8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 13:09

Diplômée de la Faculté de médecine de Paris VII, Valérie Cordonnier pense qu'un couple qui se crée a une perspective de durer, " On ne crée pas un couple pour se séparer dans dix ans ! ".

Vidéo suivie d'une analyse personnelle du couple:

  

      

  • Qu’est-ce qu’un couple ? De l’instant à la durée :

 

Imaginons un homme et une prostituée. Forment-ils un couple ? On dira peut-être qu’ils n’ont que des rapports « génitaux », purement mécaniques. Mais c’est là chose impossible, car toute action humaine, quelle qu’elle soit, prend sa source dans l’affectivité (émotions grossières ou raffinées, conscientes ou inconscientes ; sensations et sentiments, positifs ou négatifs).

 

Cet homme et cette prostituée ont donc des rapports affectifs, qu’ils le sachent ou non. D’ordinaire, l’homme cherche l’illusion d’une affection, et la femme éprouve une vague commisération maternelle. Leur affectivité peut tourner autour du sadisme et du masochisme, « de l’amour ou de la haine », etc. : donc autour du sentiment.

 

Cet homme et cette femme forment un couple, mais un couple marqué par la brièveté : presque toujours, il se défait aussi rapidement qu’il s’est formé. Un véritable couple suppose une durée : telle est la loi première. Il n’existe aucun couple réel dans l’instant !

 

Mais chez nombre de couples, combien de fois par jour la femme et l’homme ne perdent-ils pas contact, parce que tel ou tel personnage surgi de l’inconscient, s’est mis à conduire la danse ? Il suffit d’un souvenir, d’une rêverie solitaire, d’une nostalgie, d’une peur de l’autre. Il suffit que l’homme ressente sa femme comme une mère pour cesser d’être un mari et devenir « un fils ». Il est tant d’occasion ou chaque élément du couple peut devenir semblable à un opérateur radio, qui appelle en vain un confrère, branché sur une autre longueur d’onde !

 

A ces moments-là, le couple cesse d’exister, affectivement parlant. La durée cesse et le couple se replace dans l’instant. Il n’y a plus qu’une simple relation sociale entre deux individus séparés. Qu’elle est donc le ciment qui peut assurer « la permanence » du couple ? Est-ce l’habitude, cette durée insipide et pétrifiée ? Certes non. Alors serait-ce l’amour ? Mais que signifie ce mot ?

  

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  • L’union difficile de deux affectivités :

 

Un couple, disait le dictionnaire, « agit de concert ». Cela suppose que les partenaires aient un but commun. Et il est évident que d’innombrables couples tendent vers un même but : Peut-être l’homme et la femme ont-ils monté un magasin ensemble ; l’un est au comptoir et l’autre à la caisse. Certains travaillent de concert pour leurs vacances annuelles. D’autres, parce qu’ils ont le même idéal et considèrent la vie de la même façon, poursuivent ensemble la même recherche. Ici apparaît une dimension nouvelle et essentielle :

 

Couple = Durée + Affectivité !

 

Or, l’affectivité représente la quasi-totalité de notre vie psychologique. La psychanalyse et la psychologie ont fait ce qu’elles ont pu : elles ont loti l’affectivité en territoires que l’on  a dénommées, faute de mieux  « sensations, sentiments, intuitions ». Ces territoires ont leurs hôtes parasites : « complexes, angoisses, inhibitions », et autres grands prédateurs de l’énergie intérieure.

 

Un couple est la réunion, le mélange de deux affectivités. Aussi, pour définir ce qu’est un couple, faudrait-il étudier comment deux affectivités peuvent se rejoindre.

 

Mais qui pourra jamais décrire et analyser l’affectivité ? Notre cerveau reçoit quelques milliards d’informations par seconde. Comment décrire les fluctuations sans fin de nos sensations profondes et superficielles ? Quant aux sentiments, on ne peut en donner que de grossières approximations qui tournent autour de mots-clés tels que : « amour, haine, sympathie, antipathie, amitié ». Comment pourrait-on cerner un sentiment, puisqu’il est l’émanation d’une sensation que l’être humain tente de "traduire"  tant bien que mal… Essayant de rationaliser l’irrationnel, ou de chosifier chimiquement (par une démonstration hormonale) un ressenti profond de l’être ?

 

Or, c’est à partir de leurs sensations et de leurs sentiments qu’une femme et un homme tentent leurs approches mutuelles. C’est sur les sensations et les sentiments que le couple assure sa durée, sa permanence et sa pérennité. Et aussi, bien entendu, ses illusions, lesquelles émanent de sensations et de sentiments faussés...

 

C’est également par les sensations et les sentiments qu’un être parvient à se relier à tout ce qui l’entoure. Mais encore faut-il qu’il soit relié à lui-même !

 

De là, toutes les confusions qui entourent la notion de dialogue… Le « dialogue » est devenu un poncif au même titre que l’environnement, le respect de la nature, et les méfaits de la société de consommation. Jamais, plus qu’aujourd’hui, il n’y a eu tant de « débats » : notre monde semble ne plus pouvoir s’en passer... En réalité, c’est le monologue ronronnant qui est Roi ! Chacun « se » raconte à l’autre qui, pendant ce temps, « se » pense ! 

 

Un véritable échange, un dialogue réel, ne peuvent s’établir que si l’on est capable de dialoguer avec soi. Comment pourrait-on ressentir l’autre, si ce n’est à travers sa propre affectivité ?

  

A charge, pour la véritable psychanalyse, de restaurer ce dialogue intérieur ; au lieu de tournoyer dans un intellectualisme stérile sans affectivité !

 

C’est pourquoi un couple authentique se forme dans la mesure ou les zones inconscientes sont débarrassées peu à peu de leurs parasites, de leurs infantilismes qui dévient les sensations, déroutent les sentiments et transforment « l’autre » en un mirage que l’on prend pour la réalité.

 

  • « C’est pourquoi le couple réussi est le haut lieu du dialogue intérieur ! »

 

Le plus surprenant est qu’un dialogue affectif entre la femme et l’homme puisse se réaliser. Ce couple, ce mélange, forment la relation humaine la plus longue et la plus profonde (la plus difficile aussi). Car les femmes et les hommes habituels ressentent et envisagent l’existence de « façon si différentes » qu’il semble miraculeux qu’ils puissent, peu à peu, se rejoindre et se comprendre.

 

Pourtant, des milliards de couple ont foisonnés à la surface de la terre. On peut croire qu’un grand nombre furent « réussis », et on réalisé, dans la durée, le mélange profond de leurs affectivités, de leurs émotions, de leurs buts. Mais chaque couple accompli est une sorte de « miracle » ; c’est un défi contre la distance hautaine que tout être humain impose à un autre, par peur de perdre sa faible individualité !  « La peur qu’on a d’autrui est souvent l’angoisse de se perdre en l’autre ou d’être démasqué par lui ».  

  

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L’être humain est ainsi fait que la moindre menace contre sa flammèche de conscience réactive en lui la crainte d’être « détruit », et de retourner dans ce néant dont il eut tant de peine à sortir !

  

Néanmoins, il existe des couples solides, durables, profondément unis, sans orages destructeurs… Des ménages indestructibles, non pas par morale mais par amour, non pas par contrat mais par évidence intérieure ! Chacun est devenu l’autre, tout en restant soi-même. N’avez-vous pas rencontré de ces couples âgés ou les partenaires sont tellement fondus l’un en l’autre qu’ils semblent n’avoir qu’une seule âme ??...

  

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