16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 18:10

Essai clinique de comparaison entre l’ancienne tradition alchimique et la Psychanalyse de « l’homme total ».

     
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  -Un hommage à Paulo Coelho, sa vie et ses oeuvres-

        
La route est longue en psychanalyse dite « totale », si le désir est d’aboutir à une transmutation véritable de soi-même ; une longue veille à laquelle on peut consacrer une grande partie de sa vie...

Toute grande recherche de résurgence intérieure pourrait s’inscrire dans une sorte de triple slogan : transmutation, subversion, religiosité (dans le sens de relier), provoquant des ruptures puissamment libératoires, avec nombres de conceptions et d’usages de mœurs, parfois millénaires.

Sous le regard de l’âme en colère :

Heureusement indestructible au fond du psychisme, l’âme (notre centre, noyau ou équilibre) se cache sous un empilement progressif de structures éducatives et sociales qui l’empêchent de se manifester plénièrement. Faut-il répéter que de nombreux « décrets » sociaux, religieux, moraux, le plus souvent abstraits et sans justification affective possible, entrent en collisions permanentes avec les grandes libertés de l’âme ? Et qu’apparaissent la désorganisation et la désinformation intérieure, le chaos affectif et la réduction de l’intelligence ?

Au cours de l’adolescence parfois, se manifeste un violent sursaut : C’est la « subversion négative », infantile parce que sans approfondissement de l’objet de la révolte (on ne peut se révolter correctement qu’envers ce que l’on connaît) ; subversion uniquement destructrice, avec rejet de toute forme d’autorité ou de règle. C’est donc une subversion à l’envers, sans autre lendemain que l’égarement qui n’est qu’une autre forme de chaos.
     
De toute façon, on passe généralement sa vie à se « débâtir », à se construire à l’envers. Et l’âme profonde attend ! Durant combien de temps ?

Un retournement, un basculement, sont alors indispensables, vers la quête d’une conscience supérieure fondée sur une intelligence ouverte au maximum possible de chacun. N’est-ce pas le travail que pratiquaient les alchimistes de jadis et qu’entreprennent encore ceux d’aujourd’hui ? A travers la pratique de la Psychanalyse dite de « l’homme total ».

Autour de l’athanor :

  
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On sait que l’athanor est le fourneau dans lequel l’alchimiste fait chauffer « l’œuf philosophique », sorte de ballon généralement en cristal, hermétiquement clos, symbole de l’œuf du Monde d’où sortira « la pierre philosophale ».

L’alchimiste part d’une matière première « vulgaire » d’où il extraira soufre et mercure, force mâle et femelle, desquelles surgira un jour « l’or philosophique » après qu’un sel ait servi d’élément fixateur.

 
En psychanalyse, on part également d’une matière première ; l’aspect visible d’une personnalité aux contenus disparates, complexés, et forcement « vulgaires » par rapport à ce qu’il deviendra, quand surviendra l’aboutissement de cette même personnalité.

Rappelons le fait bien connu que l’être humain contient un pôle masculin et un pôle féminin, et que ces deux pôles tendent sans cesse à se réunir afin de réaliser l’intégralité de l’image originelle. Dans la vie aura lieu la réunion de l’homme et de la femme, en un homme comme en une femme. L’idéal sera la fusion des pôles individuels : l’animus et l’anima.

En alchimie, ce sera l’expansion du soufre mâle qui s’unira à la puissance de concentration du mercure femelle. Quant à l’analyste, nouvel alchimiste, il sera le « sel » fixateur, en même temps que le gardien du feu allumé dans l’athanor.

Ceux qui interrompent, ou les tentatives avortées :

    
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En alchimie, l’or naîtra de la parfaite union des deux éléments créateurs. L’or étant la perfection métallique, tout autre métal n’est que « naissance » avant terme, un or imparfait.

Transposé en analyse, un arrêt de travail en cours de route ne laissera qu’une « naissance » imparfaite, bien que pouvant tout à fait être capitale dans la rénovation de soi-même… et qui peut malgré tout se parfaire d’elle-même par la suite, grâce à des prises de conscience successives procurant des énergies nouvelles. Tout dépend de ce qu’une personne demande à l’analyse. Mais, dans ces cas d’interruption, « on préfère infiniment se vouer à une psychologie compartimentée, dans laquelle le tiroir de droite ignore ce qu’il peut y avoir dans le tiroir de gauche… » C.G JUNG.
   
Il est certain que cette forme de thérapie s’avérera moins onéreuse et beaucoup plus brève, comme un leader de restauration rapide bien connu !

De toute façon, « la longue veille » est interrompue ; l’or intérieur ne s’est pas révélé. L’état unifié de l’âme n’a pas été recouvré. Faut-il ici citer la conception islamique selon laquelle « Une âme d’enfant est proche de l’état adamique », jusqu’à ce qu’elle se désorganise et refoule ses richesses de subversion positive au contact des messages adultes !

D’autres, cependant, poursuivent leur veille autour « de l’athanor » à la recherche tenace de l’insondable âme humaine. Le but disparaît ici, parce qu’il n’y a plus de but précis. Seul compte la route, avec ses découvertes successives, ses paysages sans cesse renouvelés, ses horizons qui reculent et invitent à prolonger le voyage vers « l’archétype personnel », qui seul est porteur de réussite durable… « Le fameux centre des psychanalystes ».

    
Et tel l’alchimiste qui se transforme, en même temps qu’il poursuit la transmutation de la matière, le psychanalyste, lui aussi, se trouve au cœur même du problème et se voit transformé par le travail qu’il pratique en compagnie de l’autre. Tels sont les lois de l’évolution humaine : humilité et enrichissement mutuel.

Jamais ce travail n’a lieu de façon linéaire, mais courbe, par cercles concentriques vers le noyau, par démarches successives vers le centre du labyrinthe. Car l’autre doit découvrir ce que, inconsciemment, il sait déjà et qui se trouve en lui. Sinon, comment le découvrirait-il ?

Nous voici loin, fort loin même, de ce que certain public fort mal renseigné traduirait par une « fuite devant l’existence, un transfert qui ne se résout jamais, une drogue, voir un auto-érotisme ». Or, il ne s’agit nullement de cela, il est question au contraire de la plus grande liberté intérieure que l’on puisse atteindre grâce à un long trajet romantique : La véritable subversion !

     
La subversion, il faut le répéter, ne peut s’atteindre qu’après un long travail, et après avoir profondément connu et exploré le monde que l’on quitte. Vouloir comprendre la subversion de façon extérieure, prématurée et rationnelle signifierait « ne rien comprendre du tout » !
    
" La subversion positive n’est pas le résultat d’un dégoût ", mais d’une radicale mutation intérieure. Au lieu d’être un miroir aux alouettes, elle est une réalité consciente et une source d’informations absolument nouvelles. Elle représente « l’élitisme final », dont j’ai déjà parlé dans mon précédent article "Psychanalyse, rayonnement et humanisme", d’une âme dont elle faisait potentiellement partie…
  
La subversion est donc le domaine de la passion, de l'exaltation, de la chaleur humaine et de la religiosité active (toujours dans le sens de relier ou unir, et non dans le sens commun).

 

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