourd'hui que, même si l'on supprime les départements, les problèmes de financement des compétences resteront les mêmes", dit-il.

 

"Et je ne sais pas si on ne va pas perdre le bénéfice de tout ce qui a été construit ces trente dernières années. Il faut aller en Creuse, dans l'Allier ou même en Seine-et-Marne pour voir l'efficacité de l'action départementale."

 

A l'appui de son propos, il souligne que les inégalités entre départements en terme d'action sociale "se sont réduites de 30% à 40%", y compris dans des domaines comme la prise en charge des personnes handicapées ou en perte d'autonomie.

 

"Les départements sont aujourd'hui de magnifiques acteurs sur la perte d'autonomie, par exemple. Personne ne pense aux dégâts que ça va entraîner sur les systèmes de solidarité, le lien social, le besoin éducatif", déplore-t-il.

 

"La réforme va entraîner aussi de grands traumatismes dans les populations concernées. Il vaudrait mieux procéder territoire par territoire, car on oublie que les territoires ruraux, c'est la majorité de la population."

 

(Edité par Yves Clarisse - pour http://tempsreel.nouvelobs.com/)

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