28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 12:33

Stéphane Hessel, une vie d’indigné au service des citoyens !

    
Stéphane Hessel est décédé hier à 95 ans. "Indignez-vous", son best-seller, a vu le jour grâce aux éditions Indigène.

Stéphane Hessel est décédé hier à 95 ans. "Indignez-vous", son best-seller, a vu le jour grâce aux éditions Indigène. (AFP JEAN-PIERRE CLATOT).

 

Sylvie Crossman et Jean-Pierre Barou, les éditeurs montpelliérains de Stéphane Hessel, racontent "un être extraordinaire":


"Le deuil, pour un homme comme Stéphane, ce n’est pas possible" : mercredi, à Montpellier, dans leur maison qui abrite aussi les éditions Indigène, Sylvie Crossman et Jean-Pierre Barou préfèrent se souvenir avec enthousiasme de Stéphane Hessel, décédé dans la nuit à 95 ans. Hessel, le résistant, le diplomate, l’humaniste, discret parcours d’exception avant de lâcher sur la fin de sa vie, chez Indigène, une bombe littéraire qui embrase la planète.

  

Stéphane Hessel nous fait l'amitié de nous recevoir chez lui pour répondre à nos questions, lui qui n'a pas internet !

 

Hessel "a changé le monde"
Sylvie Crossman et Jean-Pierre Barou

 

Avec Indignez-vous, 4,5 millions d’exemplaires vendus dans 35 pays, un appel à l’engagement et à "l’insurrection pacifique", Hessel "a changé le monde", saluent les éditeurs qui ont reçu hier des dizaines de messages forcément planétaires, même d’Australie et des Etats-Unis, où l’esprit d’Hessel a soufflé un vent de révolte contre le capitalisme financier, Occupy Wall Street, à l’automne 2011.

Tout est d’abord parti de Montpellier. Ou plutôt d’Eygalières, où, en mai 2009, Hessel en appelle, au détour d’un discours, au "devoir d’indignation". Crossman et Barou sont interpellés. Trois entretiens sont calés, entre le 19 novembre 2009 et le 3 février 2010.

 

Indignez-vous : opuscule de 32 pages

 

"Le texte a traîné, on a fait un travail classique de petite main", se souvient Sylvie Crossman. Indignez-vous, opuscule de 32 pages tiré à 8 000 exemplaires astucieusement titrés, qui dénonce l’écart grandissant entre les très riches et les très pauvres, l’état de la planète, la situation des sans-papiers et des immigrés, la dictature des marchés financiers, la course au “toujours plus”, sort en octobre 2010. Trois euros.

Comment expliquer le succès ? "Après les manifestations sur les retraites, les gens étaient las. Les syndicats avaient pris une claque. Stéphane Hessel est un homme auquel on obéit", affirme l’éditrice qui rappelle que dans Indignez-vous, "la notion de dignité" a pesé.

 

"Il a su unir la révolte et l’espérance"
Les éditeurs de Stéphane Hessel

 

L’auteur, qui n’a jamais caché son "étonnement" face au succès, l’expliquait aussi par "ce moment historique", quand "des sociétés perdues se demandent comment faire pour s’en sortir et cherchent un sens à l’aventure humaine".

 Alors, plutôt que le deuil et les mots de condoléances, les éditeurs reprennent le message : "Combien il a su unir la révolte et l’espérance", "redonner à la révolte un enthousiasme", "redonner du pouvoir au verbe, à la parole", "leur noblesse à des choses simples et joyeuses", "positives".

 

"Il était l’impertinence"

 

Deux images : un soir de septembre, tel une "rock star" les bras levés, acclamé par le Corum de Montpellier bondé. Et puis en janvier dernier, à Paris, à la sortie du théâtre de la Commune où il venait de lire La ballade des pendus, assis sous la neige en attendant son taxi, sous le panneau “Défense de stationner” : "Il était l’impertinence, c’est comme si la réalité s’organisait autour de lui et prenait du sens. Le corps était presque un accessoire pour lui, c’était un esprit", décryptent les éditeurs.

Stéphane Hessel aimait Villon et la poésie, le Sancerre, la vie. "Il avait un don pour la vie, hérité de sa mère qui lui avait demandé d’être heureux", rapporte Sylvie Crossman. Qui tient d’une amie une autre anecdote : "Un jour, sa mère l’a surpris dans son bazar d’enfant à jouer à Dieu qui fait le monde."

 

"Je lui ai dit “Tiens bon”. Il m’a dit “C’est fini”"
Jean-Pierre Barou

 

Ce "vieux laïque" n’y croyait plus depuis longtemps. Plutôt au "devoir de longévité" auquel l’enjoignait Jean-Pierre Barou pour lui permettre de voir ses derniers souhaits se réaliser, voir l’Irlandaise Mary Robinson à la présidence des Nations-Unies et rencontrer Barack Obama. Jean-Pierre Barou et Sylvie Crossman avaient déjà organisé, en décembre 2011, un improbable face-à- face avec le dalaï-lama. Ils voulaient le faire écrire sur l’amour, aussi. Ces derniers temps, Stéphane Hessel prenait des notes sur la mort : "Ça l’intéressait en tant qu’expérience", rapportent ses éditeurs.

 

Ils se sont vus la dernière fois le dimanche 17 février. Jean-Pierre Barou se souvient : "Quand on s’est quitté, je lui ai glissé “Tiens bon” à l’oreille. Il m’a dit “C’est fini”.

 

SOPHIE GUIRAUD pour Midi libre.fr

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