19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 13:36

"En voyant mourir mon pays, je sens que je l'aimais".

Excellent texte de Pierre Jourde - Le blog du sous-sol

  

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(..) Les médias se voudraient un contre-pouvoir. Ils ne cessent de se réclamer de leur liberté, de leur indépendance, vont jusqu'à se vouloir « rebelles ». Cette rébellion de façade dissimule un asservissement de fait, moins à la puissance politique qu'au véritable pouvoir, celui des banques. Au-delà, c'est à la pensée dominante que les esprits journalistiques se montrent, malgré quelques talentueuses exceptions, majoritairement asservis. Bien rares sont les esprits libres, qui ne donnent pas dans le panurgisme, le cliché, l'émotionnel, le sensationnel, la reproduction d'idées toutes faites et de ce qui traîne dans les autres médias, sans parler d'un langage de plus en plus formaté. Ce n'est pas dans les journaux, toutes tendances politiques confondues, encore moins à la télévision ou à la radio que nous pouvons essayer de saisir un peu de réel. Par le langage employé, par la démarche qui consiste à donner au public ce que l'on suppose qu'il demande, c'est-à-dire du simpliste et du spectaculaire, il est désormais clair que les médias nous prennent pour des ignorants, et, finalement, à force de formater les esprits, fabriquent une société d'ignorants (notamment en réifiant et en nivelant la culture vers le bas).
 
 
Dans le grand public s'est en outre répandue l'idée qu'il fallait tout respecter, les oeuvres, les artistes, les religions, les choix culturels, etc. Seul le personnel politique fait encore exception. On le brocarde allègrement, cela donne l'illusion de la liberté. Reste qu'au nom de ce respect universel, toute démarche critique est considérée avec suspicion ! Le pays de l'ironie, de la satire, de l'esprit frondeur tend à devenir le royaume des gens béatement dociles. Le principal résultat de cette attitude mentale, scrupuleusement reproduite par les médias, en particulier les médias culturels, consiste à abandonner tout l'espace de la parole à ceux qui exercent une position dominante, globalement ou dans leur cercle social, culturel ou communautaire : financiers, maître du prêt-à-penser, potentats littéraires, petits tyrans religieux. Lorsque le débat déserte l'aire culturelle, la pensée n'avance plus, mais les marchands de la bêtise se lavent les mains.
  
 
Or, nous sommes en guerre. Une guerre menée par ceux qui font de l'argent avec l'abrutissement de leurs concitoyens... menée par ceux qui ont décidé, par idéologie, que l'école ne devait plus transmettre de savoir, que les conservatoires (hauts symboles de notre patrimoine culturel) devenaient inutiles... Bref, par ceux-là même qui considèrent la culture comme une dépense futile.
  
"Un pays sans culture est un pays mort, dépourvu d'âme".
  
Il ne lui reste que l'argent comme valeur, mais c'est un marché de dupes, l'argent va toujours aux mêmes. Nous pensions que les biens comptaient plus que l'esprit. Bientôt, nous serons avilis et dégradés, et par-dessus le marché nous serons pauvres. Gagnant-gagnant, comme on dit en novlangue. Dans une telle guerre, il n'est plus question d'être bien gentil, bien correct, bien respectueux de tout le monde. Quitte à se faire haïr, il faut lutter, par tous les moyens, contre cette nouvelle tyrannie de l'abrutissement, surtout quand elle prend le masque de la vertu, de la surabondance, de la générosité, de la « démocratisation ». (…)
  
 
Les décisions désastreuses des pouvoirs publics rencontrent malheureusement l'assentiment d'une partie de l'opinion, qui ne voit pas l'intérêt de soutenir les intellectuels, les artistes et les écrivains... mais aussi l'assentiment de certains idéologues, pour qui la « culture bourgeoise » n'est qu'une marque de distinction sociale à éliminer, ainsi que d'organisations communautaires dévoyées, comme le Conseil représentatif des associations noires, soutenues par une Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, qui pervertissent leur mission en considérant la culture comme un instrument de discrimination au lieu d'y voir un moyen d'émancipation. (…)
    
 
Pierre Jourde, C'est la culture qu'on assassine.

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