27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 11:00

Mégalomanes et narcissiques, hommes politiques ou grands patrons n’auraient qu’un seul objectif selon le psychanalyste Jean-Pierre Friedman : conquérir le pouvoir et… l’éternité... Quitte à en oublier leurs convictions !

 

 

Jean-Pierre Friedman est docteur en psychologie, psychanalyste, il a été consultant auprès de grands groupes industriels et a enseigné la psychologie du pouvoir dans des grandes écoles dont l’ENA. Dernier ouvrage paru : Du pouvoir et des hommes (Michalon).

 

Qu’y a-t-il de commun entre les hommes épris de pouvoir ?

 

Jean-Pierre Friedman : Hommes politiques ou dirigeants de grandes entreprises, les hommes de pouvoir sont extrêmement différents. Mais deux constantes reviennent.

 

• La première concerne leur éducation. Presque tous ont vécu une relation quasi fusionnelle avec une mère hyperprotectrice et gratifiante, et un rapport conflictuel (hostile, méprisant ou simplement distant) avec leur père. C’est dans ce cadre familial que ces hommes trouvent le moteur de leur course au pouvoir : de leur relation à la mère, ils tirent une confiance et une assurance qui gonflent leur narcissisme ; et de leur relation au père, une volonté mégalomaniaque de prouver de quoi ils sont capables.

 

• La seconde constante tient au rapport que ces hommes ont avec le pouvoir : ils l’identifient à la vie. Il leur apparaît comme un gage d’éternité. C’est pour cela qu’ils veulent le garder à tout prix : ils ne peuvent accepter l’idée de leur mort ni que le monde peut leur survivre. C’est, par exemple, Mitterrand qui laissait se développer les ambitions d’un Fabius ou d’un Rocard, mais s’arrangeait finalement pour les "scier". En cela, ils agissent un peu comme des enfants qui sont persuadés que le monde leur obéit. La vision du pouvoir de ces hommes est avant tout une preuve d’immaturité.

 

Ces hommes de pouvoir sont-ils différents dans leur rapport aux femmes ?

 

Non. Et leur volonté d’acquérir toujours davantage de pouvoir n’a souvent d’égal que leur désir de conquérir toujours davantage de femmes. François Mitterrand, encore lui, était d’ailleurs doté d’une personnalité idéale pour être en mesure de répondre à ces deux besoins : celle du "stratège enveloppeur" qui mêle à la perfection la ruse et la séduction.

 

Comment expliquer que des candidats persévèrent dans leur quête de pouvoir alors qu’ils n’ont à l’évidence aucune chance de l’emporter ?

 

La mégalomanie et le narcissisme sont leurs traits dominants. La conquête du pouvoir en période électorale est donc une occasion extraordinaire de vivre leur narcissisme. Pendant quelques mois, on va parler d’eux ! Arlette Laguiller, par exemple : elle sait bien qu’elle ne sera jamais présidente de la République. Mais imaginez la sensation de cette ancienne employée de banque à l’idée que, dans la France entière, on connaît Arlette !

 

Ils ne sont alors jamais mus par leurs convictions ?

 

Ils n’ont qu’une seule conviction : parvenir au pouvoir. Mais pour se donner bonne conscience, ils se choisissent des causes. A la sortie de l’ENA, par exemple, ils ont le choix : droite ou gauche ? Ils optent alors par stratégie. Et finissent par s’identifier aux causes qu’ils ont choisies. Certes, il y en a qui, au départ, embrassent une cause parce qu’ils y croient et qu’elle correspond à des valeurs personnelles. Mais je suis persuadé que même dans ce cas, la dérive finit par être inévitable : au fur et à mesure que ces personnes progressent dans leur conquête du pouvoir, leurs convictions passent au second rang. Au final, ce n’est plus la cause qui compte, mais la victoire.

 

Et les femmes de pouvoir ? Le rapport au pouvoir reste le même. En tout être humain, il y a une part masculine et une féminine. La part féminine a ses propres valeurs, qui sont l’amour, la tolérance, la compréhension. De l’autre côté, il y a les valeurs masculines du courage, de la puissance. Les femmes qui évoluent dans la sphère du pouvoir s’appuient d’abord sur la part masculine de leur personnalité.

 

Peut-il exister un homme de pouvoir idéal ?

 

Le "bon" serait celui qui, par un processus de sublimation, aurait la volonté d’assouvir son narcissisme et sa mégalomanie pour le plus grand bien de l’humanité. Sauf que l’histoire montre que le pouvoir est redoutable et, qu’à de très rares exceptions près, il débouche forcément sur le désir d’en abuser. D’où la supériorité du régime démocratique, fondé sur le souci de limiter ce pouvoir.

 

A lire

 

Jacques, Lionel, Robert et les autres. Jean-Pierre Friedman les a fréquentés de près. Il en est sûr, « le pouvoir est une maladie mentale. Comme disait La Fontaine, ils n’en mourraient pas tous, mais tous étaient atteints. » Son livre, Du pouvoir et des hommes (Michalon, 2002), décrypte les origines de cette "maladie" et souligne ses symptômes à travers une série de portraits forts bien campés : le séducteur (Giscard en son temps), l’entraîneur (Chirac), le charismatique (Mitterrand), le caractériel (Séguin), le rigoureux (Rocard), etc. Une lecture salvatrice en ces temps électoraux.

 

Propos recueillis par Anne-Laure Gannac pour psychologies.com

psychologue à luxeuil-les-bains (70300). psychothérapeute à luxeuil-les-bains (70300). psychanalyste à luxeuil-les-bains 70. psychiatre à luxeuil-les-bains 70. psychologue à luxeuil-les-bains 70. psychothérapeute psychologue psychiatre. Haute-saône 70

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